Bouffes/ Posadas
Un concert auquel je suis allé en prévision de la diète à venir de deux mois, et dont le programme ne m'évoquait strictement rien. (Pour une fois, j'y suis allé en me fiant aveuglément aux interprètes: le quatuor Diotima et la sublime Barbara Hannigan). Je crois bien ne jamais avoir entendu de Nono, ni de Schoeller, ni de Posadas. Tirage de la loterie, donc:
Nono: Djamila Boupacha, une pièce pour soprano solo a cappella. Magnifique, mais très court.
Ensuite, ce qui était présenté comme un semi-opéra, Operspective Hölderlin, de Schoeller. Une oeuvre pour soprano, électronique et quatuor (très à l'arrière plan). J'ai un peu dormi (ce qui est mauvais signe). Ce n'est pas déplaisant d'imaginer Hannigan aux prises avec des fantômes dans un château hanté rougeoyant comme la scène des Bouffes du Nord, mais la musique m'a paru pour tout dire assez pauvre, à l'électronique trop envahissante. Et c'est un peu dommage d'avoir un quatuor de la classe des Diotima noyé dans des bruits de fantômes....
La bonne pioche était après l'entr'acte. Liturgia fractal, le cycle de 5 quatuors à cordes d'Alberto Posadas était riche, foisonnant, très spectaculaire, beaucoup d'idées musicales. Je ne suis pas certain d'avoir compris la note de programme (j'ai dû arrêter trop tôt mes études scientifiques), mais quasiment pendant les 53 minutes du cycle (et à la différence, au hasard, du Livre de Boulez) j'ai eu l'impression de comprendre le propos musical, se polarisant autour de certains modes de jeux, contrastés, violents, névrotiques, hypervirtuoses. Retenons 4) (Arborescencias) avec ses deux somptueux solos de violon. 3) (órbitas) démarrant avec des clusters bien acides. 2) (Modulaciones) avec ces modes de jeu flûtés. Plusieurs des quatuors ont des fins très marquantes, où l'on a l'impression que les musiciens se resynchronisent. C'est rare d'entendre une oeuvre nouvelle laissant une impression aussi forte.
Aussi: ici.



