dimanche 19 octobre 2014

l'Enlèvement au Sérail, à Garnier

On retiendra:

  • Deux airs du trouble amoureux: le premier de Belmonte ("Es glüht mir die Wange...." l'imagination de Mozart est inépuisable dès qu'il s'agit de décrire l'excitation amoureuse, avec palpitations et manifestations somatiques) et le premier air de Konstanze (la tenue des vents au début de l'air, comme le souvenir persistant du bonheur ancien; l'exposition de la forme sonate qui épouse l'histoire -agitée - de l'héroïne; l'hétérogénéité classique et non baroque du discours, et, une fois encore, l'imagination sans limites de Mozart)
  • Le plus beau des airs sérieux de cet opéra, Martern aller Arten. Bonne idée de faire monter sur scène le quatuor chambriste, violon, violoncelle et hautbois (quintette si l'on inclut la chanteuse, à la virtuosité instrumentale).
  • L'air de Pedrillo, avec son mélange bizarre de bravache militaire et de tremblements (en triolets). Jordan impose de longs silences et fait très bien ressortir les points d'orgue, un ingrédient-clé du portrait d'un froussard.
  • La longue et magnifique séquence de la fin du second acte: joie des retrouvailles, puis mise à l'épreuve par une série de changements de tempos, de tonalités.

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dimanche 1 juin 2014

Suite de l'éphéméride

* Dimanche: Dissonances à la Cité Philharmonie 2: Dutilleux (Ainsi la nuit et surtout Mystère de l'instant, magistral). La 1ère de Brahms, jouée très vite et très vert, à la Beethoven. On a l'occasion de vérifier (puisque c'est tout frais) que le mouvement lent en mi est dans le même rapport avec le 1er mouvement en ut mineur que dans le 3ième concerto de Beethoven. Dans le finale, Grimal et sa bande marquent beaucoup les contrastes de tempi (le choral un peu lent, le animato très vite, et le piu allegro final foudroyant, une joie délirante, cosmique, toute beethovenienne)

*Lundi: l'inloupable quatuor Jerusalem aux Bouffes: opus 76 n°4 de Haydn, opus 18 n°3  de Beethoven, 3ième quatuor opus 73 de Chostakovitch. Le Chostakovitch est un gros machin à programme en lien avec la Grande Guerre Patriotique, 1er mouvement néo-classique un peu ironique, 3ième mouvement motorique et spectaculaire, emplissant tout l'espace des Bouffes du Nord, 4ième mouvement en Requiem avec plainte à l'alto. Le Beethoven ne m'a pas fait forte impression, en revanche le Haydn.... J'avais bien en tête le 1er mouvement ("lever de soleil") mais c'est le mouvement lent qui m'a semblé génial. Rosen le voit en forme sonate mouvement lent en 2 parties, avec réexposition en mineur à 36 (une pratique déjà désuète écrit-il), Vignal le voit en 3 parties (la seconde commençant à 36 et la réexposition à 52). On ne va pas prendre parti, même si on a tendance à entendre deux grandes parties, l'une allant de mib à sib, l'autre allant de mibmineur à mi bémol majeur. Chaque partie est marquée par une accélération des rythmes: d'abord, des noires planantes, puis une pulsation en croches, puis la dentelle des sextolets. L'essentiel, c'est ce que Haydn tire de son thème à cinq notes (enroulement/décollage, chromatisme/diatonisme). La fin est génialissime avec le chromatisme au violoncelle qui vient porter une ombre à l'apaisement final.

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samedi 24 mai 2014

Voiture balai

Pour mémoire, vu:

un concert Currentzis (Dixit+Didon) en 3D (pas sûr que la 3D soit un progrès, mais on a l'impression que tout ce qu'on avait entendu jusque-là est raplapla) avec un bis mémorable, a cappella (Indian Queen)

un Platée très drôle (Carsen/Agnew),

la générale de la production Sellars/Viola de Tristan (qui m'a hanté pendant les 15 jours qui ont suivi),

une Flûte enchantée Carsen/Jordan avec un beau Tamino,

un Stravinsky/de Falla de l'Opéra Comique oubliable,

un récital catastrophe de Michael Volle (opus 35 + 24, Beshazzar et Der arme Peter). Moins catastrophe qu'un récital mémorable de la sublime Fassbaender à Gaveau; mais je n'ai pas aimé, même en faisant abstraction des problèmes de voix, cette façon de surscénariser les piques des lieder de Heine (der arme Peter, Tragödie); très loin du voile merveilleux que met Goerne, par exemple dans l'opus 35  n°2.

... et une création de Julian Anderson, Thebans, à l'ENO. Trois tragédies pour le prix d'une (une aubaine; mais c'est peut-être un peu court pour un projet d'une telle ampleur, on a juste le temps de suivre les grandes lignes de l'action). Acte I: la chute d'Oedipe (qui correspond à Oedipe roi), "le passé" (50'). Acte II: Antigone ("l'avenir"), acte II (20'). Acte III: Ila mort d'Oedipe (qui correspond à Oedipe à Colone), "le présent" (30'). L'(unique) coup de force du livret est de placer l'histoire d'Antigone avant la grande scène de la mort d'Oedipe dans la forêt sacrée. Musicalement, les actes II et III sont les plus facilement caractérisables, le II par un flux de noires régulières figurant l'Etat policier de Créon, à laquelle échappe Antigone (une idée simple.... trop simple?), le III par une séquence des bruits de la forêt (je lis dans la note d'intention que c'est l'accélération de la musique du début de l'acte I).... mais le reste de l'acte est assez hétéroclite (la fin, avec l'aigü d'Antigone, n'est pas très convaincante). La musique de l'acte I est plus difficilement caractérisable, il y a beaucoup de texte. Oedipe est souvent associé à des volutes de clarinettes; le choeur intervient dans des chorals impressionnants. La musique de Tirésias (une basse qui ressemble à une vieille femme) est associée à des bois très graves. Un des moments réussis est une musique en microintervalles en descente lente, donnant une impression de délitement. C'est globalement une musique non thématique (ça nous fait des vacances). Au total, je suis moyennement emballé. En revanche, la salle de l'ENO, le London Coliseum, quel confort et quel rapport qualité-prix....

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jeudi 20 février 2014

Lévy/ Puccini

Un week-end dernier bien occupé:

* Présences 1: Hérédo-ribotes, de Fabien Lévy. C'est l'alto qui propose à l'orchestre (51 solistes) de jouer à partir d'un matériau en modes de jeu. Une oeuvre ambitieuse (avec des cors aux balcons qui font tourner le son), mais je trouve les moments contemplatifs moins aboutis que dans A propos. La critique semble avoir bien aimé. Au programme du même concert: Henze, Widmann (une oeuvre romantique pour clarinette et orchestre) et Schneller (très éclectique et plaisant à écouter). 

* Présences 3: Après tout, toujours de Fabien Lévy. Sonne comme un grand oratorio, mais il n'ya que 6 solistes (les Neue Vocalsolisten, qui chantent cette partition avec une aisance déconcertante) et 6 instrumentistes (et une bande électronique qui se mélange très bien aux instruments; les crépitements façon années 40 étant une part importante d'une riche texture bruitiste). Grand impact des textes, plus faciles à suivre en concert avec les sous-titres qu'à la radio (Jankelevitch au Masque et la Plume, la lettre de Raweling à Jankelevitch; la réponse de Jankelevitch). Mes moments préférés: les chorals de la 1ère partie, avec la voix de coloratura qui colore le tout; le vent du début et de la fin; le théâtre musical du début de la 3ième partie (ce jeu sur vergeben/ vergebens avec le s qui dure....)

* La Fanciulla del West. L'acte I (dans le bar) est un peu languissant (malgré une valse - chorale- dans l'opéra; le psaume 51). L'acte II est beaucoup plus palpitant  et l'acte III n'est pas loin d'être un chef d'oeuvre (les derniers mots d'un condamné, une musique que je trouve extraordinaire, hybridation de la Cathédrale engloutie et du grand opéra italien). Gammes par tons, enchaînement d'accords parfaits, rythmique à la Billy The Kid, une partition exotique et éclectique. Mise en scène pertinente et beaucoup moins fofolle qu'attendu (Lenhoff n'est pas Langhoff).

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dimanche 26 janvier 2014

Biennale 2014

A la Biennale, trois concerts cette année:

  • les Borodine jeudi, à décongélation lente. Mozart congelé et soporifique (le ré mineur; à part le 1er mouvement, ce n'est pas ma tasse de thé avec son côté comte-qui-fait-la-gueule; dans le 1, j'aime beaucoup la façon dont les triolets investissent et contribuent à liquider la fin du développement et la fin du mouvement). Tchaïkovsky à température ambiante, rare et pas trop passionnant (à part un choral pas vibré, très blanc). Pour finir, Borodine cuit à point: souple, vivant et chaud. Il faut dire que Borodine n'a pas son pareil pour escagasser le point G de l'auditeur (avec, par exemple, le ré suraigü du 1er violon à l'extrême fin: retour à la vie civile, liquidation précipitée des affaires du quatuor ?) (ou, dans un autre genre, le retour du thème du Notturno, à ***, les deux violons en canon, l'alto en frotti-frotta et le violoncelle en pizz: effet irrésistible sur nos nerfs déjà grandement ébranlés par le duo violon/violoncelle, juste avant)
  • les Arcanto, dimanche. Avec Queyras et Zimmermann, je m'attendais à de beaux graves, mais ce que fait la 1er violon est d'une élégance et d'une intelligence incroyables. Au programme, deux Schubert (le magnifique Quartettsatz et le quintette, que je crois avoir trop entendu et qui m'intéresse moyennement, comme je suis peu porté sur l'aérobic et/ou la mystique). Et surtout le KV464 de Mozart, qui est décidément une des oeuvres les plus intéressantes de Mozart (je suis sidéré par les pianissimos des Arcanto, par exemple dans le menuet, très contrapunctique, qui tend parfois vers le silence)
  • pour finir, le quatuor de Jerusalem. Mozart, KV589 (celui en si bémol avec le violoncelle en vedette; avec le trio du menuet au pouls qui s'emballe, comme à l'opéra). Janacek: le 1er quatuor (celui avec le finale au thème de Katia Kabanovna). Et, ce pour quoi on était venus, le Smetana de ma vie. Voilà un quatuor en pleine possession de ses moyens (qui sont immenses....) 

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mardi 14 janvier 2014

Le viol de Lucrèce à l'Athénée

La scène de chaleur avec harpe et timbales obsédantes; la passacaille avec Is it all?, et la fin 

Déçu par la mise en scène, costumes moches et chanteurs jouant très mal (la bagarre des officiers....), rien à voir avec l'engagement et la fraîcheur des chanteurs du Conservatoire il y a quelques années. Ce n'est sans doute pas un hasard si les personnages de l'histoire sont figés; après tout, le sujet de l'opéra (le viol et l'attitude un peu ambigüe de Lucrèce qui explique son suicide) est irrépresentable, et Britten a souhaité tourner autour du pot en donnant la part belle au Choeur Homme, qui dit voir cette histoire préchrétienne avec les yeux du Christ. Ce personnage, le plus vivant et expressif de l'opéra, a sans doute les plus beaux moments musicaux de la partition (la chevauchée, les deux prologues); pas vraiment une surprise si Britten avait réservé ce rôle à Pears.

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mercredi 1 janvier 2014

Vus depuis août

(en gras, particulièrement bons)

Magnifica presenza, Leave it on the floor, Michael Kohlhaas, Dans un jardin je suis rentré, Romeos, Grand Central, Jeune et jolie, Ilo ilo, Tip Top, Tirez la langue mademoiselle, La bataille de SolférinoBlue Jasmine, Miele, Ma vie avec Liberace, Ma vie domestique, Opium, La vie d'Adèle, 9 mois ferme, Haewon et les hommes, Une chambre en ville, Salvo, Un château en Italie, Le fond de l'air est rouge, Inside Llewyn Davis, Violette, La Vénus à la fourrure, Une femme douce, Les rencontres d'après minuit, Guillaume et les garçons, à table, Comment j'ai détesté les maths, A Touch Of Sin, La jalousie, The Immigrant

(je rajouterais au minimum Lincoln, La belle endormie, Camille Claudel 1915 et L'inconnu du lac dans les films particulièrement bons vus en début d'année)

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vendredi 20 décembre 2013

Grisey/Schubert

Hier soir, concert crépusculaire avec Vortex Temporum de Grisey et l'Inachevée de Schubert.

* Vortex Temporum - pas la première audition pour moi, mais c'était il ya plus de 10 ans si j'en crois ce blog. L'introduction chaleureuse de Boffard ("une oeuvre qui a toujours été là"). Les dédicaces à Zinsstag, Sciarrino puis Lachenmann. Le matériau de départ: les arpèges de Daphnis, les sons filés crescendo aux cordes. La cadence de piano véhémente à la fin du 1er mouvement. Le mouvement lent, très lent, coeur mystique de l'oeuvre, qui part de rien, monte du très grave à l'aigü avant de redescendre, où l'on entend beaucoup des 4 notes désaccordées du piano. Le 3ième mouvement est deux fois plus long que chacun des autres, plus touffu et complexe qu'eux. L'extrême fin, beau comme du Lachenmann (le battement de coeur, la musique détimbrée). 

* L'Inachevée, jouée très vite par les Dissonances. Le sublime conduit des cordes a cappella à la fin du 2nd mouvement (qui mène à deux chorals des vents, aventure extrême. Suivi des 12 mesures du scherzo (ce sera tout). En bis le mouvement lent de la 7ième de Beethoven (étonnamment en cohérence avec le 1er mouvement de Schubert).

 

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dimanche 15 décembre 2013

Résumé des derniers épisodes

* Les Puritains à la Bastille. Un livret que l'invention des téléphones portables aurait ruiné (avec un SMS du type "chérie, je sors trois minutes sauver la reine, attends-moi, on ira se marier après", on n'aurait eu qu'une petite demi-heure de bel canto). Apothéose du plateau tournant (oh! un gorgonzola! oh! un parmesan! oh, un provolone piquant). Au second acte, ça tourne, mais à vide: il ne reste que les chanteurs immobiles sur le plateau tournant dans une lumière froide, c'est vraiment Holiday on ice. La musique n'est ni déplaisante ni mal chantée, mais il ne m'en reste aucun souvenir (sauf peut-être cet air au 2ième acte, qui forme un contraste saisissant avec ce qui précède). 

* Quatuor Keller au Musée d'Orsay. Un quatuor de Kodaly que je ne connaisais pas (beau 1er mouvement, le reste est impressionnant mais très décousu); le 1er de Ligeti (un château de Barbe-bleue à 16 portes, dont certaines claquent plus que d'autres; je suis toujours inconditionnel du moment Enfant et sortilèges); plusieurs des duos de Bartok (peut-être le moment le plus fort de la soirée); le 4ième de Bartok (celui aux deux scherzos; je retiens que l'altiste fait les pizz solo avec le pouce et les pizz d'accompagnement avec l'index). Un brin déçu par rapport aux Kelemen

* Les espaces acoustiques, de Grisey, à la Cité de la Musique. Un projet ambitieux, six pièces allant du solo d'alto au très grand orchestre, avec de nombreuses correspondances entre les pièces. Pas vraiment emballé par les 3 premières pièces (trop long, le solo d'alto; trop potache, le théâtre musical de la fin de Partiels). La magie opère plus sûrement avec les pièces à grand orchestre, notamment Transitoires (avec les incroyables coups de boutoir de la contrebasse solo!), et l'épilogue avec 4 cors. Add: ceci sur Partiels

* Dialogues des carmélites, au TCE. Olivier Py a eu deux belles idées de mise en scène pour les scènes d'agonie. Celle de la fin, un nocturne d'une grande douceur, est au sens premier la concrétisation de l'étrange songe de Constance (avec sa musique de sauts d'octave descendants). L'autre scène avec madame de Croissy (pas idéale vocalement) rappelle autant la crucifixion que la guillotine. Petibon et Devieilhe (qui remplaçait Piau) ont été magnifiques, mais je n'ai eu d'yeux et d'oreilles que pour Véronique Gens en madame Lidoine. La voix de l'amour.... l'envers aimant de cette mère Marie de l'Incarnation, orgueilleuse et dure, qui manque à l'appel, à la fin.

 

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vendredi 29 novembre 2013

Siemens/ EIC/ Beaubourg

Concert de + en + enthousiasmant, avec la musique de 4 lauréats de la fondation Siemens:

* Michael Jarrell: Congruences. C'était peut-être bien, mais après avoir vu Sophie Cherrier s'harnacher de fils pour l'électronique, j'ai beaucoup dormi.

* Ulrich Kreppein: Départ (les compositeurs français mettent des titres en allemand et les allemands des titres en français, on dirait). Musique fine et précieuse, parfois véhémente. Une séquence longue de solo d'alto mélangé à la flûte; dans le suraigü (sur un tapis de choral de cordes). Cela m'a globalement bien plu.

* Arnulf Herrmann: rondeau sauvage. Pour 7 instruments (3 cordes, 2 vents, piano et une percussion très fournie; notamment des genres de macarons métalliques à frotter avec un archet, produisant des aigüs très brillants). J'ai envie de faire les mêmes commentaires qu'à l'écoute de la dernière oeuvre que j'avais entendue de lui, si ce n'est que cette fois l'impression sonore est encore plus riche et variée. Ce qui me frappe est la clarté du discours musical, avec des percussions très excentriques pour liquider chaque section. Très virtuose aussi (je serais curieux de comprendre la cellule rythmique du début), et franchement puissant. Mon voisin n'a pas aimé et dit à sa voisine, "c'est simple à comprendre, comme un blackberry" (une réflexion qui m'a laissé perplexe, je n'ai pas trouvé ça du tout putassier.)

* Mauricio Kagel: Orchestrion-Straat. L'orchestre par deux en diagonale (comme un wagon de TGV): 2 violons, 2 flûtes etc.... avec sur la tranche un accordéon, un saxophone, un piano et 2 percussions encore plus excentriques que chez Herrmann. Musique de bastringue, de rue. Comme toujours chez Kagel, ça va bien plus loin, avec une invention poétique et musicale géniale. A la fin, l'orchestre continue à jouer, les deux percussionnistes se ruent comme des possédés dans les travées du public en agitant sous le nez des spectateurs des brocs de cantine pleins de ferraille (et continuent à le faire alors que l'orchestre a fini de jouer). Génie.

 

 

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