samedi 2 novembre 2013

Résumé des épisodes précédents

* Pierrot Lunaire à l'Athénée, en français (on ne comprend pas beaucoup mieux le texte), chanté par un homme (Damien Bigourdan). Mise en scène très explicite... (ça, on voit bien les Riesenfalter et le Mondfleck). Deuxième partie moins palpitante (Paroles et musique, Beckett/ Feldman). Le chef avait prévenu avant le début du spectacle, sortir son portable pour regarder l'heure expose à une perte définitive de contact avec le spectacle.

* le Helikopter Quartett de Stockhausen, pour la nuit blanche. Colère froide devant tant de désinvolture. Les quartettistes ont semble-t-il facilement communiqué entre eux pendant leur balade en hélicoptère, mais nous n'en saurons pas grand-chose, puisque la liaison avec le plancher des vaches fonctionne par intermittences. Si l'idée était de montrer 1/ que la musique contemporaine, c'est un truc qui plane en haut, loin du public 2/ que l'événementiel prime sur la musique, c'était très réussi.

* Musique de chambre à la salle Colonne. Beau programme Brahms: trio opus 114 (découverte; quel dommage de se passer de violons et d'alto) et quintette avec clarinette (celui avec séquences brésiliennes et tsiganes) / Hersant (Nachgesang). 

* Aida. Quasiment une découverte. Bizarrement, ça commence modestement aux cordes avec ce prélude humble et torturé comme une esclave éthiopienne; assez vite un décor en cuivre nous en met plein la vue (et qu'on ne me dise pas que ce n'est pas en cohérence avec le projet musical de Verdi), jusqu'au triomphe des cuivres, la scène des trompettes, où l'on voit sur scène quatre femmes de ménage astiquer un arc de triomphe en cuivre. Autre bon moment scénique: la danse des esclaves maures (collant pilepoil à l'esprit de la musique). J'ai aussi bien aimé la séance d'aérobic des altos ici (à 0'55" ici ), la façon dont Verdi organise un crescendo en faisant gonfler une figure secondaire (ici), et puis les deux tubes séraphiques et diaphanes avec violons dans l'aigü (le duo final me rappelle ceci de Peter Grimes, il serait peut-être temps pour moi de reconnaître ce que Britten doit à Verdi). 

* Elektra. Evidemment un spectacle dont on ressort comme un chat d'un micro-ondes, en se demandant si on a encore tous les organes internes en place (foie: check; rate: check; glandes lacrymales: check). Scénographie redoutablement efficace, avec un choeur grec démultipliant les gestuelles des chanteuses. On a envie de sous-titrer la première scène (un choc): "Débandade des contempteurs de Joël et Jordan, bien obligés de constater qu'un bon spectacle peut être monté dans LaMaisonMaudite". Strauss reste pour moi un bruitiste génial, capable d'illustrer avec son génie orchestral n'importe quel cartoon, de figurer les Dieux par des clarinettes affolées, de faire aboyer l'orchestre, de le faire se grattes jusqu'au sang. On en vient à détester les rares moments bien viennois et crémeux (celui, par exemple, où Chrystothémis rêve d'une famille "normale"). 

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lundi 23 septembre 2013

Alceste, de Gluck

Toujours la même chose chez Gluck, on reconnaît l'intensité des émotions, mais les émotions musicales sont disjointes de celles suscitées par la tragédie. Il y a au moins dans cette production une scène de suspense palpitant et d'émotion non contaminée par l'ironie: celle où Admète essaie en vain de faire parler son épouse poursuivie par la Mort qu'il ne voit pas. La fin (*spoiler*) avec l'enfer de la fosse d'orchestre béant est très bien aussi (mais un Hercule de foire vient casser l'émotion). On se souviendra peut-être de ceci:

* un air de jardin des délices (presque aussi idyllique que celui d'Orphée)

* de beaux morceaux d'orchestre (l'ouverture et une chaconne que Minkowski déplace en début d'acte)

* le ballet du 2nd acte

* les graves dangereux des Divinités du Styx

* le finale du 2nd acte (Oh! que le songe de ma vie Avec rapidité s’enfuit, Comme la fleur épanouie, Qu’un souffle des autans flétrit)

 

 

 

 

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lundi 24 juin 2013

Bouffes/ Posadas

Un concert auquel je suis allé en prévision de la diète à venir de deux mois, et dont le programme ne m'évoquait strictement rien. (Pour une fois, j'y suis allé en me fiant aveuglément aux interprètes: le quatuor Diotima et la sublime Barbara Hannigan). Je crois bien ne jamais avoir entendu de Nono, ni de Schoeller, ni de Posadas. Tirage de la loterie, donc:

Nono: Djamila Boupacha, une pièce pour soprano solo a cappella. Magnifique, mais très court.

Ensuite, ce qui était présenté comme un semi-opéra, Operspective Hölderlin, de Schoeller. Une oeuvre pour soprano, électronique et quatuor (très à l'arrière plan). J'ai un peu dormi (ce qui est mauvais signe). Ce n'est pas déplaisant d'imaginer Hannigan aux prises avec des fantômes dans un château hanté rougeoyant comme la scène des Bouffes du Nord, mais la musique m'a paru pour tout dire assez pauvre, à l'électronique trop envahissante. Et c'est un peu dommage d'avoir un quatuor de la classe des Diotima noyé dans des bruits de fantômes....   

La bonne pioche était après l'entr'acte. Liturgia fractal, le cycle de 5 quatuors à cordes d'Alberto Posadas était riche, foisonnant, très spectaculaire, beaucoup d'idées musicales. Je ne suis pas certain d'avoir compris la note de programme (j'ai dû arrêter trop tôt mes études scientifiques), mais quasiment pendant les 53 minutes du cycle (et à la différence, au hasard, du Livre de Boulez) j'ai eu l'impression de comprendre le propos musical, se polarisant autour de certains modes de jeux, contrastés, violents, névrotiques, hypervirtuoses. Retenons 4) (Arborescencias) avec ses deux somptueux solos de violon. 3) (órbitas) démarrant avec des clusters bien acides. 2) (Modulaciones) avec ces modes de jeu flûtés. Plusieurs des quatuors ont des fins très marquantes, où l'on a l'impression que les musiciens se resynchronisent. C'est rare d'entendre une oeuvre nouvelle laissant une impression aussi forte.

Aussi: ici.

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mardi 18 juin 2013

Brahms/ Jerusalem

Un concert où on était, sans l'avoir fait complètement exprès, littéralement aux pieds du (magnifique) altiste du quatuor de Jerusalem (que buvait des yeux le second violon, disposition oblige). Programme qu'on n'entend pas si souvent:

  • l'opus 51 n°1 (do mineur). Celui très âpre (avec le carburant de l'alto qui se réveille pour une coda mémorable à la fin du 1er mouvement).
  • le 1er quintette (fa majeur opus 88) avec Amihai Grosz (l'altiste du quatuor avant Ori Kam). Un fa majeur sportif et jovial (la transition vers la réexposition: une machine à ronronner qui s'emballe). Grand mouvement lent avec deux parties centrales sautillantes et une fin à soustractions.
  • l'opus 67 (si bémol): celui à la Haydn (avec des moments bizarres où Brahms se force à faire du Brahms, au lieu de continuer avec ses délectables petits jeux rythmiques). Merveilleux 3ième mouvement à solo d'alto (où Brahms fait du Bach). Un finale à variations (avec un bel épisode en sol bémol majeur à pizzicati magiques), qui conclut avec le thème du 1er mouvement, entrelardé de fusées descendantes que je trouve irrésistibles.

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lundi 17 juin 2013

Une oscillation préhistorique

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Ce qui est prodigieux (et que j'ai mis bien du temps à comprendre hier) dans ce Hier sitz' ich zur Wacht, c'est ce mélange entre deux horloges. Celle du chanteur et des cuivres (binaire, héroïque bien que lente) et celle des cordes, ce halètement ternaire qui ne tombe jamais sur les débuts de mesures et brouille la stabilité de l'édifice (6 noires dans une mesure à 12/8 qui se superpose au 4/4 des autres, voir p. 154 et suivantes ici). Mélange subtil d'inquiétude et de permanence. Une idée de génie pour caractériser celui que Wagner voyait comme un animal antédiluvien.

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samedi 15 juin 2013

Trois images de films qu'il serait vraiment ballot d'avoir raté

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mercredi 5 juin 2013

La reine Leonskaïa au QEH

J'étais là ce soir-là. Un programme magnifiquement construit: 

En première partie, la 1ère sonate d'Enesco encadrée des Valses nobles et sentimentales et de trois préludes de Debussy (notamment Les pas dans la neige, en résonance avec les pédales du 3ième mouvement d'Enesco). Je ne peux toujours pas blairer ce Ravel-là (chichiteux et qui couine sa nostalgie), mais il préparait bien l'atmosphère étrange du 1er mouvement d'Enesco, une musique complexe et monstrueuse. 

En deuxième partie, la 3ième sonate en fa mineur de Brahms (avec ses mélanges de suraigü et d'extrême grave, à la Messiaen, que Leonskaïa joue avec une belle autorité, parvenant à déplacer le bout du piano, heureusement qu'il a des freins). En bis, le finale du KV332 de Mozart (en fa majeur, comme le finale précédent ) et la Plus que Lente de Debussy.

 

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mercredi 1 mai 2013

Si.....

 

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Si trois jours avant V n'avait pas joué en quatuor pour un événement mémoriel au centre LGBT et obtenu une invitation pour une cérémonie le dimanche suivant, si ledit dimanche suivant G n'avait pas eu son cours à 17h et si nous étions partis nous balader plus tôt, plus loin, à vélo plutôt qu'à pied, si après le départ de G je ne m'étais pas arrêté en voyant le défilé avec des drapeaux français avec une étoile de David, si je n'avais pas reconnu V, J et P dans ce défilé, si je n'étais pas resté avec eux marcher à travers l'île Saint-Louis puis le bout de l'île de Cité, si je n'avais pas décidé d'assister avec eux à la cérémonie au mémorial de la Déportation (où nous avons chanté le chant des Marais, que je commence à connaître par coeur)..... je n'aurais pas eu la chance d'approcher avec V, J et P Christiane Taubira. V lui a demandé d'être pris en photo avec elle, elle a accepté avec beaucoup de simplicité, de chaleur, nous lui avons dit combien ce qu'elle avait dit et fait avait été important pour nous, elle a dit qu'elle se sentait plus légère en en parlant avec nous. Un moment intense et chaleureux dont je me souviendrai comme on porte un talisman. 

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lundi 11 mars 2013

La Walkyrie, à l'Opéra Bastille

Encore une Walkyrie. 

(Décidément, je rate lamentablement tous les tests élémentaires d'admission dans la secte famille wagnérienne: par exemple, je suis incapable de rester éveillé pendant ce 2ième acte, en particulier pendant la scène de ménage Wotan-Fricka (car enfin, ce mariage - celui de Sieglinde et Hunding, contracté sous la menace - n'a aucune validité et ne mérite pas d'être défendu pendant 20 bonnes minutes) et, pire encore, puisqu'il paraît que c'est une scène qu'il faut admirer, pendant le long récit de Wotan à Brünnhilde. Le seul moment qui me sort de ma torpeur est ce solo de clarinette basse qui annonce la naissance de mon méchant favori, Hagen - une Annonciation plus prometteuse que l'extase de Sieglinde au début de l'acte III. Vivement le Crépuscule, qu'on en finisse.) 

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samedi 2 mars 2013

Répertoire, de Kagel

Aux Bouffes du Nord.

Pince-sans-rire, bricolé et truffé d'illusions sonores.

(Une riche idée parmi tant d'autres: enrouler autour de quelqu'un d'impassible un tuyau d'aspirateur dont une des extrémités ira dans sa poche et l'autre sera tenue par une main en hauteur qui enverra des billes métalliques dans le tuyau.)

(Moins riche tout de même peut-être que ...., den 24.XII.1931)

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