mercredi 26 septembre 2007

une fameuse fresque du Poitou


Fameuse bien sûr parce que GC a déjà fait cette gentille blagounette dans une note de Touraine sereine que je ne vais pas me risquer à rechercher (non, non et non).

(Excellents macaronés dans la boulangerie attenante, je viens d'en siffler le quart d'un de taille familiale, tant pis pour le chat).

(Pour ceux que cela intéresse, les autres fresques de Saint-Savin sont en réfection; on voit déjà néanmoins un bout - prometteur - des restaurations dans le porche).

Posté par zvezdo à 22:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 24 septembre 2007

Les Amours d'Astrée et de Céladon, d'Eric Rohmer


Selon une recette éprouvée, un mélange subtil de ridicule (on a souvent envie de donner raison au pourfendeur de l'idéalisme qui éclate de rire, le luth à la main) et de sublime (la fin est l'une des plus émouvantes de tous les films de Rohmer). Enfin un film queer !

Posté par zvezdo à 22:48 - cinéma - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 23 septembre 2007

Quelques clés pour se repérer dans le château (Ariane et Barbe-bleue, de Paul Dukas)

Add du 24/09: j'ai rajouté dans la radio de très larges extraits de l'opéra (tout l'acte I, la fin de l'acte II, le prélude de l'acte III et le début de la scène des adieux)

Attendu que

  1. j'ai de nouveau une vision d'ensemble de l'oeuvre après l'avoir vue vendredi (et que ça ne va pas durer)
  2. je suis infoutu de retrouver mes notes de cours d'analyse des années 80
  3. je me suis replongé dans la partition,

voici ce que je crois comprendre de l'opus magnum de Dukas et dont je veux garder la trace car ça m'évitera de réinventer l'eau tiède quand j'aurai tout oublié.

Dukas thèmes A et B: Ariane est un opéra à leitmotive (comme Pelléas, comme le Ring) mais resserré sur un petit nombre de thèmes qui apparaissent tôt dans la partition et irriguent les trois actes. Si Barbe bleue ne chante pas grand chose par rapport à ses femmes qui ont les premiers rôles, à l'orchestre, c'est une autre distribution des rôles; l'opéra commence avec deux thèmes associés à Barbe-Bleue; le premier ressemble à son château (deux octaves descendants se succédant)

et le second est un thème-catastrophe, en chute libre (couleur gamme par tons).

A Ariane sont associés (au moins) deux thèmes importants. Le premier, héroïque, sera varié dans la séquence des portes/couleurs/bijoux (on peut l'appeler Ariane lumière). Il apparaît aussi avec une rythmique désamorcée (que des noires à 6/4, dans la séquence centrale de l'air des diamants) et figure alors une Ariane calmée, arrivée à ses fins, que l'on retrouvera à la fin de l'acte II.

Le second est un thème de mouvement (Ariane tête chercheuse; on pourrait l'appeler le thème va chercher, Bergotte). C'est lui que l'on entend, tous trombones déployés, au début du second acte, un acte où l'on a bien besoin de ce carburant pour retrouver la lumière du jour.

Enfin, trois autres thèmes me semblent cruciaux: celui des paysans

(qui apparaissent sous toutes sortes de rythmiques, à l'acte I et III)

celui des femmes - la fameuse chanson d'Orlamonde.... qui existe sous forme longue, mais apparaît aussi très souvent de façon souterraine, notamment à l'acte II,

et celui d'Alladine, disait ma prof-qui aimait-plus-les-femmes-que-les-hommes. Il surgit à l'acte II, quand on fait connaissance de cette femme "qui ne parle pas notre langue", et devient central à l'acte III, notamment dès son (sublime) prélude. J'ai du mal à croire qu'un thème aussi doloureux et éloquent soit associé au personnage un peu secondaire d'Alladine; mais peut-être je me trompe; au fond, Alladine ne chante pas mais l'orchestre est toujours très éloquent quand elle intervient- serait-elle une Péri ? une déesse de la musique ? Quoi qu'il en soit, le traitement de ce thème par Dukas l'acte III renvoie à une musique de l'échec (on pense à Parsifal), à la faillite de la mission d'Ariane....

Dukas en fa# Quelques mots sur le trajet harmonique: tout l'opéra est en fa#; l'acte I commence en fa# mineur, le thème et variations des bijoux aboutit sur fa#majeur, l'apparition des femmes se fait en ré#mineur (son relatif), l'acte finit en fa# majeur (avec une magnifique coda qui réconcilie tous les thèmes antagonistes, comme dans toute forme sonate qui se respecte). L'acte II, cette grande recherche de la lumière, démarre en mib mineur (enharmonique de ré#mineur), se dirige vers do majeur, et conclut en si majeur. L'acte III finit en fa#mineur, comme l'opéra avait commencé.

Dukas d'or (du cador ?): L'opéra est largement truffé de musique en gamme par tons, mais qui sert de faire-valoir aux grands climax bien tonaux (l'air des diamants, la fin du second acte avec sa glorification de midi). Dukas apparaît comme un musicien des Lumières, comme le continuateur du Beethoven de Fidelio ou de la 5ième symphonie (c'est ça qui peut apparaître un peu irritant). De ce point de vue le dispositif scénique de la Bastille était intéressant, avec ces souris de laboratoire trottant d'une cage à une autre.

Dukas musicien de la Très Grande Forme: De l'acte I à l'acte III, mêmes ingrédients, symétries. L'opéra finit en fa#mineur, comme il a commencé. La musique dernière partie de l'acte III (Barbe-bleue à terre) liquide le thème du château (du début de l'acte I): les deux octaves descendants sont harmonisés différemment d'à l'acte I et apparaissent étales, inanimés, inopérants. A l'acte III, cette scène où les cinq femmes se pomponnent sous la supervision d'Ariane mettant en valeur qui une chevelure, qui des épaules etc... fait écho à la scène des cinq portes au premier acte, mais en valse à six temps, sur un mode badin et enjoué. C'est clairement la même musique; de même que la lumière sépare les couleurs, Ariane révèle chacune de ces femmes. Je ne parle même pas de la scène des paysans (avec à l'acte III ce curieux moment de bordel néo-classique sur "Au clair de la lune" !)

Parsifal, de Dukas La musique qui m'a le plus impressionné vendredi, c'était ce magnifique prélude de l'acte III, avec ce thème dolent, fauve aux altos et aux violons 2, dont j'ai parlé plus haut. A la fin de ce prélude apparaît un thème en quintes ascendantes, liées; c'est le renversement de ce thème descendant Barbebleue catastrophe, et c'est la musique qui illustrera le départ d'Ariane pour d'autres planètes (pour rester dans le registre d'une autre musique d'adieu lunaire en fa#mineur, celle de l'opus 10 de Schoenberg bien sûr).

Dukas l'as de la formule Si les formules choc de Maeterlink ne font pas toujours mouche, celles de Dukas sont aussi concentrées et fulgurantes que celles de Wagner. Je pense aux premiers mots d'Ariane, cet extralucide Elles ne sont pas mortes, qui marque une rupture du discours après le caquètement apeuré de la Nourrice; le thème Barbe bleue catastrophe y est méconnaissable, tout inoffensif, assaissonné aux cordes avec une sauce douceâtre. Je pense aussi à ce - Vous aussi ? -Moi surtout, où le thème héroïque d'Ariane explose comme une bulle de saveurs (avec des épices corsées).

Ariane, opéra de l'échec de l'analyse ? si le spectateur croit à l'acte III avoir démêlé l'écheveau des thèmes A et des thèmes B, attribué à qui de droit ses chevelures postiche, repéré les symétries et les chausse-trapes du château, la fin de l'opéra signe peut-être son échec..... (je vais me coucher)

Aussi : ici, ici, ici, ici et ici et .

Posté par zvezdo à 10:25 - analyse - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 19 septembre 2007

Janacek/Dvorak à Saint-Eustache

Fringale de musique chorale - et surtout, à vrai dire, de programmes jamais entendus (pour changer des inusables 4ième de Brahms ou de Schumann); je me rends compte que je n'ai jamais entendu les grandes oeuvres chorales de Schönberg, Janacek, Messiaen ou Xenakis autrement qu'en disque..... Ce soir à Saint-Eustache, beau programme comportant les deux psaumes slavons de Pärt, Notre Père de Janacek et la Messe en ré opus 86 pour choeur et orgue de Dvorak.

La grande réussite de la soirée, c'était ce Notre Père de Janacek, pour choeur, orgue et harpe (la harpe qui apporte la pulsation). Une oeuvre contemporaine de Jenufa, en 5 parties, destinée, à sa création, à illustrer des tableaux vivants.... Le Janacek des petites cellules, dès le début. Deux tableaux très agités: Donne nous notre pain quotidien - une prière de paysans priant pour la récolte et Délivre nous du mal, avec un thème d'orgue annonçant la grande cadence de la Messe Glagolitique.

Franchement déçu par la messe de Dvorak. Déjà, ce n'est pas du côté du texte que l'auditeur aura des surprises.... Pour la musique, je trouve que c'est difficile de trouver un moyen terme entre l'option extrême dépouillement (qui est celle des messes de Bruckner ou de cette éclatante réussite qu'est la messe de Stravinsky) et l'option éclatons-nous en oubliant le texte (qui est celle de la Messe Glagolitique ou des grandes messes de Haydn). Dvorak essaie bien de faire le malin tout en restant simple, le résultat est aussi peu convaincant que les icônes orthodoxes les plus récentes. Je suis resté perplexe devant ces modulations compliquées dans le Kyrie, ces torrents d'eau tiède dans le Credo, et n'ai été touché que par le Benedictus planant et les derniers accords, très simples, du Dona Nobis Pacem.

Posté par zvezdo à 19:37 - concerts - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 16 septembre 2007

Ce week-end, dans le désordre


C'est ballot d'organiser à la radio une journée d'hommage à Callas pilepoil le jour où je suis en panne de kleenex. A cause de Gemma Salem, j'achète (à tort) Libé (ça aussi c'est ballot). Les femmes mariées ont quand même des facilités pour s'inventer des hétéronymes. Billy the Kid de 12 ans à 21 ans: 21 meurtres en 9 ans, not that bad. Le chocolat du mendiant et la soupe fraise passion (un mélange homogène quand on s'en donne la peine). Un finale joué à un tempo calculé de façon à ce que P. et G. puissent avoir le TGV de Bordeaux. A Saint Eustache, Colbert, les Gondi (les mêmes qu'à Belle-Ile), les oratoriens, Kees Visser et ses structures verticales qui cachent à peine un des vrais bars à mousse brune de Paris. Un incendie rue Sainte Croix de la Bretonnerie. La claquette espagnole déplace tout le corps (en plein air) et fait beaucoup de raffût. A la suite d'un quiproquo amusant, V. m'avoue qu'il est fan de Renaud C. et notamment de son Répertoire des délicatesses du français contemporain. Est-il vraiment raisonnable d'acheter des étagères qui ressemblent à des râpes à gruyère ?

Et aussi cette image (trouvée ici) qui me ravit (Dissonance):

Posté par zvezdo à 22:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 14 septembre 2007

Ambiance


(agence Northern Rock de Moorgate, 10h54 ce matin)

"I am going to take out the lot, every penny," said William Gough, 75, queuing with about 30 people outside the Maddox Street branch. Gough, from Belfast, in Northern Ireland, was "horrified" to hear about Northern Rock's request for emergency funding.

(Je dois confesser ici une sombre délectation devant ces histoires de panique bancaire - mais chut !)

Posté par zvezdo à 22:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 13 septembre 2007

De retour d'Almaty

Suis rentré particulièrement décalqué: l'avion qui part d'Almaty à 1h30 a eu l'idée idiote d'aller faire le plein à Astana, entre 3h30 et 4h du matin ... et il ne l'a pas fait discrètement, c'est malin. Vu enfin sans la perturbation du moindre nuage la chaîne de montagnes qui domine la ville, toute enneigée (no foto, désolé). Par rapport à l'an passé, plus de bouchons, plus de 4x4 Toyota Land Cruiser (il paraît qu'en hiver c'est utile dans ce pays, notamment hors d'Almaty), plus de restaurants ouzbek (où on mange du cheval sous toutes ses formes), plus de banques, de logements flambant neufs et de tours de bureaux, mais mon petit doigt (qui va se coucher et vous dit bonsoir) me dit qu'à mon prochain voyage, il y aura moins de tout cela....

Posté par zvezdo à 22:28 - en vadrouille - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

samedi 8 septembre 2007

Le sergent noir, de John Ford


Le procès en cour martiale d'un sergent noir, injustement accusé du viol et du meurtre d'une jeune blanche. Un film à la fois militariste et antiraciste, une combinaison qui n'a pas exactement contribué à son succès public.... L'armée est la vraie famille de ce héros que Ford pare de toutes les vertus pour mieux faire ressortir la veulerie et la corruption d'une justice militaire prête à s'en tenir à un scénario écrit d'avance. La seule chose qui le fait échapper à un statut d'icône est cette fuite inexpliquée, que Ford associe au souvenir de l'esclavage.... Nous sommes en 1881 et c'est la première génération des Noirs émancipés par Lincoln (ce film est bien une des suites des Cavaliersvus la semaine dernière) mais déjà désenchantés devant la persistance de l'inégalité dans le Sud. A cet égard Ruttledge, le héros, occupe une position médiane entre le vieux noir et les jeunes, qui se posent déjà des questions.....

Posté par zvezdo à 21:10 - cinéma - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

lundi 3 septembre 2007

Je rentre dans la 4ième dimension.


Jeudi soir, j’ai perdu mon portable – enfin, j’ai dû me le faire voler, à une probabilité assez élevée. J’ai fait opposition le lendemain matin. Après un appel à l’opérateur, j’ai compris qu’on avait appelé à l’étranger sur mon appareil jeudi entre 18h50 et 22h, avec une facture d’environ 70€. Samedi matin, j’ai racheté un téléphone, la ligne a été débloquée, j’ai gardé le même numéro de portable. Et c’est là que je suis rentré dans la quatrième dimension : j’ai reçu un premier appel d’un numéro en +351 (soit un numéro appelant du Portugal). Samedi soir, G*** m’a dit, on va mener l’enquête, passe-moi ton portable, je rappelle ce numéro. Il est tombé sur un répondeur dans une langue latine que je n’ai pas réussi à identifier. Cet après-midi le même numéro rappelle, je suis dans l’incapacité de décrocher. Trois minutes plus tard, je reçois le SMS suivant :

Scrie un mesaj. Eu sara a nu pot sa raspund.

Ce qui signifie, en roumain :

Ecris un message. Je ne peux pas répondre.

Alors ? Comment on sort de la quatrième dimension ? Coment on la finit, cette histoire ?

Posté par zvezdo à 22:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 1 septembre 2007

Les Cavaliers, de John Ford


En pleine guerre de Sécession, un raid en territoire confédéré, de La Grange à Baton Rouge via Newton Station (le lieu de l'Apocalypse), à cheval. Boucherie puis charcuterie: ce sont les domaines respectifs de Section Head (John Wayne, colonel) et du Crooker (William Holder, chirurgien). Une guerre à l'ancienne, atroce mais jolie aussi, avec ses drapeaux qui claquent au vent (yankee ou confédérés) et ses cavaliers en procession. On retrouve dans Les cavaliers toutes ces trognes invraisemblables qui font le prix du cinéma de Ford: pochetrons, gamins de l'Académie ayant envie de jouer à la guéguerre, éclopés, malfrats tirant parti du désordre ambiant - tous participant du grand corps malade de la Nation américaine, sur l'une ou l'autre des rives du fleuve.

Posté par zvezdo à 21:10 - cinéma - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :