Samedi, à l'heure du thé, au centre culturel de M***, vu Brokeback Mountain, avec le chat et .... (roulements de tambours....) sa mère.
J'ai eu un début de panique et flairé le traquenard quand j'ai entendu le chat, mi-évasif mi-roublard, dire à sa mère: "tu vas voir, c'est un western qui a été primé à droite à gauche....", puis quand je me suis rendu compte que sa mère n'avait aucune idée de ce qu'était le film et qu'elle avait aveuglément suivi les conseils de son ingénieux fiston.... Finalement, pas de drame, elle est sortie de là en observant judicieusement que ces jeunes gens avaient bien du mal, même tout nus, à se séparer de leur chapeau et nous avons eu une discussion sortant des sentiers battus sur la conduite des troupeaux de moutons en montagne (qui offre matière à de riches polémiques).
Ayant passé victorieusement la première épreuve et répondant à une invitation déjà ancienne, nous sommes allés dîner dans la maison familiale où nous avons retrouvé le père du chat. Comme je l'ai déjà écrit, j'étais déjà allé plusieurs fois dans la maison familiale, mais c'était en l'absence des parents, avec plusieurs des frères du chat ; par ailleurs, j'avais déjà rencontré, mais chez lui, sa mère. Mais là, c'était une invitation en bonne et due forme, avec nous deux et eux deux seuls, et ils avaient manifestement mis les petits plats dans les grands : symboliquement c'était un signal fort que j'ai pris comme tel. Je crois que le courant est bien passé, avec du respect des deux côtés et même un peu plus; si le père est amorti mais souriant, la mère du chat a un peps étonnant et une grande curiosité intellectuelle. Après un interrogatoire en règle sur les sujets chauds du moment (Outreau et caricatures), la conversation s'est orientée sur le chat et a apporté son lot de révélations fracassantes : pour résumer, c'était un bébé calme, rigolard et pétocheux et ça n'a pas beaucoup changé.
Je ne crois pas que ce dîner est annonciateur de relations beaucoup plus suivies ; ce sont des personnes très âgées (>80 ans), j'ai déjà fort à faire avec mes propres ascendants et je ne cours pas après les réunions familiales. De toutes façons l'obstacle à une véritable intégration vient plutôt de la fratrie - et plus spécifiquement, des trois (sur sept) que je ne connais pas et qui résistent sérieusement : je me souviens encore de ce frère du chat qui nous avait demandé de dégager de la maison de V*** parce qu'il allait débarquer, lui, avec ses enfants..... (tout ça, évidemment, et je m'en étrangle d'indignation, au motif que le contact entre un couple homo et des enfants seraitdangereux éducativement)
Mais je dois saluer cet accueil des parents du chat samedi, plein de gentillesse et d'attention pour moi, un état d'esprit dont mes propres parents sont encore loin vis-à-vis du chat (qui ne rentre pas du tout dans leur radar...). Je pense qu'une des différences d'attitude entre ses parents et les miens provient du fait que, dans ma famille, les liens sont plus resserrés, et deviennent tout de suite plus passionnels, alors que dans celle du chat - et ce n'est pas une loi générale des familles nombreuses - les liens sont finalement assez distendus et les relations plus dépassionnées...