vendredi 30 décembre 2016

Vus en 2016

Le top 1 c'était Brooklyn Village, mais j'ai vu aussi: Big Short (saoulant comme mon collègue qui suit les ABS); L'étreinte du serpent, Mistress America (une unique bonne scène dans une villa); Oncle Bernard ((très mal) réalisé en 2001, très daté), Carol (Waterloo, Iowa, morne plaine le 1/1/53), Tangerine (Sin-Dee aime l'ouverture de Coriolan, bitch), Gang Bang (jambons de Bayonne), Anomalisa (ennuyeux, sur l'ennui), El Clan (le sacrifice de l'agneau star de rugby), Le trésor (creusons dans un jardin roumain), Ce sentiment de l'été (elle s'écroule, il traîne entre Berlin, Paris, Annecy et New-York; doux et délicatement palpitant); Spotlight (l'enquête du Boston Globe sur le silence de l'Eglise); Je ne suis pas un salaud (ben si), Ave Cesar, Les innocentes (le bébé abandonné dans la neige, comme dans Jenufa), The Assassin (mon premier HHH: bon tirage), Des nouvelles de la planète Mars, Merci patron, Brooklyn (rose et noir, Fanny à l'envers: c'est l'homme qui reste sédentaire et la femme qui change); C'est l'amour (un des pires Vecchiali), Zvizdan (traduit bizarrement par 'Soleil de plomb', 3 histoires d'amour déchirées par les guerres yougoslaves), Quand on a 17 ans (un bon Téchiné), La sociologue et l'ourson, Der Staat gegen Fritz Bauer (article 175 et à la chasse de Ricardo Klement), L'avenir (MHL, branlette norvégienne), Le fils de Joseph (très frais; me voilà réconcilié avec Green), Théo et Hugo sont dans un bateau (long et mou), Les habitants, A bigger splash, Cafe Society (un très bon Allen, grâce à Eisenberg/Stewart), Julieta, Ma loute, Mr Gaga, Diamant noir (Niels Schneider se ronge les ongles), Elle, Tout de suite maintenant (un Bonitzer pire que mauvais: prétentieux; et puis des gens en bureau individuel en banque d'investissement, ça n'existe plus depuis 30 ans mon coco), Love and Friendship, L'effet aquatique (très bon sur la piscine Maurice Thorez, des longeurs en Islande), Viva (perruques à Cuba; glauque à souhait); D'une famille à l'autre (moins bien qu'Une seconde mère, malgré l'étonnant acteur principal), Carmina, Florence Foster Jenkins (deux beaux chants du cygne), Poussières dans le vent (mais comment donc ai-je fait pour rater tous les HHH?), La chanson de l'éléphant (Dolan très bon acteur), Sur quel pied danser, Toni Erdmann (les parents, ces boulets), Rester vertical (les loups et l'agneau sacrifié), Fronteras, Frantz, Divines, Victoria (très bon Efira movie), Juste la fin du monde (juste pénible et pas mon Lagarce à moi), Brooklyn Village (une petite merveille, cf ceci), Le ciel attendra (avec Dounia Bouzar), Aquarius (Braga, les termites et le commercial beau comme un ange: plus mainstream que les précédents, plus puissant aussi), Captain Fantastic (Morgensen; comme Toni Erdmann, quoi faire de l'éducation qu'on a reçue), Apnée (trois queer en Corse), Le teckel (merveilleusement scatologique), Le client, I Daniel Blake, Le mystère Jérôme Bosch, Le petit locataire, Theeb (de puits en puits dans le désert arabe), La fille de Brest, Baccalauréat (un Mungiu sinistre au scénario trop chargé), Sausage party, Une semaine et un jour (plaisant éloge de l'immaturité), La prunelle de mes yeux (faux aveugles, ascenseurs et rebetiko, avec Bastien Bouillon), Manchester-by-the Sea (zéro rédemption), le ruisseau le pré vert et le doux visage (mélo égyptien; d'autres codes) (69)

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Le Paradis et la Péri

Les plus belles Péris sont chez Dukas, c'est entendu, mais ce Paradis et la Péri gagne à une réécoute au calme. Musique souriante et lumineuse, en demi-teinte. Souffre un peu du syndrôme de Moïse et Aaron, quand le texte dit qu'il faut préférer C à A et B, mais la musique est plus éloquente pour A et B que C. Plus durchkomponiert qu'Elias (tout s'enchaîne de façon fluide). On retrouve ça et là les immenses qualités du compositeur de lieder (ce très étrange n°14 basé sur des retards, complètement schumannien, un Lied chanté par deux personnages successifs; ou ce choeur n°8 à accords qui sonnent comme des cloches sur fond de croches ininterrompues, figurant la résistance obstinée à la tyrannie). Belle inspiration mendelssohnienne du n°11, le choeur des génies du Nil. La ballade/ balade en drone au-dessus de la Syrie est magnifique ici chantée par Gehaher. Ouverture (sévère) et conclusion (à aigüs pigeonnants d'une Péri transfigurée) mémorables.

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dimanche 18 décembre 2016

Sancta Susanna

Il y avait bien quelque chose avant, mais j'ai oublié quoi. Dire qu'on aurait pu coupler ce Hindemith avec un Britten/ Henry James... *soupirs*.

Donc, Sancta Susanna (1921). Musique postromantique, encore tonale, décadente et imaginative (cf l'opus 11 n°4; me confirme dans mon préjugé favorable au jeune Hindemith, rien à voir avec les indigestes et néoclassiques Kammermusiken et autres Cardillac). Concis et violent. Au menu: Tremblements de mai. Très longue pédale mystique (avec fumigations de vents et clapotis de célesta au-dessus - l'odeur du lilas). Petit à petit, mib-ré-mib-sib envahit tout jusqu'au climax et l'exorcisme final. Bref, c'était très prenant et une belle surprise.

 

 

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samedi 17 décembre 2016

c'était très bien cette exposition Beethoven #NOT

....mais il manquait mes deux tombeaux préférés de Beethoven (enfin, là où j'aime bien me balader, le dimanche):

1- cette séquence en la bémol majeur dans le 1er mouvement du concerto de Schumann (ici à 4'35''). Dialogue piano/ clarinette, dans une tonalité éloignée, calme. Bien sûr, c'est le thème de choral de hautbois du début (en la mineur) qui revient masqué; mais c'est surtout la sublime citation de l'air de Florestan (à 2'03'' ci-dessous). Ce moment suspendu, cette bulle euphorique, c'est la cellule de prison où Florestan/ Robert (aux cheveux artistement mal lavés, ci-dessous) va être sauvé par Clara/ clarinette/ Leonore. 

 

2- le finale de l'opus 60 de Brahms (à 24' ci-dessous). Citation presque encore littérale de Beethoven, du fameux sol-sol-sol-mib. C'est le violon qui fait les notes (sol-mib) et le piano le rythme - qui est très reconnaissable et va chauffer le discours, jusqu'à 24'59''- où la cellule rythmique envahit tout. C'est le ferment de la 5ième de Beethoven, mais c'est du aussi du très très grand Brahms.

 

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jeudi 8 décembre 2016

Elias (Pichon/Degout) à la Philharmonie

Quelle imagination musicale, quel flux de notes ... retenons:

- n°1 : l'ouverture: première imprécation à tritons descendants, barbe blanche et voix de baryton; puis la fugue à l'orchestre, magnifique d'inquiétude

- n°11-12  la musique des adorateurs de Baal, ces baallots (grandiose moment de parodie; je n'y entends pas Mendelssohn, mais un air de carabin chez Berlioz). Le silence après "Gib uns Antwort!"

- n° 26 Es ist genug. Une sarabande pleine d'amertume, comme chez Bach, à partie centrale agitée.

- n°34:  1 Rois 19 -11/12, un texte-programme pour un musicien: le Seigneur n'est ni dans le vent, ni le tremblement de terre, ni l'incendie, mais dans le murmure doux et léger. Une des musiques les plus puissantes de Mendelssohn

et tous ces airs incroyablement mignons comme des vidéos de chats sur Internet, tellement Mendelssohn (n°2, n°28).

Envie de lire du Grosjean (mais je lis sur la 4ième de couverture - consternation - que l'Elie de Grosjean laisse oublie son visage de prophète en colère, alors non).

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mardi 6 décembre 2016

harengs, panne d'eau chaude et barbe blanche

Les trois coïncidences du concert Elias d'hier soir:

- je me suis retrouvé placé PAR LE PLUS PUR DES HASARDS juste à côté d'un twittos que je suis depuis très longtemps sans le connaître IRL (pour être précis: que j'ai suivi après qu'il a fait la prometteuse promotion du groupe "Frappe moi avec un hareng, attache moi à un radiateur et parle moi en néerlandais").  

- Je me suis retrouvé également placé à deux rangées de mes voisins de dessus. L'oratorio évoque largement les ravages d'une sécheresse et l'attente désespérée de la pluie du peuple d'Israël. J'imagine qu'eux aussi, s'ils ont voulu prendre une douche en rentrant, ont eu la désagréable surprise de voir que l'eau chaude était coupée dans notre immeuble. 

 - Dans le métro du retour, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un ancien voisin de pupitre - à la longue barbe blanche de prophète et communiste comme on n'en fait plus - qui, fort logiquement, a adoré cet Elias.

 

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dimanche 4 décembre 2016

les joies du 4 mains

Concerts de l'orchestre pédé: concerto de Schumann (qu'on gagne toujours à fréquenter), et 4 des danses slaves de Dvorak, qui n'ont cristallisé qu'au moment des concerts (avec l'orchestre complet et les sections de percussions). Finalement, le plus beau moment de musique a peut-être été cette fantaisie (surprise!) de Schubert, jouée à 4 mains par Joël et Adeline, que j'ai pu voir de très près. Très amusé surtout par la partition: à gauche la partie du bas, à droite cette du haut.....

 

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dimanche 20 novembre 2016

Owen Wingrave à l'amphithéâtre de la Bastille

Production très efficace émotionnellement: Owen, Lechmere et Kate ont l'âge du rôle, on est de plein-pied avec les acteurs, l'espace de l'amphi est utilisé très intelligemment. Notamment dans cette scène terrible où la famille fond sur Owen comme des oiseaux de proie, en dévalant les quatre escaliers vers la scène. Magnifiques chanteurs (notamment Piotr Kumon, timbre de velours, grande classe). Discours musical très efficace, aux intentions transparentes: la musique du prélude de l'acte I, avec ce rythme jazzy (noire/ 2 croches/ triolets de noires); celle du 2ième prélude (la ballade a cappella, interrompue par les appels de cuivres et le choeur d'enfants). Retenons aussi à l'acte I, la scène 2: avec ces broderies revenant de façon obsessionnelle à (au?) sol et ces pincées de harpe dans l'aigü; à l'acte II: le grand éloge passionné de la paix par Owen, curieux choral de cuivres en accords parfaits avec guirlandes de percussions.

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mardi 8 novembre 2016

Haydn/ Ebène aux Bouffes

Il y avait beaucoup d'autres bonnes choses dans ce concert (notamment le quintette de Schumann, que j'aime malgré les deux mouvements extrêmes, d'une bonne humeur trop scoute à mon goût), mais le grand moment a été pour moi cet opus 20 n°2, en do majeur. Sublime 1er mouvement, avec ses deux phrases en trio (violoncelle ou violon + le centre), ses frottement de seconde, son thème noble.... l'histoire de la musique aurait pu s'arrêter après ça sans encombre. Le mouvement lent, en do mineur, est complètement dingue: unissons théâtraux, cantilène infinie en majeur - presque l'espoir beethovénien d'un monde meilleur. Les Ebène prennent le finale très très vite, très piano; le changement de potentiomètre à la fin n'en est que plus impressionnant.

 

 

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dimanche 6 novembre 2016

Britten/ Berlioz à l'Orchestre de Paris

Sérénade pour cor et ténor/ Roméo et Juliette: beau programme, avec des échos troublants d'une oeuvre à l'autre. On retrouve les "lulling charities" du sonnet de Keats dans le scherzo de la reine Mab, ou dans ce ground qui m'a toujours fasciné à la fin de la scène de bal, avec cette ligne qui plonge dans le grave, ouvrant la porte aux forces du rêve.

Je n'ai pas si souvent entendu la sérénade en concert, et c'est vraiment un chef d'oeuvre. Plus que les pièces de genre un peu entêtantes (Dirge - la procession - comme chez Harold en Italie; le Nocturne avec son refrain avec cor obligé), j'ai préféré ce soir Pastoral (où les aigüs très doux de Padmore ont fait merveille .... pas près d'oublier ce Till Phoebus, dipping in the west/ Shall lead the world the way to rest, à 4'30"), le Sonnet de Keats (pour les lulling charities et l'assomption finale), et bien sûr l'Elegy de Blake (où c'est le cor qui chante - trouvaille que cette seconde descendante qui revient et contamine tout - le ver dans la rose). 

 

 

Benjamin Britten: Serenade for tenor, horn og strykere, op. 31 from Bergen Filharmoniske Orkester on Vimeo.

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