dimanche 28 janvier 2007

Les climats, Nuri Bilge Ceylan


Vu les Climats, de Nuri Bilge Ceylan (avec des points sur les i).

Un film magnifique. L'histoire d'un homme mûr (un parfait connard écrit-on à Libé, un jugement de valeur pour le moins inadéquat), d'une jeune femme au regard d'orage dont les pleurs sont difficiles à contenir, d'une femme avec des souliers pointus, plus vulgaire, dont le rire est tout aussi difficile à contenir.

Cela commence très fort à la plage. Elle dégouline de sueur, une vraie scène d'horreur (cf photo); elle rêve qu'il va l'enfouir sous le sable; alors qu'elle se baigne, lui répète comme un adolescent les mots de la rupture; bang, elle est déjà là dans le cadre, la rupture a déjà eu lieu.

Là n'est pas l'essentiel: comme dans Uzak (découvert cette semaine en DVD, une autre splendeur) il se passe toujours des choses cruciales dans le cadre; une abeille qui vrombit, un avion qui décolle, de la neige qui tombe (comme dans une bricole made in Dubai), une noisette à la trajectoire incertaine.....le tout sur une rumeur d'orage qui gronde.

En écho au film, on peut aller faire un tour sur le site de Ceylan et découvrir sa série Turquie en cinémascope, dans laquelle on retrouve non seulement Istanbul mais aussi Aphrodisias et le palais d'Ishakpasa, près du mont Ararat, qu'on voit à la fin du film.....(un autre Symi à découvrir)

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mercredi 24 janvier 2007

Les Contes d'Hoffmann à la Bastille


Vu la générale des contes d'Hoffmann avec I (qui a parfois 24 ans et souvent des bons plans). La production Carsen est bourrée d'idées (la trouvaille visuelle qui accompagne la barcarolle équivoque de l'acte III est un trait de génie) mais parfois raccoleuse (est-il utile d'appauvrir le spectacle en surlignant le coté sexuel des râles suraigus d'Olympia, la poupée mécanique ?).

Un spectacle plus-méta-tu-meurs. L'opéra dont tous les chanteurs brandissent la partition dans les Contes d'Hoffmann, c'est Don Giovanni (à l'affiche aussi à Bastille). Chez Carsen, les quatre tableaux (le prologue/épilogue et les trois actes) interagissent avec des représentations d'opéra....(davantage Garnier ou le TCE que Bastille...); la scène est envahie de faux metteurs en scène, pompiers, figurants et badauds.... Vertige méta redoublé par la proximité du vrai Carsen, tout près, et par le comportement du public de la générale (les pires nous dit une des ouvreuses) qui ressemble étonnamment à cette foule avide du prologue qui vient assaillir le bar.

Dans ce grand métaopéra, un seul personnage échappe au second degré, c'est Hoffmann, magnifiquement porté par Villazon (dont la diction française est mauvaise, mais quel élan, quelle fougue, quelle présence: wow!). J'ai mieux compris pourquoi je n'aime pas les Contes d'Hoffmann: contrairement aux opéras de Wagner ou même aux Troyens de Berlioz, ces Contes ne croient pas, ne croient plus à la magie du grand opéra, présenté comme un bric-à-brac qui mène à la facination morbide, l'aveuglement et la mort. Fin neuneu, Second Empire dans ce qu'il a de pire, c'est par les pleurs que l'on devient grand, ce lieu commun romantique éculé qui est que la création vient de la sublimation de l'échec amoureux .... une morale de bigote vitrifiée.

La musique... les passages les plus emphatiques sont assommants mais je retiens l'invention instrumentale dans plusieurs airs de l'acte d'Antonia (notamment celui de Niklausse); dans le même acte, la belle chanson de la tourterelle, toute simple.... et l'air du concierge sourd qui ne sait ni chanter ni danser, impayable. Et aussi, dans le prologue, la chanson de Kleinzach et le glouglou du début; à l'acte III, la barcarolle, féérique et toc.

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dimanche 21 janvier 2007

Arbatz au café de la Danse


Samedi soir, c'était chanson française, au café de la Danse avec Gilda et le chat.

En première partie, un groupe que je ne connaissais pas, Vis à vies: j'ai trouvé la musique toujours séduisante (les solos de guitare, la voix de la chanteuse, des effets sonores toujours intéressants comme du sable qu'on fait crisser), bien meilleure que les textes, parfois un peu fragiles.

En seconde partie, un chanteur d'un autre calibre, Michel Arbatz dans son nouveau spectacleRetrouver le Sud, alliant des chansons anciennes (le rap de la bipédie de l'album On a marché sur la terre, Lisbonne de l'album Desnos) et nouvelles (le Dodo, Zapotek). Je suis depuis longtemps un grand admirateur d'Arbatz; ses numéros parlés ou rappés, à la fois drôles, délirants et cohérents, me rappellent un peu le Trénet des années 30, ou même le grand Devos (dont il n'a pas la carrure). Ses chansons sont remarquablement mises en musique et servies par une troupe pince-sans-rire. Et sur scène il vaut le détour. Il mérite d'être plus connu ! Pour vous donner envie de l'écouter, j'ajoute dans ma radio Lied deux chansons de On a marché sur la terre, un album sur l'évolution (réalisé avec Yves Coppens; un mélange étonnant de vulgarisation scientifique et de fantaisie débridée).

 

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samedi 20 janvier 2007

Au secours


Avec retard, je découvre avec effarement via Phersu les détails de la montebourde et de la ségolerie qui s'ensuivit. Je ne sais pas ce que je trouve le plus pitoyable: ce petit coq qui marque un temps d'arrêt avant de sortir une énormité qu'il croit drôle, qui ne l'est pas un instant et qui n'amuse que sa petite clique haineuse (pourquoi diantre faudra-t-il le reprendre comme porte-parole dans un mois, celui-là, on se le demande); ou les propos de Royal justifiant sa décision de suspendre ledit coquelet:

"Quand le moment vient, conformément au principe qui est le mien, je rétablis de l'ordre, de l'ordre juste et j'exerce mon autorité juste, sans dramatiser les choses, mais sans laisser passer un certain nombre de choses", a expliqué Ségolène Royal en marge d'un déplacement à Paris. "Donc j'ai mis un carton jaune" à "mon ami Arnaud". "On peut dire des bons mots, faire preuve de spiritualité, mais sans blesser ou sans dénigrer", a-t-elle sermonné.

Au secours. Malgré tout, il est probable qu'il soit utile à un Président de la République de savoir s'exprimer, par exemple en français. Pour qui je vais voter, moi, au premier tour ? (et même au second tour, à y bien réfléchir)

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vendredi 19 janvier 2007

à la demande générale....


....quelques photos toutes fraîches d'Istanbul (je sais je sais, ça fait touriste velu; royal, j'assume):

la Ayasofya (vue depuis la sortie de la Mosquée bleue)

la cour de la Mosquée bleue

....le Bosphore (avec des nuages qui ont jeté un voile pudique sur le lever de soleil érubescent qui m'avait tant hypnotisé la veille - mais il me faut me croire sur parole, j'avais oublié mon appareil photo ce matin-là)....

....encore le Bosphore (pour la bande son la veille au soir voir ici en poussant le son - désolé, c'est un peu raté !).....

....des pêcheurs sur le pont de Galata sur la Corne d'Or....

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jeudi 18 janvier 2007

Deux jours a İstanbul


- Tiens c'est curieux, sur la connexion İnternet du salon Turkish Airlines, bloglines ne passe pas davantage que les commentaires chez bladsurb (blogger je crois): tous deux sont considérés comme du chat et à ce titre ınaccessibles.

- Un voyage épique, à l'aller comme au retour. A l'aller, impossible d'atterrir soi disant à cause du brouillard (alors qu'on voyait parfaitement la Corne d'Or et la ville), l'avion a passé 1 heure à tournicoter au-dessus d'Istanbul avant d'abandonner: atterrissage a Izmir (339 km d'Istanbul) puis fınalement vers 2h du mat', retour vers Istanbul alors que le brouıllard s'était levé. Aujourd'hui ıl fait beau à Istanbul maıs pas à Londres, je n'ai aucune idée de l'heure à laquelle nous pourrons décoller.

- Cette fois ci, pas le temps de faire du tourisme, maıs j'ai découvert la rive européenne du Bosphore, au nord de la ville. Je ne suis pas pret d'oublier le lever de soleil mercredi matin sur la rıve asiatique avec ces minarets dans le brouillard sur une bande-son d'appel a la priere, et ces immenses bateaux en goguette sur le Bosphore.

- Dıscussion passionnante avec E sur l'Irak. Il m'explique que Mossul et Kırkuk étaient des propriétés personnelles du sultan dans l'Empire Ottoman et voit bien l'Armée turque descendre jusque là, quand les Américains seront partis. Dit qu'ici comme ailleurs on est dans un cycle nationaliste et qu'il sera tentant de manipuler l'opinion sur ces questions.

- Je n'avais pas souvenir du nombre hallucinant de portraits d'Atatürk, aux endroits les plus ınconğrüş.... dans les batiments publics mais aussi privés.

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dimanche 14 janvier 2007

L'horizon indépassable pour Klee c'était Mozart.....


....et pas la 1ère sonate pour piano de Boulez (quelle cruelle déception) (hum, "pays fertile" ?)

(merci à jlf)

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mercredi 10 janvier 2007

Daratt, de Mahamat-Saleh Haroun


Vu Daratt (Saison sèche) de Mahamat-Saleh Haroun

L'histoire d'un jeune villageois à qui son grand-père aveugle demande d'aller tuer l'assassin de son père. Il devient l'apprenti de ce dernier, un boulanger vieillissant, violent mais travaillé par le remords. Le jeune homme oubliera beaucoup de choses (la levure dans la pâte à pain ; le pistolet que son grand-père lui avait remis) mais il saura devenir un homme.

Un film très fort, très simple, traversé par le grand souffle du tragique (il ya beaucoup de vent là bas), avec une description assez crue du quotidien d'une grande ville du Tchad. Qui s'abstient de tout misérabilisme ou de toute référence au réalisme magique. Qui laisse gonfler la pâte sans préjuger du résultat final (c'est important pour la boulange comme pour un film). S'il fallait absolument lui trouver des pères (ce qui n'est pas forcément une bonne idée), plutôt que chez des cinéastes comme Cissé, il faudrait chercher du côté de chez Claire Denis (pour la farine) ou des Dardenne (le Fils raconte une histoire symétrique) .... on est plus dans une boulangerie moderne que traditionnelle, quoi qu'en dise le film.

(celui-là Enn je te le recommande sans l'ombre d'une hésitation !)

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samedi 6 janvier 2007

Un court moment d'égarement hétérosexuel dans le métro

...tout à l'heure à Barbès au moment de sortir de la rame, je me rends compte que quelque chose d'impérieux me retient dans cette rame; une des cordelettes de mon sac à dos s'est pris d'amour pour un des gros boutons du manteau d'une jeune femme. Je sais, j'aurais dû déposer mon sac à dos, je passe mon temps à pester contre les ploucs qui rentrent dans une rame bondée en gardant leur sac au dos, mais voilà, j'étais particulièrement encombré (entre autres d'un violon) et la rame n'était que mollement pleine. Me voilà donc occupé à pétrir le sein d'une jeune personne, elle même fort active pour tenter de distendre nos liens, sous l'oeil intéressé puis goguenard (c'est ça l'amour et autres manifestations de l'ironie populaire parisienne) des autres passagers.... In extremis nous avons réussi à nous séparer.

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vendredi 5 janvier 2007

à pleurer de rire

Deux vidéos de Mozinor chez allegro vivace: Ségo, DSK et Fafa font du beatbox pendant que Sarko donne la fièvre à une biatche

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