21 mars 2004
Triple agent, d'Eric Rohmer
Triple agent est un film magnifique, aux résonances multiples que je ne vais pas déflorer ici. Il m'a avant tout rempli d'une grande mélancolie. On y a, plus que dans tout autre film de Rohmer, l'image (renoirienne ?) de personnages qui s'agitent pour des motifs obscurs avant de disparaître. L'épilogue est à ce propos d'une sécheresse terrible. C'est aussi le portrait bouleversant d'une femme, sensuelle, rieuse, aimante, fragile. Il faudrait parler des couleurs, des oubliés de l'Histoire, d'un Barbebleue qui réussirait à convaincre sa femme, de la façon dont on prononçait fascisme avant les années 70. J'arrête là, je m'en voudrais d'être plus pédant que pédé.
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