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zvezdoliki
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24 juin 2013

Bouffes/ Posadas

Un concert auquel je suis allé en prévision de la diète à venir de deux mois, et dont le programme ne m'évoquait strictement rien. (Pour une fois, j'y suis allé en me fiant aveuglément aux interprètes: le quatuor Diotima et la sublime Barbara Hannigan). Je crois bien ne jamais avoir entendu de Nono, ni de Schoeller, ni de Posadas. Tirage de la loterie, donc:

Nono: Djamila Boupacha, une pièce pour soprano solo a cappella. Magnifique, mais très court.

Ensuite, ce qui était présenté comme un semi-opéra, Operspective Hölderlin, de Schoeller. Une oeuvre pour soprano, électronique et quatuor (très à l'arrière plan). J'ai un peu dormi (ce qui est mauvais signe). Ce n'est pas déplaisant d'imaginer Hannigan aux prises avec des fantômes dans un château hanté rougeoyant comme la scène des Bouffes du Nord, mais la musique m'a paru pour tout dire assez pauvre, à l'électronique trop envahissante. Et c'est un peu dommage d'avoir un quatuor de la classe des Diotima noyé dans des bruits de fantômes....   

La bonne pioche était après l'entr'acte. Liturgia fractal, le cycle de 5 quatuors à cordes d'Alberto Posadas était riche, foisonnant, très spectaculaire, beaucoup d'idées musicales. Je ne suis pas certain d'avoir compris la note de programme (j'ai dû arrêter trop tôt mes études scientifiques), mais quasiment pendant les 53 minutes du cycle (et à la différence, au hasard, du Livre de Boulez) j'ai eu l'impression de comprendre le propos musical, se polarisant autour de certains modes de jeux, contrastés, violents, névrotiques, hypervirtuoses. Retenons 4) (Arborescencias) avec ses deux somptueux solos de violon. 3) (órbitas) démarrant avec des clusters bien acides. 2) (Modulaciones) avec ces modes de jeu flûtés. Plusieurs des quatuors ont des fins très marquantes, où l'on a l'impression que les musiciens se resynchronisent. C'est rare d'entendre une oeuvre nouvelle laissant une impression aussi forte.

Aussi: ici.

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18 juin 2013

Brahms/ Jerusalem

Un concert où on était, sans l'avoir fait complètement exprès, littéralement aux pieds du (magnifique) altiste du quatuor de Jerusalem (que buvait des yeux le second violon, disposition oblige). Programme qu'on n'entend pas si souvent:

  • l'opus 51 n°1 (do mineur). Celui très âpre (avec le carburant de l'alto qui se réveille pour une coda mémorable à la fin du 1er mouvement).
  • le 1er quintette (fa majeur opus 88) avec Amihai Grosz (l'altiste du quatuor avant Ori Kam). Un fa majeur sportif et jovial (la transition vers la réexposition: une machine à ronronner qui s'emballe). Grand mouvement lent avec deux parties centrales sautillantes et une fin à soustractions.
  • l'opus 67 (si bémol): celui à la Haydn (avec des moments bizarres où Brahms se force à faire du Brahms, au lieu de continuer avec ses délectables petits jeux rythmiques). Merveilleux 3ième mouvement à solo d'alto (où Brahms fait du Bach). Un finale à variations (avec un bel épisode en sol bémol majeur à pizzicati magiques), qui conclut avec le thème du 1er mouvement, entrelardé de fusées descendantes que je trouve irrésistibles.
17 juin 2013

Une oscillation préhistorique

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Ce qui est prodigieux (et que j'ai mis bien du temps à comprendre hier) dans ce Hier sitz' ich zur Wacht, c'est ce mélange entre deux horloges. Celle du chanteur et des cuivres (binaire, héroïque bien que lente) et celle des cordes, ce halètement ternaire qui ne tombe jamais sur les débuts de mesures et brouille la stabilité de l'édifice (6 noires dans une mesure à 12/8 qui se superpose au 4/4 des autres, voir p. 154 et suivantes ici). Mélange subtil d'inquiétude et de permanence. Une idée de génie pour caractériser celui que Wagner voyait comme un animal antédiluvien.

15 juin 2013

Trois images de films qu'il serait vraiment ballot d'avoir raté

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5 juin 2013

La reine Leonskaïa au QEH

J'étais là ce soir-là. Un programme magnifiquement construit: 

En première partie, la 1ère sonate d'Enesco encadrée des Valses nobles et sentimentales et de trois préludes de Debussy (notamment Les pas dans la neige, en résonance avec les pédales du 3ième mouvement d'Enesco). Je ne peux toujours pas blairer ce Ravel-là (chichiteux et qui couine sa nostalgie), mais il préparait bien l'atmosphère étrange du 1er mouvement d'Enesco, une musique complexe et monstrueuse. 

En deuxième partie, la 3ième sonate en fa mineur de Brahms (avec ses mélanges de suraigü et d'extrême grave, à la Messiaen, que Leonskaïa joue avec une belle autorité, parvenant à déplacer le bout du piano, heureusement qu'il a des freins). En bis, le finale du KV332 de Mozart (en fa majeur, comme le finale précédent ) et la Plus que Lente de Debussy.

 

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