samedi 30 juin 2007

I don't want to sleep alone, de Tsai Ming Liang


- Dormir avec un mauvais matelas vous gâche la nuit et le tempérament.

- Lee Kang Sheng en respiration artificielle est-il l'avenir de Lee Kang Sheng en SDF chinois perdu à Kuala Lumpur ? je me perds avec ces rubans de Moebius à la Haydn.

- On commence par la Flûte enchantée et on enchaîne avec une chanson malaise où il est question d'oiseaux tout cuits et d'un roi.

- Salauds d'Indonésiens; en brûlant leurs forêts ils nous forcent à mettre un masque à gaz pendant l'amour.

- Comment ranimer l'aimé ? en le lavant et en le bichonnant.

- Un Tsai Ming Liang polyglotte, doux, cruel et flottant qui me laisse inexplicablement euphorique.

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mardi 26 juin 2007

Le nouveau russe du jour

Je précise: il s'agit d'un solliciteur - il vient nous demander de l'argent, il serait plus efficace qu'il soit poli. Donc, le nouveau russe du jour (que j'abrège par la suite en LNRDJ) a rendez-vous avec moi aujourd'hui à 12h45. Il m'appelle vers 11h pour me dire que ce serait mieux pour ses collègues que nous nous voyions au restaurant, et me charge d'en trouver un près de nos bureaux. LNRDJ arrive vers 13h10, ne s'excuse pas, me fait remarquer que le trafic est infect à Paris, que nous ferons donc la réunion ici. A jeun, me dis-je. Dans l'ascenseur, LNRDJ rit très fort, sortant quelque chose de manifestement très drôle en russe à l'intention de ses collègues. Après la réunion, vers 14h, ils sont enfin partis, ma stagiaire, qui se débrouille bien en russe et sait cacher son jeu, m'explique: il a ri parce que notre ascenseur sentait la soupe. Comme c'est drôle.

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samedi 23 juin 2007

Pelléas au TCE


A chaque représentation de Pelléas, j'ai des attentes faibles ou inexistantes: je me doute que la mise en images va m'exaspérer et que les chanteurs ne seront pas à la hauteur de ceux des enregistrements par lesquels j'ai plongé dans l'oeuvre, le Désormière de référence amélioré en remplaçant Jansen/ Joachim par Maurane /Danco....

Au fond, la seule chose que je demande, c'est de pouvoir comprendre le texte pour suivre. De ce point de vue, la soirée d'hier peut faire date.

Naouri est un Golaud subtil, jamais ridicule, d'une grande violence. Le metteur en scène le fait chanter la réplique du Berger (Ce n'est pas le chemin de l'étable). L'effet est terrifiant, d'autant que Golaud se lève à ce moment là, après avoir été prostré sur scène pendant le babil d'Yniold, sous une fourrure, comme un mouton; cela marche impeccablement avec la musique. Kozena n'est pas toujours complètement compréhensible (Mélisande l'est-elle ?) mais elle est scéniquement parfaite et elle a un timbre qui convient, chafouin et mystérieux..... L'excellent ténor québecois Lapointe campe un Pelléas dangereusement hétérosexuel (on aura tout vu, ces metteurs en scène osent vraiment n'importe quoi...). C'est à mille lieux des voix transparentes que j'aime en Pelléas. Ce Pelléas est avant tout élan vers Mélisande. Son je t'aime sonne comme la sortie d'un bouchon de champagne et contraste efficacement avec le je t'aime aussi de Kozena. Le reste de la scène était merveilleux vocalement. Au fond, j'ai beaucoup aimé: diction parfaite, élan irrésistible.

Quant à Arkel.... un timbre magnifique, la prestance d'un François Joseph (d'un Renaud Camus ?). Ses âneries pontifiantes ("Il n'arrive peut-être jamais d'événement inutile" et autres calembredaines) étaient (heureusement ?) inintelligibles. Frappé par le contraste à l'acte I de la musique d'Arkel avec celle de Geneviève et sa scène de la lettre: au fond Arkel est peut-être le seul personnage d'opéra traditionnel, loin du parlé/chanté des autres personnages.

Un mot de la mise en scène. Quelques trouvailles à l'acte IV: le "on a cassé la glace avec des fers rougis" sur une levée de rideau; cette coque qui tournoie en spirale, une idée qui rend bien justice au lyrisme de la scène (et oui, Titanic était un beau film lyrique). Oui, la sensualité vient avant l'aveu de la passion; je ne crois pas que ce soit un contresens, ce sont deux choses différentes, pas nécessairement synchrones.... et la 1ère scène de l'acte III est incroyablement érotique, davantage peut-être que la fin de l'acte IV, juste une histoire de lumière et d'ombre, de portes refermées ou entr'ouvertes.

Aussi: ici, ici, et .

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samedi 9 juin 2007

Da gelo a gelo, de Sciarrino


Vu Da gelo a gelo de Salvatore Sciarrino à Garnier. Un spectacle précieux, très lisible et... passablement assommant.

Une succession de très courtes scènes d'amour, pour l'essentiel des lettres avec de courts poèmes entrelardés par des séquences de prose dites par deux flûtistes parlant dans leurs flûtes (et oui). Sciarrino parle d'un "voile sonore à travers lequel se fait l'écoute (...) qui ferait presque penser à une mauvaise liaison téléphonique". Pendant quelques scènes censées avoir lieu en extérieur, un percussioniste s'attaque à un grand radiateur avec des roulements de mailloche : effet très réussi, on se croirait sur une terrasse d'aéroport, avec un barouf couvrant efficacement les voix (mais peut-être pas les sacs plastiques (malheureusement pas de mami joueuse ce soir là pour tenter l'expérience))). La musique m'a séduit: bruitiste, avec des coups de griffe des cordes, des glissandi de cuivres épars au-dessus de longues tenues des vents. Malheureusement le texte est pauvre (avec un lexique qui tient en une dizaine de noms, dont ramier, coucou, charmille, pluie) et l'oeuvre est trop répétitive pour ne pas susciter l'ennui.... sauf peut-être un passage où la soprano, dans un grand moment de solitude, s'adresse directement au public, rompant les codes - stricts- du reste de l'opéra (celui/celle qui écrit la lettre chante dos au public dans le noir, celle/celui qui lit reste face au public, éclairé).

Une soirée qui a rendu un taiseux lyrique mais pas ramené à l'addiction une blogostar à la retraite...

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mercredi 6 juin 2007

Lohengrin, de Richard Wagner


- Vu, en bonne et blogueuse compagnie (gilda 1 et 2, juju, goon) le Lohengrin de la Bastille - quelques années après celui du Châtelet (qui m'avait prodigieusement emmerdé).

- On est tenté de lire ce Lohengrin mis en scène par Carsen avant tout comme une histoire d'Allemagne, un conflit identitaire non résolu entre l'influence chrétienne (Lohengrin et le Graal) et les racines païennes (Wotan et Fricka invoqués par Ortrud), dont la défaite finale est grosse d'avenir.

- Musicalement, le versant teuton (la scène des proscrits du second acte, avec ses tritons, ses serments à l'unisson) est plus intéressant que le versant catholique romain et les violons sulpiciens du prélude du 1er acte (accompagnés, lundi soir, par le lachenmannien froissement de sac plastique d'une mamie attirée par une place mieux située que la sienne mais hésitant, chochotte créature, à faire le Grand Saut et s'agrippant pour se rassurer à cette saleté de sac).

- Il y aussi d'autres histoires dans Lohengrin: celle du nom caché me rappelle à vrai dire plus Barbe-bleue et son épouse que Tristan. La nuit d'amour du 3ième acte de Lohengrin est brève et tout de suite envahie par les tourments d'Elsa. Musicalement, le thème du nom est très facilement reconnaissable à sa quinte descendante initiale, avec laquelle Wagner joue tout au long de l'opéra. Par exemple, c'est l'intervalle par lequel Ortrud appelle Elsa, à son balcon de l'acte II, mettant tout de suite le doigt sur ce qui fait mal. A cette quinte descendante s'oppose une sixte ascendante associée à la jalousie et la curiosité. Ce deuxième acte, dans lequel la musique annonce les jeux complexes du Ring, se révèle plus passionnant qu'un troisième acte entrelardé par des choeurs virils qui laissent tout juste le temps à Lohengrin d'enfiler sa carapace d'insecte géant.

- Vocalement, le duo Delunsch/ Heppner ne fonctionnait pas si mal hier soir, Heppner étant en méforme et Delunsch en forme (et j'ai trouvé ses phrasés intéressants)....

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lundi 4 juin 2007

Un bal masqué, de Verdi


  • Vu Un bal masqué avec mon gros loup avec S avec qui j'aurai vu plus de Verdi en un an que dans les vingt dernières années.
  • C'est celui à la prophétie autoréalisatrice: Riccardo sait qu'il sera tué par son meilleur ami, mais il n'y croit pas, le bougre
  • Une distribution à oublier: un Riccardo tellement enroué qu'il fait pitié et qu'on a envie de mettre en urgence sous perfusion de pastilles Pullmoll, une Amelia au vibrato aussi indécemment large que son tour de taille... seule belle voix, celle de Camilla Tilling en Oscar vibrionnant.
  • La musique de Verdi: son génie du montage, l'ironie des situations, toujours à plusieurs sens: à l'acte II, le bref trio en ré mineur, beau comme du Mendelssohn, où le mari/ami, sa femme et le comte chantent la mort qui approche; le finale où les conjurés se moquent de l'ami fidèle qui s'est fait piéger; et enfin, à l'acte III, le quintette des conjurés avec Amalia et Oscar, véritable chaudron où cuisent les affects avant la grande scène de bal. Qu'il me soit permis de préférer la musique décolorée du petit orchestre en coulisses pour les adieux du comte et d'Amalia à ce qui suit, cette fin pompeuse où le ténor n'en finit pas d'agoniser tout en cherchant à réconcilier la terre entière....
  • Pas sûr que la musique du Lohengrin, demain, soit aussi simulante.

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