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zvezdoliki
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2 novembre 2006

Toi aussi massacre sans scrupule le grand répertoire

Petite séance de déchiffrage, hier, S. au piano, moi au violon. Un petit peu de musique de chambre, c'est toujours moins dangereux que de l'orchestre où l'on risque ses tympans devant des piccolos en furie.

Comme nous ne doutons de rien, nous n'avons massacré que des chefs d'oeuvre:

  • Bach (sonates 5 -6 ) trop de bémols, trop d'alternances éprouvantes de longues et de brèves. Et puis quoi encore, il faudrait à la fois jouer juste et gérer son archet !!! c'est définitivement impossible. Dommage pour ces petits adagios planants.....
  • Beethoven: le printemps. Là j'ai un problème (récurrent) de sautillé: je ne maîtrise rien du tout au sautillé. Or dans le printemps, ça pépie, et quand ça pépie au violon, ça sautille. Donc: je suis mal.
  • Brahms: la sonate en sol opus 78. La belle musique ! ça je devrais y arriver. La difficulté c'est comme souvent chez Brahms de ne pas se perdre dans ces (succulents) décalages rythmiques.
  • Fauré: les deux sonates pour piano et violon. La première est sublime, c'est du Fauré juvénile, romantique, presque du basque bondissant. Mais trop difficile pour moi: je ne passe pas les octaves et puis ça va très vite. La deuxième est à mon sens encore plus sublime. C'est du dernier Fauré, concentré, linéaire et très touffu harmoniquement, il faut simplement ne pas se perdre et tenir fermement en main la pelote du discours. Techniquement c'est sans difficulté majeure. Nous allons la travailler, je pressens de grandes récompenses.

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23 novembre 2007

vulgaires

Ici, une interview de Leonhardt. C'est amusant et roboratif. Il voit du vulgaire partout: chez le professionnel qui gesticule; dans la musique moyenne en 1800 (par opposition à celle du XVIIIième siècle; si le niveau a baissé, où sommes nous donc maintenant), dans l'Ode à la joie (c'est peut-être vrai mais alors, franchement, on s'en bat l'oeil avec un presse-purée à réaction)

3 juin 2009

Trois fois Fauré (pour la bonne bouche)

(magnifique et tumultueux Toujours opus 21 n°2)

(A vrai dire, aucune des trois versions ne me convainc complètement;

    n°1, parce qu'on ne comprend rien (même si le tempo est bien);
    n°2, parce qu'il est un peu cucul lapraloche ("que j'aimais", "dans l'immensité", "sombres sanglots": simplement pas possible);
    à vrai dire c'est (comme d'habitude) n°3 qui me plaît le plus (mais il faudrait lui demander d'être un peu plus passionné, quoi merde). (en réécoutant je trouve ça quand même vraiment magnifique) (c'est vraiment le beaujeunehomme-type, pour l'éternité)

 

La version idéale est encore à venir, non ? (je pars de ce pas chanter sous la douche et rêver à la NS 2024)

30 décembre 2005

L'amour des trois oranges, de Serge Prokoviev

Curieux spectacle: un livret au troisième degré (c'est une parodie de parodie) et une musique qui est souvent au premier degré, oscillant entre sarcasme et merveilleux, sans la noirceur qu'y mettrait un Chostakovitch ou un Britten. Il n'y a qu'à écouter le Prince chanter son amour des oranges: le texte est grotesque, la musique - lyrique, oui Madame- ne l'est pas. La célèbre musique de la Marche fait le même effet qu'un morceau de munster une fois qu'on l'a touché: impossible de l'oublier; mais il y a d'autres moments plaisants et plus subtils (les deux crêpages de chignons entre magiciens concurrents : ça tricote sec à l'orchestre, avec des col legno et tout et tout ; le scherzo avant les oranges). Le texte français semble tout droit sorti d'une traduction automatique, ce qui ne devait pas poser de problème aux russes émigrés à Chicago qui étaient à la première, mais laisse parfois rêveur: mais que sont donc ces vers martéliens ? (google, toujours bon garçon, propose de changer en vers martiens). Mention spéciale pour la cuisinière, aussi baraquée que Fafner et aussi mobile que ces trucs de TP de physique en 4ième (les mobiles Jeulin je crois).

Autre rencontre de sphères après le spectacle (je laisse aux experts le soin d'en faire lacartographie; je constate qu'effectivement je suis souvent à l'extrême gauche en compagnie de matoo - grand rire sardonique). Avec, donc, la fée KozlikaVroumette et son grand Vroum, Gilda, ladangereuse trilingueM le maudit, Etienne, Shaggoo et son homme, et Matoo que je lis depuis longtemps et que j'étais curieux de découvrir en vrai. Petite pensée pour Oli et M. Gv qu'on reverra à Rigoletto en février, j'espère. Le Vrai Parisien, s'était trissé fissa après l'opéra, prétextant une passion subite et irrépressible pour les Normandes (à d'autres). Sous le chauffage de la terrasse, nous nous sommes vite transformés en croque mademoiselle monsieur (le haut grillé, le bas frigorifié). Une révélation fracassante : Kozlika a confié à un journal letton qu'elle blogue trois heures par jour ; et bien.....roulement de tambours, page de publicité.....tadam tadam... en exclusivité je suis capable de révèler que... c'est plus oui c'est plus.

Pour rester dans les Prokoviev, je mets dans la radio le 1er mouvement du 1er concerto pour violon (pour le merveilleux) ainsi que le finale du second (pour les sarcasmes).

11 juin 2006

L'élixir d'amour de Donizetti, à la Bastille

Le genre d'opéra champagne, qui rend joyeux d'une joie sans nuage ; ça commence comme une farce paysanne un peu lourdaude et ça devient carrément brillant en deuxième partie, après l'entr'acte (un petit côté Fiancées en folie). Une musique qui accumule de l'énergie par paliers ; quand le choeur scande ses syllabes, on approche du climax. Quelques très beaux airs de bel canto (dont un accompagné au basson ! c'est justement celui de la larme furtive - à écouter chez juju). Sur scène, beaucoup de foin, mais je suspecte que c'était de la peluche (ouf, pas besoin de Zyrtec), et un petit chien (pas en peluche) qui a fait un aller-retour remarqué (sans doute un petit besoin urgent). La fête !

Add: la liste des compte-rendus est ici....

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10 septembre 2006

Lucia di Lammermoor, à la Bastille

Quand j'écoute Lucia, je me demande d'où vient l'émotion (car émotion il y a). Ma conclusion (provisoire): ça vient des voix, exclusivement. Même aux grands moments (à l'acte I, l'air de Lucia; à l'acte II, le duo entre le frère et la soeur, puis, à l'arrivée d'Edgardo, le sextuor; à l'acte III, l'air de la folie puis le suicide, et les deux airs d'Edgardo), difficile d'identifier un sentiment dans cette série de om-pa-pa; la seule chose qui change, c'est le tempo et la densité d'ornements, ce n'est pas assez pour définir une atmosphère. Dans un opéra de Wagner, de Mozart, de Rameau, on perçoit tout de suite l'accablement, la rage, l'étonnement; là...c'est toujours un peu la même chose, d'un peu indéfinissable...l'état victorieux, sportif du chanteur qui finit sa vocalise.

Comme disait le père Igor: "Je considère la musique, par son essence, impuissante à exprimer quoi que ce soit : un sentiment, une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature, etc... L'expression n'a jamais été la propriété immanente de la musique". En écoutant l'air de la folie par exemple, on se disait que s'il n'y avait pas le glass harmonica (comme ici) pour suggérer l'étrangeté et pour baliser le territoire (ailleurs: des cors, des trombones font chasse ou cimetière), la musique de cette scène pourrait tout autant suggérer une aube d'été en montagne, la découverte d'une nouvelle marque de yaourts au supermarché du coin que le début de la fin pour une femme qui sombre dans la folie. Même remarque pour le sextuor de l'acte II, dont Rosen loue la banalité; M** me dit que les six personnages expriment tous des sentiments différents - dans le texte sans doute, dans la musique, certainement pas.

Une production magnifique, donc, grâce aux voix : Natalie Dessay (grande présence scénique, voix plus grave et dramatique que je ne m'y attendais; déchaînée au moment des rappels, elle a tenu à faire la nique au public en marquant ostensiblement son soutien à Andrei Serban), mais aussi Ludovic Tézier (Enrico) et Matthew Polenzani (Edgardo). Je ne comprends pas l'hostilité suscitée par la mise en scène. Elle n'est même pas anachronique, elle a le mérite de la cohérence et suit bien la trame de la musique.

Add: pour les liens vers d'autres compte rendus, aller chez Kozlika ici (et aussi ici et  en attendant un très probable quatrième billet)

22 décembre 2006

Le Chevalier à la rose, à Bastille

La Maréchale essaie d'arrêter le temps à l'acte I, mais manque de chance on n'est pas chez Messiaen, ça ne marche pas, elle se résout à organiser sa succession. Il ya quelques complications avant son retour à l'acte III. Belle mise en scène du Chevalier à la Rose dans un décor qui maintient l'équivoque entre le Novotel des Halles et la Vienne du XVIIIième siècle. Superbe Octavian (Elina Garanca). Le plus straussien des blogueurs nous en dira peut-être plus.

24 janvier 2007

Les Contes d'Hoffmann à la Bastille

Vu la générale des contes d'Hoffmann avec I (qui a parfois 24 ans et souvent des bons plans). La production Carsen est bourrée d'idées (la trouvaille visuelle qui accompagne la barcarolle équivoque de l'acte III est un trait de génie) mais parfois raccoleuse (est-il utile d'appauvrir le spectacle en surlignant le coté sexuel des râles suraigus d'Olympia, la poupée mécanique ?).

Un spectacle plus-méta-tu-meurs. L'opéra dont tous les chanteurs brandissent la partition dans les Contes d'Hoffmann, c'est Don Giovanni (à l'affiche aussi à Bastille). Chez Carsen, les quatre tableaux (le prologue/épilogue et les trois actes) interagissent avec des représentations d'opéra....(davantage Garnier ou le TCE que Bastille...); la scène est envahie de faux metteurs en scène, pompiers, figurants et badauds.... Vertige méta redoublé par la proximité du vrai Carsen, tout près, et par le comportement du public de la générale (les pires nous dit une des ouvreuses) qui ressemble étonnamment à cette foule avide du prologue qui vient assaillir le bar.

Dans ce grand métaopéra, un seul personnage échappe au second degré, c'est Hoffmann, magnifiquement porté par Villazon (dont la diction française est mauvaise, mais quel élan, quelle fougue, quelle présence: wow!). J'ai mieux compris pourquoi je n'aime pas les Contes d'Hoffmann: contrairement aux opéras de Wagner ou même aux Troyens de Berlioz, ces Contes ne croient pas, ne croient plus à la magie du grand opéra, présenté comme un bric-à-brac qui mène à la facination morbide, l'aveuglement et la mort. Fin neuneu, Second Empire dans ce qu'il a de pire, c'est par les pleurs que l'on devient grand, ce lieu commun romantique éculé qui est que la création vient de la sublimation de l'échec amoureux .... une morale de bigote vitrifiée.

La musique... les passages les plus emphatiques sont assommants mais je retiens l'invention instrumentale dans plusieurs airs de l'acte d'Antonia (notamment celui de Niklausse); dans le même acte, la belle chanson de la tourterelle, toute simple.... et l'air du concierge sourd qui ne sait ni chanter ni danser, impayable. Et aussi, dans le prologue, la chanson de Kleinzach et le glouglou du début; à l'acte III, la barcarolle, féérique et toc.

11 avril 2007

Simone Boccanegra à la Bastille

Vu avec S. Simone Boccanegra, la reprise de la production de l'an passé.

Grâce aux efforts d'une certaine catégorie de personnel, nous avons bénéficié d'un traitement de faveur: une mise en scène réduite à l'essentiel, sans décors ni accessoires; et surtout une salle débarrassée des fâcheux fâchés de l'absence de mise en scène, ce qui nous a permis de nous installer comme des rois au 1er rang du 1er balcon.... et de profiter pleinement de l'une des meilleures partitions de Verdi.

Ce qui m'a le plus frappé, c'est l'orchestre, rutilant, inventif et étonnant comme chez Berlioz. Par exemple, dans le permier air d'Amelia au 1er acte avec ses figurations nocturnes. Dans l'incroyable fin du 1er acte, quand Boccanegra piège Paolo en le forçant à attirer sur lui-même une malédiction....cuivres, timbales et clarinette basse sont de la partie, on se croirait chez Wagner. Et aussi, un sens aigü du changement brutal d'éclairage, avec des musiques off qui contredisent l'orchestre de la fosse, comme chez Mozart: la bien-aimée est morte/ le Doge est élu, le mariage a lieu/ le Doge est empoisonné. (Je ne vais pas me risquer à raconter l'histoire; j'ai cru comprendre que Villepin séduisait la fille cachée de Mitterrand, et que du coup les éléphants empoisonnaient Youchtchenko (mais il se peut que je me trompe (ce doit être l'absence de mise en scène))).

Triomphe pour Dmitri Hvorostovsky, superbe (avec une voix un peu métallique): il faiblit juste ce qu'il faut, en un acte et demi. Méfiez vous de ceux qui vous ont fait roi, Franck Ferrari en Paolo notamment; Franz Josef Selig en Fiesco, un vrai ennemi, est moins dangereux, mais quel chanteur.... Moins emballé par les deux jeunes premiers: le ténor (Stefano Secco, physique à la Danny de Vito) est un bon ténor italien (mais un ténor italien, c'est ça l'ennui) et la jeune première, Olga Guryakova, accorte et court vêtue, a du coffre mais un timbre peu à mon goût.

25 septembre 2005

Rusalka de Antonin Dvořák

Vu Rusalka à Bastille.

Une histoire de barrière d'espèces: Ondine voudrait devenir humaine, pour séduire le Prince. Hélas, l'opération tourne mal: elle devient muette (pratique, cela lui permet de se reposer la voix après avoir chanté des folies à l'acte I) et conserve les extrémités gelées, ce qui la met en mauvaise posture face à la concurrence, une brune brûlante et bavarde. Trahie par le Prince, elle finira par errer dans les limbes, ni ondine ni humaine; et quand celui-ci, bourrelé de remords, revient, c'est pour des prunes, uniquement pour geindre sur l'amour perdu qui ne reviendra pas et la pression sociale qui est si déplaisante.

Un bon sujet, traité d'une façon un peu mièvre. Ni la Rebecca de Hitch, ni la Jenufa de Janacek (écrite deux ans plus tard !). Côté musique, davantage qu'à l'acte II, celui des intrigues humaines, Dvořák est à son meilleur dans les actes I et III, ceux de l'eau, du merveilleux.... Par exemple, à l'acte I,

-la scène entre Ondine et son père (dans la radio);

-l'air de Rusalka à la lune, en sol b majeur (qu'on peut écouter ici et voir sur la vidéo 2 du site de l'opéra), beau comme du Puccini, avec la trompette qui double la voix.

Et puis à l'acte III,

-le premier air de Rusalka (avec ses tortillons chromatiques).

-La scène finale est un salmigondis sans nom: elle démarre avec une musique de choral genre Symphonie Réformation de Mendelssohn (qui ne peut rien présager de bon), avant que le Prince ne rende l'âme sur un enchaînement d'accords parfaits ré bémol-sol bécarre qui ne déparerait pas chez Pelléas.

Décors vaguement surréalistes d'hôtel 4* aux Etats-Unis (pédiluves, lits king size). La mise en scène, sans briller par sa pertinence, sauve l'acte II de l'ennui: la scène est coupée en deux par un (faux) miroir, l'action est dédoublée, c'est la confusion entre la vraie Rusalka et son clone. Pas nécessairement une illustration intelligente du texte, qui oppose clairement la princesse et l'ondine.

30 mai 2006

Audra McDonald, au Châtelet

Je confirme : Audra McDonald, c'est la grande classe, ce que Broadway peut produire de mieux. Une aisance confondante à passer du registre le plus déjanté (I Can't Stop Talking) à celui le plus sombre.... Le marché n'est vraiment pas efficient: si la salle est aussi peu pleine jeudi que ce soir, les radins auront le bonheur suprême de payer moins de 10€ pour des places de corbeille... (quand je pense à tout ce cirque à la Bastille pour avoir une place !) (Note pour moi : penser à faire une note pour louer James Baldwin)

17 septembre 2006

Alagna à Pleyel.

Première partie oubliable; les frères Alagna ont mis en musique des Poèmes non choisis - qu'on dirait sortis du programme du bac de français....Marot, Rimbaud, Hugo, Verlaine, excusez du peu, recouverts d'une couche assez épaisse de bel canto (un peu comme du gruyère sur des courgettes dans je ne sais plus quelle pub, il ya quelques années). Gageons que leur mise en musique du programme de maths de terminale sera plus intéressante.

Seconde partie italienne, commençant à devenir intéressante vers la fin et les bis, quand Alagna se lâche plus franchement, en grande bête de scène qu'il est. On se souviendra d'une sérénade d'Harlequin (de qui ? pas précisé dans le programme, qui nous informe uniquement que nous voyons Alagna et que c'est la salle Pleyel), un "Partir c'est mourir un peu" de Tosti et ....une histoire sicilienne d'âne qui chantait comme un ténor. Sarkozy et Madame Royal devraient venir voir comment Alagna bouge et vient saluer le public à la fin, c'est terriblement efficace. Ah oui j'oubliais: il a une belle voix lumineuse et puissante, il a une diction française impeccable (c'est rare), on l'entend très bien même quand il est de dos, face aux 80 spectateurs assis dans le sens contraire de l'immense majorité du public (et pourtant: j'étais à l'avant dernier rang du second balcon, une place à 10 euros).

16 septembre 2006

Ravel à Pleyel

Retour à Pleyel avec le Philharmonique de Radio France et Chung.

Boléro: une bonne façon de sortir du silence d'une salle en réfection, d'y amener la musique (et d'abord ces trois ploums ploums bien audibles aux violoncelles puis aux altos.... les pizz vont se faire vite plus féroces) et de faire chavirer tout son petit monde à la fin avec ce mi majeur qui jure !Tsigane (diaphane et virtuose), puis la Valse. En deuxième partie, un Daphnis moins soporofique qu'avec Boulez, grâce aux tempi infernaux que prend Chung. Le choeur a ce soir une articulation et un relief étonnants (d'habitude on n'entend que de la soupe avec ces aaaa équivoques). Je reste fasciné par les mimiques du timbalier, habité par la musique....

14 novembre 2006

Une somnambule en coulisses

Dimanche, entendu la Somnambule de Bellini depuis les coulisses du Théâtre des Champs-Elysées.

Content de voir ce qu'on voit rarement quand on va en concert. Ce que les Allemands appellent joliment la fièvre des lampions (Lampenfieber). Les tactiques pour la conjurer, grigris d'exorcistes, toï toï variés, petits coups à l'arrière du genou à la mode parachutiste (mais tu vas te jeter à l'eau, nom d'un chien). L'odeur de la poudre. Les conjoints, célèbres ou moins, sur le banc de touche, de l'autre côté de l'arène. Les solistes faisant les cent pas juste avant d'être mis sous orbite et s'éclaircissant la voix à la faveur d'un tutti un peu bruyant. Les mimiques du chef en gros plan sur le moniteur qui sert pour la banda en coulisses (fête lointaine, appels de cors). Et puis l'électricité du finale de la Sonnambula, avant la cérémonie des adieux..... (j'ai quand même le sentiment que c'est un métier sympa, musicien).

25 novembre 2007

Madzar/Melnikov au théâtre de la Ville

Hier après-midi, un serbe (Aleksandar Madzar) et un russe (Alexander Melnikov, déjà entendu cette année) dans un programme plus cohérent qu'il n'y paraît: Tchaïkovski retranscrit par Debussy à 4 mains (une commande de Madame von Meck: trois danses du 3ième acte du Lac des Cygnes), Debussy pour 2 pianos (En blanc et noir), Stravinski pour un piano (Petrouchka), Tchaïkovski transcrit par Pletnev pour un piano (Casse noisette), Stravinski pour 2 pianos (Concerto).

La plus belle oeuvre: En blanc et noir (j'y reviendrai). Le plus beau moment de piano: le Casse noisettejoué par Madzar (enfin, les six délicieuses petites pièces de caractère plutôt que les deux hippopotamesques moments sentimentaux, aussi épais qu'une ballerine chez Saint-Saëns). Les Stravinsky .... une confirmation: Petrouchka produit invariablement un court-circuit chez moi - cette musique est trop compacte pour que je résiste au sommeil; un diagnostic: le Concerto n'est pas la plus belle oeuvre et Melnikov tape vraiment trop fort, dans la fugue....

18 décembre 2007

L'étoile de Chabrier

Belle soirée grâce à Chabrier, que j'aime de plus en plus. Une merveille d'écriture orchestrale, il se passe toujours quelque chose, un festival d'humeurs (un air des reniflements, un air des chatouillis, comme chez Couperin), tout en légèreté. Dans un livret à la fois loufoque et irracontable, de curieux moments de gravité et de néant (la fausse mort de Ouf (plus un quart d'heure (il y a un problème permanent de décalage horaire dans l'opéra)) m'a bizarrement rappelé ce qui arrive après la fin du monde dans le Grand Macabre), d'indécision (le finale du 2nd acte: est-il occis ? ou n'est-il pas occis ?) et de grand guignol (l'air du pal: le pal est de tous les supplices le principal et le plus rempli de délices). Gardiner a un parti pris de crudité qui marche parfois (orchestre parfois percutant dans la Joyeuse Marche en bonus, prise à une vitesse infernale en introduction du 3ième acte), mais parfois pas du tout (un des grands avantages du vibrato est de masquer les difficultés d'intonation; des démanchés avec portamento, c'est laid, mais sans vibrato, c'est carrément vulgaire). D'Oustrac rate son premier air (comme un fleuve mal canalisé) mais se rattrape par la suite. Choeur magnifique. Costumes et décors hideux (les râpes à gruyères géantes en plastique violet rappellent la décoration des hôtels Accor au Royaume-Uni). Public insupportable (mamies qui parlent; j'aurais dû prendre mon flytox) et sièges atrocement inconfortables (non, nous ne sommes pas nécessairement des nains). Des choses intéressantes à lire ici.

6 juillet 2008

Don Carlo de Verdi

 

Je ne l'avais jamais vu ! une découverte donc. Un drame historique à sujet fort: un fils amoureux de sa belle-mère embrasse les idées de liberté pour mieux s'opposer à son père, le roi d'Espagne. Les émotions fortes et authentiques que l'on ressent sont hélas gâtées par le goût italien de l'embrouille (Eboli, bibelot d'inanité sonore) et le pompiérisme le plus débridé. Que ce serment d'amitié est vulgaire ! que ce Posa met du temps à exposer son discours de l'état idéal (et futur) de l'union tout en mourant ! que cette Elizabeth qui aura connu en tout et pour tout dans sa vie deux heures de bonheur à Fontainebleau est gnangnan avec ses "saintes larmes que toute femme verse sur le sort d'un héros"! Quand on atteint ce stade de maizena généralisée, plus aucune émotion simple - terreur, haine - (comme on peut les entendre dans un drame historique réussi de la même époque,Boris Godounov) n'a de goût. C'est dommage car il ya quelques beaux moments (le grand inquisiteur et le roi à l'acte IV; la scène de genre mauresque avec Eboli à l'acte II) et les chanteurs étaient tous bons, notamment Ferruccio Furlanetto, magnifique Philippe II. Dmitri Hvorostovsky (Posa) a une claque incroyablement bruyante (prête à applaudir dès qu'il apparaît sur scène) mais j'ai été un peu déçu (beau maintien mais voix caverneuse et diction incompréhensible).

21 janvier 2009

Lady Macbeth de Mzensk, de Chostakovitch

 

La carrière criminelle d'une femme qui s'ennuie, dans le district de Mzensk. La mise en scène encage l'héroïne dans une boîte à chaussures au plancher rose chair (vite souillé), îlot sur un plateau de terre battue délimité par une palissade qu'il sera finalement impossible de franchir. Musique mi-hystérique mi-catatonique, du Chostakovitch bien vert qui agace les gencives avec 100% d'acidité. Collection de pastiches et de grotesques, avec un goût pour le brandebourgeois déglingué (sur le modèle de la 2ième symphonie) - le contrepoint strict figurant invariablement la tension érotique (pas sûr que le grand Jean-Sébastien aurait aimé). A de rares moments, la musique se calme et les personnages deviennent autre choses que des pantins de grand-guignol; pendant cette berceuse zoologique (le poulain cherche la jument) un peu triste qui revient dans au moins deux tableaux; pendant la grande déploration orchestrale qui suit le meurtre du beau-père; pendant une scène d'amour un peu calme (en fa# ?) juste avant que le mari ne revienne; et surtout à la fin, dans cette grande scène si russe de bagne, avec le tic tac lugubre de la marche des forçats dans la steppe et le cri de Katerina, figuré à l'orchestre.

6 mai 2009

Le Roi malgré lui, d'Emmanuel Chabrier

 

  • Encore un beau chapitre au délicieux feuilleton Chabrier: conspirations, Pologne et pièces montées.
  • Un festival de vers de mirliton (où Polonais rime avec benêt, hein mon Hirek)
  • Chabrier, donc: lui qui réussit les grandes figures attendues de l'opéra dix-neuvième (idylle/ barcarolle/ serment / couronnement/ conspiration); lui qui épice dès l'ouverture sa musique d'accords de neuvième, quelques années avant Debussy; mais surtout, celui qui fait éternuer l'orchestre, le chatouille, le titille, celui qui agence des transitions improbables, des tuilages subtiles avec son crayon endiablé. Quel art de la ligne!
  • Mise en scène à plaisanteries souvent très drôles: on se gondole beaucoup à Venise, et on en oublierait presque d'écouter les harmonies audacieuses et les glissandi coquins de la belle barcarolle.
  • Trois extraits pour prolonger le plaisir (une dédicace spéciale Kozlika):
une grosse tranche de l'acte 1: le début est typique du Chabrier à humeurs, orfèvre des surprises orchestrales; à 340", j'adore le thème slave, avec son accent à contre temps (qui s'adoucit très vite et devient aimable, sans perdre de son piquant).

A l'acte I, la romance de Minka (qui a tous les plus beaux airs, c'est injuste) - ici chantée par Barbara Hendricks: une élégie parfaite.

Encore un ensemble à l'acte II que je choisis pour Le Roi c'est moi (à 273"), la chanson française de Nangis, le faux roi. Fantaisie, abattage, transparence.

26 juin 2007

Le nouveau russe du jour

Je précise: il s'agit d'un solliciteur - il vient nous demander de l'argent, il serait plus efficace qu'il soit poli. Donc, le nouveau russe du jour (que j'abrège par la suite en LNRDJ) a rendez-vous avec moi aujourd'hui à 12h45. Il m'appelle vers 11h pour me dire que ce serait mieux pour ses collègues que nous nous voyions au restaurant, et me charge d'en trouver un près de nos bureaux. LNRDJ arrive vers 13h10, ne s'excuse pas, me fait remarquer que le trafic est infect à Paris, que nous ferons donc la réunion ici. A jeun, me dis-je. Dans l'ascenseur, LNRDJ rit très fort, sortant quelque chose de manifestement très drôle en russe à l'intention de ses collègues. Après la réunion, vers 14h, ils sont enfin partis, ma stagiaire, qui se débrouille bien en russe et sait cacher son jeu, m'explique: il a ri parce que notre ascenseur sentait la soupe. Comme c'est drôle.

15 octobre 2009

Un post gore (l'attaque des crores)

Evidemment, c'est quand il s'est agi d'ajouter 21,14,742 à 11,77,063 que j'ai commencé à blêmir. Je me suis tout de suite demandé si j'avais téléchargé un extrait de l'annuaire téléphonique de Mumbai à la place d'un bilan du système bancaire. Nouvel infarctus quand je m'aperçois que l'unité de tous ces nombres bizarres est le crore de roupie. Joël! au secours! les crores attaquent. 


4 octobre 2009

Die tote Stadt, de Korngold, à la Bastille

Un veuf, cloîtré dans le souvenir de sa femme, rencontre une nouvelle femme, si ressemblante, si dangereuse. L'histoire de Vertigo, qui aurait pu prendre un sens intéressant pour un musicien - comment ressusciter une émotion musicale passée (c'est aussi le sujet du Château des Carpathes, de Hersant). Musicalement, il y a quelques pages à sauver, surtout aux 2ième et 3ième actes: une canzonette d'une séduction un peu fausse, par l'ami Pierrot (excellent Degout); une musique de commedia dell'arte qui rappelle Ariane à Naxos; une figuration de Bruges-la-Morte avec force cloches et tocsin; une scène vénéneuse qui rappelle Salomé. Mais Korngold saccage son idée d'opéra en expliquant lourdement à la fin que tout cela était un rêve et ne portait pas vraiment à conséquence (sur un fond en majeur aussi punchie qu'une grenouille dénervée endormie à la morphine - les violons sont à l'unisson des cors et du chanteur; on est hélas très loin de la générosité du finale du Chevalier à la Rose avec sa subtile polyphonie). Et puis le livret a vieilli, la morte est pure et virginale, la sosie est une dominatrice hystérique, et chacun des personnages est ridicule dans l'outrance ("- C'était ta bonne amie? - Non, c'était Ma Femme (déluge de trombones)). Le public semble avoir adoré.

10 septembre 2009

Une nouvelle association est née: Les Concerts Gais

 

Une nouvelle association LGBT est née ce mois-ci, et je suis fier d'en être l'un des premiers membres. Les statuts viennent d'être déposés, et nous espérons pouvoir très vite commencer à faire de la musique ensemble.
Les Concerts Gais se veut à la fois une association conviviale, une association de musiciens souhaitant faire ensemble de la musique de chambre et de l'orchestre. Je récapitule les principes de base de cette association, nous souhaitons:
  1. Un répertoire très ouvert, musique de chambre, variété, petit orchestre ou grande formation...
  2. Des programmes adaptés à l'effectif réel de l'orchestre (en évitant au maximum le recours aux supplémentaires).
  3. La prise en compte du niveau des musiciens en offrant une aide et un encadrement réel à ceux qui le demanderaient.
  4. Laisser à chaque musicien la liberté de participer ou non à telle ou telle manifestation.
  5. Ne pas cantonner l'activité de l'association à la seule production de concerts, mais organiser des retrouvailles à caractère musical ou non.
  6. Ouvrir largement l'association à des non musiciens et leur faire partager la préparation d'un concert par exemple.
  7. Participer plus ouvertement à des manifestations LGBT.
  8. Développer des collaborations avec d'autres associations LGBT (renouveler par exemple les rencontres avec un autre orchestre).
  9. Une cotisation annuelle de 30 euros.
  10. Diminuer au maximum le prix des places de concert. Pour l'instant, nous nous sommes déterminés pour la somme de 12 euros.

 

 

Nous sommes déjà nombreux à vouloir nous lancer dans cette aventure. Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à me faire signe pour en discuter et/ou diffuser l'information autour de vous.
8 septembre 2009

Non ma fille tu n'iras pas danser

Pas aimé le dernier Honoré (dont gilda parle très bien ici, je vais faire court). Trop de bons mots écrits, dont on se demande s'ils sont vraiment nécessaires (cf le texte de Fonzo Bo, dans la voiture avec Mastroianni), et qui sonnent très faux. Je me suis senti incapable de m'intéresser à qui que ce soit. Ce qu'il ya de mieux dans le film, c'est peut-être cette description de ces injonctions contradictoires qui rendent la vie de cette jeune femme impossible, comme une démangeaison permanente (ces j'ai besoin de toi/ je ne veux pas de toi). En tous cas, c'est pénible sans être jouissif comme pouvait être le Conte de Noël de Desplechin, et d'autant plus décevant que le titre et l'affiche donnaient vraiment envie.

25 avril 2004

Chantilly

Aujourd'hui, journée merveilleuse, virée RER avec M et le chat à Chantilly.

Je salivais comme une bête à l'idée de voir le manuscrit des Très riches heures du Duc de Berry, qui est exposé pour la première fois depuis 1956. C'est une des plus belles collections d'enluminures du Moyen Age, avec des couleurs fraîches et flash (surtout les bleus....). En fait, on ne peut voir qu'une page à la fois; les feuillets sont tournés le mercredi et le samedi !

Aujourd'hui raviolis, LA page exposée était le folio 144 des heures de la Passion, la flagellation. Le petit papier distribué nous explique doctement que la peau de bête ainsi que le sein dénudé de deux des flagellants soulignent leur nature bestiale....

Après un passage recueilli devant l'icône, nous avons pu accéder à une salle de consultation d'un CD-ROM très bien fait détaillant tout le livre. Je signale aux curieux un incroyable plan de Rome (les reproductions du site en lien rendent mal justice à la fraîcheur de l'original).

Après-midi, balade de Chantilly à la gare d'Orry-la-Ville (où un train ramène à Paris en 20 minutes) par les PR et le GR1: c'est un bon plan, pas trop long, très recommandable. En plus d'authentiques brins de muguet (moins mûrs que ceux plus haut), nous avons vu une vraie scène de la vraie vie: une maman cygne en train de couver des vrais oeufs de cygne à deux doigts de mordre un pépé à caniche qui la serrait de trop près. Non mais !

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