mercredi 1 mai 2013

Si.....

 

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Si trois jours avant V n'avait pas joué en quatuor pour un événement mémoriel au centre LGBT et obtenu une invitation pour une cérémonie le dimanche suivant, si ledit dimanche suivant G n'avait pas eu son cours à 17h et si nous étions partis nous balader plus tôt, plus loin, à vélo plutôt qu'à pied, si après le départ de G je ne m'étais pas arrêté en voyant le défilé avec des drapeaux français avec une étoile de David, si je n'avais pas reconnu V, J et P dans ce défilé, si je n'étais pas resté avec eux marcher à travers l'île Saint-Louis puis le bout de l'île de Cité, si je n'avais pas décidé d'assister avec eux à la cérémonie au mémorial de la Déportation (où nous avons chanté le chant des Marais, que je commence à connaître par coeur)..... je n'aurais pas eu la chance d'approcher avec V, J et P Christiane Taubira. V lui a demandé d'être pris en photo avec elle, elle a accepté avec beaucoup de simplicité, de chaleur, nous lui avons dit combien ce qu'elle avait dit et fait avait été important pour nous, elle a dit qu'elle se sentait plus légère en en parlant avec nous. Un moment intense et chaleureux dont je me souviendrai comme on porte un talisman. 

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lundi 11 mars 2013

La Walkyrie, à l'Opéra Bastille

Encore une Walkyrie. 

(Décidément, je rate lamentablement tous les tests élémentaires d'admission dans la secte famille wagnérienne: par exemple, je suis incapable de rester éveillé pendant ce 2ième acte, en particulier pendant la scène de ménage Wotan-Fricka (car enfin, ce mariage - celui de Sieglinde et Hunding, contracté sous la menace - n'a aucune validité et ne mérite pas d'être défendu pendant 20 bonnes minutes) et, pire encore, puisqu'il paraît que c'est une scène qu'il faut admirer, pendant le long récit de Wotan à Brünnhilde. Le seul moment qui me sort de ma torpeur est ce solo de clarinette basse qui annonce la naissance de mon méchant favori, Hagen - une Annonciation plus prometteuse que l'extase de Sieglinde au début de l'acte III. Vivement le Crépuscule, qu'on en finisse.) 

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samedi 2 mars 2013

Répertoire, de Kagel

Aux Bouffes du Nord.

Pince-sans-rire, bricolé et truffé d'illusions sonores.

(Une riche idée parmi tant d'autres: enrouler autour de quelqu'un d'impassible un tuyau d'aspirateur dont une des extrémités ira dans sa poche et l'autre sera tenue par une main en hauteur qui enverra des billes métalliques dans le tuyau.)

(Moins riche tout de même peut-être que ...., den 24.XII.1931)

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mercredi 27 février 2013

le quatuor Kelemen à l'auditorium du Louvre

Beau programme classique, avec Haydn (l'opus 76 n°4 lever de soleil, celui au début pianissimo et étale, qui se remplit de notes ensuite);  Beethoven (l'opus 59 °2 en mi mineur, avec le mouvement initial à pauses. le long mouvement lent, en forme sonate, le scherzo à hoquets et son trio russe; le finale qui va de do majeur à mi mineur), et surtout le 5ième quatuor de Bartok, dont les statistiques de ce blog me disent que je ne l'ai pas vu depuis un bout de temps et qui m'a fait un effet maousse. Cette partition est un peu une icône à la lecture avec ses symétries, ses idées simples et fortes

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mais c'est autre chose de l'entendre avec un quatuor qui le joue de façon complètement idiomatique, naturelle et engagée comme le font les Kelemen. Bis irrésistible de Leo Weiner. Merci à Klari en tous cas de m'avoir donné envie d'y aller.

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dimanche 24 février 2013

Vu

Dans le genre génial: Lincoln (le chemin tortueux du 13ième amendement. Rétrospectivement, qu'est-ce que les arguments "si on fait passer ceci c'est la porte ouverte à cela" sont ridicules (je dis ça je ne dis rien))

Dans le genre bien: Skyfall - Argo(FuckYourself) - Django Unchained - Wadjda (pour la scène où la gamine gagne le concours de récitation coranique et a l'idée idiote de dire qu'elle veut utiliser l'argent du prix pour acheter un vélo) 

Dans le genre j'en attendais des horreurs et en fait ce n'était pas mal du tout: Alceste à bicyclette - Renoir - L'odyssée de Pi - Happiness Therapy - Lore

Dans le genre gay et tristouille (et pour tout dire un peu décevant): Yossi (sans Jaeger)

Dans le genre vraiment pas bien du tout: La parade (qui n'est en aucun cas la suite de la visite de la fanfare comme la publicité mensongère voudrait le faire croire)- El Estudiante (ce garçon est vraiment très mignon mais on n'a pas grand chose à faire des magouilles d'un Streber, comme disent joliment les Allemands)

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dimanche 10 février 2013

Zemlinsky et co à la salle Pleyel

Au programme: Les danses de Galanta de Kodaly (irrésistible et hungarotone); le 2ième concerto pour piano de Prokofiev (celui des Sarcasmes; la sortie de la cadence du 1er mouvement avec ses cuivres monstrueux fait son petit effet); et puis en deuxième partie, la (pas si) petite Sirène, de Zemlinsky (il y a à boire et à manger dans cet opulent orchestre viennois, mais ça se laisse bien réécouter, par exemple ce thème qu'on dirait russe ici à 9'45"). Une vraie chroniquette ici.

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mercredi 6 février 2013

(De l'homophobie dans les milieux catholiques en France, au début des années 2010)

Résumé des épisodes précédents: le jeune G (qui a relu ce post et approuvé sa publication), vit depuis fort longtemps dans le péché avec une personne du même sexe (qui n'est autre que l'auteur de ce post). Il découvre avec accablement que l'ensemble de sa famille va à la manif du 13. Comme il est du genre pugnace, il envoie à tous ses neveux et nièces adultes un message dans lequel il leur demande s'ils viendraient à son mariage. Il reçoit un certain nombre de réponses, pour la plupart hostiles, mais qui amorcent un début de discussion qui avait jusque là fait défaut. L'une des plus enragées de ses nièces l'invite même à déjeuner chez elle, avec son mari et ses enfants. G passe l'après-midi chez eux et a l'impression que la compréhension mutuelle s'est améliorée. Et là, C'EST LE DRAME: il oublie son pull chez eux et doit se fendre d'un message pour le récupérer. Voici la réponse reçue, à laquelle je ne change rien si ce n'est les noms. (Toi aussi, en vraie charité, sèche sur la réponse à donner)

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en effet nous l'avons bien je le donne à **** à l'occasion, nous aussi étions bien contents de bien parler en vérité et donc de mieux te connaitre. Nous avons beaucoup discuté avec [mon mari] pour savoir s'il faut d'un point de vue charitable accueillir ton ami, car nous sentons très bien que tu désires resserrer les liens familiaux et c'est tout à ton honneur, c'est un vrai problème moral, social et humain que tu nous demandes.

Mais c'est en vraie charité que nous ne voulons pas le recevoir à la maison. Je continue à penser qu'il y a des contextes porteurs et que l'exemplarité est très importante dans l'éducation. Et je préfère te le dire en toute honnêteté je ne souhaite pas que mes enfants côtoient ton modèle de "couple". Je souhaite les protéger le plus longtemps possible, le temps qu'ils se construisent, mes parents ont agit de la sorte et je les en remercie actuellement car si je suis bien dans ma peau, ils en sont certainement pour quelque chose. la famille doit rester un lieu structuré et structurant.

Je viens de commencer le livre "différence interdite" de tony Anatrella que je te conseille. (cela me conforte dans mon point de vue, tu me diras que je choisi mal mes lectures... mais c'est quand même un psychiatre de haute envergure qui pourrait t'aider!)
je suis encore moins convaincu que cela te tombe dessus sans tu ne puisses rien faire pour lutter contre et que la solution de se mettre en paire soit la meilleure.
 Vraiment si tu veux comprendre pourquoi  et si tu veux être HEUREUX tu as les réponses dans ce bouquin. En bonus tu comprendras en profondeur la position de la majorité de ta famille.
avec toute mon affection

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mardi 5 février 2013

la Хованщина, de Moussorgsky

Un grand opéra de Moussorgsky jamais vu jusqu'ici, ne boudons pas notre grande joie. Retenons que spasiba signifie aussi "Dieu vous garde" et souvenons-nous de ceci:

  • Acte I. Le prélude (sublime solo de clarinette). La grande scène entre le scribe (un intellectuel, forcément ridicule) et le boyard manipulateur (ça gargouille avec des enchainements harmoniques sépulcraux aux cuivres, en sous-main; je fonds). L'irruption d'une allemande luthérienne (forcément l'Antéchrist, rythmique échevelée et lyrisme à la Verdi) qui rend fou un prince russe (qui lui court après comme un chien de cartoon). L'extraordinaire fin de l'acte (avec les cloches: fa# + accord de do). Les vieux-croyants ne vont peut-être pas gagner la bataille mais Moussorgsky leur donne la plus belle musique. 
  • Acte II: le trio de ceux qui vont perdre: Golitsine (un réformateur, amant de la tsarine, paranoïaque), Khovanski (le chef des milices des archers, les streltsy) et Dosifei (le chef des vieux-croyants). Musicalement, le plus beau moment est, je trouve,  le numéro de divination de Marfa.
  • Acte III (chez les vieux-croyants): la chanson de Marfa, la réplique de la mère supérieure. L'air de Chaklovity (pendant lequel j'ai dormi). L'air de Kouzka (l'homme à la balalaïka).
  • Acte IV (la liquidation des streltsy): celui avec des danses persanes très peu exotiques et très peu colorées. On se réveille quand un boyard reprend d'un ton sarcastique le chant des suivantes qu'il vient d'interrompre après avoir assassiné le maître de maison (qui ne chante pas très bien, il faut l'avouer).
  • Acte V (la mort des vieux-croyants): celui avec le motif à croches continues à l'unisson (il faudra que j'analyse un jour comment un flux continu de croches suffit à me mettre en transes). Beau choeur final, mais je préfère tout de même et de très loin cette version-ci, que je comprends avoir été réécrite par Stravinsky.

 

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jeudi 31 janvier 2013

Merci, Madame Taubira

Vous pouvez continuer à refuser de voir, à refuser de regarder autour de vous, à refuser de tolérer la présence, y compris près de vous, y compris, peut-être, dans vos familles, de couples homosexuels. Vous pouvez conserver le regard obstinément rivé sur le passé et encore, en regardant bien le passé, y trouverez-vous des traces durables de la reconnaissance officielle, y compris par l’Église, de couples homosexuels. 

Vous avez choisi de protester contre la reconnaissance des droits de ces couples; c’est votre affaire. Nous, nous sommes fiers de ce que nous faisons. Nous en sommes si fiers que je voudrais le définir par les mots du poète Léon-Gontran Damas : l’acte que nous allons accomplir est « beau comme une rose dont la tour Eiffel assiégée à l’aube voit s’épanouir enfin les pétales ». Il est « grand comme un besoin de changer d’air ». Il est « fort comme le cri aigu d’un accent dans la nuit longue ». 

(j'ai enlevé les cris d'oiseaux du compte-rendu de séance; j'en profite pour signaler que j'ai aussi beaucoup aimé ceci)

Quant à nous, nous sommes allés fêter les 19 ans d'une union inféconde dans un restaurant de la rue de l'arbre sec (ça ne s'invente pas).

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samedi 19 janvier 2013

David et Jonathas à l'Opéra Comique

Médée puis ce David et Jonathas, quelle aubaine: ce qui restera pour moi l'année Charpentier se prolonge avec ce bel opéra que je ne connaissais pas du tout, et que je ne peux pas tout de suite réécouter: il n'y a plus d'enregistrements à ma FNAC du coin et je ne le trouve pas davantage sur Spotify. Ce que je réécouterai quand j'aurai l'enregistrement:

  • "Non, non le reste de la Terre N’eust point couté plus d'efforts à son bras". les choeurs du 1er acte, proprement somptueux.
  • les airs de l'humeur noire, l'une des spécialités de Charpentier: le plus beau est sans doute celui de Jonathas, acte IV, mais l'air de David, acte I est aussi poignant.
  • l'extraordinaire scène de l'acte III où David essaie de fléchir Saül (avec les flûtes par deux, sans doute l'attribut de l'innocence - ou une couleur pastorale pour évoquer l'ancien berger, aux antipodes de ce qu'on imagine d'un guerrier).

Il y aurait beaucoup à dire sur le talent de coloriste de Charpentier, la façon dont il utilise les hautbois, les bassons, les cordes graves (qui accompagnent l'oracle de Samuel); la caractérisation des personnages par les couleurs de voix: la voix à la fois virile et aigüe de David (magnifique Pascal Charbonneau, un engagement dramatique comme on en voit peu et une belle prise de risques), celle, cristalline et encore un pied dans l'enfance, de Jonathas (Ana Quintans, très bien aussi).

Ce qui rend Charpentier si vital par rapport à Lully ou même Rameau, c'est sa façon d'aller droit au but, de ne pas biaiser avec le noeud tragique; comme chez Monteverdi, les (nombreuses) scènes de genre sont contaminées par l'action (comme le beau choeur final).

Cette production a fait le choix de placer le prologue (la prédiction de Samuel) au centre de l'action. Cela met au centre deux actes marqués par la folie (la fureur) de Saül, un personnage submergé par une haine qu'il est incapable de contrôler, enserrant deux fois deux actes plus centrés sur David et Jonathas, version ascendante puis descendante (dont l'histoire de Sevrais et Souplier sera un écho lointain). Le choix (*spoiler*) de faire de la mort de la mère de Jonathas le noeud du drame m'a semblé gratuit, mais je ne vais pas bouder mon plaisir tant la direction d'acteurs était vivante et en phase avec la variété sans cesse renouvelée de la musique de Charpentier.

Posté par zvezdo à 16:49 - opéra - Commentaires [7] - Permalien [#]
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