mercredi 6 février 2013
(De l'homophobie dans les milieux catholiques en France, au début des années 2010)
Résumé des épisodes précédents: le jeune G (qui a relu ce post et approuvé sa publication), vit depuis fort longtemps dans le péché avec une personne du même sexe (qui n'est autre que l'auteur de ce post). Il découvre avec accablement que l'ensemble de sa famille va à la manif du 13. Comme il est du genre pugnace, il envoie à tous ses neveux et nièces adultes un message dans lequel il leur demande s'ils viendraient à son mariage. Il reçoit un certain nombre de réponses, pour la plupart hostiles, mais qui amorcent un début de discussion qui avait jusque là fait défaut. L'une des plus enragées de ses nièces l'invite même à déjeuner chez elle, avec son mari et ses enfants. G passe l'après-midi chez eux et a l'impression que la compréhension mutuelle s'est améliorée. Et là, C'EST LE DRAME: il oublie son pull chez eux et doit se fendre d'un message pour le récupérer. Voici la réponse reçue, à laquelle je ne change rien si ce n'est les noms. (Toi aussi, en vraie charité, sèche sur la réponse à donner)
en effet nous l'avons bien je le donne à **** à l'occasion, nous aussi étions bien contents de bien parler en vérité et donc de mieux te connaitre. Nous avons beaucoup discuté avec [mon mari] pour savoir s'il faut d'un point de vue charitable accueillir ton ami, car nous sentons très bien que tu désires resserrer les liens familiaux et c'est tout à ton honneur, c'est un vrai problème moral, social et humain que tu nous demandes.
Mais c'est en vraie charité que nous ne voulons pas le recevoir à la maison. Je continue à penser qu'il y a des contextes porteurs et que l'exemplarité est très importante dans l'éducation. Et je préfère te le dire en toute honnêteté je ne souhaite pas que mes enfants côtoient ton modèle de "couple". Je souhaite les protéger le plus longtemps possible, le temps qu'ils se construisent, mes parents ont agit de la sorte et je les en remercie actuellement car si je suis bien dans ma peau, ils en sont certainement pour quelque chose. la famille doit rester un lieu structuré et structurant.
Commentaires
Alice> Merci de ton petit mot! le moral est bon, en fait.... et ça ne nous rend pas malheureux, juste énervés (et G est du genre à ne pas lâcher le morceau). Je copicolle tout ça parce que c'est un bonne collection des perles de novlangue de Civitas - "se mettre en paire" (mon préféré), toujours utiliser le mot "couple" avec des guillemets, mettre la vraie charité à toutes les sauces.....
Maruku> oui! ils nous le sortent sans arrêt, celui-là, comme si c'était un père de l'EgliseJe crois que je serais incapable de répondre : c'est à ce point sidérant de déni ("je suis encore moins convaincu que cela te tombe dessus sans tu ne puisses rien faire pour lutter contre et que la solution de se mettre en paire soit la meilleure"). Je crois que je me contenterai en ange sardonique aux pouvoirs malicieux, de faire en sorte en vraie charité que la nièce rencontre ... la femme de sa vie ?
Est-ce inventé?
Oui, assez incroyable à lire. Loin des gens que nous fréquentons, et nous ne pouvons pas imaginer que celà existe!
Je me souviens d'une connaissance lointaine, très catholique, dont le mari avait découvert sur le tard son homosexualité. Elle s'était confiée à moi pour affronter l'épreuve (je dois avoir une tête "d'hétéro prêt à recevoir tous les coming out" -
. Son mari, se croyant atteint de la plus grande perversité, avait tenté de se suicider, et s'e était empéché par l'interdiction religieuse (quel est le plus grave?). Mais grâce à elle, il avait remonté la pente; ils se préparaient à divorcer malgré l'opprobre familiale et leur éducation ; et elle s'esquivait certains soirs discrètement de l'appartement, par amour, pour qu'il puisse rencontrer chez eux d'éventuel partenaire et qu'il puisse se refaire une vie, qu'elle lui souhaitait ardemment.
Elle vivait sa religion dans la charité, l'amour de son prochain, et la tolérance. Et elle aimait son mari (et ses proches) au point de leur souhaiter avant tout leur bonheur et respecter leurs différences (et les aider à vivre leur différence).
Dis à G. que je n'empêcherai pas ma fille de faire connaissance de ce genre de cousine idéologue et folle-dingue, que je ne leur fermerai pas la porte et enseignerai à ma fille à ne pas le faire, mais que je lui expliquerai ensuite que ce sont de gros fachos et qu'elle ne doit pas suivre ce modèle.
F. (de Stuttgart actuellement)

Mais ne vous inquiétez pas: si l'un de leurs enfants est homo, ce sera de votre faute.
(Bon, je ne devrais pas écrire cela, je sens que vous n'allez pas en rire).
Je ne sais pas trop quoi vous dire pour vous remonter le moral: que tout le monde ne pense pas ainsi, que je suis contente que mes enfants rencontrent mes amis, qu'Olivier va faire son stage de 3e dans la librairie de Jules (Athaldir, si tu connaissais), etc, etc.
Mais je sais que tt cela a peu de poids quand on est rejeté par les siens.
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La réponse :
"Je te remercie. Il se trouve, même si cela t'étonne et que tu te refuses à le croire, que je suis heureux (à votre attitude près, bien entendu: ma seule source de tristesse, c'est vous.)
Surtout, si un jour un des enfants, lui, était très malheureux parce qu'homosexuel et rejeté par ses parents, n'hésite pas à lui donner mon numéro de téléphone. En vrai charité, je ferai ce que je pourrai pour lui apprendre la joie de penser hors du cadre."