L'affaire Macropoulos, de Leos Janacek
C'était samedi dernier au Deutsche Oper. Triomphe de la mythique Anja Silja, à peine plus jeune que son personnage (337 ans....) qui n'arrive pas à mourir, diva odieuse. Grande classe, voix en bonne forme pour le grand solo du troisième acte sur l'approche de la mort. Pour ceux qui ne connaissent pas, AS, c'est un mythe, entre autres pour moi la Marie de Wozzeck dans l'enregistrement de Dohnanyi.... Il y a deux histoires dans le livret: la première est la plus apparente, c'est celle du contentieux entre les descendants d'un M. Prus et d'un M. Gregor, dont l'issue va décider de la ruine de l'un ou de l'autre; l'autre, c'est celle d'une cantatrice qui va jouer un rôle décisif dans la résolution du dit litige, et dont on comprend à la fin de l'opéra qu'elle est sur le point de perdre l'immortalité. L'idée un peu paradoxale du texte de Capek: l'immortalité ne permet plus de goûter de la vie. Difficile de ne pas penser que cette cantatrice a acquis ses pouvoirs d'immortalité à l'époque de l'Orfeo de Monteverdi. Propos "conservateur" de Janacek: il y a encore beaucoup de musique sensible à composer, pour prolonger le bail du genre opéra....??? Janacek voit le personnage comme tragique, fait conclure l'opéra par un "Vater unser"; curieusement, c'est presque un opéra plus religieux que la très dyonisiaque messe glagolitique. L'acte II fait très années 20, annonce Lulu. Les admirateurs de E. M. peuvent se suicider, elle n'en a rien à cirer. - Je vous ai plu? - Oui..... - Vous savez dire autre chose que oui ? - Oui.... - Vous êtes vraiment bête, alors....