dimanche 27 septembre 2009

L'armée du crime, de Robert Guédiguian

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L'histoire du groupe Manouchian, depuis la première arrestation de Manouchian jusqu'au démantèlement du groupe. Le film se concentre essentiellement sur trois personnages: le chef du groupe, Manouchian, poète arménien soutenu par une jeune femme aimante et courageuse, refusant la violence mais finissant par l'assumer; et deux jeunes gens, Rayman (Robinson Stévenin, excellent), le fils de tailleurs juifs de Belleville ami de Henri Krasucki, et Elek, le lycéen brillant et tête brûlée dont la mère tient un petit restaurant. Guédiguian apparaît bien dans ce film comme un communiste déviant, ne serait-ce que par ses emprunts au christianisme (la passion selon Saint-Jean pour marquer la valeur du sacrifice de ces étrangers pour une France insouciante et aveugle, ces grandes scènes de repas chez Ascaride qui rappellent le christianisme primitif), mais aussi par sa hiérarchie de valeurs (formidable scène où un mari et une femme se dressent contre ce membre du Parti qui les a enjoint de se séparer, pour des raisons de sécurité). De façon assez amusante, le film prend presque autant de libertés avec l'Histoire que Inglorious Basterds (la grande période d'activité du groupe Manouchian, c'est 1943, pas 1941-1942.....) A vrai dire, peu importe: j'ai trouvé ce film riche, réussi et incarné.

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dimanche 2 juillet 2006

Le voyage en Arménie, de Robert Guédiguian


Geignard et humide comme du Scola sur le retour ; encore plus donneur de leçons que d'habitude ;

(tout de même : ce que le réalisateur est complaisant avec le personnage de Meylan - il lui prête vraiment toutes les qualités, il le met à la bonne école de l'ASALA et de l'extrême gauche marseillaise des années 70 avant d'aller le faire sauver l'Arménie - ; et puis aussi la charge lourdingue contre le business est à la fois courte et méprisante : c'est vraiment tout ce qu'il y a à comprendre de l'histoire économique des pays de l'espace postsoviétique ?)

; gâté par une intrigue de polar aussi désinvolte que celle d'un Godard des années 60; vitrifié par une bande-son horrible et envahissante (c'est toujours mauvais signe): du chant arménien new age envahissant - censé apporter de l'émotion, j'imagine -aux Gymnopédies de Satie, rien ne nous est épargné....

Mais je ne parviens pas à détester ni même à m'ennuyer ; parce que comme dans tous les Guédiguian, il y a du bon cinéma, des personnages auxquels on croit et qui évoluent; parce que le film réserve des surprises, comme cet éloge de l'Armée, de la Nation, de la Terre... (gniark, gniark) Et puis parce qu'il y a Jalil, l'Arménie et la petite arménienne dont parle Gilda. On peut lire ici aussi

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lundi 6 septembre 2004

Mon père est ingénieur, de Robert Guédiguian


Pour une fois, pas tellement envie d'ironiser sur ce beau film centré sur un personnage de militante communiste en état de légumisation avancée. Il y a des défauts évidents, l'angélisme dans la représentation des Arabes à Marseille, filmés comme des santons, et une quête un peu post-pubertaire de radicalisme chez le personnage de Darroussin, qui semble avoir pourtant passé cet âge-là. Mais le film a aussi de grandes qualités, une belle construction éclatée, des rimes à la fois dans le texte ("on arrête ou on continue ?)" et dans les rôles que tiennent tour à tour les uns et des autres. Un petit côté Lola et Parle avec elle, rien que ça....

Le film titille évidemment la corde de la convergence entre communisme, tradition populaire, et religion chrétienne (dans ce qu'elle a de plus primitive); ça marche bien avec moi, sans doute l'irritation que suscite un monde trop cloisonné et individualiste.....(je n'irai pas plus loin dans l'exposé répugnant de mes pathologies). Théorème d'existence : il y a au moins un militant d'extrême gauche que n'étouffe pas la haine du fait religieux....

Et puis le film mérite d'être vu rien que pour la scène incroyable où Ascaride vient mettre les pieds dans le plat d'un repas familial chez des gens de gauche qui refusent de voir leur fille sortir avec un Arabe. La façon dont Guédiguian filme Meylan (et pourtant il charge bien la barque.....) est bouleversante: il en fait un vrai personnage, un peu lourd et opaque, bien au-delà des clichés....

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