jeudi 19 novembre 2009

Des hongrois à la Cité

Du moins au plus intéressant (et aussi dans l'ordre du concert):

  • Séquences du vent, de Peter Eötvös: du vent, effectivement.
  • Quatre caprices de György Kurtag (sur des textes un poil salaces d'Istvan Balint): trop long et pas assez épuré pour être du meilleur Kurtag.  
  • Torso de Marton Illes: une musique à fin blamblam (on s'extasie sur la capacité de Susanna Mälkki à battre rapidement des mesures vides) et une partition stimulante dont on comprend assez vite intuitivement les grands principes (agrégation/désagrégation, défilement de personnages rythmiques comme dans le Sacre, jeux de timbres)
  • et le Concerto pour violon de Ligeti, dont on avait oublié à quel point c'était une musique sublime. Praeludium féérique, à tissu moiré des cordes; Aria, hoquet et Choral à ocarinas; Intermezzo à escaliers d'Escher; Passacaille lugubre; puis un Finale avec un concours de sauvagerie pour les pizz entre violoncelles et contrebasses, et une vraie et magnifique cadence pour le violon solo. Heure de gloire méritée pour Diego Tosi, qui file faire la bise à ses deux collègues de l'EIC.

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mercredi 18 novembre 2009

L'art d'être un homme, au musée Dapper

Rien que le titre de cette exposition est beau et se savoure encore longtemps après.....

C'est une très belle exposition sur tout ce qui fait qu'en Afrique ou Océanie, on se pare pour être un homme. Sidérants totems à chapeaux et scarifications, manteaux et capes incorporant des restes d'animaux (porc épic, coléoptères), rangée de perles habillant très simplement un jeune berger, s'effilant en un carquois à l'arrière. Et en prime, une extraordinaire vidéo de jeunes Peuls en plein concours de beauté, bons à marier....

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J'ai acheté un des posters de l'exposition, et me demande où je vais le mettre (je ne sais pas pourquoi, mais j'ai peur de mal dormir si je le mets dans ma chambre)

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mardi 17 novembre 2009

Sin nombre, de Cary Fukunaga

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Simplement un très bon film, tout droit et tout simple, la traversée du Mexique d'une jeune guatémaltèque cherchant à émigrer aux Etats-Unis et d'un jeune homme que poursuit une mafia locale; ça ne rend pas particulièrement optimiste sur l'avenir du Mexique et de ses enfants....

 

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Les voies de la follitude (et de la serpillière) sont impénétrables

C'est par ici qu'il faut cliquer.

(merci à N. via mon CollèguePréféré) 

(je me demande si ça amusera guillaume)

(tiens, y a ça aussi pour Philippe[s])

(sisi, ça résiste)

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dimanche 15 novembre 2009

La religieuse portugaise, d'Eugène Green

Paillasson Liminaire Merci de vous essuyer les pieds avant d'entrer dans ce billet Je décline toute responsabilité quant à vos futurs d'états d'âme au sortir de ce film; ne venez pas geindre ici que c'était ennuyeux, ridiculement distancié, mal joué au point que Bresson à côté c'est du grand cinéma populaire d'acteurs; il y a peut-être sans doute du vrai dans vos critiques mais il y a fort à parier que vous êtes passé à côté du film (je dis ça après avoir testé les réactions du cher-et-tendre-omètre, qui a été assez vite en état d'alerte maximale, et du reste de la salle, qui est assez vite devenu nerveux et a surréagi au subtil et discret humour de Green)

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Ceci ayant été dit: La religieuse portugaise est un film merveilleux qui conjugue force du cinéma et de la mystique, plaisir physique d'être à Lisbonne, rhétorique baroque et musique portugaise. Il est question, entre autres, d'une actrice qui doit jouer une religieuse portugaise et d'une religieuse portugaise, qui chaque jour, dévale une colline pour attendre Dieu sur la colline en face (comme si Lisbonne était une immense chapelle avec deux murs se faisant face). Au plaisir des films précédents (sens du décalage - on dit portatif et pas portable, on se rend compte que la modernité c'est la mobilité - , coexistence particulièrement réussie de différentes époques) on peut ajouter celui de voir Green himself, subtilement drôle et farfelu, avec son précieux accent américain; et celui d'écouter beaucoup de belle musique portugaise (je pense par exemple à une belle scène de fado où on voit le public écouter).

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And now Ladies and Gentlemen un peu de boxe thaïlandaise!

Vas-y! Mors-y l'oeil!

La frêle placide batave l'emporte haut la main sur l'agitée du bocal la rock star (qui est bonne pour l'HP), non? Je ne doute pas que Bartoli ait chanté cet air moins faux plus proprement au disque ou lors d'un autre concert, mais enfin....

Ce billet est certifié avoir été réalisé sans danger pour aucune cantatrice (mais en exploitant honteusement les gazouillis de @Theobaldino)

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samedi 14 novembre 2009

Encore un peu de Schubert rare pour le plaisir

(c'est Alonso et Estrella, l'air du roi Froila, à l'acte I. Magnifique introduction orchestrale, et la suite n'est pas mal non plus...)

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dimanche 8 novembre 2009

Salomé à la Bastille

Salomé tombe amoureuse d'une belle voix grave - c'est normal, on est à l'opéra - et de l'étrange musique de Jean-Baptiste (un vrai personnage de science-fiction), ces longues nappes de notes tenues dont la résolution se fait attendre. Petite Fille Riche, malgré tous ses efforts (ces "Ich will deinen Mund küssen" répétés jusqu'à l'écoeurement) tombe sur un mur. Tout simplement l'un des meilleurs livrets d'opéra jamais écrits.....

 

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vendredi 6 novembre 2009

Madame Mouchabeurre, au Trianon

Quand Pinkerton rime avec "petite bretonne" (et aussi "petite conne").... Plus qu'une adaptation de Madama Butterfly à la mode de Bretagne, c'est une grande fresque sur plusieurs générations, à la Demy, avec coups de théâtre familiaux, adieux et retrouvailles dans un port breton. Souvent l'émotion - et pas seulement le rire - vient de la juxtaposition des bandes son - je pense à ce garçon abandonné chantant Jonasz avec ses rimailles aille aille ou à cette scène de reconnaissance qui pille le Mozart de la Flûte ("Ton- pa-pa c'est-mon-papa"). Pas trop aimé la fin ni l'accompagnement de synthé, mais tous comptes faits, cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu les Caramels Fous et je trouve qu'avec l'intrigue et les paroles de Michel Heim, on a dépassé le registre de la parodie pour arriver à quelque chose de plus troublant, qui tient très bien le choc dramatiquement (au beurre très salé). Mention spéciale à la bonne du curé (qui a au moins deux airs irrésistibles) et à la mère Chouchen (c'est Michel Heim, non?). 

 

(Un spectacle à effets collatéraux .... *soupir*..... détonnants; quand je pense que depuis hier j'en ai un qui à la maison se prend pour une majorette en chantonnant à tout bout de champ "In the Navy")

(à vrai dire je suis plus Rhum and coca cola ou Je dois m'en aller)

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mardi 3 novembre 2009

Schumann à Pleyel (avec deux lichettes de Mendelssohn)

Concert mac Rhénan: entre deux tranches d'Ecosse, deux gros morceaux rhénans (Leberkäse? Blutwurst de Cologne?). Que des oeuvres que j'ai déjà fréquentées en orchestre, que du bon: du Mendelssohn pour commencer et finir (l'ouverture Les Hébrides et en bis, le mouvement lent de l'Ecossaise); au milieu, côté rhénan, le concerto pour violoncelle et la 3ième symphonie de Schumann.

Les Hébrides font plus bassin du Luxembourg qu'aventure d'Arthur Gordon Pym; Herreweghe agite les poings fermés à chaque grondement de timbale, mais ça n'est jamais bien méchant. Je m'amuse à imaginer qu'il ferme les yeux en agitant les poings, comme un bambin qui a peur de voir quelle terrrrible tempête il a déclenchée. Sa troisième de Schumann est magnifique, c'est un triomphe de la rhétorique (les hémioles du 1er mouvement, les accents décalés du finale). Le mouvement à choral des trombones est clair et allant. Dans les 2ième et 3ième mouvement, des pédales oscillantes introduisent un voile d'inquiétude, tellement schumannien.

Mais la vedette de la soirée, c'était Jean-Guihen Queyras! La grande classe dans Schumann.... et deux bis magnifiques (la sarabande de la 1ère suite de Bach et la 7ième étude de Duport - celui qui a créé les sonates opus 5 de Beethoven), . Comme vous êtes sages (et que j'ai envie de me faire plaisir), voici ceci 

Posté par zvezdo à 23:16 - concerts - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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