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zvezdoliki
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2 juillet 2006

Le voyage en Arménie, de Robert Guédiguian

Geignard et humide comme du Scola sur le retour ; encore plus donneur de leçons que d'habitude ;

(tout de même : ce que le réalisateur est complaisant avec le personnage de Meylan - il lui prête vraiment toutes les qualités, il le met à la bonne école de l'ASALA et de l'extrême gauche marseillaise des années 70 avant d'aller le faire sauver l'Arménie - ; et puis aussi la charge lourdingue contre le business est à la fois courte et méprisante : c'est vraiment tout ce qu'il y a à comprendre de l'histoire économique des pays de l'espace postsoviétique ?)

; gâté par une intrigue de polar aussi désinvolte que celle d'un Godard des années 60; vitrifié par une bande-son horrible et envahissante (c'est toujours mauvais signe): du chant arménien new age envahissant - censé apporter de l'émotion, j'imagine -aux Gymnopédies de Satie, rien ne nous est épargné....

Mais je ne parviens pas à détester ni même à m'ennuyer ; parce que comme dans tous les Guédiguian, il y a du bon cinéma, des personnages auxquels on croit et qui évoluent; parce que le film réserve des surprises, comme cet éloge de l'Armée, de la Nation, de la Terre... (gniark, gniark) Et puis parce qu'il y a Jalil, l'Arménie et la petite arménienne dont parle Gilda. On peut lire ici aussi

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26 août 2006

ça brûle, de Claire Simon

- Une très jeune fille, un cheval, un pompier, le feu. Un début éblouissant: un cheval qui marche sur la route, réagissant à des bruits variés (un hélicoptère, des oiseaux, le vent), se penche sur la jeune fille allongée sur la route. Une voix off parle à la jeune fille: j'ai cru que c'était le cheval qui parlait, comme dans Shrek, mais non: c'est Melki, le pompier, qui reste les réflexes de la jeune fille en état de choc (une séquence qu'on reverra plusieurs fois dans le film). Trivial et puissant tout à la fois.

- Une première partie à la Iosseliani, avec un humour décalé (le blondinet de 3-4 ans qui tremble parce qu'il y a un cheval qui vient boire, vrouf vrouf, dans sa piscine démontable à lui: quelle angoisse), des rimes visuelles et un sens aigu du collage. Brusquement, ça bifurque vers le tragique - et le documentaire. Du très bon cinéma, un film qui n'est pas réductible, lui, à sa bande-annonce.

fr

- J'ai mis l'affiche de ça brûle (offerte quand on va voir le film) dans la cuisine, au-dessus du four. Du coup, j'ai décalé à gauche, au-dessus de l'évier, celle de la Tentation de l'Innocence (c'est difficile d'avoir les mains complètement propres dans cette cuisine

17 novembre 2006

Shortbus, de John Cameron Mitchell

Une excellente surprise: Shortbus est un beau film jouissiftonique, souvent très drôle, aussi profondément humain, un film sur l'incapacité à toucher et à se faire toucher (et pas un vulgaire porno (ou un porno vulgaire)). C'est aussi un beau film sur New York, ses habitants et son électricité (courts-circuits, dérivations et oeufs téléguidés vibromassants). On sort de là revigoré et plein d'optimisme....peu importe si la fin est gnangnan...

16 décembre 2006

Fragments sur la grâce, de Vincent Dieutre

Après avoir balancé avec Quadrille de Guitry, vu Fragments sur la grâce, le film de Dieutre.

Enquête sur le succès fulgurant d'une "névrose sociale". Les précieuses, le Pascal des Provinciales, la controverse augustinienne, le jeune Racine élève à Port Royal des Champs, les convulsionnistescontinuant à somatiser encore bien après la destruction de Port-Royal. Un sextuor de comédiens d'exception (Mesdames Lebrun, Perrier et Truffaut, Messieurs Amalric, Dieutre et Pernet) disent des textes d'auteurs jansénistes ou d'époque avec une diction à la Green (d'ailleurs on aperçoit Eugene himself). Un film baroque - sublime et grotesque -. Tout cela passe bien grâce à l'empathie et l'humour de Dieutre, qui n'hésite pas à s'allonger les bras en croix sur l'asphalte parisienne. Françoise Lebrun avec ses châles me rappelle la Yourcenar des Monts-Déserts, ce n'est sans doute pas un hasard si le film finit à Bruxelles avec l'exil d'Arnauld.

Pour rester dans l'ambiance, je mets un peu de Charpentier dans la radioNon, Non, je ne l'aime plusH. 455, Tristes déserts, sombre retraite H. 469 ainsi qu'une passacaille pour concert de violes.

25 mars 2007

Une soirée avec Mademoiselle Deneuve...

Samedi à la Cinémathèque.

...avec Le lieu du crime, encore un Téchiné sur lequel j'ai très longtemps fantasmé sans l'avoir jamais vu, mais qui m'a complètement emballé..... Curieux film, qui commence comme la Nuit du Chasseur, dans une atmosphère très lourde, avec un enfant seul avec ses mensonges et ses secrets face à une grave menace, celle de Mister Goodguy (Wadeck Stanczak) et Mister Badguy (son âme damnée); le tout dans un magnifique décor de western, une cabane abandonnée près d'un vieux cimetière, les grands arbres au bord de la Garonne. Et puis le film change de direction, subrepticement, après cette scène formidable de repas de communion, à la fois drôle et sinistre, où Danielle Darrieux essaie avec vaillance, du Strauss et des cerises, de faire tenir ensemble cette famille décomposée.... Après cette scène, Téchiné fait gravement dérailler le personnage de Deneuve: recel de malfaiteur et chantage sur son fils, on peut difficilement imaginer une plus mauvaise mère. Dernières images, pleines d'allégresse: la mère dans le panier à salade, sur le pont de la Garonne, le fils à vélo dans la campagane: chacun a trouvé sa voie.

Et puis Le dernier métro, que j'avais totalement oublié.... quel bon film, mais quelle absence presque totale de sens politique....

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30 juin 2005

Young Mr Lincoln, de John Ford

- un gâteau à la pomme et un gâteau à la poire

- une guimbarde (c'est bien une tige qui se se sépare en deux branches, non ?)

- un tronc fendu en deux grâce à trois rivets (enfin...je crois?)

- un avocat qui se balance sur son rocking chair, histoire de bien montrer deux longues jambes nonchalantes

- une pleine lune/ pas de lune (cf l'almanach de maman, page 12)

- des doubles binds en veux-tu en voilà; ça commence par: -si vous m'élisez je serai reconnaissant, sinon merci aussi (ah zut ce n'est pas un double bind, pff j'ai l'air malin), ça se poursuit par -si vous voulez me payer, tant mieux, sinon tant mieux aussi (même remarque) et ensuite on passe à : -si je dénonce mon fils A, je perds mon fils B et réciproquement (ça sent salement le double bind, ça).

Young Mr Lincoln, de John Ford. Comment peut-on avoir ignoré si longtemps un film pareil ?

8 septembre 2007

Le sergent noir, de John Ford

Le procès en cour martiale d'un sergent noir, injustement accusé du viol et du meurtre d'une jeune blanche. Un film à la fois militariste et antiraciste, une combinaison qui n'a pas exactement contribué à son succès public.... L'armée est la vraie famille de ce héros que Ford pare de toutes les vertus pour mieux faire ressortir la veulerie et la corruption d'une justice militaire prête à s'en tenir à un scénario écrit d'avance. La seule chose qui le fait échapper à un statut d'icône est cette fuite inexpliquée, que Ford associe au souvenir de l'esclavage.... Nous sommes en 1881 et c'est la première génération des Noirs émancipés par Lincoln (ce film est bien une des suites des Cavaliersvus la semaine dernière) mais déjà désenchantés devant la persistance de l'inégalité dans le Sud. A cet égard Ruttledge, le héros, occupe une position médiane entre le vieux noir et les jeunes, qui se posent déjà des questions.....

20 octobre 2007

Retour en Normandie, de Nicolas Philibert

Un film magnifique

Un terrain fertile où prennent les boutures (1835, le parricide de Pierre Rivière, 1973, le travail d'historien de Foucault puis 1976, le film d'Allio et 2007, celui de Philibert, l'ancien premier assistant d'Allio)

Un film dans lequel les gens du cru retrouvent leur voix

Une ancienne boulangère marxiste léniniste devenue aphasique: son coma, son cahier de réapprentissage de l'écriture, son sourire magnifique pour dire "chocolat"

Le rire d'une jeune femme ne s'expliquant pas comment son père a pu être choisi pour être l'amant dans le film d'Allio

La vie et la mort d'une portée de cochons (avec une réanimation musclée !)

Une famille unie éprouvée par la maladie d'une de ses filles qui devient subitement psychotique

La fabrication du cidre

Une réunion de famille chez les Rivière (la mauvaise mère, le père opprimé et libéré par le fils meurtrier) sur les lieux du tournage

Le fils Rivière qui est devenu le père Hébert: un mystère intact

Une jeune fille qui redoublé sa seconde, s'est trouvé un frère, et a trouvé sa voie

Un cinéaste qui retrouve l'image de son père

et moi qui retrouve beaucoup de choses de ma - de mes - famille(s).....

5 septembre 2008

Le silence de Lorna, des frères Dardenne

Une histoire que je ne vais pas me risquer à raconter: j'aurais bien du mal à résumer le film en une phrase, et c'est MaPolitiqueEditoriale de ne pas dépasser la phrase dans mes résumés de film. Comme La promesse (mon film préféré des Dardenne à ce jour, peut-être ex aequo avec celui-ci qui est vraiment très bon), c'est l'histoire d'une libération. Enfin plutôt, je crois, la preuve qu'on peut toujours choisir d'être libre, d'échapper au plan, en toutes circonstances... En tous cas, le récit, lui, mène le spectateur assez vite très loin de tout ce qu'il aurait imaginé, encore davantage que dansL'enfant qui était déjà inracontable. Un des plaisirs du cinéma des Dardenne (car il faut bien parler de plaisir dans ce cinéma parfois pénible) est celui, à la Madame de, que procure l'observation de la circulation incessante des objets (une clé, deux billets de 500€, une voiture de taxi, une enveloppe d'argent). Bande son impeccable et économe - une des surprises que réserve le film, à la fin, est l'irruption d'une phrase de l'arietta de la 32ième sonate de Beethoven ... qui amène une curieuse sensation de paix et de détachement de la réalité, qui contraste avec la scène de film d'horreur qui a précédé.

18 mars 2009

Gran Torino, de Clint Eastwood

Un film qui répond de façon étonnamment girardienne, dans son dernier quart d'heure (qu'on ne dévoilera pas), à la seule question qui importe vraiment: comment se comporter face à la violence? L'autre grand moment, la scène d'insultes racistes chez le barbier, avec le gamin, est encore un moment d'apprentissage de la domestication de la violence (verbale). Un très très grand film. (Drôle, aussi ; j'ai élargi considérablement ma palette de grognements indistincts. (D'ailleurs, grumpf.))

26 avril 2006

Almodovar Exhibition

Vu l'Almodovar Exhibition à la Cinémathèque rue de Bercy. Une expo confortable, intime et chaleureuse. A côté des collages de Dis Berlin ou des accessoires impossibles de Kika, on peut se vautrer dans des canapés pour écouter le maestro nous parler et pour voir des extraits de films.

Des séquences improbables comme cette pub de Qu'est ce que j'ai fait... dans laquelle Cecilia Roth se souviendra éternellement d'un café inoubliable, le show-kermesse de Paredes devant une assemblée de nonnes dans Entre tinieblas, un court hilarant de 1985 (- Tu m'as trop fait confiance ! - Fausse blonde !) et aussi des moments de pure magie comme le chant intime de Veloso dans Habla con ella, sur un très grand écran courbe, troublant.

PAREDES pEDRO Y MAMA VOLVER

Tout cela donne une envie furieuse de voir Volver !

24 mai 2009

Etreintes brisées, d'Almodovar

C'était bien Lanzarote, l'île venteuse et septentrionale que nous avons visitée il ya peu. Almodovar filme des plages (celle de Caleta de Famara, au Nord, celle d'El Golfo, comme une carte postale), des routes (dans le paysage de la Geria qui va bien à cette histoire d'un amour volcanique qui se cache), et un carrefour habité par un mobile de Manrique - mi rose des vents, mi roue de la Fortune. La partie du film qui se veut drôle (de l'Almodovar d'avant l'éclair, d'avant 1989) - remake de Femmes au bord de la crise de nerfs, scénarios délirants du fils, Diego - est beaucoup moins convaincante que le coeur du mélo, cet escalier en spirale où tombe Penelope Cruz.

29 juillet 2008

La Ronde de l'aube, de Douglas Sirk

Dormi pendant le long dialogue Rock Hudson/ Dorothy Malone (c'est mauvais signe), je n'ai donc pas compris ce que cette femme reprochait à son mari l'aviateur. En revanche, pleinement réveillé (et ému) pendant cette dernière journée de l'aviateur: lutte contre la montre pour réparer l'avion, ronde des fêtards avec la mort qui rôde, manège forain à quatre sous d'où n'arrive pas à s'extraire le gamin, enfin, dernières ellipses autour des pylônes avant une disparition dans l'ovale du lac.

22 juillet 2008

Imitation of Life, de Douglas Sirk

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C’est l’histoire d’une fille, blanche (Sarah Jane), qui renie sa mère, noire. Il y a bien une autre mère elle aussi dotée d'une fille unique, mais son histoire – celle d’une actrice partie de rien - apparaît comme un contrepoint, un double du destin de Sarah Jane et de sa mère. Sarah Jane comme l'actrice jouent leur destinée sur un pari fou et obstiné: je serai actrice pour l’une, je serai blanche pour l’autre. Pari peut-être encore plus fou pour une actrice dont on ne peut s'empêcher de soupçonner, en voyant la première époque du film, qu'elle était peut-être vraiment très mauvaise. Pour Sarah Jane, l'imitation de la vie passe par la recherche d'un miroir où n'apparaîtrait pas sa mère, noire. Magnifique scène introductive, qui voit s’agréger dans une plage populaire bondée les membres de cette drôle de famille à cinq personnages. Deux scènes insoutenables où tout se joue autour d'un reflet (Is your mother a nigger ? et I'm white! White ! WHITE!). Ch**lé comme un veau (et non pas vêlé comme un chiot) comme rarement, et je ne préfère pas trop chercher à comprendre pourquoi

23 juillet 2009

Tout ce que le ciel permet, de Sirk

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Une veuve doit renoncer à se remarier à un jardinier, sous la pression de ses enfants et de la bonne société de sa petite ville. Un mélo glacial et cruel. Le beau portrait d'une femme douce (Jane Wyman) qui ose porter une robe rouge. Ces affreuses bonnes femmes qui cancanent ne songent qu'à faire un bon mot et les enfants - le fils, qui achète à sa mère une télévision - sont à peine moins inconséquents. Il faut être à l'écoute de la nature et trouver sa propre musique intérieure.... dans le film c'est Brahms (celui de la Ière Symphonie) et Chopin qu'on retrouve, en légumes de soupe germanique; on accompagnerait bien la dernière scène - magnifique - avec la musique de Pelléas, acte V.

12 mars 2005

In memoriam Frau Mira


Dans les années 70, on a souvent eu des nouvelles de Brigitte Mira, grâce à Fassbinder, qui lui a fait tout jouer, de la mère abusive à la femme amoureuse....

PS: en fait, après avoir ruminé tout le week-end, je sais pourquoi Brigitte Mira m'émeut tant: c'est pour son côté femme enfant- mère Courage....comme Giulietta Masina dont elle avait le regard....

 

5 avril 2006

Quizz: de quel lac s'agit-il ?

Ce sont trois lacs très connus en Suisse, desquels s'agit-il ? (Indice: l'un des lacs garde des souvenirs de Stravinski, l'autre de Wagner, et le dernier de Brahms)

Add: un lecteur strasbourgeois qui mérite nos félicitations a trouvé les trois bonnes réponses, il s'agit dans l'ordre :

  1. du lac de Thoune (au bord duquel Brahms a composé une des sonates pour violon et piano)
  2. du lac Léman, vu de Montreux
  3. du lac de Zurich, en pleine ville (d'ailleurs on aperçoit la banque centrale derrière le tram, héhé

24 octobre 2006

Moscou (4): Arbres

Pour une ville réputée sans arbres, ce n'est pas si mal. Déjà à Cheremetyevo, on atterrit après avoir survolé une immense forêt. Ce qui m'a surtout frappé Place Rouge quand je l'ai vue pour la première fois entre chien et loup, vide, ce sont ces sapins qui sont devant la muraille du Kremlin (il n'y manque que les loups).

La rue Tverskaia a été amputée de ses arbres, c'est vrai, mais il suffit d'aller dans les rues adjacentes et de rentrer dans les cours pour voir des bouleaux et respirer l'odeur de l'automne.

22 octobre 2006

Moscou (3): églises

- Il y en a partout à Moscou, des petites, des grandes, avec des kokotchniki et des bulbes, parfois dans l'ombre d'un HLM, en face d'un casino, dans la cour d'un concessionnaire de voitures, mais aussi à la place d'honneur, Place rouge ou dans le Kremlin.....

- Pour le plaisir, une liste de noms (recopiés du guide vert, je n'ai pas visité toutes ces églises...) :Monastère du Saint Sauveur derrière les Images, Eglise de la Trinité sur les Boues (à côté de l'Etang Propre (sic)), Eglise de la Transfiguration du Sauveur sur les Sables, Eglise de la Déposition de la Robe (au Kremlin), Eglise de l'Intercession de la Vierge de Fili, Eglise de la Résurrection des Tonneliers, Eglise de la Nativité de la Vierge de Poutinki (photo ci-dessus, tout près de la place Pouchkine, en face du monstrueux casino Macao), et mon nom favori, l'Eglise du Monastère de la Rencontre de l'Image de Vladimir. Pour peu on se croirait dans Dialogues des Carmélites avec son catalogue automne-hiver des noms de soeur à rallonge....

- Ma théorie des églises orthodoxes plus hautes que larges, toutes aspirées vers le ciel, a pris un sérieux coup; j'ai vu à Moscou des églises plus plates que des stations de métro, des vraies caves....Mais il y a tout de même beaucoup d'églises missiles (comme la plus ancienne des églises du Monastère Saint Pierre d'en Haut, photo ci-dessus), églises-téléscopes pour scruter le ciel. A Saint-Basile le Bienheureux (ci-dessous), quel choc devant la hauteur de la tour centrale, une tour à base carrée qui devient octogone. Dans une des tours, au sommet, une spirale, dans une autre, une figure du Christ....

- Les iconostases: plusieurs rangs d'icônes, bombées, coulissant sur des rails. Au dessus de la porte royale, la diésis: les apôtres marchant vers le Christ. Au-dessus, les fêtes du calendrier. En haut, les prophètes.

- la croix orthodoxe: une croix de Lorraine à cédille; le barreau du haut est l'inscription sur la croix, celui du bas, en biais, pour soutenir les pieds du Christ.

- Pour aller plus loin on peut aller ici et ici. L'auteur de ce blog a un excellent carnet russe, avec notamment un témoignage de première main sur la Gay Pride de cette année à Moscou, un papier très amusant sur les sculptures de lunettes dans les cimetières de l'époque soviétique et des photos magnifiques de Saint-Petersbourg.

 

22 octobre 2006

Moscou (2): café et chocolat

Pas ou peu de cafés Internet à Moscou, mais de nombreux cafés de l'enseigne ci-dessous (je n'arrive pas à trouver les bons caractères, ça m'énerve !). Nous regardons la carte et Genia m'explique la différence entre le "chocolat français chaud" et le "chocolat chaud". Le chocolat français ressemble à du cacao (et à ce qu'on boit en France) alors que le le chocolat chaud est du vrai chocolat fondu, au goût très fort, pas si éloigné de l'Africain d'Angelina..... Pas des fiottes ces Russes.

 

21 octobre 2006

Moscou (1): les charmes de la translittération

La translittération réduit les noms à la cuisson. C'est net pour les musiciens: Шопен perd une 1 lettre et Ceн-Сaнc en perd 3 (ce n'est que justice pour ce dernier car c'est vraiment un très mauvais musicien).

Côté peinture, à la galerie Pouchkine, je ne me lasse pas de lire sur les panneaux Гоген (-2 lettres), et je m'efforce de distinguer Моне de Mане (-1 lettre chacun). Je tombe en arrêt devant le triptyque marocain de Матисс (-1 lettre): la porte de Casbah, la vue de Tanger et au milieu un autre mini-triptyque dans le tableau, Zora, des poissons rouges et ses babouches qui ressemblent à des pieds coupés.

15 septembre 2008

Un peu de peinture russe (3/3)


Avant que je n'oublie tous ces peintres, une petite sélection portative des sections XIXème siècle de la Galerie Tretiakov (à Moscou) et du Musée Russe (à Saint Petersbourg). Un continent inconnu qui réserve de jolies surprises.

Alexei Savrasov: le Retour des corbeaux (1871)

Ivan Kramskoi: Léon Tolstoi (1873)

Arkhip Kouindji: la lune sur le Dniepr (1880)

Vassili Sourikov: Le matin de l'exécution des Streltsy (1881) (l'histoire de la Khovantchina)

Ivan Chichkine: Un matin dans une forêt de pins (1886)

Ilya Repine (celui du magnifique dernier portrait de Moussorgski): la réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople (1880-1881) (oui oui, on parle bien de ceci)

Du même, Ivan le Terrible étreignant le cadavre de son fils (1885)

De Valentin Serov, un des plus doués de tous ces peintres, un portrait de Konstantin Balmont (1905)

... et de la princesse Orlova (1911)

 

4 septembre 2008

En bateau

Dans une saine atmosphère de fête foraine (je ne suis pas seul à avoir le petit doigt sur la gâchette (oui oui c'est bien un stand de tir aux pigeons médiéval, flinguons gaiement Mongols et Vaticanais))....

....on embarque à la gare fluviale (retchnoi voksal) de Moscou, une beauté stalinienne:

On quitte Moscou par le canal de la Moscova à la Volga, dans une campagne à datchas et à estivants imbibés (no foto)

Un clocher émergé (Kaliazine) nous rappelle les aménagements hydrauliques réalisés sous Staline pour réguler le débit de la Volga (avec une main d'oeuvre abondante et coopérative):

A force de descendre des écluses, on se retrouve à descendre la Volga.... on se dit avec enthousiasme qu'on est dans le bassin de la Caspienne, pas si loin, après tout, de Samarcande et de la route de la soie. En passant, le camarade Staline a oublié de noyer quelques églises:

On quitte la Volga (déjà hyperlarge à Iaroslavl) à Rybinsk, où on repère la statue de la Volga-Mat, la Mère Volga (presque aussi étronique que la Rodina Mat de Kiev).

Après la sinistre écluse de Rybinsk, on s'engage dans le réseau reliant la Volga à la Baltique, via la Cheksna qui vient du Lac Blanc, le lac Onéga qui débouche dans la Svir qui se jette dans le lac Ladoga qui s'écoule dans la Neva (dont l'embouchure se situe dans le Golfe de Finlande). Vous avez suivi ? On monte puis on descend: la ligne de partage des eaux entre Baltique et Caspienne estsituée entre Lac Blanc et Lac Onéga, très près de la Baltique.

La densité diminue: on fait facilement 100km sans croiser une habitation. De l'eau, de la forêt. Parfois, rien.

Au Nord du lac Onéga apparaît Kiji, point septentrional et sommet émotionnel du voyage. Il y fait très beau, on se dit qu'on pourrait tenter une riante villégiature sur la Mer Blanche à Arkhangelsk. Finalement, on choisit Saint-Pétersbourg. Erreur fatale: une violente tempête nous secoue les tripes sur le lac Ladoga (bonjour les dégâts).

(merci au chat pour ses photos sans doigt)

31 août 2008

Mon petit doigt en Russie

Mon petit doigt a passé des écluses sur le canal volgobaltique

Mon petit doigt a vu une église à 22 bulbes en Carélie

Mon petit doigt a enfin vu le monastère de Novovieditchi à Moscou (dont il est question dans Boris)

Mon petit doigt est passé sous la colonnade de Rossi face au Palais d'Hiver

Mon petit doigt est allé à Trifouillis les Petaouchnok (Goritsy, près du lac Blanc)

Mon petit doigt a une overdose de discussions moisies sur la Géorgie, après avoir entendu pendant 15 jours des arguments définitifs du genre "Voici enfin la fin de l'hégémonie américaine", "Les révolutions de couleur ont été provoquées par le judéo-hongrois (sic) Soros" (lui-même sans doute aussi de couleur), "Saakashvili est vraiment un malade mental, un type incontrôlable" et sa variante hard,"l'Occident était prêt à un nouveau Munich avec le fasciste Saakashvili". Maintenant que mon petit doigt a l'occasion de lire la presse cryptobourgeoise mondiale - qui est totalement absente du large échantillon de kiosques rencontrés en Russie - il va peut-être avoir la chance de se faire un avis plus nuancé sur la question.

28 mars 2005

La Tourette à la sauvette

Comme souvent, les craintes que j'exprimais dans mon dernier billet se sont révélées infondées: c'était un des mariages les plus joyeux auxquels j'ai assisté, et davantage que de casser des liens, je crois avoir pu en renforcer quelques uns.

Dimanche, comme nous étions dans le Beaujolais, j'ai poussé à ce que nous fassions un saut au couvent de la Tourette. C'est un des hauts lieux de l'ordre des Dominicains, une des grandes réalisations du Corbusier (avec une contribution de Xenakis d'après ce qu'on lit sur le site). Entre chien et loup, nous avons rôdé autour du couvent qui était fermé, le soir de Pâques. Que mes amis décrivent l'endroit comme un mélange entre déchetterie et cité U à l'abandon n'a pas cassé mon enthousiasme. L'architecture joue subtilement du relief : le couvent est adossé à la pente, l'église, la plus éloignée de l'entrée est sur pilotis. De l'extérieur, on voit les dispositifs d'entrée de la lumière (photo du bas à gauche).

C'est un lieu auquel j'avais beaucoup rêvé, à cause de son architecture, à cause du rayonnement intellectuel des Dominicains, à cause de la référence à Thomas More et l'Utopie, à cause du colloque Pasolini dont m'avait parlé P, à cause de la figure de Dominique, qu'on déteste à Toulouse et commémore à Bologne. Un endroit où je retournerai.

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