samedi 2 avril 2011

Berg/ Wagner à Pleyel

(mercredi soir)

* Berg, 3 pièces opus 6. Ma première (Präludium) est une forme en arche (en avant, arche) de création du monde (le bruit, le rythme puis les hauteurs déterminées et quelque chose qui resssemble à une série, tous événements que l'on retrouvera énoncés en sens inverse à la fin de la pièce, le coeur serré car tout fout le camp mon bon monsieur). Ma seconde (Reigen) ressemble à un scherzo symphonique. Ma dernière (Marsch) est un gros bousin dont je comprends qu'il ferait rêver certains d'une petite pièce de Couperin, mais vaut qu'on surmonte ses réticences, surtout en concert (c'est Boulez qui dit qu'il faut ne pas hésiter à ne pas jouer les dynamiques écrites, un alto solo ayant du mal à passer sous huit cuivres). Bousin à accumulation donc, que l'on arrive à purger par trois interventions de marteau (trois séances de kiné à prescire pour le pauvre percussioniste qui passe du gong au marteau), la première parvenant imparfaitement à calmer le jeu, et la dernière coupant net un discours encore prêt à s'emballer.

* Wagner: Tristan, acte II. Le genre de musique narcotique/ chairdepoulesque dont je ne me lasserai jamais (même si l'orchestre a un peu couvert les voix des chanteurs). On préfère oublier le texte (variations sur "perfide jour/ favorable obscurité") et se concentrer sur les grandes plages de musique. Mention spéciale au solo de Brangäne (peut-être ce que je préfère dans tout Wagner) et à la déploration du roi Marke (clarinette basse et cordes graves).

(Add: réécouté le bousin partition en main; un peu du mal à tourner les pages, à certains moments, mais voir où est la Hauptstimme permet de comprendre un peu mieux le texte. Comme les moments annonçant Wozzeck (tout l'orchestre en train de monter - III, mesure 162). Je me demande (sans trop comprendre) pourquoi le thème (II, mesure 105) qui cristallise la fin de Reigen (et que l'on entend aussi renversé comme une crème):

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revient à la fin de la marche, juste déclenché par le premier marteau après le Höhepunkt (III, mesure 126):

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lundi 28 mars 2011

Résumé du week-end

108, cuchillo de palo: "mon oncle existait et n'existait pas". La colique finale est proche à Fukushima. Le Coge dans le Sacre (il se passe de ces choses, de nos jours). Encombré d'un alto et d'un violon dans une petite maison dans la prairie, à Levallois (la ville d'un faux tract). Un curry délicieux dans un bel appartement du IXième (et aussi, au fond, des retrouvailles dues indirectement à Facebook).

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Et puis RIP Hélène Surgère, une actrice élégante, drôle et intelligente, avec un sourire immense à la Seyrig. Elle aura donné beaucoup à la tribu Vecchiali, notamment ce rôle terrible dans Corps à coeur....

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jeudi 24 mars 2011

Ha Ha Ha, de Hong Sangsoo

C'est le garçon de la 3ième photo (au sourire coquin) qui joue un rôle crucial dans les deux histoires que se racontent les deux autres types (photo 1 et 2)  - et ces derniers ne s'en rendent pas compte, à la différence de l'une des jeunes femmes, à un point nodal du film, et du spectateur, évidemment. Un film très plaisant, une bonne surprise. 

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vendredi 18 mars 2011

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mardi 15 mars 2011

Orlando Furioso au TCE

Impression d'avoir vu cent fois cette histoire, mais ici dans une version ultra-compliquée, à côté de laquelle Alcina serait presque une bluette linéaire. Pour donner l'idée générale, la magicienne (Alcina) et le guerrier (Orlando) sont les perdants d'une intrigue qui voit l'affirmation des deux couples Ruggiero/ Bradamante et Angelica/ Medoro. Je retiens après cette première écoute (eh non, je n'avais pas entendu le disque que tout le monde connaît) quelques beaux airs de bravoure, à l'acte I : un pour Orlando, un pour Medoro, un dernier, long, magnifique et élégiaque, pour Ruggiero (avec une flûte obligée). L'acte II est plus uniformément réussi et intègre ce que j'ai pris, ballot que je suis, pour une ode au héros du Kosovo. Quant à l'acte III, c'est celui de la folie d'Orlando (une folie qu'il a plutôt française, en récitatif accompagné). Sommet tripal, un peu comme à la fin de Médée, où le héros tragique exprime une souffrance décuplée par les complications de l'intrigue. Ce Vivaldi est musicalement plus intéressant que je n'aurais cru; évidemment, il y a beaucoup de style international (en écoute aveugle, on se croirait souvent chez Haendel), pas d'excès de couleur orchestrale (une flûté ici, deux hautbois là et des cors une fois; tout le discours est porté par les cordes, qui sont bonnes pour l'équarrissage à la fin de la soirée, j'imagine), mais l'opéra est truffé d'airs tempétueux irrésistibles, pleins de virtuosité et d'énergie. Belle distribution homogène, chapeau à Delphine Galou qui a remplacé au pied levé Marie-Nicole Lemieux.

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jeudi 10 mars 2011

Beethoven Berg à Pleyel

Beethoven: Ouverture de la Consécration de la maison. Commence par des portes qui claquent. On entendra aussi un solo redoutable de basson, une fugue aérobique et beaucoup de nounous qui valsent. Pas exactement la quiétude d'une petite maison perdue dans la forêt viennoise.

Berg: concerto à la mémoire d'un ange. Magnifiques deux mouvements extrêmes. Le premier mouvement débute et finit par des cycles de quinte qui rappellent à tout violoniste ce par quoi tout commence. Je n'avais jamais repéré que dans le dernier mouvement, le soliste entraînait sans une grande ligne lyrique et dangereuse les violons un par un, comme le joueur de flûte de la fable. La coda du dernier mouvement est une succession serrée d'événements extraordinaires: 1/ l'appel du trombone en gamme par tons ramène, glacial, 2/ le choral aux bois sous un solo de grosse caisse, souterrain, terrible; 3 / choral qui, tombant vers le graves, est transmis aux cuivres pendant que 4/ les cordes montent une échelle aboutissant sur le sol suraigü du violon solo alors que 5/ les vents allument en désordre dispersé un accord étagé, dans une belle lumière chaude, 6/ laissant conclure violons 1 et contrebasse avec les quintes à vide (ou pas). 

Beethoven: 4ième symphonie, en si bémol majeur. Une des plus joyeuses, une des plus roboratives. Beethoven nous y fait au moins deux fois le coup de la carpette en peau de tigre. A la fin du second mouvement, le beau thème, que l'on avait vu parader accompagné d'un rythme pointé tout en muscles, est dénervé, aplati et séparé en deux: ce sont d'abord les vents (page 13) qui en exposent la ligne seule, pianissimo, raplapla; puis, plus loin, les timbales se chargent du rythme pointé, aussi pianissimo et à découvert. Après chaque aplatissement en carpette, la nature reprend le dessus. Ce sont quelques volutes des vents qui se chargent de réveiller ce qu'il reste du tigre, suscitant un crescendo formidable et un rugissement fatal.... Même topo à la fin du finale (11 dernières mesures), mais là cela ressemble davantage à une blague à la Haydn: le thème de mouvement perpétuel est soudain ânnonné aux violons semblant en découvrir les difficultés.... et hop, un petit coup de toboggan et la symphonie est terminée (et pitié, qu'on ne me parle plus des conclusions poussives des symphonies de Beethoven!)

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dimanche 6 mars 2011

Siegfried, à l'opéra-Bastille

Production très vivante, tout-sauf-chiante (ce qui assez rare pour être noté). Sachant assumer les moments comiques de l'oeuvre, qui sont nombreux (le 1er acte, qui est toujours mon préféré, est très réussi, avec cette datcha bavaroise toc qui dit bien la vérité de la situation). Il y aussi de vrais chocs visuels (la scène Wotan-Erda, placée sous le signe d'un rêve à la Barton Fink; le début du second acte, avec le dragon et les rails dans la forêt). Belle symétrie entre deux des scènes de questionnement, traitées avec un tableau noir qui frappe l'imagination: Wotan/Mime (avantage: Wotan) et Wotan/Siegfried (revanche de l'épée sur l'épieu). Compris ce que je n'aime pas, musicalement, dans la fin: loin de la concaténation intelligente des motifs, ce sont ces lignes impossibles des violons solos qui vont on ne sait pas où, tout le fatras post-romantique dans ce qu'il a de pire (réveil de Brünnhilde; les huit harpes allument en même temps leur lampe (ça roupillait sec, avant, on dirait) et se préparent à un déluge de notes). Drôle de production, où on ne voit personne ou presque chanter (Siegfried et Wotan, malades, sont doublés par des chanteurs en costume de ville, à l'avant scène; l'oiseau et le dragon (pour un long moment) chantent en coulisse; seuls Brünnhilde et Mime sont bien là)

Aussi: ici, ici

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mercredi 2 mars 2011

deux orchestres et un triple concerto

Avec (et grâce à) Klari, au conservatoire. Les deux orchestres sont le Southbank Sinfonia et des membres de l'Orchestre des Lauréats du Conservatoire. Addition, puis soustraction (heu, qui reste, au juste? ah, les joies de la fusion) pour Mozart, car la formation utilisée pour jouer la 38ième symphonie (cordes par 3 si je me souviens bien) est vraiment étique (et dangereuse). Programme fougueux et juvénile qui se mange sans faim: Les Hébrides, la symphonie Prague puis le triple Concerto de Beethoven, qui me fait toujours autant d'effet (un Mac la bémol: deux mouvements d'un do majeur solaire et assertif enserrant un movement lent en lab, contemplatif et lunaire) (j'aime bien aussi les moments IRCAM, comme les altos qui frottent à la seconde du violoncelle solo lors de son entrée). Première fois que je vois le trio en avant scène, avec le chef et l'orchestre derrière, assez loin. Cela marche bien comme ça. Excellents solistes, avec une mention spéciale au violoncelliste solo, qui a la part belle dans cette partition. 

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lundi 28 février 2011

Miscellanées

Week-end calme (enfin sans un poil de musique, quel bonheur rare). Vu True Grit (et une belle chevauchée contre la mort), Les femmes du 6ème étage (gentiment nunuche), Comment savoir (qui m'a laissé perplexe). Sarkozy à Ankara: il a mâché du chewing gum, s'est montré élastique sur les kurdes et dur sur l'adhésion. Sinon, suis tombé raide des Borodine dans Borodine, à la grande époque, cf ci-dessous (ce vibrato ! cette précision dans l'impact!). Et aussi de ce merveilleux continent-ci mais ça fera -peut-être - l'objet d'un autre billet.

 

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dimanche 20 février 2011

De retour de chez les Turcs

.... avec que des photos moches, pour changer.

24 heures sur la rive européenne du Bosphore à guetter l'Asie:

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puis 24 heures à Ankara, où j'avais peur de rester ankaraf, mais qui s'est révélée plus plaisante qu'attendu. C'est une très grande ville (6 millions d'habitants), posée sur le haut plateau d'Anatolie à plus de 900m d'altitude, qui donne l'impression d'une ville rationnelle ....

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...après le grand bazar d'Istanbul

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