Curieux spectacle: un livret au troisième degré (c'est une parodie de parodie) et une musique qui est souvent au premier degré, oscillant entre sarcasme et merveilleux, sans la noirceur qu'y mettrait un Chostakovitch ou un Britten. Il n'y a qu'à écouter le Prince chanter son amour des oranges: le texte est grotesque, la musique - lyrique, oui Madame- ne l'est pas. La célèbre musique de la Marche fait le même effet qu'un morceau de munster une fois qu'on l'a touché: impossible de l'oublier; mais il y a d'autres moments plaisants et plus subtils (les deux crêpages de chignons entre magiciens concurrents : ça tricote sec à l'orchestre, avec des col legno et tout et tout ; le scherzo avant les oranges). Le texte français semble tout droit sorti d'une traduction automatique, ce qui ne devait pas poser de problème aux russes émigrés à Chicago qui étaient à la première, mais laisse parfois rêveur: mais que sont donc ces vers martéliens ? (google, toujours bon garçon, propose de changer en vers martiens). Mention spéciale pour la cuisinière, aussi baraquée que Fafner et aussi mobile que ces trucs de TP de physique en 4ième (les mobiles Jeulin je crois).
Autre rencontre de sphères après le spectacle (je laisse aux experts le soin d'en faire lacartographie; je constate qu'effectivement je suis souvent à l'extrême gauche en compagnie de matoo - grand rire sardonique). Avec, donc, la fée Kozlika, Vroumette et son grand Vroum, Gilda, ladangereuse trilingue, M le maudit, Etienne, Shaggoo et son homme, et Matoo que je lis depuis longtemps et que j'étais curieux de découvrir en vrai. Petite pensée pour Oli et M. Gv qu'on reverra à Rigoletto en février, j'espère. Le Vrai Parisien, s'était trissé fissa après l'opéra, prétextant une passion subite et irrépressible pour les Normandes (à d'autres). Sous le chauffage de la terrasse, nous nous sommes vite transformés en croque mademoiselle monsieur (le haut grillé, le bas frigorifié). Une révélation fracassante : Kozlika a confié à un journal letton qu'elle blogue trois heures par jour ; et bien.....roulement de tambours, page de publicité.....tadam tadam... en exclusivité je suis capable de révèler que... c'est plus oui c'est plus.
Pour rester dans les Prokoviev, je mets dans la radio le 1er mouvement du 1er concerto pour violon (pour le merveilleux) ainsi que le finale du second (pour les sarcasmes).