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zvezdoliki
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15 octobre 2005

La déesse H dans le texte

(Comme je ne suis pas sûr de tout comprendre, je recopie, à la page 68, les mots magiques:) 

La déesse H.

Le pouvoir de jouissance d'une perversion (en l'occurrence celle des deux H: homosexualité et haschisch) est toujours sous-estimé. La Loi, la Doxa, la Science ne veulent pas comprendre que la perversion, tout simplement, rend heureux; ou, pour préciser davantage, elle produit un plus: je suis plus sensible, plus perceptif, plus loquace, mieux distrait, etc - et dans ce plus vient se loger la différence (et partant, le Texte de la vie, la vie comme texte). Dès lors, c'est une déesse, une figure invocable, une voie d'intercession.

(in Roland Barthes par Roland Barthes, dans la collection de Denis Roche les écrivains de toujours, au Seuil)

 

Heuuuu.... ça marche aussi avec les blogs, non ?

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13 octobre 2005

A propos de dimanche...

...un petit truc qui m'a fait très plaisir et, sans doute, mérite d'être consigné ici. Pour la première fois depuis presque 12 ans que je partage la vie du chat, ses parents m'ont invité à déjeuner chez eux. Manque de bol, c'est dimanche midi et je me suis déjà engagé vis-à-vis de *** auprès de qui je ne vais pas me dédire. Pour dire vrai, j'ai déjà rencontré, mais chez le chat, sa mère, une vieille dame alerte et pleine de punch; et je suis déjà allé plusieurs fois dans la maison familiale, mais en l'absence des parents; une fois en été, seul avec le chat qui voulait échapper au cagnard parisien; une autre fois, mais à l'instigation de l'un des frères du chat qui séjournait là. Le grand rendez-vous aura lieu une autre fois. Quant à une rencontre quadripartite avec mes parents à moi.... il faudra attendre qu'un bataillon de casques bleus soit disponible, j'en ai bien peur.

12 octobre 2005

concert de l'ensemble Alternances (Lévy/ Gudmunden-Holmgreen)

 

Hier, concert de l'ensemble Alternances salle Cortot.

Tout d'abord des oeuvres de Fabien Lévy. Toujours volontiers ethnique, mais assez différent duprogramme de musique chinoise de l'an passé.

Au programme,

-Risâla fî-l-hob wa fî'lm al-handasa, Petit traité d'amour et de géométrie (quintette pour flûte, clarinette, saxophone, violon, violoncelle). L'oeuvre pour laquelle j'étais venu, une création en France. En deux mouvements. Le premier, rythmique et pulsé, construit d'après ce que j'ai compris de petites cellules que s'échangent les instruments, comme une mosaïque, avec des variations de tempo, des dilatations et de contractions....Après un début très spectaculaire, une section plus lente, avec des effets de souffle un peu à la Lachenmann, puis une conclusion brillante et tournoyante. Si le premier mouvement penche davantage du côté de la géométrie, le second mouvement est davantage un chant d'amour, lent et simple, les instruments fonctionnant par couples (flûte basse, clarinette basse par exemple, l'une des voix s'incrustant dans le discours de l'autre), avec de longues phrases interrompues par des sortes d'éventails se refermant.

-Les deux ampoules d'un sablier peu à peu se comprennent (harpe) est une pièce plus ancienne que j'avais déjà entendue jouée dans un concert de l'Itinéraire (et qui m'a moins plu).

Après les oeuvres de Fabien, des oeuvres du compositeur Pelle Gudmunden-Holmgreen. Une musique avec un humour assez furieux qui rend hommage à John Cage.

-Territorial song (clarinette basse, violoncelle, piano):arrivée des instrumentistes en chaussettes, grelots aux pieds ou à la tête, chaîne ou bol de riz au pied, comme échappés d'un asile. La clarinette basse (mention spéciale pour Philippe Berrot, grande musicalité, belle implication) est au centre du jeu, avec un discours proche de l'improvisation, à peine interrompue par des accords répétés au piano préparé. Petit à petit, les instrumentistes tapent du pied de plus en plus furieusement....

- Mirror Pieces (clarinette, violoncelle, piano); un beau mouvement lent, très répétitif (le violoncelle joue-t-il autre chose que la- fa#-mi, très lentement ?)

Deux épisodes indispensables à la chronique vraiment parisienne:

1) un grand moment de tangence de la sphère avec la vie réelle à la fin du concert: quand F a dit au Vrai Parisien qu'il aimait beaucoup ce qu'il écrivait, tous les présents ont regardé le Vrai Parisien avec des yeux ronds (c'est qui ? c'est qui ?) comme si c'était Benoît XVI ou le critique musical du Figaro.....c'est ça le privilège des nouveaux dans le milieu.

2) Quant à ***, elle a cru que le VP était ma dernière conquête et, charmée par sa jovialité, l'a invité derechef au sgloutch de dimanche; le VP, trouvant opportunément un alibi, m'a finement évité une scène de ménage....

10 octobre 2005

concert de l'Ensemble InterContemporain (Holliger/ Furrer/ Buquet)


Hier, concert de l'EIC : (et oui, encore et toujours une liste....un pense-bête comme le reste de ce blog)

- une oeuvre de Heinz Holliger (un trio pour hautbois, harpe et alto) qui m'a paru passablement grisâtre;

- une belle oeuvre de Beat Furrer, pour harpe, flûte et trio à cordes (...cold and calm and moving) : une sorte de protocole religieux, doux et lent. La harpe donne le ton (un sol égrené puis orné), la flûte répond par une figure énigmatique, lente et qui monte dans l'aigu. Le trio à cordes répond, avec des figures plus ciselées, petits bijoux sonores. Une pièce où l'auditeur n'est jamais perdu....

- une création de Gérard Buquet (le tubiste de l'IRCAM), pour flûte, clarinette, alto, violoncelle et harpe (Les danses du temps). Sept danses. Rien à voir avec la pièce de Furrer, beaucoup (trop ?) d'effets et d'intentions. Quelques exemples: la flûte basse et la clarinette jouent en multiphoniques (avec une sonorité trouble), le violoncelliste chante en même temps qu'il joue, la harpiste joue de deux instruments accordés différemment (et à un moment elle joue des deux à la fois ! belle performance sportive de Frédérique Cambrelaing....). En dépit de cela, l'impression désagréable d'entendre toujours le même discours: des phrases très véhémentes s'achevant dans un déluge de trilles et de résonances, interrompues par de longs silences. A part la 5ième danse (? pas sûr du numéro), une sorte de presto delirando spectaculaire, pas l'impression d'avoir retenu grand-chose.

8 octobre 2005

La toile d'araignée, de Vincente Minnelli

- Une clinique psychiatrique où la seule différence entre les malades et le personnel, c'est que les malades, eux, guérissent.

- L'enjeu du film: comment remplacer les rideaux de la bibliothèque. C'est évidemment une question de vie et de mort, et la matière d'une chronique aussi complexe que Richard II ou une comédie de Lubitsch. Trois lignes s'affrontent: la ligne "bourgeoise" (Gloria Grahame, la femme du directeur médical de l'institution, une peste qui s'ennuie, corrompt le maillon faible, Charles Boyer, pour imposer son choix de tissu); la ligne "psychiatrique" (Richard Widmark et Lauren Bacall veulent donner l'occasion de s'exprimer à l'un des patients, doué d'un réel talent artistique): la ligne "économique" (Lillian Gish veut avant tout minimiser le coût de l'opération).

- Lillian Gish: un petit bout de femme monté sur des ressorts, qui a la manie de raccrocher le téléphone en pleine conversation, prête à fusiller du regard les importuns (sans fusil pour barrer la voie au Mal ici). Elle incarne avec obstination la volonté inébranlable de sauvegarder ce qui peut l'être des valeurs traditionnelles, la fidélité à l'esprit des pionniers dans un monde qui se délite. Et, puisqu'on est en Technicolor, des yeux bleus qui se noient quand il s'agit d'accepter la victoire des Modernes....(des Modernes, oui, mais pourvu qu'ils soient idéalistes).

C

PS: c'est aussi ici et  qu'il faut lire.

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7 octobre 2005

Toujours pas l[']as des listes

Mes réponses à un test auquel d'autres ont aussi répondu:

5 Things I Plan to Do Before I Die

faire intégralement le GR5 et le GR10 (en plusieurs fois parce que ça me fatigue d'avance). Me mettre à l'alto. Aller en Corse. Apprendre à chanter. Lire A la recherche du temps perdu.

5 Things I Can Do

Me mettre dans des rages noires pour des conneries. Ecouter de la musique. Préparer des magrets de canard et du filet mignon. Changer trois fois d'humeur en deux minutes. Renverser un plat de mini-pizzas à l'intérieur d'un piano à queue (du mauvais côté, évidemment).

5 Things I Cannot Do

Repasser. M'intéresser à des gens arrogants. Passer le portique élevé (pas la planchette thaïlandaise, l'espèce de gibet dont je préfère oublier le nom) dans le parcours du combattant. Parler de sexe. Me lever avant 6h15 tous les jours.

5 Things that Attract Me to the Opposite Sex
(je passe sur la remarque qui va de soi à propos de l'opposite sex) L'oeil pétillant (comme à la poissonnerie) et l'ouïe fraîche+ trois choses inavouables pour arriver à cinq

5 Things I Say Most Often

ça craint velu (de loin ma marque de fabrique). Velu ('comme adverbe, par exemple dans: et après avoir raté leur entrée, les seconds violons étaient largués, mais alors velu velu velu'). Méheu (un tic du chat que j'ai fini par choper, ça craint velu). ça commence à me (....sifflement puis geste signalétique d'hôtesse de l'air)

5 Celebrity Crushes

(sans réfléchir plus de cinq secondes) Stefano Accorsi. Alexis Loret. Kristin Scott Thomas. Jean-Marc Barr. Sandrine Bonnaire

5 People I Want to Do This Next:

(Je ne veux pas vouloir) Il ya quelques blogueurs pour lesquels je meurs de curiosité de savoir ce qu'ils écriraient, mais, honnêtement, ça craint velu d'être lourd.

4 octobre 2005

Chaînes conjugales, de Joseph Mankiewicz (les amours du frigo et du train)

Dans Chaînes conjugales, la cuisine modeste de l'appartement de la mère de Lora May (Linda Darnell) est située juste au bord d'une voie ferrée : chaque passage du train suscite littéralement une onde de choc dévastatrice.

Au premier passage du train le spectateur prend conscience de l'étendue du problème: la vaisselle tremble, l'égouttoir finit par glisser dans l'évier, le frigo s'ouvre, la mère de Lora May et sa soeur (une créature vacharde à la Pauline Carton), l'air impavide, clope au bec et bock de bière à la main, sont secouées de spasmes qui ne s'interrompent qu'une fois le train passé. La deuxième fois, Lora May, une jeune femme brune décidée à sortir de sa condition, a rendez-vous avec son patron, un divorcé de 45 ans qui doit passer la prendre pour dîner: prétextant un oubli, elle laisse finement son prétendant subir l'expérience existentielle d'une attente dans la cuisine; le train passe et le patron est secoué de tremblements, tout comme la mère de Lora May qui le jauge d'un air soupçonneux. Il est très embarrassé mais retrouve sa contenance quand le frigo s'ouvre; il reconnaît, divine surprise, émotion irrépressible, un frigo qui provient du supermarché dont il est le gérant.

La troisième fois, c'est la veille du Nouvel An, Lora May le passe seule puisqu'elle a éconduit son soupirant qui lui refuse le mariage; mais celui-ci revient ! Le dernier passage du train donne une ampleur inattendue au baiser de réconciliation de Lora Mae et de celui qu'il faut désormais appeler son mari.

3 octobre 2005

girouette

- Depuis que J*** m'a expliqué que Schwarzkopf était une mijaurée avec une bouche en cul de poule, c'est fini fini, je n'arrive plus à l'écouter avec plaisir;

- Depuis que *** m'a fait remarquer que Fassbaender avait un vibrato bêlant, je suis rongé par le doute et je me sens coupable d'aimer cette voix déchirante;

- Depuis que X***, qui est arrivée samedi renforcer les rangs étiques-mais-déjà-mythiques des très-jolies-filles-hétéro de l'orchestre-pédé, X*** que j'ai bien connue à l'orchestre hétéro (oui, celui où ma voisine me donnait des coups de pied), m'a dit que cet orchestre hétéro, ce n'était vraiment pas ça, je commence à me faire tout doucement à l'idée que, même quand ils auront fini le Nouveau Monde (qui me sort par les trous de nez), et bien, je ne reviendrai pas....

2 octobre 2005

Le Parc (Angelin Preljocaj)

Vu samedi après-midi, le Parc, le ballet d'Angelin Preljocaj sur des musiques de Mozart. A Garnier, sur une (bonne) idée de Mlemaudit, et avec le fan club, enfin, la petite partie du fan club de Kozlika (leKozli Fan Tutte bien connu des foules) qui avait répondu à son invitation

Shaggoodéjà bien rendu compte du spectacle, de son projet général de chorgéraphier les jeux parfois cruels de l'amour..... Côté écoute, c'est un attelage un peu hétéroclite de musiques d'intérêt varié. Ainsi au premier acte, après l'introduction de la symphonie Linz en lever de rideau, une musique moderne, puis l'adagio et fugue KV 546 (esquive: c'est du Bach, mon coco, pas du Mozart) et de la musique de danses (re-esquive: menuets & co); je me suis dit que Preljocaj faisait l'impasse sur l'essence même du style classique. Il n'y a pas d'allegro de symphonie dans le Parc, mais quand même trois sublimes mouvements lents de concertos pour piano (KV 449, 450, 488), trois chefs d'oeuvre en apothéose de chacun des actes du Parc, trois très beaux pas de deux. 

Après le spectacle, pot avec toute la troupe (Kozlika et FûuulionMlemauditTarValanionShaggoo et quelques non-blogueurs, dont le chat). Nous avons échappé au Starbucks de l'avenue de l'Opéra (manifestement une spécialité normalienne) pour aller infliger au serveur du Royal Pyramides une commande tout oulipienne avec une boisson différente par convive. Puis tenté de désamorcer la créativité inépuisable de Koz', toujours en veine de nouveaux projets: après l'hôtel des blogueurs, il s'agit de monter une chorale des blogueurs, avec un casting d'enfer: votre serviteur en chef de choeur ! Moi qui ai autant de charisme qu'une chaise électrique un jour de panne d'EDF....en train de battre la semoule devant une colonie de podcasts. Je rêve. 

Pour revenir à des choses sérieures, l'épisode suivant des aventures des blogueurs à l'Opéra, ouvert à tous, sera vraisemblablement une sortie pour l'Elixir d'amour et/ou L'amour des trois oranges à Bastille. (Koz, j'ai repéré aussi un Boris au Châtelet qui pourrait être fédérateur). 

Pour finir en musique, je mets dans la radioblog le mouvement lent du 15ième concerto KV 450, qui, avec les chatteries du piano, des cordes et des vents, est indécent de ludisme, de sensualité et de tendresse....

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