dimanche 7 février 2016

Il Trovatore

Dimanche dernier. Celui avec le quatuor de rêve (Netrebko/ Sementchuk/ Alvarez/ Tézier; 1-3, méfiez vous de 2-4) et la mise en scène à barbecue à trous carrés. Les ensembles (celui-ci évidemment, mais aussi ceci; Verdi, créateur de boîtes à rythmes) encore plus enthousiasmants que les airs (comme celui-ci, avec la Netrebko au top). Sinon, comment résister au choeur des schtroumpfs joyeux? Béguin spécial pour Marcelo Alvarez (fougue, style). 

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samedi 30 janvier 2016

Gruppen à la Philharmonie 2

Au menu:

- Harvey: ... towards a pure land. Grand orchestre (celui des élèves du conservatoire, avec quelques solistes de l'EIC), beaucoup de sonorités éoliennes, d'irisations. Cordes très divisées, souvent à la limite de l'imperceptible. Quelques moments d'agitation dans une riche palette zen. L'oeuvre la plus séduisante du programme.

- Zimmermann: Antiphonen, pour alto et petit orchestre. Disposition spatiale intéressante, les violoncelles et contrebasses sont dispersés, deux groupes de percussionnistes se font face. Je suis un peu perdu dans le discours (je repère bien que I et V sont centrés sur une note, mais ne comprends pas où débutent III et IV, par exemple). Invasion de texte parlé dans IV (pas très convaincante). Mémorable solo de harpe dans l'extrême aigü.

- Stockhausen: Gruppen. Je suis incroyablement bien placé (grâce à Philippe[s]), au milieu des 3 orchestres. Ce qui compte, c'est que les 3 chefs puissent se voir, donc les musiciens des trois orchestres nous tournent le dos. Je suis tout près des clarines de l'orchestre droit (viennent-elles des Grisons?). Pas besoin d'utiliser finalement les bouchons qu'ont donné les ouvreurs. En tournant le cou assez vite, on peut voir comment les chefs se synchronisent, se désynchronisent.... On entend de la guitarre électrique; beaucoup de percussions, très variées et violentes; un grand climax de cuivres (avec crescendos qui tournent); des couinements de petite clarinette jouée par un très grand musicien.... Fin très curieuse, sur une note qui vit sa vie (hélas raccourcie).

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samedi 23 janvier 2016

Biennale 2016

Trop peu de quatuors (les quatuors avec piano, ça ne compte pas):

Lundi: Arditti (à V2 hipster)/ Manoury (Fragmenti) et Jerusulem (à alto en brun quand les autres sont en gris, la sécession menacerait-elle?)/ Chostakovitch 12 et Beethoven op 18 n°1. Fragmenti pas mal, comme du Kurtag ou des bagatelles, une succession de pages à idée unique. Beaucoup aimé le pas de vis de l'Accelerando (varié par des modes de jeu, avec toujours un instrument qui reprend un tempo plus lent). Chosta 12: celui avec un mouvement lent initial et les 3 mouvements suivants compactés (six jours plus tard, j'ai encore la rengaine du scherzo dans la tête; inquiétude: et si c'était une juste une musique vulgaire et dépressive?). Beethoven 1: ils prennent l'idée initiale en poussant (bonne idée), comme si c'était une question. Joie parfaite du finale, musique magnifique.

Jeudi: Artemis/ Bach-Piazzola (en trio à cordes), Schumann op 47 et Brahms op 60. Concert dédié à la mémoire de Friedemann Weigele. La période deuil touche à sa fin puisque le quatuor a annoncé le recrutement d'un V2. Perception un peu spéciale dans la mesure où le souvenir d'avoir joué le Schumann (avec déséquilibres cachés et écriture lacunaire dans le mouvement lent, et une jubilation un peu académique dans le finale) et le Brahms est encore tout frais.

Vendredi: musique française avec Batiashvili, Braley et G Capuçon. Je me sens comme un koala apeuré tellement ma voisine a l'air malade et sent l'eucalyptus. Retenons le trio de Ravel (le pantoum fait plaisir à voir) et, de Dutilleux, les strophes sur le nom de Sacher et Ainsi la Nuit, cet immense chef d'oeuvre. 

Dimanche: je me demande pourquoi j'ai pris ce billet, c'est Schubert 15 (ça va bien 5 minutes) et Chostakovitch 15 (un valium puis une balle dans la tête). On verra bien demain. 

MAJ du lendemain: très beau Schubert, tout de même (même si j'ai mieux cerné ce qui me déplaît: la virtuosité, le caractère non-démocratique de ces longues lignes mélodiques - qui ne sont déjà plus dans l'esthétique classique; ce qui m'a plu: les dos bécarre qui font tout chavirer dans le 2ième mouvement et le scherzo, âpre, avec des notes piquées mémorables. Quant au 15ième de Chostakovitch, même structure générale que le 12; mouvement lent initial (avec un thème paléolithique de 3 notes et un rythme dactyle.....), scherzo et marche funèbre bien kitsch (avec une série de 12 sons grimaçante - parce que - et une valse déteinte), et réminiscence de ces joyeux moments dans le finale. Note pour moi: éviter les derniers quatuors de Chostakovitch.

 

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jeudi 31 décembre 2015

Vus en 2015

Pas écrit sur mon blog cette année, mais vu 85 films:

Mon amie Victoria (le film de Civeyrac avec une petite noire), Queen and Country, Loin des hommes (western algérien avec Viggo Mortensen), Foxcatcher, The smell of us (du Clark qui pue), Phoenix (mélo magnifique où la reconnaissance passe par la musique), Pasolini, Les nouveaux sauvages, Snow Therapy (Strindberg fait du ski), Amour fou (Kleist se suicide), Mon fils (Eran Riklis), Les merveilles (exemple typique de film pour lequel la critique perd la tête), Toute première fois, Réalité (le king Dupieux), Le dernier loup, Hungry Hearts (Adam Driver sauve son fils affamé de sa mère Alba Rohrwacher), Citizenfour (Snowden santo subito), L'art de la fugue, Le cercle (les associations achriennes de Zurich), Imitation Game, Big Eyes, Anton Tchekhov 1890, A trois on y va (avec Félix Moatti), La Sapienza (Green minaude en jouant au chrétien d'Orient: pathétique), Un homme idéal, San Francisco 1985, Journal d'une femme de chambre, Histoire de Judas, Un taxi à Téhéran, Caprice, Jauja (Viggo Mortensen en Patagonie), Les Terrasses (un film algérien à sketches particulièrement sombre), La tête haute, Le labyrinthe du silence, La loi du marché, Trois souvenirs de ma jeunesse, L'ombre des femmes (un beau Garrel avec Clotilde Courau), Casa grande (la banlieue sud de Rio), Comme un avion (Podaydès au fil de l'eau), Los hongos, L'éveil d'Edoardo (le phymosis de Duduche à Pise-plage), Vice versa, Mustang, Stand (la condition gay en Russie, un film particulièrement pénible), Une seconde mère (avec Regina Casé, cette actrice carioca qui casse la baraque), When we were young, Que viva Eisenstein (me voilà réconcilié avec Greenaway), Les bêtises (mauvais, mais avec Jérémie Elkaim et Anne Alvaro), La Isla Minima, Aferim, Amnesia (Schroeder à Ibiza, personnel, passionant et raté), La famille Bélier, Whiplash (vu dans l'avion et à oublier), La femme au tableau, La belle saison (celui avec Izia H), La vanité (le Baier avec Carmen Maura), Natur Therapy (branlette norvégienne), Much loved, Songs My Brothers Taught Me (puissant), Fou d'amour (Ramos/Poupaud/Uruffe), Life (Dean et son photographe, bien et froid), Cemetery of Splendour (pas aimé, désolé), Les deux amis, Testament of Youth, Fatima, Sangue del mio Sangue (deux demi Bellocchio, dont un raté), Marguerite, Une jeunesse allemande, The Lobster, Dope (tchatche torride à LA, une scène de vomi déclenche l'hystérie dans la salle), Le bouton de nacre, L'homme irrationnel, Le fils de Saül, Les anarchistes (vu le 13/11 à la séance de 20h15), Francofonia (vu le 20/11 à la séance de 20h05), L'hermine, Mia Madre, Chant d'hiver (très mauvais Iosseliani hélas, toutefois mieux que la soirée électorale des régionales), Back Home (le film de Trier moins mauvais qu'attendu), 21 nuits avec Pattie, L'humour à mort (le film sur CH où presque aucun journaliste n'a voulu témoigner), Le grand jeu (Tarnac Boulin Battisti, chaque scène est impeccable mais l'ensemble chimérique), Le dernier jour d'Itzhak Rabin, A peine j'ouvre les yeux (unhappy end en Tunisie), Le pont des espions, Au-delà des montagnes (le JZK avec l'éternel retour du chien et des raviolis, un film prometteur pour 2016)

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jeudi 1 janvier 2015

Vus en 2014

Nymphomaniac (vol.1 et 2), Aime et fais ce qu'il te plait (polonais avec prêtre), 2 automnes 3 hivers (avec Macaigne), Saint-Laurent, Le loup de Wall Street, Tonnerre (de Brac), L'amour est un crime parfait (un Larrieu(x) plutôt réussi), Un beau dimanche, Mère et fils (Calin, Relu et Barbu), Les grandes ondes (à l'ouest), Gloria, Les bruits de Recife, Grand Budapest, Free fall (dans la police allemande), Les chients errants (malgré tout le respect que je porte à Tsian Ming Liang, je crois que j'en resterai là dans la série plan final de 25' où il ne se passe rien), Wrong cops, The canyons, Ida, Gerontophilia, Eastern Boys, Tom à la ferme, Pelo malo, Pas son genre, Aimer boire et chanter, L'armée du salut (Abdellah Taïa), Night moves, Lignes d'eau (Free fall en polonais pas bien), 2 jours une nuit, Maps to the stars, Tristesse Club, La chambre bleue, Cupcakes, Xenia, Palerme, Au premier regard, Jimmy's Hall, L'homme qu'on aimait trop, Maestro, Le procès de Viviane Amsallem, Winter Sleep, Sacco et Vanzetti, Le grand homme (celui avec Rénier en légionnaire), Le beau monde, Palma Real Motel, Sils Maria, Hippocrate, Boys like us, Gemma Bovery, Les gens du Monde, Trois coeurs, Pride, Leviathan, Mommy, National Gallery, White Bird (celui avec le congélateur), Magic in the Moonlight (tellement inintéressant que c'en est une prouesse), Lilting, Une nouvelle amie, Gone girl, Love Is Strange, La prochaine fois je viserai le coeur, Calvary, Praia do Futuro, Baal, Timbuktu, Nos enfants (un film italien avec la fin la plus ratée cette année), Gaby Baby Doll (Chammah/Biolay), Charlie's country, Fidelio, The most violent year 

71 films, j'ai mis en gras ce qui m'avait particulièrement marqué....

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jeudi 13 novembre 2014

Un War Requiem à Southbank

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Il ya des oeuvres avec lesquelles on n'accroche pas, on ne sait pas pourquoi, et pour lesquelles, on ne sait pas non plus pourquoi, le déclic se produit. Cela a été le cas pour moi avec le War Requiem à Londres ce dimanche dernier. Peut-être à cause de la mise en condition de ce jour un peu spécial du Remembrance Sunday, où c'était difficile d'échapper aux poppies (photo).

Il y avait deux War Requiem programmés le même jour; même si l'oeuvre a été créée pour commémorer la destruction de Coventry, je trouve plus conforme à son génie de lui associer le souvenir de la Grande Guerre. Le War Requiem de Southbank (dans l'immense Royal Festival Hall) était précédé d'un petit film très excitant sur sa préparation. Il faut dire que l'oeuvre est en soi presque déjà un projet de société, qui mobilise un grand orchestre, un immense choeur, un orchestre de chambre (placé à la droite du chef, à l'extrême droite du plateau); un choeur d'enfants (très jeunes et très dissipés, se tortillant dans tous le sens pendant l'heure et demie que dure le Requiem, et dirigé par une jeune femme placée avec l'orgue dans une tribune). Et trois solistes, aussi jeunes que la moyenne des interprètes (l'orchestre de la Royal Academy of Music), et comme le veut la tradition, de trois nationalités différentes: une Moldave, un Anglais et un Allemand.

A la soprano le redoutable honneur d'affronter les grandes masses orchestrales et chorales pour la partie en latin, aux deux hommes la confrontation avec l'orchestre de chambre pour ce qui a le raffinement d'un cycle de lieder, sur les textes du poète Owen. Les interpolations entre les deux dispositifs sont très ingénieuses et riches de sens. C'est dans ce cycle que j'ai trouvé certains des passages les plus riches: un air véhément dans le Dies irae; la longue séquence de rapprochement des ennemis (I am the enemy you killed, my friend), dans le Libera Me. Et cet air de ténor dans le Sanctus: 

 

....que le ténor conclut en mettant en avant le triton de la cadence qui conclut les sections a cappella des Dies Irae, du Libera Me: bifurcation mystique, clé vers l'ailleurs

 

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dimanche 19 octobre 2014

l'Enlèvement au Sérail, à Garnier

On retiendra:

  • Deux airs du trouble amoureux: le premier de Belmonte ("Es glüht mir die Wange...." l'imagination de Mozart est inépuisable dès qu'il s'agit de décrire l'excitation amoureuse, avec palpitations et manifestations somatiques) et le premier air de Konstanze (la tenue des vents au début de l'air, comme le souvenir persistant du bonheur ancien; l'exposition de la forme sonate qui épouse l'histoire -agitée - de l'héroïne; l'hétérogénéité classique et non baroque du discours, et, une fois encore, l'imagination sans limites de Mozart)
  • Le plus beau des airs sérieux de cet opéra, Martern aller Arten. Bonne idée de faire monter sur scène le quatuor chambriste, violon, violoncelle et hautbois (quintette si l'on inclut la chanteuse, à la virtuosité instrumentale).
  • L'air de Pedrillo, avec son mélange bizarre de bravache militaire et de tremblements (en triolets). Jordan impose de longs silences et fait très bien ressortir les points d'orgue, un ingrédient-clé du portrait d'un froussard.
  • La longue et magnifique séquence de la fin du second acte: joie des retrouvailles, puis mise à l'épreuve par une série de changements de tempos, de tonalités.

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dimanche 1 juin 2014

Suite de l'éphéméride

* Dimanche: Dissonances à la Cité Philharmonie 2: Dutilleux (Ainsi la nuit et surtout Mystère de l'instant, magistral). La 1ère de Brahms, jouée très vite et très vert, à la Beethoven. On a l'occasion de vérifier (puisque c'est tout frais) que le mouvement lent en mi est dans le même rapport avec le 1er mouvement en ut mineur que dans le 3ième concerto de Beethoven. Dans le finale, Grimal et sa bande marquent beaucoup les contrastes de tempi (le choral un peu lent, le animato très vite, et le piu allegro final foudroyant, une joie délirante, cosmique, toute beethovenienne)

*Lundi: l'inloupable quatuor Jerusalem aux Bouffes: opus 76 n°4 de Haydn, opus 18 n°3  de Beethoven, 3ième quatuor opus 73 de Chostakovitch. Le Chostakovitch est un gros machin à programme en lien avec la Grande Guerre Patriotique, 1er mouvement néo-classique un peu ironique, 3ième mouvement motorique et spectaculaire, emplissant tout l'espace des Bouffes du Nord, 4ième mouvement en Requiem avec plainte à l'alto. Le Beethoven ne m'a pas fait forte impression, en revanche le Haydn.... J'avais bien en tête le 1er mouvement ("lever de soleil") mais c'est le mouvement lent qui m'a semblé génial. Rosen le voit en forme sonate mouvement lent en 2 parties, avec réexposition en mineur à 36 (une pratique déjà désuète écrit-il), Vignal le voit en 3 parties (la seconde commençant à 36 et la réexposition à 52). On ne va pas prendre parti, même si on a tendance à entendre deux grandes parties, l'une allant de mib à sib, l'autre allant de mibmineur à mi bémol majeur. Chaque partie est marquée par une accélération des rythmes: d'abord, des noires planantes, puis une pulsation en croches, puis la dentelle des sextolets. L'essentiel, c'est ce que Haydn tire de son thème à cinq notes (enroulement/décollage, chromatisme/diatonisme). La fin est génialissime avec le chromatisme au violoncelle qui vient porter une ombre à l'apaisement final.

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samedi 24 mai 2014

Voiture balai

Pour mémoire, vu:

un concert Currentzis (Dixit+Didon) en 3D (pas sûr que la 3D soit un progrès, mais on a l'impression que tout ce qu'on avait entendu jusque-là est raplapla) avec un bis mémorable, a cappella (Indian Queen)

un Platée très drôle (Carsen/Agnew),

la générale de la production Sellars/Viola de Tristan (qui m'a hanté pendant les 15 jours qui ont suivi),

une Flûte enchantée Carsen/Jordan avec un beau Tamino,

un Stravinsky/de Falla de l'Opéra Comique oubliable,

un récital catastrophe de Michael Volle (opus 35 + 24, Beshazzar et Der arme Peter). Moins catastrophe qu'un récital mémorable de la sublime Fassbaender à Gaveau; mais je n'ai pas aimé, même en faisant abstraction des problèmes de voix, cette façon de surscénariser les piques des lieder de Heine (der arme Peter, Tragödie); très loin du voile merveilleux que met Goerne, par exemple dans l'opus 35  n°2.

... et une création de Julian Anderson, Thebans, à l'ENO. Trois tragédies pour le prix d'une (une aubaine; mais c'est peut-être un peu court pour un projet d'une telle ampleur, on a juste le temps de suivre les grandes lignes de l'action). Acte I: la chute d'Oedipe (qui correspond à Oedipe roi), "le passé" (50'). Acte II: Antigone ("l'avenir"), acte II (20'). Acte III: Ila mort d'Oedipe (qui correspond à Oedipe à Colone), "le présent" (30'). L'(unique) coup de force du livret est de placer l'histoire d'Antigone avant la grande scène de la mort d'Oedipe dans la forêt sacrée. Musicalement, les actes II et III sont les plus facilement caractérisables, le II par un flux de noires régulières figurant l'Etat policier de Créon, à laquelle échappe Antigone (une idée simple.... trop simple?), le III par une séquence des bruits de la forêt (je lis dans la note d'intention que c'est l'accélération de la musique du début de l'acte I).... mais le reste de l'acte est assez hétéroclite (la fin, avec l'aigü d'Antigone, n'est pas très convaincante). La musique de l'acte I est plus difficilement caractérisable, il y a beaucoup de texte. Oedipe est souvent associé à des volutes de clarinettes; le choeur intervient dans des chorals impressionnants. La musique de Tirésias (une basse qui ressemble à une vieille femme) est associée à des bois très graves. Un des moments réussis est une musique en microintervalles en descente lente, donnant une impression de délitement. C'est globalement une musique non thématique (ça nous fait des vacances). Au total, je suis moyennement emballé. En revanche, la salle de l'ENO, le London Coliseum, quel confort et quel rapport qualité-prix....

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jeudi 20 février 2014

Lévy/ Puccini

Un week-end dernier bien occupé:

* Présences 1: Hérédo-ribotes, de Fabien Lévy. C'est l'alto qui propose à l'orchestre (51 solistes) de jouer à partir d'un matériau en modes de jeu. Une oeuvre ambitieuse (avec des cors aux balcons qui font tourner le son), mais je trouve les moments contemplatifs moins aboutis que dans A propos. La critique semble avoir bien aimé. Au programme du même concert: Henze, Widmann (une oeuvre romantique pour clarinette et orchestre) et Schneller (très éclectique et plaisant à écouter). 

* Présences 3: Après tout, toujours de Fabien Lévy. Sonne comme un grand oratorio, mais il n'ya que 6 solistes (les Neue Vocalsolisten, qui chantent cette partition avec une aisance déconcertante) et 6 instrumentistes (et une bande électronique qui se mélange très bien aux instruments; les crépitements façon années 40 étant une part importante d'une riche texture bruitiste). Grand impact des textes, plus faciles à suivre en concert avec les sous-titres qu'à la radio (Jankelevitch au Masque et la Plume, la lettre de Raweling à Jankelevitch; la réponse de Jankelevitch). Mes moments préférés: les chorals de la 1ère partie, avec la voix de coloratura qui colore le tout; le vent du début et de la fin; le théâtre musical du début de la 3ième partie (ce jeu sur vergeben/ vergebens avec le s qui dure....)

* La Fanciulla del West. L'acte I (dans le bar) est un peu languissant (malgré une valse - chorale- dans l'opéra; le psaume 51). L'acte II est beaucoup plus palpitant  et l'acte III n'est pas loin d'être un chef d'oeuvre (les derniers mots d'un condamné, une musique que je trouve extraordinaire, hybridation de la Cathédrale engloutie et du grand opéra italien). Gammes par tons, enchaînement d'accords parfaits, rythmique à la Billy The Kid, une partition exotique et éclectique. Mise en scène pertinente et beaucoup moins fofolle qu'attendu (Lenhoff n'est pas Langhoff).

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