samedi 21 avril 2012

Londres (1)

Nouvelle image (3)

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(1- des feuilles infusées devant Geffrye Museum; 2- dans le métro; 3- Dead In Ulala; 4- une petite dernière pour la collection; 5- à la plage)

 

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vendredi 13 avril 2012

Nixon in China au Châtelet

Affiche mythique, résultat mitigé (bon mais parfois long). Résumons.

Premier acte: 1/ un grand choeur d'introduction (gammes ascendantes et slogans révolutionnaires); 2/ l'arrrivée du couple Nixon à l'aéroport (avec le morceau de bravoure de Nixon, "News"); 3/ l'entrevue Mao-Nixon (Mao superbe, voix de verrat aigüe; flanqué de trois traductrices ondulantes et adulantes, il a son Grand Air, où il oppose founders aux profiteers); 4/ les toasts ("gambei", finale brillant).

Second acte: 1/ une grande séquence avec Pat Nixon, cruche à souhait (à qui on montre un cochon, trombones) 2/ une grande séquence de ballet détachement rouge, un des sommets dramatiques de l'oeuvre. C'est plein d'ironie, Pat Nixon prend ce ballet sur la condition féminine au premier degré et donne des coups de sac à main aux méchants macs. Je crois entendre des citations de Wagner (Brünnhilde au brasier) qui soulignent le bovarysme de Pat Nigaude. 3/ l'entrée fracassante de madame Mao (Boo-oook, Boo-ok, Boo-ook, dans le suraigü; ça chauffe chez les gardes rouges).

Troisième acte: grande séquence danse de salon, nostalgie et propos d'ivrognes de fin de soirée, une scène centrée sur les deux couples présidentiels qui évoquent leurs jeunesses respectives. Madame Mao trouve que la musique n'est pas terrible (le chef s'incline et arrête l'orchestre) et change le juke box pour une musique sentimentale au piano seul. Toute cette séquence est proche de la musique des Chairman Dances qui souvent jouée en concert. Belle fin avec Chou Enlai, basse lyrique. Ce troisième acte, long et pas toujours très bon, rend très nerveux mon voisin, que je sens proche du cannibalisme vers 23h.

Orchestre coloré, plus de vents que de cordes, c'est répétitif sans être trop pauvre et le mélange d'ironie acide et de détachement est réussi. Le livret part parfois dans le décor (c'était le cas à la fin de Doctor Atomic) et n'est pas d'une ambition démesurée. Ce n'est que localement très bien, finalement.

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lundi 9 avril 2012

Vu:

* La terre outragée: beau mélo sur Tchernobyl en deux époques: les 24-27 avril 1986 à Pripiat, puis 10 ans après. La figuration de la catastrophe est très impressionnante car très économe, une pluis noire qui tombe, des enfants qui jouent dans les flaques d'eau, un pompier appelé  pour un incendie, et NOUS ON SAIT. Affreux.

* Réussir sa vie: j'ai été amusé pendant le 1er court-métrage (Shy Telecom et la course nue), indifférent pendant le 2ième et endormi pendant le 3ième. Raté, le film.

* Colonel Blimp. Vieillissement très réussi des deux personnages principaux, un anglais et un allemand (le vrai couple du film); Deborah Kerr, incarnée en trois personnages féminins, reste éternellement jeune. Le message principal est peut-être sentencieux mais le film est varié et amusant. Dans ses meilleurs moments, comme un Lubitsch qui filmerait les conséquences d'un duel sans le montrer directement.

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dimanche 8 avril 2012

Stile Antico à la Cité

Concert magnifique pour Jeudi Saint. Le plaisir de la découverte (Jean Lhéritier ! c'est bien comme un concert de musique contemporaine, où on sait qu'on va avoir le choc de la nouveauté) et une sensation de concert qui fait du bien (comme dirait MK). Installé comme un fondant au chocolat congelé prêt à couler, face au champ magnétique de douze chanteurs en arc de cercle. Disposés non par pupitre mais mélangés pour plus d'homogénéité, le petit jeu étant pour le spectateur: tiens, avec qui chante un tel cette fois? (ça  change, un motet à 5 ou à 8, ça rebat les cartes; il m'a bien semblé que l'un des ténors chantait soit avec les femmes en voix de tête, soit avec les hommes). Seuls points fixes aux extrémités, une basse et un ténor que tout le monde regarde à la fin de chaque motet pour couper le son.  

Au menu, passion et résurrection; des compositeurs anglais, franco-flamands et espagnols (Victoria et Morales). Chez les anglais, Cornysh (qui a montré la voie, ne parle-t-on pas de la Grande Cornysh) avec une pièce de dévotion un peu dolente, Woefully Arrayed (une des rares du concert), Taverner, Sheppard (un beau motet à 4, I give you a new commandment), Tallis (Salvator Mundi), Gibbons (le canonique et sportif Hosanna to the son of David, le planant et austère I am the resurrection, woo), et puis du Byrd (In Resurrectione tua). Chez les franco-flamands, Lassus (In Monte Oliveti et Vide Homo), et trois splendides découvertes (ou semi-): Gombert (avec le capilloérectant Tulerunt Dominum meumre-woo), Crecquillon (Congratulamini mihi) et Lhéritier (encore un natif du Pas de Calais - cette incroyable concentration de talents près de Béthune laisse rêveur - puis actif à Ferrare chez le duc d'Este, avec le magique Surrexit pastor bonus).

En bis, un saut de siècles avec une jolie chanson de Thomas Campion (un élizabéthain). Merci à Klari sans qui je n'aurais pas eu l'idée d'aller à ce beau concert. 

(PS: pour les flamands, il faudra penser à Povoa do Varzim)

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dimanche 1 avril 2012

Vu:

  • Bye Bye Blondie: le milieu des lesbiennes punk à Nancy dans les années 70. Toute ma jeunesse (comment ai-je pu passer à côté de cela, hein?) (Salle curieuse, 3/4 de lesbiennes et 1/4 de fanatiques de Despentes, prêts à vibrer à la moindre réplique d'"auteur". Une expérience extrême.)
  • Le policier: la collision de deux bouts de film, à la Lynch. Oded et son père.
  • Week-end: la rencontre féconde (air connu) d'un petit hystérique et d'une grande chose molle. Je jouerais à ton papa, et tu lui ferais ton comeout. Tu veux, dis?

 

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lundi 26 mars 2012

Brèves

* Fourest vs Martel (son "je n'ai pas forcément voté pour elle" est d'anthologie). V me dit: "Ce qu'on reproche à l'Islam, c'est d'être la seule religion vivante en France". Mais ce que c'est pénible, les religions vivantes. 

* Camus admire l'intelligence de l'héritière (voir aussi, ici et ici). Avoir ramé aussi longtemps pour expliquer que non, cette polémique était lamentable car on n'avait pas lu qu'il avait écrit et se faire donner tort maintenant, ça m'énerve vraiment. Espérons qu'il ira psalmodier le programme de l'héritière à ses meetings, avec un peu de chance ça en fera fuir plus d'un.

* Musique de chambre: un concert très court après un concert très long. Lors du concert très court (placé au troisième rang d'un Garnier aux trois quarts vides), je me suis pris le quintette à deux violoncelles de Schubert en pleine face et je suis bien obligé de réviser mes préjugés habituels antimystiques contre cette oeuvre. Lors d'un petit laïus introductif, Pierrakos a insisté sur l'identité cachée entre les deux parties contrastantes de l'adagio, mais le même truc fonctionne aussi dans le début du 1er mouvement. Le scherzo est d'une joie proprement cosmique. En introduction au concert, un sextuor avec voix de Zemlinsky sur un poème de Dehmel (Die Magd), pâle ersatz du Schönberg qui était programmé initialement et pour lequel j'étais venu.

* au cinéma, 38 témoins et Les adieux à la reine.

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dimanche 25 mars 2012

A l'affiche aujourd'hui

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(hou, mais c'est que j'ai une tarte aux pommes à finir, moi)

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vendredi 16 mars 2012

Don Giovanni à la Bastille

Une série d’éblouissements

1-   L'air de Donna Elvira (Mi tradi, avec arabesques de clarinette) chanté par Véronique Gens. Un timbre merveilleux et une puissance qui m’a soufflé.

2-  Le Don Giovanni de Peter Mattei, grand seigneur, une présence et une voix idéale alliant la puissance à la souplesse (les scènes de séduction avec Zerline: mazette...). Un Don Giovanni qui, presque plus que par un viol et meurtre un peu irréels, nous choque ici par ses atteintes répétées au code du travail : il envoie au casse-pipe sans vergogne son employé Leporello (les surtitres parlent de patron et d’employé) et commet abus de pouvoir sur abus de pouvoir envers Masetto. Dès la fin du premier acte, il est déjà mort dramatiquement, la couenne plus que grillée; il erre comme un zombie au deuxième acte, où son double Leporello subit une réplique de la mise à mort symbolique du premier acte. Et  la rencontre avec le Commandeur est une entrevue entre deux morts-vivants; c’est presque trop d’honneur que d'offrir à un tel voyou une mort en ré mineur avec trombones.

3-  Les couleurs parfois inattendues des tonalités : le do majeur bourrelé d’inquiétude de Masetto; le ré majeur de la vengeance qui répond au ré mineur de la transgression ; le mi bémol majeur sublime, à clarinettes, du trio des masques ; le fa majeur de l’intrigue théâtrale (Masetto et les paysans) ; le sol majeur de la confiance enfin trouvée (magnifique Don Ottavio, Bernhardt Richter) ; l’instabilité tonale dans le finale du premier acte.

4-  Le mélange des genres : les grands airs d’opéra seria avec introductions pointées, roucoulades puis coda frétillante; les grands ensembles (le sextuor fou du deuxième acte avec ses cadences rompues) ; mais aussi les collages de musique, la musique sur la scène (avec commentaires du spectateur et commanditaire), la fluidité de l’action où un mot fait tourner l’atmosphère, bref le flux ininterrompu des idées musicales de Mozart….

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mardi 13 mars 2012

Vu

  • Oslo 31 août. Un film magnifique, étonnamment tonique pour le récit des 24 dernières heures d'un jeune homme. Que de séquences marquantes: un entretien d'embauche avec un éditeur torpillé en quelques mots; la confession d'un ami proche qui s'enlise dans la vie de famille; un petit matin au bord d'une piscine; un dernier morceau de Bach Haendel au piano. Et Oslo comme terrain d'un jeu de go.
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  • Albert Nobbs: Glenn Close en vieux serveur qui cache son jeu. L'émotion qui naît de voir la souris pousser le caillou qui bouche le tunnel vers la sortie....
  • La taupe: pas tout suivi, mais je serais capable de raconter la fin à qui veut.

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mercredi 7 mars 2012

Stravinsky (Noces et Oedipus Rex) au TCE

  • Noces. J'avais une envie furieuse de voir Noces après le documentaire de l'autre jour, et je n'ai pas été déçu, même si c'était loin d'être parfait. Pris très vite par Gergiev (on est souvent près de la sortie de route), avec des percussions qui couvrent tout (au fond ça ne me dérange pas, on entend mieux que d'habitude les peaux, le métal). Un peu déçu de voir que quatre voix solistes se partagent les rôles, qui ne sont pas individualisés (incidemment, la basse fait semblant d'ignorer ce qu'est une voix de fausset). On ne le croirait pas en écoutant le disque, mais les résonances de la fin, crotales et cloches, font toujours un effet physique étrange sur la salle: tout le monde se demande s'il n'y a pas une attaque magnétique en cours. La première toux, qui interrompt sans excès de pudeur la dernière résonance, ramène sur terre le public.
  • Oedipus Rex. Evidemment, après le génie de Noces, c'est la déprime assurée (Oedipus Rex est une oeuvre qu'il faut programmer après une partie d'airs de Massenet et Verdi, et qui semblerait bien alors (ou pas, d'ailleurs)). Tout pue le second degré (l'air à tiroirs de Jocaste.....) Stravinsky trouve même le moyen de s'épuiser dans l'assez belle fin à oscillations (sur un ostinato de triolets aux violoncelles, comme au début), qui est dépourvue de la moindre ambiguïté. Les chanteurs sont meilleurs que dans la première partie et Depardieu, l'idole des banquiers kazakh, est très bien. 

Posté par zvezdo à 23:16 - concerts - Commentaires [0] - Permalien [#]
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