dimanche 17 septembre 2017

La Clemenza de Currentzis

Comme à chaque fois chez Currentzis (voir ici), une proposition parfois hors sujet (les tempos dans l'ouverture....) mais toujours excitante et stimulante. Les meilleurs moments de cette Clemenza ont été de mon point de vue les extraits de la messe en ut - Kyrie et Qui tollis en particulier - tension continue, densité du choeur - (poils dressés....) et  la musique funèbre maçonnique K427 à la fin, même si elle et assombrit et dénature le sens de la fin de l'opéra.

Après réécoute, j'ajouterais à ma liste de 2011:

  • Le n°2, air de Vitellia qui va de la douceur et la séduction (flûtes et cordes, sol majeur) à la menace (Alletta ad ingannar). Hautement virtuose.
  • Le n°7: (seul) grand duo d'amour de l'opéra, en la majeur, Annio-Servilia. Musique purement apollinienne.
  • Le n°9, l'air de Sesto au 1er acte avec clarinette. Harnoncourt: "Il me semble que la clarinette représente la Vitellia idéale à laquelle Sextus obéit constamment. Elle l'entraîne au plus haut des aigüs, au plus bas des graves. Cela ressemble à la stratégie d'un hypnotiseur, que Vitellia soit fixée dans l'esprit de Sextus sous la forme d'une clarinette. L'hypnose totale par la clarinette". Immenses silences, vendredi soir, entre d'Oustrac et la clarinette.
  • Le trio n°10 à l'acte I: musique déchiquetée, prise à un tempo extrême par Currentzis (parfait pour satelliser les chanteurs)
  • Le trio n°14 à l'acte II: après le moment Sesto, on discute ici finement le pont, l'entrée de cette s****e de Vitellia, mais la fin de l'exposition - et de l'air - (avec les Vieni de Publius qui vient arrêter Sesto) est très marquante aussi. 
  • Le n°23, air de Vitellia au second acte. Faussement aimable, avec une excitation qui s'accumule par la virtuosité croissante des cordes et du cor de basset. Bon exemple de la complexité des sentiments dans cet opéra.

 

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dimanche 22 janvier 2017

Lohengrin à la Bastille

* Toujours et encore la même chose. Pas mon Wagner préféré, malgré les beaux choeurs, le talent pour les musiques d'ambiance (avec un excès de violons dans l'aigü). 

* Décidément, j'aime beaucoup cette scène 1 de l'acte II, qui annonce la Tétratogie (invocation des dieux teutons; stratégie de prise de contrôle à distance de l'ennemi en lui coupant une phalange; serment à l'unisson soudant un couple fatal). Et je suis fasciné par ces quelques mesures en éventail qui ouvrent cette séquence, montée des basses, descente des aigüs: un coup de ciseaux des Nornes, beau comme du Moussorgsky. 

* Evidemment, l'attente fiévreuse d'Elsa à l'acte I est un peu celle du spectateur: le MeilleurTénorDuMonde va-t-il nous honorer de sa présence? chantera-t-il bien comme il faut pour rejeter le MéchantMontéParSonOdieuseEpouse dans les ténèbres? Va-t-il retomber malade à force de se promener pieds nus? (pire, de barboter dans un pédiluve à peine chauffé....) On a bien quelques doutes, mais on est captivé comme jamais par l'aveu final, sublimement susurré à chacun d'entre nous, ses SpectateursExtasiés.

 

 

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dimanche 18 décembre 2016

Sancta Susanna

Il y avait bien quelque chose avant, mais j'ai oublié quoi. Dire qu'on aurait pu coupler ce Hindemith avec un Britten/ Henry James... *soupirs*.

Donc, Sancta Susanna (1921). Musique postromantique, encore tonale, décadente et imaginative (cf l'opus 11 n°4; me confirme dans mon préjugé favorable au jeune Hindemith, rien à voir avec les indigestes et néoclassiques Kammermusiken et autres Cardillac). Concis et violent. Au menu: Tremblements de mai. Très longue pédale mystique (avec fumigations de vents et clapotis de célesta au-dessus - l'odeur du lilas). Petit à petit, mib-ré-mib-sib envahit tout jusqu'au climax et l'exorcisme final. Bref, c'était très prenant et une belle surprise.

 

 

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dimanche 20 novembre 2016

Owen Wingrave à l'amphithéâtre de la Bastille

Production très efficace émotionnellement: Owen, Lechmere et Kate ont l'âge du rôle, on est de plein-pied avec les acteurs, l'espace de l'amphi est utilisé très intelligemment. Notamment dans cette scène terrible où la famille fond sur Owen comme des oiseaux de proie, en dévalant les quatre escaliers vers la scène. Magnifiques chanteurs (notamment Piotr Kumon, timbre de velours, grande classe). Discours musical très efficace, aux intentions transparentes: la musique du prélude de l'acte I, avec ce rythme jazzy (noire/ 2 croches/ triolets de noires); celle du 2ième prélude (la ballade a cappella, interrompue par les appels de cuivres et le choeur d'enfants). Retenons aussi à l'acte I, la scène 2: avec ces broderies revenant de façon obsessionnelle à (au?) sol et ces pincées de harpe dans l'aigü; à l'acte II: le grand éloge passionné de la paix par Owen, curieux choral de cuivres en accords parfaits avec guirlandes de percussions.

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lundi 26 septembre 2016

Eliogabalo, de Cavalli

Etonné par les ruptures brutales du texte musical (dans l'ouverture par exemple). Intention de Cavalli, ou coupures brutales pour tenir la production dans un horaire décent? (comme le Castor du TCE?)

Retenons:

La chaconne d'Attilia à l'acte II. La promesse de mariage de Eliogabalo à Gemmira, toujours à l'acte II: descente impressionnante de plusieurs octaves; graves magnifiques de Fagioli. Les altérations à la Gesualdo dans les lamenti (c'était Eritea?). L'air d'Eliogabalo à l'acte III. Le quatuor final (musique suspendue, un peu comme le duo à la fin de Poppée). Les scènes de comédie avec la nourrice....L'opulence de l'orchestre: castagnettes, grosse caisse, trombones... 

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lundi 13 juin 2016

encore un roi fou: Lear de Reimann

Musique globalement sinistre et passablement ennuyeuse. Beaucoup de hurlements de cuivres et d'acidité des vents en première partie, notamment pour les deux soeurs ainées;. ça se calme enfin dans la lande. Si  le roi n'est pas très fou, c'est surtout Tom-Edgar, avec sa voix d'alto à la Deller qui séduit (avec accompagnement de flûtes, y compris grave). Encore dans un registre non hurlant, belle scène Cordelia-Lear à la fin. Ground à la timbale pour la mort des soeurs aînées. 

aussi: ici 

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dimanche 17 avril 2016

Rigoletto à Bastille

Résumons: c'est bien compliqué de se débarrasser de La donna è mobile: on croit en avoir fini, eh bien non, cela revient. C'EST CELA LA MALEDICTION.

 

 

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mercredi 16 mars 2016

Iolanta à Garnier

Petit opéra, intéressant et varié, avec une flopée de personnages secondaires - dont ce Robert fou d'une Mathilde "ardente comme le vin". Aux morceaux de bravoure (non dénués d'émotion), je préfère l'étrange air du médecin maure (un crescendo irrésistible sur une musique statique, du Steve Reich)

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dimanche 13 mars 2016

Die Meistersinger von Nürnberg à Bastille

(Un orchestre wagnérien luxuriant, souple et parfumé, c'est mieux pour accompagner un chanteur qu'une guimbarde désacordée.)

(dette à Mendelssohn - oui, je sais, c'est mon dada-: la nouvelle musique provient du songe de la nuit de la saint-Jean; ces deux accords à la Mendelssohn reviennent à chaque fois pour nous rappeler que l'air du printemps procède du songe de Walther)

(Jeune homme, n'oubliez pas de finir votre air par un Abgesang) (strophe/strophe/antisprophe)

(Hans le Baptiste - du Joudain à Nuremberg)

(schéma classique: je m'ennuie à mourir pendant les 2 premiers actes - prélude et finales exceptés-, rumine à l'entracte un moratoire définitif pour les opéras de Wagner - et puis vient le 3ième acte, 3 heures de musique pendant lesquelles je ne m'ennuie pas une seconde. ).

 

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dimanche 19 octobre 2014

l'Enlèvement au Sérail, à Garnier

On retiendra:

  • Deux airs du trouble amoureux: le premier de Belmonte ("Es glüht mir die Wange...." l'imagination de Mozart est inépuisable dès qu'il s'agit de décrire l'excitation amoureuse, avec palpitations et manifestations somatiques) et le premier air de Konstanze (la tenue des vents au début de l'air, comme le souvenir persistant du bonheur ancien; l'exposition de la forme sonate qui épouse l'histoire -agitée - de l'héroïne; l'hétérogénéité classique et non baroque du discours, et, une fois encore, l'imagination sans limites de Mozart)
  • Le plus beau des airs sérieux de cet opéra, Martern aller Arten. Bonne idée de faire monter sur scène le quatuor chambriste, violon, violoncelle et hautbois (quintette si l'on inclut la chanteuse, à la virtuosité instrumentale).
  • L'air de Pedrillo, avec son mélange bizarre de bravache militaire et de tremblements (en triolets). Jordan impose de longs silences et fait très bien ressortir les points d'orgue, un ingrédient-clé du portrait d'un froussard.
  • La longue et magnifique séquence de la fin du second acte: joie des retrouvailles, puis mise à l'épreuve par une série de changements de tempos, de tonalités.

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