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zvezdoliki
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21 septembre 2006

Haydn Brüggen (2)

On retrouve les héros de la veille à la Cité de la musique: Brüggen avec sa ceinture turquoise, visiblement fatigué et malade, et son orchestre anglais sur instruments d'époque. Ce soir, ce sont des symphonies un peu moins célèbres qu'hier.

J'ai déjà beaucoup parlé ailleurs de la 93. Brüggen prend lentement le mouvement initial et vite le mouvement lent. Dans ce mouvement, je suis déçu par les bois: le solo de hautbois opératique manque de souffle et on a un tout petit petit prout au basson (bien timbré, d'accord, mais qui ne me fait pas tomber à la renverse).

La 95 en ut mineur est la moins excitante des trois symphonies du jour; son premier mouvement commence comme une sonate d'église. Dans le thème et variations qui suit, la dernière variation récapitule astucieusement ce qui s'est passé avant (une bonne idée). Il faudrait regarder plus en détail la forme du finale (à faire).

La 96 est un chef d'oeuvre de bout en bout, avec une pêche et une âpreté toutes beethoveniennes. Dans le mouvement lent, après un grand accord de tutti comme un rideau de théâtre, le discours perd progressivement en densité, c'est une fin chambriste, qui donne l'impression de regretter de devoir s'arrêter. Je trouve le son du hautbois risible dans le ländler central du troisième mouvement (peut-être est-ce à dessein ?). Au début du finale, Brüggen fait magnifiquement sonner les cordes piano puis pianississimo, sans déperdition d'énergie aucune, dans ce thème qui ressemble à une petite balle qui rebondit de pupitre en pupitre. Ce finale est l'un des plus frivoles et irrésistibles de l'oeuvre de Haydn.

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1 novembre 2004

Les quatre cavaliers de l'Apocalypse, de Vincent Minnelli

Un mélo magnifique en bleu blanc rouge et brun. L'histoire, entre 1938 et 1943, d'une famille de souche argentine déchirée entre sa branche allemande et sa branche française. Dans cette généalogie improbable, c'est comme si le Nouveau Monde avait accouché de l'ancien. Le film ouvre sur la fin du jardin d'Eden, la malédiction du patriarche argentin qui maudit sa semence et se rend compte qu'il a donné naissance, littéralement, aux quatres bêtes immondes de l'Apocalypse. La suite du film déroule le programme de cette malédiction initiale, jusqu'au sinistre jardin normand final.

Bleu blanc rouge pour la France et brun pour l'Allemagne, mais pas seulement, le brun est aussi la couleur de l'automne et de la putréfaction, qui s'appliquent à la France déshonorée de 1940, sans véritable espoir de rémission ("le plus grand mal, c'est de voir les feuilles tomber et pas repousser" dit en substance dans une promenade à Versailles Ingrid Thulin, dont soit dit en passant la voix est vraiment très désagréable (doublage ?)). Comme tous les mélos et la comédies musicales, le film frise parfois le ridicule, mais il est d'une telle force qu'on s'en moque éperdument.

PS A l'époque, Hollywood se shootait manifestement à Brahms; la musique d'André Prévin recycle en les pervertissant, avec une certaine subtilité, les coups répétés du début de la 1ère symphonie de Brahms.

 

5 avril 2007

Brahms/ Brahms au Musée d'Orsay...


... ce soir (et non Brahms / Fauré comme annoncé, tant pis pour moi qui salivais comme une bête à l'idée du 5+5+9+9+8).

J'ai roupillé comme un retraité pendant la sonate en sol op.78 pour violon et piano : encore unemusica practica plus amusante à jouer qu'à écouter ? En revanche, j'étais remonté comme une pendule pendant le trio opus 87 en do majeur, un chef d'oeuvre de bout en bout.

Magnifique mouvement lent: un thème hongrois (un peu populaire) et ses cinq variations. Le thème ressemble un peu au lassu des variations sur un thème de Haendel: le piano s'oppose avec des contretemps systématiques aux deux cordes, de façon si virulente qu'on ne sait plus trop où est le bas et le haut (et où sont les temps forts). La fin est d'une amertume saisissante; après une variation majeure, le thème revient en mineur, mezza voce, crépusculaire.

La fin du finale (sa coda) est l'une des plus efficaces que je connaisse chez Brahms. Le thème du finale a un petit côté lapin Duracell avec sa pulsation haletante. A 1'30'' de la fin, ça se calme, on converge vers do, on sent donc la fin, le piano devient nébuleux (dormez ! je le veux). Mais Brahms orchestre une poussée graduelle vers l'aigü, comme une pile qui se recharge, à coups de contretemps qui se prolongent, de tensions harmoniques à résoudre; évidemment, la façon dont il décharge tout cela est proprement irrésistible - et déclenche à juste titre l'enthousiasme du public. Cette coda est presque aussi belle que celle du 1er mouvement du 1er quatuor opus 51 (à 7'07"), autre grand moment d'électricité (avec son violon hystérique dans l'aigü).

(En bis un tube, extrait du trio Dumky de Dvorak. Des personnages bien typés qui ne communiquent pas entre eux, un peu comme chez Janacek, la violoniste (Isabelle Faust) avec ses croches piquées, le violoncelle lyrique, lyrique de Marc Coppey.)

(Dans la radio: les 2ième et 4ièmes mouvements du trio, suivis l'un du lassu et friss des variations Haendel, l'autre du 1er mouvement de l'opus 51)

 

28 mai 2007

Haydn à l'Epau (24h au Mans (et ailleurs))

Ce week-end, petite balade au Mans pour découvrir le festival de l'Epau, consacré cette année à Haydn. L'Epau: un festival à la programmation impeccable, plus gommettes que paillettes, dans le beau décor d'une abbaye cistercienne, en banlieue du Mans. Le hasard du calendrier a voulu que nous assistions, les deux Philippe et moi, à la soirée rigolade de ce festival: dans le dortoir des moines, un programme de vendredi saint, avec la météo qui allait avec.....

  • à 18h30, le Stabat Mater (de Haydn):

Oratorio en treize numéros d'un Haydn qui en 1767 n'a pas encore sauté le pas du style classique. Une musique contemporaine des grands Stabat italiens, pas vraiment passionnante. Il faut bien convenir que sur un texte aussi mauvais, c'est difficile d'écrire une belle musique. L'intérêt de l'auditeur se porte surtout sur chacun des douze excellents choristes du choeur Bernard Têtu, que l'on a l'occasion d'entendre chacun séparément ou par petits ensembles. J'ai aimé les deux airs de basse (complètement Sturm und Drang et Dieu sait pourquoi moins gnangnan que le reste) et les morceaux avec choeurs, surtout le n°7, juste au centre.

  • à 21h, Les Sept Paroles du Christ en croix.

Grand concert, magnifique interprétation du quatuor Ysaÿe que je n'avais jamais vu aussi en forme. Chacune des paroles du Christ en croix était commentée par Michel Serres (une lecture au plus près des textes) et illustrée par des photographies de Gérard Rondeau. De quoi laisser respirer chacun de ces mouvements lents particulèrement denses. Pas évident de mettre en lien le texte et le commentaire, parfois aussi étrangers l'un à l'autre que les deux textes de W. Néanmoins, jubilation intense quand Serres explique que "Aujourd'hui, tu seras avec moi au paradis", c'est la croyance que la vie du bon Larron, une vie encore plus ratée que le naufrage social complet que représente la vie du Christ, peut être transfigurée in extremis par une parole. Et bien la musique de Haydn c'est exactement ça : dans cette forme sonate, le second thème succède sans transition aucune au premier thème, dont il reprend exactement la musique, mais en majeur, aussi héroïque et beethovénienne que le début était désolé et catatonique. J'ai aussi un faible pour "J'ai soif" et ses pizz étranges. Il faudrait citer les beautés de tous ces mouvements lents météoriques.

Et aussi

  • Roulé sur le circuit des 24h du Mans (avec Philippe[s] comme pilote dans la ligne (presque) droite des Hunaudières)
  • Ai croisé dans les allées de l'abbaye deux blogostars à la retraite, l'homme aux chaussures rouges (ce soir-là sans chaussures rouges ni gommettes (mais pas non plus va-nu-pieds)) et le très-souriant H (qui incidemment cherche une pension de famille avec piano près de la rue de Madrid, écrire à la rédaction qui transmettra).
  • Vu des fresques plus anciennes et plus belles que celle-ci, dans une vallée du Loir moins endormie qu'il n'y parait.

7 mars 2008

la première fois qu'un choeur d'hommes chante pour moi : "Zvezdoliki !"

Délicate attention, non ? c'était ce soir au TCE en début de deuxième partie, le roi des étoiles de Stravinsky....Musique émouvante à écouter en concert, avec de gros contrastes de dynamique: cette cantate finit dans un souffle, mais convoque aussi des chorals hiératiques, minéraux, avec des harmonies inouïes. Un autre beau Stravinsky en première partie, celui de la Symphonie de Psaumes. Le finale me déclenche invariablement des frissons partout, notamment l'extrême fin (j'ai enfin compris: la timbale a une pulsation à 4 temps sur mib, sib, fa, sib etc.....alors que tous les autres sont à trois temps; à quoi ça tient, l'éternité). Par ailleurs, deux Ravel que j'ai trop entendus: le concerto en sol (et qu'on ne me dise pas que le mouvement lent est un sommet d'émotion, ce soir j'ai une excuse, un portable s'est mis à bourdonner au moment précis où nous étions censés atteindre le karma, c'est encore raté, je suis décidément un agnostique) et Daphnis (je dois reconnaître que ce soir la fin avait de la gueule, mais tout de même, heureusement que c'était la version courte (suite n°2))

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29 janvier 2009

Schönberg + George et Webern à l'amphithéâtre de la Bastille

Mardi soir, à la Bastille, programme de classiques viennois: un tube-que-tout-le-monde-chante-sous-la douche (le 2ième quatuor de Schönberg), une oeuvre-célèbre-mais-jamais-jouée (Le livre des jardins suspendus, de Schönberg sur des poèmes de George) et des zakouskis de luxe (les 6 pièces pour piano op 19 de Schönberg entrelardées des 5 pièces de l'opus 5 de Webern - qu'on peut entendre ici dans la version du quatuor Thymos (oui, avec un transfuge des Diotima, qui n'ont presque plus personne d'origine), qui jouait mercredi, et puis trois des bagatelles de l'opus 9 de Webern, dans une version avec voix).

Forte cohérence: ce sont toutes des oeuvres des années 1909-1911, cette période de transition féconde entre toutes, des petites formes (mais en grande forme) avec l'apport de la voix.

J'étais très intimidé par le livre des jardins supendus, que je croyais aimer aussi peu qu'Erwartung (eh oui, personne n'est parfait). Alors un bon conseil pour ceux qui veulent plonger dans cette musique foisonnante: se trouver une bonne traduction des poèmes de George, qui ne sont pas si compliqués mais qu'un germaniste fatigué comme moi a un peu de mal à lire. La traduction canonique, celle de Max Deutsch et Cassou est très belle mais un peu éloignée du texte, celle publiée dans le programme en avant-première (de Ludwig Lehnen, qui sera publiée aux éditions de la Différence) est beaucoup plus utile car elle colle bien au texte. C'est important car j'ai l'impression que Schönberg, d'une façon plus modeste qu'on le pourrait imaginer, a souhaité illustrer de près ce texte; chacun de ces courts poèmes (une strophe) est caractérisé par une ambiance, un mouvement, une assonance - au sein d'une grande idée d'ensemble qui est une histoire amoureuse d'un couple dans un jardin, celui de Sémiramis ? approche puis détachement, mais dans une atmosphère beaucoup plus douce que celle d'Erwartung ou des Gurrelieder. Il faudra que je réécoute (chic, Fassbaender l'a enregistré - normal, elle est vraiment trop forte) mais je garde un souvenir fort du n°1 (avec ses figures énigmatiques de tierce et neuxième au piano), le n°6 (ou tot rime avec wenn der kalte klare morgen droht), du n°11 (un point bas de densité), et le dernier, travaillé par des accords tonaux (la tonalité comme couleur conclusive, comme dans le 2ième quatuor?).

 

21 mai 2005

un petit guide des trios de Haydn

Je délocalise les Haydn dans une nouvelle radioblog ad hoc (car il faut bien ranger, parfois). J'essaierai de faire varier les plaisirs dans cette radio- et il y a matière à, dans le continent Haydn.

J'ajoute à ce qu'il y avait dans la radioblog canal historique l'Agnus Dei de la Harmoniemesse, qui surclasse de loin à mon goût, celui, à timbales, de la Missa in tempore belli. L'Agnus est à pleurer. Le Dona Nobis pacem, une petite forme sonate, est particulièrement adapté pour danser dans son salon avec son flux électrique continu de doubles croches (qui rappelle le scherzo de l'Ecossaise) qui se déplace des cordes aux bois (rien de plus jubilatoire que de faire tricoter un basson: allez basson, tricote, basson) au moment de la zone à la dominante (fa majeur).

J'ai mis aussi et surtout un assortiment d'extraits des trios avec piano. C'est un massif de pièces géniales, déboutonnées, pas vraiment reconnues comme elles le méritent. Les musicologues expliquent tous la bouche en coeur que ce sont des oeuvres rarement jouées en concert car trop déséquilibrées en faveur du piano (Haydn les a appelées non sans raison sonates pour piano, violon et violoncelle), l'ego des violoncellistes s'accommodant mal d'une partie de doublure, paraît-il. Il me semble qu'elles connaissent un regain de faveur ces derniers temps.

Il y a pour l'amateur une vraie difficulté à ne pas sous-estimer, celle qu'il y a à s'y retrouver. Sans Excel, on est perdu. Désolé, ça va être le quart d'heure bibliothécaire, mais je crois que ces choses ont leur importance. Haydn accumule les handicaps avec ces trios. D'abord, il y a beaucoup de trios en sol ou en mib: la tonalité n'est pas discriminante comme, par exemple, dans le Clavier bien tempéré. La façon classique de marquer ces trios est d'identifier les dédicataires, Haydn ayant écrit quatre groupes de trios pour des dames différentes, mais là encore, patatras, deux de ces dames sont des princesses Esterhazy (Marie Thérèse, veuve Anton- je l'appellerai Anton; Marie Hermegild Esterhazy, épouse Nicolas- je l'appellerai Nicolas), les deux autres étant Theresa Jansen Bartolozzi (une pianiste redoutable, semble-t-il) et Rebecca Schroeter, une amie de coeur de Haydn).

Pour couronner le tout, il ya deux systèmes de numérotations en concurrence (et plus pénibles à réconcilier que les Pâques orthodoxes et catholiques): le système HC Robbins Landon (qui date de 1968), et le système Hoboken (1957). Hoboken me semble vraiment mal fichu, les derniers trios (au sens de la chronologie) étant numérotés jusqu'à 32, Hoboken complétant sa liste par des oeuvres moins incontestables; hélas les baroqueux, qui n'adorent rien tant que de montrer qu'ils maîtrisent la complication, adorent ce système. Robbins Landon (numérotation utilisée par le Beaux Arts Trio) me semble préférable. Mais reste compliqué d'usage. Je proposerais volontiers un système de numérotation isolé pour les premiers trios, puis un système du genre Theresa I, Rebecca II ou Anton II. Sans ce tableau et sans magnésium on est fichu.

Je rajoute donc dans la nouvelle radio-Haydn quelques morceaux de choix.... Je connais bien depuis longtemps les tout derniers trios :

- dans Theresa I (do majeur), le mouvement initial. Génial d'invention (ça n'arrête pas) de fraîcheur et d'ampleur. J'adore la fin du développement, quand l'âpreté de la partie en mineur s'évacue et que ça se remet à glousser (de 4'30'' à 5')
- toujours dans Theresa I (do majeur), le finale (sans commentaire).
- dans Theresa II (mi majeur), le 1er mouvement avec ses célèbres kloungs en mi majeur.
- dans le trio n°41 en mib mineur, l'Allemande finale, avec son ambiguïté rythmique initiale et son émulation dans la virtuosité (voir à 2'30"); s'il y a bien une musique déboutonnée chez Haydn, c'est vraiment celle-là.

Je découvre en ce moment les trios dédiées aux deux princesses Esterhazy; je mets:
- dans Anton 3 (sib majeur), le 1er mouvement euphorique et équilibré au thème sautillant et bien dessiné.
- dans Nicolas 3 (en ré mineur), les doubles variations initiales

24 juillet 2008

C'est l'été, riante saison du sextolet

Ce qu'il y a de bien dans Béatrice et Bénédict, c'est qu'on peut sans dommage irrémédiable s'arrêter de l'écouter au bout de 40 secondes (c'est dangereux pour un musicien d'écrire une adaptation de Beaucoup de bruit pour rien).....Mais ces 40 premières secondes !

Berlioz plonge l'auditeur d'emblée dans la confusion d'une nuit d'été, avec des silences qui cassent un discours consistant en des braiements d'ânes (classique!) et des pollens volatils (ces groupes de 6 notes rapides, que j'appellerai dorénavant sextolets). Je trouve ces silences absolument diaboliques: à l'audition aveugle, je n'arrive jamais à comprendre quand ils vont cesser....


Non ?

On va tricher en s'aidant de la la partition et en faisant un peu de métrique. Voici le topoguide du début. Berlioz est (comme moi dans le titre de ce post) capable d'alexandrins (good boy); il enchaîne

  • une séquence 3X3 temps plus 3 temps de silence (=12 temps): sextolets + l'âne+ rien
  • une séquence 4X2+1 temps plus 3 temps de silence (=12 temps): que du sextolet+ rien. Berlioz aurait été contemporain de Stravinsky, il aurait écrit en changeant de mesure, avec un tempo deux fois plus lent (un 4/4 puis un 2/4 et non quatre mesures à 3/8). L'auditeur moyen est vraiment largué car il a eu très peu de temps pour construire des anticipations car le discours du début est passé très vite ! sitôt lancé, sitôt cassé....
  • Retour à la séquence du début: 4X3=12 temps (le silence du début est rempli!) puis 2X (4+3+2)=18 temps de braiment de plus en plus frénétique (exercice sadique : exhiber puis cacher une carotte avec une cadence rapprochée devant un âne qui n'en peut mais) puis 2X3+ 2X2 +11 temps pour liquider les braiements (21 temps! j'adore! trop fort Hector! normalement l'auditeur est totalement largué, là).

La suite est plus carrée. Après ce début malin Berlioz introduit un grand chant langoureux (qui est moins malin), réexpose son matériel malin du début en le dilatant et en le rendant plus carré (remettant dans un carton à 4 temps ce qui virevoltait à 3 temps, avec de la ouate pour que ça ne bouge plus), superpose le chant langoureux aux pollens (qui se marieront et auront beaucoup de surgeons - et on se demande avec angoisse s'ils seront langoureux ou malins); ça reste quand même du très bon Berlioz, et une vraie musique d'été.

25 mars 2016

COE à la Cité

Curieux programme qui rêve du style classique, sans en être.

A part peut-être, le Mozart de la 25ième symphonie, qui commence à l’inventer. Symphonie avec 2 hautbois, 2 bassons, 4 cors, pas d’autres vents (ni de timbales). Apothéose du sol mineur. Le 1er mouvement, âpre de bout en bout, jusque dans la coda, qui surprend par des entrées fuguées… (une cuisson par la fugue et votre matériau sera résistant à tout ; ce n’est plus un tressage rythmique, comme dans le reste du mouvement, mais un tressage de lignes). Etonnant mouvement lent, à base de tuilages, avec gazouillis fruités des bassons.

Concerto de Strauss (avant, il y avait le hautbois, on faisait des blagues idiotes à base de volatile palmipède et de fiabilité douteuse, et puis est arrivé le hautbois de François Leleux ! Un autre instrument, autre chose, vraiment). Un beau babillage, comme Capriccio. Le motif de 4 doubles croches aux violoncelles, que l’on retrouve au début du 1 et du 2. L’esprit du concerto grosso, la doublure du cor anglais et des clarinettes.

Pour finir, le classicisme des Français : Pavane de Ravel et Symphonie en ut de Bizet (qui a retrouvé ce soir-là ses couleurs malgré de nombreux lavages).

 

21 février 2016

Mendelssohn 1- 3- 5, COE

3 symphonies d'un compositeur de 15 ans (I), 21 ans (V), 24 ans (IV). Mendelssohn et le COE: heureux mariage, belle traversée.

(I) En ut mineur. Magnifiques mouvements extrêmes. Dans le finale, merveilleux passage en pizz pianissimo aux cordes, amenant un chant d'opéra à la clarinette (à la réexposition, ce sera une flûte clarinette, un curieux instrument à deux têtes).

(IV) En la majeur. Dans le 1er movement, la circulation des triolets; l'énergie du début. Dans le 2/, l'alternance des cordes graves et aigües avec leurs doublures aux vents (ah, les deux flûtes jumelles), leur superposition au sommet du mouvement, puis leur décroissance. Dans le 3/, à la fin, l'élégante hésitation entre la musique du scherzo (aimable) et celle du trio (chasseresse).

(V) En ré mineur.  Pas la version habituelle; ici, un récitatif de flûte (avec tout l'orchestre) avant le choral de Luther (qui apparente encore plus cette symphonie à la IXième de Beethoven). Dans le 1/, le chef prend l'Amen de Dresde curieusement sans relief (alors qu'un crescendo/ piano subito est écrit), atone, comme un passage extraterrestre (évidemment, ça contraste beaucoup avec l'intranquillité extrême de ce mouvement). Je n'avais pas repéré que la coda agitée de ce mouvement culmine sur le 2ième thème. Dans le 4/, je suis pris par la joie océanique de la fin (avec des vagues très tumultueuses....)

Je copicolle ici la note de programme que j'avais rédigée pour le concert de notre orchestre en décembre:

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La cinquième symphonie de Mendelssohn est l'oeuvre d'un jeune homme de 20 ans et la deuxième, par l'ordre chronologique, que Mendelssohn a écrite. Le compositeur a souhaité écrire cette symphonie pour le tricentenaire (en 1830) de la Confession d'Augsbourg, un des textes fondateurs dul uthéranisme; mais l'oeuvre, commencée en 1829, n'a été terminée qu'après l'événement. Avant sa création à Berlin en 1832, Mendelssohn avait souhaité présenter la symphonie à Paris, maisHabeneck et son orchestre ont rejeté l'oeuvre au prétexte qu'elle était "trop allemande". Cette symphonie, pour laquelle Mendelssohn avait des réserves, n'a été publiée qu'à titre posthume comme opus 107.

Même si ce n'est pas explicitement une oeuvre à programme, il n'est pas interdit d'y entendre l'écho des batailles qui ont permis le triomphe de la Réforme, ou le trajet intérieur d'une conversion à la foi protestante. L'introduction du premier mouvement donne l'impression à l'auditeur d'assister à un service sacré: polyphonie archaïque où l'orchestre - vents et cordes graves - sonne comme un grand orgue, fanfare en rythmes pointés qui annonce l'allegro qui va suivre; puis, dans un contraste saisissant, avec l'irruption des violons dans le registre aigü, le céleste Amen de Dresde, une formule liturgique qui, à l'époque, était davantage associée au catholicisme qu'au protestantisme. Cet Amen de Dresde rappelle à l'auditeur contemporain Parsifal. Ce mauvais joueur de Wagner, qui fera tout son possible pour ruiner la réputation de Mendelssohn après sa mort, ne s'est pas contenté de cet emprunt; comme le souligne Charles Rosen, il s'est servi d'artifices analogues à ceux de Mendelssohn pour donner à ses spectateurs l'illusion d'assister à la présentation du Graal. Après l'encens de l'introduction, les batailles: l'allegro de sonate en ré mineur commence dans une atmosphère querelleuse s'adoucissant dans un second thème qui nous évoque les soupirs d'un garçon sensible, que nous retrouverons plus loin dans l'oeuvre. Le retour de l'Amen de Dresde signale le début de la réexposition, au cours de laquelle les principaux thèmes sont repris piano, comme des fantômes; ce qui accroît d'autant l'effet produit par la coda furieuse qui conclut le mouvement.

Le deuxième mouvement est un scherzo élégant en si bémol, à la rythmique dansante avec, dans le le trio en sol majeur, un magnifique solo des violoncelles. Le troisième mouvement est un chant intérieur, en sol mineur, qui s'enchaîne directement au finale; à la fin de ce mouvement, l'auditeur attentif reconnaîtra une allusion au thème de garçon sensible dans le premier mouvement, comme un ultime doute avant la conversion. Dans ce mouvement lent, le rappel du passé et le récitatif chanté trahissent l'influence du finale célèbre d'une symphonie quasi-contemporaine en ré mineur, la Neuvième de Beethoven....  Les interrogations de l'arioso semblent trouver une (la?) réponse dans l'énoncé en sol majeur par la flûte solo du fameux choral "Eine feste Burg is unser Gott", le plus connu des cantiques de Luther. Cette affirmation de foi prend de la force en passant du solo au collectif, avec l'entrée des vents, puis des cordes graves; une orchestration plus agitée fait moduler la musique en ré majeur. L'auditeur a alors l'impression de sortir du temple pour le vaste monde, celui d'un dernier mouvement construit sur les fondations du choral. Ce finale triomphal, qui sent le plein air, semble composite à première vue (cantique, marche militaire, passages fugués), mais le choral n'est jamais loin. La coda finale émeut particulièrement par son atmosphère de joie océanique, avant un ultime retour du choral qui conclut l'oeuvre.

 

1 janvier 2015

Vus en 2014

Nymphomaniac (vol.1 et 2), Aime et fais ce qu'il te plait (polonais avec prêtre), 2 automnes 3 hivers (avec Macaigne), Saint-Laurent, Le loup de Wall Street, Tonnerre (de Brac), L'amour est un crime parfait (un Larrieu(x) plutôt réussi), Un beau dimanche, Mère et fils (Calin, Relu et Barbu), Les grandes ondes (à l'ouest), Gloria, Les bruits de Recife, Grand Budapest, Free fall (dans la police allemande), Les chients errants (malgré tout le respect que je porte à Tsian Ming Liang, je crois que j'en resterai là dans la série plan final de 25' où il ne se passe rien), Wrong cops, The canyons, Ida, Gerontophilia, Eastern Boys, Tom à la ferme, Pelo malo, Pas son genre, Aimer boire et chanter, L'armée du salut (Abdellah Taïa), Night moves, Lignes d'eau (Free fall en polonais pas bien), 2 jours une nuit, Maps to the stars, Tristesse Club, La chambre bleue, Cupcakes, Xenia, Palerme, Au premier regard, Jimmy's Hall, L'homme qu'on aimait trop, Maestro, Le procès de Viviane Amsallem, Winter Sleep, Sacco et Vanzetti, Le grand homme (celui avec Rénier en légionnaire), Le beau monde, Palma Real Motel, Sils Maria, Hippocrate, Boys like us, Gemma Bovery, Les gens du Monde, Trois coeurs, Pride, Leviathan, Mommy, National Gallery, White Bird (celui avec le congélateur), Magic in the Moonlight (tellement inintéressant que c'en est une prouesse), Lilting, Une nouvelle amie, Gone girl, Love Is Strange, La prochaine fois je viserai le coeur, Calvary, Praia do Futuro, Baal, Timbuktu, Nos enfants (un film italien avec la fin la plus ratée cette année), Gaby Baby Doll (Chammah/Biolay), Charlie's country, Fidelio, The most violent year 

71 films, j'ai mis en gras ce qui m'avait particulièrement marqué....

26 février 2012

Vu:

2 très bons films français: 

  • La désintégration: 16 de tension et du psoriasis avant d'aller sauter (très bon comme tout ce que fait Faucon)
  • Un monde sans femmes (Rohmer/Houellebecq et des acteurs excellents, notamment Vincent Macaigne)

2 films qui parlent des Malouines:

  • La dame de fer (même le pseudo-documentaire sur Alzheimer est raté)
  • El Chino (l'amour vache entre un quincailler de Buenos Aires et un immigré chinois tombé du ciel; une comédie gentille qui vaut aussi pour son pesant d'insultes; "pedazo de ñoqui" par exemple me paraît digne d'une ample diffusion)
26 novembre 2011

Miscellanées

  • Vu Il était une fois en Anatolie (partie nocturne soporifique, partie jour réussie; pas le meilleur film de Bilge Ceylan, sans doute); Les neiges du Kilimandjaro (j'ai un problème avec l'empathie et la fusion dans les familles, je sais); Polisse (curieux mélange); L'art d'aimer (très bonne histoire avec Godrèche et Depardieu)
  • Les deux citations de la semaine (pas de la même personne): "je suis connue pour mes génoises plates" et puis "je ne trimballe pas mes biscuits n'importe où" 
  • Encore une citation: "Eurobonds or stability bonds -- whatever you want to call them, it doesn't matter -- do one thing, they level the difference in competitiveness that's expressed in the difference in interest rates," Merkel said. "It would be a completely wrong signal to ignore those diverging interest rates because they're an indicator of where work still needs to be done. This would take us back to where we were before the crisis." *Accablement* Bon, pour se consoler, il nous reste un compte twitter à suivre et une bonne nouvelle à savourer....

 

17 octobre 2011

Grave exposition à sol bémol majeur aujourd'hui

(six bémols à la clé, seul fa est épargné par les irradiations diaboliques des bémols, qui règnent sans partage)

  • dans l'air de Rusalka, une musique tchéco-mexicaine très efficace avec force yi-haaas. A vrai dire j'ai surtout retenu de la répétition d'aujourd'hui qu'il fallait "faire chanter les millefeuilles".
  • dans l'épisode central et furieux de l'andante grazioso de l'opus 103 (de Haydn). Do# mineur semble une antidote assez efficace pour dézinguer tous ces bémols.

Je vous fais signe quand les premiers bubons apparaissent, c'est promis.

5 juin 2011

trois vraiment bons films

  • Infiltration, de Dover Kosashvili. Un film d'initiation militaire, à la Full Metal Jacket. L'ironie féroce du scénario s'exerce aux dépens d'un beau gosse rebelle, d'un ashkénaze qui la ramène trop et veut devenir parachutiste, et d'un fils à sa maman qui fait la danse du ventre en draguant les mecs.
  • Tomboy, de Céline Sciamma. *attention spoiler* Un enfant se fait un film.... le temps d'un film. Le film joue efficacement, à la Haydn, avec les attentes du spectateur. C'est d'autant plus réussi que le sujet, qui pourrait être lourd, est traité sans appuyer le trait, à hauteur d'enfant. Vraiment très fort.
  • La défense Lincoln, de Brad Furman. Toute ressemblance....
29 mai 2011

Résumé des épisodes précédents (c'est un peu dans le désordre)

Le bruit de l'ambulance qui passe, rue Saint-Honoré, juste avant le morendo dans Ich bin der Welt abhanden gekommen. La partition qui valdingue (je n'en vois rien), E à quatre pattes du côté des violoncelles et F imperturbable, "galvanisé". Les quatre cors, comme du chocolat 95% de cacao. "Bon, vous voyez bien, c'est sublime, vraiment sublime, sublime, hein (*avec un crescendo d'énervement*), alors .... n'en rajoutez pas". Les deux grands gabarits (tignasse, etc...) et les les deux petits gabarits. Le beau son rond de l'alto de M. dans Bruch. Les lesbiennes qui chantent "Oh, qu'ils sont laids" (et je me suis appliqué à ne pas entendre ce que ces messieurs leur ont répondu). Gast et le festival d'Edinbourg. Willy ou la Wally? La basse de la harpe et le solo de cor anglais. Le monsieur du temple qui soulève le piano en un tournemain sous l'oeil épaté de six crevettes. Le retour annoncé de Coralie (je le note ici, c'est un présent performatif). Les altos qui ne sont jamais prêts à démarrer dans Mahler, bon sang (normal, il y a tant de choses intéressantes à regarder partout, hein). La belle voix de Catherine Dune qui inonde le pupitre de flûtes depuis la chaire (c'est toujours mieux que d'avoir les vertèbres coincées par un pizz de harpe ou une absence phonique après un coup de tabac des cuivres). Le petit ralenti à la fin de Pop Corn. Jeffrey qui se demande "où est passée sa main gauche", dans Chopin revisité et régurgité par Anthony Girard (à vrai dire, moi aussi). La claque d'Alexandre. Le petit speech de M. (qui finirait par faire croire un vieil agnostique comme moi aux miracles). L'accessibilité du métro. Les robes de harpiste. Les marques de harpiste (40 kg cet engin) valent bien celles des altistes (en tous cas, c'est plus bas). La gelée de thé. Le pantalon de pompier japonais. Le raw food menacé au Japon. La cheminée au fond du jardin.

17 mai 2011

Les divas ouzbèques à la MCM

Beau concert de musique ouzbèque, samedi dernier. Trois femmes, trois générations de chant maqam. Accompagnées d'un petit ensemble où on entend davantage la flûte nay (aux sonorités uun peu tourbeuses), la cithare qanun (sur table), la vièle ghijak et le tambour doira (qui donne la basse rythmique immuable) que deux luths à tout petit coffre qui sonnent assez peu (malgré un grattage intensif et méritoire). Chaque morceau part d'une séquence calme dans le grave et s'anime progressivement pour conclure dans l'aigu. Musique mélismatique, très ornée. 

 

6 février 2011

Au cinéma

  • Enfin un très beau film: Au-delà, de Clint Eastwood, me rappelle le souvenir puissant des premiers Kieslowski (La double vie de Véronique, par exemple). La partie Matt Damon, un vrai conte fantastique, est la plus bouleversante (merveilleux cours de cuisine et éternelle histoire de Barbe Bleue). L'histoire avec Cécile de France a bien des défauts, mais la reconstitution d'un tsunami vaut le détour. 
  • Vu aussi Le discours d'un roi. La science rhétorique anglaise, c'est bien, mais la musique allemande (avec un petit coup de pouce du potentiomètre), il n'ya quand même rien de plus efficace.

 

8 août 2011

Tol rol rol di!

(...) un petit mot sur les Lettres harmonieuses d'un certain Charles de Franciosi, un Lillois qui en 1867 voulut simplifier l'enseignement du solfège en supprimant tout bonnement les notes pour les remplacer par des lettres. Sa méthode s'adressait à ceux qui ont des yeux et pas d'oreilles. Ainsi, Fez, Mol, Beu signifient Fa dièse blanche, Mi bémol croche et Si naturel triple croche.

Le thème de l'engagement d'amour de Siegfried devient : li mi ri fi di mo li ro mo fi! et la joie de vivre des apprentis dans les Maîtres chanteurs so ro mol bol mol bol do so, tandis que le destin dans la 5ième symphonie s'annonce par Tol rol rol di, ce qui est moins banal que le populaire pom' pom' pom' pomme! Le livre compte 102 pages et j'avoue que je n'ai strictement rien compris à ce système qui me semble infiniment plus compliqué que la notation traditionnelle, car le novateur, sous prétexte de tout simplifier, a rajouté des chiffres à ses lettres, pour signifier rythme, mesures et temps. (....)

Gérard Oberlé, La vie est ainsi fête, page 67.

3 avril 2011

Vus (j'assume)

* Tous les soleils: j'étais curieux de le voir, celui-là, à cause de Philippe Claudel (dont ma mère dit tant de bien), Stefano Accorsi, Anouk Aimée et la musique baroque italienne. Bon eh bien malgré tous ses défauts affligeants - c'est un film de prof (de lettres ET de gôche), sans un poil de sexe (la seule scène un peu hanhan est réservée à un grabataire, c'est dire) que sa dernière scène (un gros plan affreusement niaisieux sur Accorsi) disqualifie - je ne peux même pas dire que ça m'ait déplu.....

* Chez Gino: eh bien, ça c'est une comédie drôle, vraiment drôle, et avec une brochette d'acteurs comme on en redemande (Gazzara/ Garcia/ Mouglalis)

6 septembre 2010

(ah oui j'oubliais, j'ai un blog à nourrir)

Week-end où j’ai rarement autant mangé. A l’orchestre, c’était ripaille non stop pour les un an de l’association – un an seulement, j’ai l’impression que nous existons depuis nettement plus longtemps tant cette année a été riche- ; vendredi soir, nous étions invités chez un jeune couple qui vient d’emménager ensemble (fusion réussie de deux intérieurs différents) et hier soir, j’avais à la maison un très vieux copain – nous étions ensemble au lycée ! – et son ami.

Samedi, déchiffrage de la Pastorale, avec deux contrebasses – luxe, pizz et volupté - de quoi rendre le ruisseau enfin navigable) et de la rhapsodie opus 53 de Brahms, cette vieille connaissance en forme d’hymne LGBT (l’hymne final avec ces pollens qui volètent dans le cosme, c’est vraiment ruisseau, confitures célestes et autres jubilations médiévales – en incluant le supplice de la roue dans les jubilations médiévales, parce que ça fait vraiment très mal au bras (gauche)).

Dimanche, c’était un peu plus n’importe quoi, l’idée étant de faire de la musique de chambre en plein air, rendez-vous avait été pris à la Villette. Il a fallu échapper aux djembés, dont la pulsation n’est pas compatible avec le tempo de deux mouvements consécutifs d’un divertimento de Mozart  (théorème) ; jouer de la pince à linge (ça a bien tenu sur les côtés mais le centre, le scotch du milieu de la partition a lâché assez vite).

(ah oui, et puis et à midi, c'était confit de canard - erreur funeste)

22 novembre 2010

Quelques mises au point bienvenues

1.    L'Espagne n'est pas la Grèce - Elena Salgado, ministre de l'économie et des finances espagnole, février 2010

2.    Le Portugal n'est pas la Grèce - the Economist, 22 avril 2010

3.    La Grèce n'est pas l'Irlande - Georges Papaconstantinou, ministre des finances grec, 8 novembre 2010

4.    L'Espagne n'est ni l'Irlande ni le Portugal - Elena Salgado, ministre de l'économie et des finances espagnole, 16 novembre 2010

5.    Ni l'Espagne ni le Portugal ne sont l'Irlande - Angel Gurria, Secrétaire général de l'OCDE, 18 novembre 2010

(en fait, c'est plus triste que drôle)

25 octobre 2010

Brèves

  • Collision 1: Dutilleux-Banier. (je peine encore à comprendre comment Dutilleux a pu s'assoupir en présence du Diable)
  • Collision 2: Nils dans le métro (exercice pour toi lecteur - moi j'ai piscine - : écris le roman de ce qui s'est passé entre ces deux rames). 
  • Ciné 1: On verra demain : sujet fort (la délation à l'époque de Franco, les premières amours d'une jeune femme pauvre), mise en scène bâclée. 
  • Ciné 2: Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu. Eh bien moi j'ai aimé ces vignettes méchantes (la greluche en action, la petite vieille chez sa voyante, la résurrection du comateux... terrible terrible)
  • C'est curieux, on n'imagine pas Sarkozy en train de prendre le parti de gamins bullied
  • Irritation #1 Lordon (1- il n'est pas besoin d'inventer un complot pour comprendre les faiblesse du régime par répartition, ces jours-ci, et s'il y bien un consensus en France, dans la pensée Lordon comme la pensée Sarkozy, c'est bien contre la retraite par capitalisation et contre l'épargne longue sous toutes ses formes; 2- les fees de HSBC....*soupir* qu'est-ce qui empêche un régulateur de réglementer ces fees, s'ils relèvent de l'escroquerie? et puis il faudrait rapporter les fees à la performance du fonds, tout de même peut-être)
  • Irritation #2 Dupuy et DSK: la bulle n'est pas où l'on croit (malgré tout le respect que j'ai pour Dupuy, sa charge est à la fois - c'est un joli tour de force - lourde et bien mince) 
13 octobre 2010

Evidemment aux autres ça n'arrive que dans leurs pires cauchemars mais à moi ça m'arrive en vrai dans ma vraie vie

....je suis en retard, j'ai rendez-vous avec Klari à Gaveau, je ne sais pas à quelle heure je vais arriver car le métro stationne pour régulation, j'ai prévu d'acheter une place mais Klari a eu une invitation et finalement, je dois aller au guichet places payées puis la retrouver, elle me dit qu'elle sera au premier rang du premier balcon "juste face aux altos", je prends le billet, tout baigne, il est huit heures moins cinq, je fonce au premier balcon, je vais plutôt sur la droite car les altos sont plutôt du côté droit, Klari m'a dit qu'ils étaient disposés de la façon classique, je jette un coup d'oeil circulaire, pas de Klari tout près mais un peu plus sur la droite, pilepoil au bord de l'escalier, oui c'est elle, elle est penchée de trois quarts sur un siège à côté d'elle qu'elle doit protéger des intrus, forcément mon siège, je me précipite et prends mon air guilleret-de-bon-aloi pour sortir un helloooooooooo complice et tonitruant......

et là, c'est le drame; ce n'est pas du tout Klari, c'est une anglaise ahurie qui me sort Hi d'une voix évanescente en se disant mais qui c'est ce taré. Bon, au moins, j'aurai amusé l'aile droite et l'aile gauche (ceux d'en face) du premier balcon de Gaveau (et moi aussi, accessoirement)

(à part ça, un concert très plaisant, avec trois jeunes chefs dans trois beaux chevaux de bataille du répertoire; pour moi, le plus convaincant a été la 2ième de Beethoven dirigée par le jeune chef bulgare. Retrouvé avec plaisir à la sortie l'esprit décapant de notre soliste d'avril)

30 mai 2010

Ce week-end

  • "Mais je serais à votre place, je resterais à mon poste; votre job est tout simplement hyper intéressant." 
  • Au cinéma: L'autre rive: peu de choses à rajouter à ceci. On est content de voir une Géorgie différente de celle de Parajdanov et de Iosseliani, on trouve que le gamin a une bonne bouille, mais on est mal à l'aise après la scène de la frontière abkhaze et la nuit chez les russes (le réalisateur aurait voulu faire de la propagande épaisse qu'il n'aurait pas fait autrement).
  • Menus Plaisirs dans une maison fin XVIIIème, avec un puits...
  • La consternante démission de David Law
  • Encore au cinéma: Lola: un film qui ne parle que d'argent a de bonnes chances d'être bon (celui-là est vraiment très bon). On apprend qu'aux Philippines, on peut obtenir par une transaction (50 000 pesos soit environ 1100 dollars) l'abandon des poursuites dans un cas d'homicide. Ces grand-mères sont touchantes, mais elles ont le cuir épais et une conscience morale fine: le Tu ne tueras pas n'entame pas beaucoup l'affection de Lola n°2 pour son petit fils.
  • La super fête des mères de ma mère: nuit blanche avec feux d'artifices et vapeurs toxiques.
  • Encore et encore au cinéma: Le Fil. Film très plaisant, de M. Ben Attia avec Mme Cardinale et M. Kechiouche. Très bonne musique (si, si) de M. Beffa...."A partir de 60 ans, quand on se lève le matin et qu'on n'a mal nulle part, c'est qu'on est mort".
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