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23 septembre 2007

Quelques clés pour se repérer dans le château (Ariane et Barbe-bleue, de Paul Dukas)

Add du 24/09: j'ai rajouté dans la radio de très larges extraits de l'opéra (tout l'acte I, la fin de l'acte II, le prélude de l'acte III et le début de la scène des adieux)

Attendu que

  1. j'ai de nouveau une vision d'ensemble de l'oeuvre après l'avoir vue vendredi (et que ça ne va pas durer)
  2. je suis infoutu de retrouver mes notes de cours d'analyse des années 80
  3. je me suis replongé dans la partition,

voici ce que je crois comprendre de l'opus magnum de Dukas et dont je veux garder la trace car ça m'évitera de réinventer l'eau tiède quand j'aurai tout oublié.

Dukas thèmes A et B: Ariane est un opéra à leitmotive (comme Pelléas, comme le Ring) mais resserré sur un petit nombre de thèmes qui apparaissent tôt dans la partition et irriguent les trois actes. Si Barbe bleue ne chante pas grand chose par rapport à ses femmes qui ont les premiers rôles, à l'orchestre, c'est une autre distribution des rôles; l'opéra commence avec deux thèmes associés à Barbe-Bleue; le premier ressemble à son château (deux octaves descendants se succédant)

et le second est un thème-catastrophe, en chute libre (couleur gamme par tons).

A Ariane sont associés (au moins) deux thèmes importants. Le premier, héroïque, sera varié dans la séquence des portes/couleurs/bijoux (on peut l'appeler Ariane lumière). Il apparaît aussi avec une rythmique désamorcée (que des noires à 6/4, dans la séquence centrale de l'air des diamants) et figure alors une Ariane calmée, arrivée à ses fins, que l'on retrouvera à la fin de l'acte II.

Le second est un thème de mouvement (Ariane tête chercheuse; on pourrait l'appeler le thème va chercher, Bergotte). C'est lui que l'on entend, tous trombones déployés, au début du second acte, un acte où l'on a bien besoin de ce carburant pour retrouver la lumière du jour.

Enfin, trois autres thèmes me semblent cruciaux: celui des paysans

(qui apparaissent sous toutes sortes de rythmiques, à l'acte I et III)

celui des femmes - la fameuse chanson d'Orlamonde.... qui existe sous forme longue, mais apparaît aussi très souvent de façon souterraine, notamment à l'acte II,

et celui d'Alladine, disait ma prof-qui aimait-plus-les-femmes-que-les-hommes. Il surgit à l'acte II, quand on fait connaissance de cette femme "qui ne parle pas notre langue", et devient central à l'acte III, notamment dès son (sublime) prélude. J'ai du mal à croire qu'un thème aussi doloureux et éloquent soit associé au personnage un peu secondaire d'Alladine; mais peut-être je me trompe; au fond, Alladine ne chante pas mais l'orchestre est toujours très éloquent quand elle intervient- serait-elle une Péri ? une déesse de la musique ? Quoi qu'il en soit, le traitement de ce thème par Dukas l'acte III renvoie à une musique de l'échec (on pense à Parsifal), à la faillite de la mission d'Ariane....

Dukas en fa# Quelques mots sur le trajet harmonique: tout l'opéra est en fa#; l'acte I commence en fa# mineur, le thème et variations des bijoux aboutit sur fa#majeur, l'apparition des femmes se fait en ré#mineur (son relatif), l'acte finit en fa# majeur (avec une magnifique coda qui réconcilie tous les thèmes antagonistes, comme dans toute forme sonate qui se respecte). L'acte II, cette grande recherche de la lumière, démarre en mib mineur (enharmonique de ré#mineur), se dirige vers do majeur, et conclut en si majeur. L'acte III finit en fa#mineur, comme l'opéra avait commencé.

Dukas d'or (du cador ?): L'opéra est largement truffé de musique en gamme par tons, mais qui sert de faire-valoir aux grands climax bien tonaux (l'air des diamants, la fin du second acte avec sa glorification de midi). Dukas apparaît comme un musicien des Lumières, comme le continuateur du Beethoven de Fidelio ou de la 5ième symphonie (c'est ça qui peut apparaître un peu irritant). De ce point de vue le dispositif scénique de la Bastille était intéressant, avec ces souris de laboratoire trottant d'une cage à une autre.

Dukas musicien de la Très Grande Forme: De l'acte I à l'acte III, mêmes ingrédients, symétries. L'opéra finit en fa#mineur, comme il a commencé. La musique dernière partie de l'acte III (Barbe-bleue à terre) liquide le thème du château (du début de l'acte I): les deux octaves descendants sont harmonisés différemment d'à l'acte I et apparaissent étales, inanimés, inopérants. A l'acte III, cette scène où les cinq femmes se pomponnent sous la supervision d'Ariane mettant en valeur qui une chevelure, qui des épaules etc... fait écho à la scène des cinq portes au premier acte, mais en valse à six temps, sur un mode badin et enjoué. C'est clairement la même musique; de même que la lumière sépare les couleurs, Ariane révèle chacune de ces femmes. Je ne parle même pas de la scène des paysans (avec à l'acte III ce curieux moment de bordel néo-classique sur "Au clair de la lune" !)

Parsifal, de Dukas La musique qui m'a le plus impressionné vendredi, c'était ce magnifique prélude de l'acte III, avec ce thème dolent, fauve aux altos et aux violons 2, dont j'ai parlé plus haut. A la fin de ce prélude apparaît un thème en quintes ascendantes, liées; c'est le renversement de ce thème descendant Barbebleue catastrophe, et c'est la musique qui illustrera le départ d'Ariane pour d'autres planètes (pour rester dans le registre d'une autre musique d'adieu lunaire en fa#mineur, celle de l'opus 10 de Schoenberg bien sûr).

Dukas l'as de la formule Si les formules choc de Maeterlink ne font pas toujours mouche, celles de Dukas sont aussi concentrées et fulgurantes que celles de Wagner. Je pense aux premiers mots d'Ariane, cet extralucide Elles ne sont pas mortes, qui marque une rupture du discours après le caquètement apeuré de la Nourrice; le thème Barbe bleue catastrophe y est méconnaissable, tout inoffensif, assaissonné aux cordes avec une sauce douceâtre. Je pense aussi à ce - Vous aussi ? -Moi surtout, où le thème héroïque d'Ariane explose comme une bulle de saveurs (avec des épices corsées).

Ariane, opéra de l'échec de l'analyse ? si le spectateur croit à l'acte III avoir démêlé l'écheveau des thèmes A et des thèmes B, attribué à qui de droit ses chevelures postiche, repéré les symétries et les chausse-trapes du château, la fin de l'opéra signe peut-être son échec..... (je vais me coucher)

Aussi : ici, ici, ici, ici et ici et .

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25 août 2009

Autour des Etudes de Ligeti

Mon thème astral doit être gigafavorable; j'ai emprunté samedi la partition des Etudes de Ligeti en compagnie desquelles je comptais passer un agréable week-end et voilà-t-y-pas qu'hier, via ici, je tombe sur Levinas commentant trois des Etudes! Bon, ça jargonne parfois velu (et inutilement), mais il y a de quoi faire son miel.

  • Désordre. Désordre mon oeil. Une écriture très simple et très claire (on a rarement écrit aussi simplement et intelligemment, c'est tellement beau à voir, cette partition - si je compare à celle de l'Automne à Varsovie, qui est génial, la partition est hypercomplexe et il y a intérêt à savoir compter pour s'y retrouver). Main gauche, et main droite, deux échelles qui se heurtent (l'une à base de touches blanches et l'autre à base de touches noires, de quoi perdre rapidement tous ses repères); un décalage rythmique se met en place, très régulièrement, la main gauche reste à 3+5, la main droite rajoute régulièrement un temps, comme le fait Stravinsky dans le Sacre avec ses personnages rythmiques (L cite aussi le développement de l'opus 27 n°1, chez Beethoven). Dans la troisième séquence, c'est la main droite qui reste stable et la main gauche qui rajoute des temps.

  • Cordes à vide: le début est comme un lamento baroque, une plainte ourlée de descentes de quintes, ces fameuses cordes à vide qui dérivent, formant une harmonie mouvante (c'est cela l'idée simple de cette étude). A la fin, des appels de cors passent au-dessus d'un effet doppler. Levinas cite finement à ce propos la fin des Papillons de Schumann, avec ses effets de résonance.

  • Un automne à Varsovie: encore le lamento baroque, ces chromatismes qui défilent à vitesse accélérée sur une trame de doubles croches, en un subtil tissage polyphonique. Levinas analyse les complexités (encore plus velues que celles de la page 45) de la page 47 (aboutissant à un climax qui fait revenir la plainte nue, sans ourlures) à partir du fameux finale monodique de la sonate de Chopin -à la base, un choral, non plus vertical mais curviligne; les harmonies qui s'incurvent..... La pièce la plus complexe et une des plus célèbres du recueil.
13 mai 2012

Vu:

  • Margin Call: le film qui plait à tout le monde. Les dialogues sont criants de vérité. Je m'étais dit en sortant que cette histoire de boîte qui coule à cause d'une formule fausse ne tenait pas debout, mais j'ai quelques doutes après avoir lu ceci.
  • Barbara: la surveillance généralisée dans la RDA des années 80. Les médecins scrutant l'histoire des patients. Une histoire de Mouchette et quelques légumes de ratatouille cuisinés avec amour viennent rentrer en collision avec le scénario de fuite du docteur W. Un film passionnant.

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30 mai 2012

Quelques souvenirs d'Italie

  • Gênes: le palais Doria (derrière l'autoroute, mais avec les merveilleuses fresques de Perin del Vaga). Les toits de la ville, son réseau de terrasses, les passages d'un immeuble à l'autre (qui donnent envie de relire Les villes invisibles)

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  •  les Cinque Terre: préférer les balades du haut à celles du bas. J'en profite ici pour râler contre le n'importe quoi de la gestion de ce parc naturel: parcours payants entre Riomaggiore et Levanto (et chers!), complètement engorgés, deux chemins sur quatre sont fermés (sans que lesdits sentiers soient barrés, apparemment Corniglia Vernazza, censément fermé, est prêt à être réouvert pour cet été). Finalement les plus beaux tronçons auront été Corniglia-Vernazza par la route puis un petit sentier démarrant près de San Bernardino; Monterosso Vernazza par la Madone del Salviore (merveilleux couvent en hauteur); Riomaggiore Portovenere par le haut (vu un jour où les nuages tutoyaient la cote 500, échappées magnifiques sur le golfe de la Spezia et le chapelet des îles au large de la presqu'île).

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  • Portofino: une arrivée magnifique sur San Rocco et Camogli, dans la lumière du soir

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  • Parme: le fromage du Crédit agricole. Les universités dans la ville.  L'hôtel dans le théâtre. La torta fritta avec le San Daniele. Le baptistère avec sa voûte découpée en 16. Les tableaux du Parmigiano et du Corrège. Le théâtre Farnèse, tout en bois

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  • La nuit au Lac de Garde pendant la fête mondiale des Harley Davidson (des motos de notaire comme chacun sait). Salo. Brescia, la ville idéale? De retour à Vérone: un court passage à Saint Zénon (une sublime nef romane avec un Mantegna) et Sainte Anastasie (pour Pisanello)
13 mars 2012

Vu

  • Oslo 31 août. Un film magnifique, étonnamment tonique pour le récit des 24 dernières heures d'un jeune homme. Que de séquences marquantes: un entretien d'embauche avec un éditeur torpillé en quelques mots; la confession d'un ami proche qui s'enlise dans la vie de famille; un petit matin au bord d'une piscine; un dernier morceau de Bach Haendel au piano. Et Oslo comme terrain d'un jeu de go.
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  • Albert Nobbs: Glenn Close en vieux serveur qui cache son jeu. L'émotion qui naît de voir la souris pousser le caillou qui bouche le tunnel vers la sortie....
  • La taupe: pas tout suivi, mais je serais capable de raconter la fin à qui veut.
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22 novembre 2011

Un peu de publicité pour les 9/10 décembre

Retrouvez les Concerts Gais dans un nouveau programme sur le thème de l'Opéra, reprenant les plus beaux extraits du répertoire lyrique, me prie-t-on de vous signaler

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Bon enfin, peut-être pas LES PLUS beaux airs d'opéra....

(oui, Carmen, la noiraude, tu peux aller te rhabiller, on t'a assez vue; Violetta, prends donc tes cachets au lieu de contaminer des salles d'opéra trop pleines et déjà bien affaiblies; Boris, si tu continues avec ces phobies ridicules, on va t'achever avec un lâcher de souris dès l'acte I, histoire de nous épargner ces borborygmes abyssaux)

.... mais DE TRES beaux airs d'opéra, Tatiana, Rusalka, le marchand de sable (dans un air plus prenant que soporifique, hein) et une étonnante scène de danse macabre dont les danseurs ne parviennent pas à s'échapper (et qu'il serait de bon ton que je travaille, soit dit en passant). Venez nombreux!

21 août 2011

Ehrwald Garmisch

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Pas vraiment la solitude. Encore plus absurde que la randonnée (c'est dire), le bike en montagne. Je te les fusillerais tous, tous ces énergumènes qui ne savent pas reconnaître un sentier de randonnée d'une piste de vélo. Le point de vue sur l'Eibsee. Retour en Allemagne. Le tour de l'Eibsee prend 2h.

17 juillet 2011

En Chartreuse

- lundi: de Sarcenas à Saint Pierre de Chartreuse, par le habert de Chamechaude, le col des Emmeindras, le col de la Faita, le col du Coq (section très pénible, boueuse et en pente avec rien pour se raccrocher, que des racines pourries), et Saint Hugues de Chartreuse. Long (on a bien marché 7 heures), un peu décevant (rares beaux points de vue depuis les Emmeindras ou depuis la crête du col de Faita sur Belledonne, on reste en forêt pendant l'essentiel de la balade), et puis il fait une chaleur à crever (tout ça n'est pas très haut) et c'est plein d'insectes: bref, le genre de journée où on se demande ce qu'on fout là. Longue pause à Saint Hugues, pour voir la belle église d'Arcabas.

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- mardi: de Saint Pierre au refuge de la Scia, par Perquelin et le col de la Saulce. Balade plus courte. Encore personne ou presque. Magnifique cirque, avec vue sur la dent de Crolles. Arrivée via une prairie fleurie digne des primitifs flamands. Attendons la pluie au refuge de la Scia, en haut des remontées mécaniques. Un gratin dauphinois d'anthologie et un accueil très sympathique.

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- mercredi: Grosse pluie. Revue de presse extensive dans un troquet à Saint-Pierre d'Entremont (Isère). Nous traversons le Guiers pour passer en Savoie (mais en transit). Dans l'après-midi, une éclaircie nous permet de voir les cascades du cirque de Saint-Même, où nous passons la nuit.

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- jeudi: les nuages sont très bas, mais ça va se lever. Balade de la Plagne à Saint-Même par les hauts plateaux. Après une grimpette, c'est plat dans les lapiaz. Il ya un trou dans la couronne rocheuse qui permet de redescendre dans le cirque de Saint-Même, il ne faut pas le manquer. C'est aussi la frontière en France et Savoie, comme en témoignent une fleur de lys et une croix de Savoie burinées dans le rocher.

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- vendredi: la Ruchère- Saint Pierre d'Entremont par le Petit Som et la Grande Chartreuse. Il fait beau, mais le sol est détrempé, notamment dans la cheminée facile qui mène au Petit Som. Vue à couper le souffle (la plaine d'un côté, le Mont Blanc de l'autre). Pause midi dans un vallon à vaches à proportion idéales. C'est truffé de grenoblois qui montent au Grand Som. Nous descendons dans le Désert de Chartreuse. On aborde le monastère par Notre Dame de Casalibus, là où tout a commencé. Impressionné par le monastère, comme une ville close où ne résident plus que 30 personnes. Le musée est intéressant et un peu confus.

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- samedi: Saint-Pierre d'Entremont- le Sappey, par le Charmant Som et la crête qui va jusqu'au col de Porte. Personne dans les 800m de montée, et dans le petit sentier qui contourne en corniche le Charmant Som, d'où nous revoyons les paysages de lundi et mardi. Brutalement, c'est la foule des grands jours, la route grimpe à 100m sous le sommet. La vue porte jusque vers l'Oisans et le Vercors. La plus belle journée (avec la veille).

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10 mai 2011

concerts de mai

D'aucunes ont très bien fait la publicité du prochain concert des Concerts gais, je relaie avec enthousiasme le joli flyer.

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(mais je regrette un peu de devoir interrompre mon boycott de l'année Mahler; c'est tellement bien de faire un peu d'assolement triennal et laisser reposer certaines musiques que l'on entend trop - ce n'est pas le cas, évidemment du beau et humoresque Konzertstück pour 4 cors de Schumann)

Mais ho, le concert à ne manquer sous prétexte oiseux (c'est gratuit, hein) ce mois-ci, c'est bien celui-ci (jeudi 19 mai 20h00 au CNR rue Madrid, 2E2M dans Monteverdi, Lévy, Gaxie et Lazkano). A propos est à mon goût une des meilleures oeuvres de Fabien Lévy, et il me tarde de l'entendre en vrai.

4 avril 2011

Venez, les gens

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Un concert gratuit le 13 avril à 20h au temple des Batignolles, histoire de partager avec les amis un peu de l'esprit de ces sympathiques après-midis de musique de chambre qui font le sel d'une association (oh! le joli nouveau site) dont l'ambition ne se limite pas à la pratique orchestrale. On pourra aussi accessoirement m'y voir empoigner deux engins de taille différente; gageons que ne sera pas la seule surprise que réservera cette soirée.... 

24 mars 2011

Ha Ha Ha, de Hong Sangsoo

C'est le garçon de la 3ième photo (au sourire coquin) qui joue un rôle crucial dans les deux histoires que se racontent les deux autres types (photo 1 et 2)  - et ces derniers ne s'en rendent pas compte, à la différence de l'une des jeunes femmes, à un point nodal du film, et du spectateur, évidemment. Un film très plaisant, une bonne surprise. 

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27 février 2010

Liberté, de Tony Gatlif

La chronique d'une tribu de bohémiens, dans la France des années 40. Film historique, mais pas que ça. La première des surprises est de voir dans un oeil tsigane un éloge vibrant de la France profonde, celle des bois et des champs, des guérets et des clairières - enchantée comme elle l'était dans les amours d'Astrée et Céladon.... ça n'arrive pas si souvent au cinéma (on est loin du naturalisme, mais c'est pourtant bien la belle campagne française). La deuxième des surprises est la qualité de la bande son - magique de bout en bout (ça n'arrive pas non plus si souvent); de cette belle séquence bruitiste du début à la chanson de Ringer au générique final en passant par ce jazz manouche (pour faire pondre les poules). La troisième belle surprise, c'est James Thierrée et ses yeux ronds. 

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24 décembre 2009

Le père de mes enfants, de Mia Hansen-Løve

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La chronique d'une famille, dont le père disparaît à la moitié du film. Il n'est pas nécessaire de savoir que le film est un hommage à la mémoire du producteur Humbert Balsan; c'est, comme un roman russe, l'histoire d'un producteur s'approchant du gouffre, vue de de sa famille. Il y a trois filles, deux petites qui tirent le film vers le monde de l'enfance (délicieux journal de 20h) et une adolescente autour de qui le film se recentre, dans sa deuxième partie. Ce qui se transmet (l'histoire des Templiers, la belle exigence du père qu'on retrouve dans sa façon de parler), ce que l'on sait - ce que l'on ne sait pas - de ses parents.... c'est un beau film, touchant, riche en émotions variées, qui m'a fait penser aux meilleurs des films d'Assayas. 

18 novembre 2009

L'art d'être un homme, au musée Dapper

Rien que le titre de cette exposition est beau et se savoure encore longtemps après.....

C'est une très belle exposition sur tout ce qui fait qu'en Afrique ou Océanie, on se pare pour être un homme. Sidérants totems à chapeaux et scarifications, manteaux et capes incorporant des restes d'animaux (porc épic, coléoptères), rangée de perles habillant très simplement un jeune berger, s'effilant en un carquois à l'arrière. Et en prime, une extraordinaire vidéo de jeunes Peuls en plein concours de beauté, bons à marier....

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J'ai acheté un des posters de l'exposition, et me demande où je vais le mettre (je ne sais pas pourquoi, mais j'ai peur de mal dormir si je le mets dans ma chambre)

4 décembre 2005

accusé de réception

 

génie

Cargaison bien reçue. Stop. N'a pas mis mille et une nuits mais quand même un mois et demi. Stop. Le génie est resté sagement dans la bouteille tout le long du voyage mais s'est échappé de la boîte aux lettres, pile poil au moment de la livraison. Stop. M'a demandé le mot magique, et je suis resté collé : c'était bien Trivandrum, n'est-ce pas ?

7 janvier 2006

Encore un peu de sucre

Finalement je suis allé chez Denise Acabo. Une confiserie chocolaterie qui vaut le déplacement, en l'occurrence un PETIT déplacement pour moi. Une des nombreuses boutiques du IXième arrondissement où on fait rapidement comprendre au client-mal-comprenant qu'acheter est une expérience existentielle. Denise tutoie le client (quoi quoi quoi, ça se voit tant que ça que j'ai un âge mental inférieur à 8 ans) et voussoie sa collaboratrice. Fascinante collection de confiseries diverses et variées de partout en France.

En plus du ballotin pour ***, j'ai craqué pour les bergamotes, toute ma jeunesse (qui pourtant ne m'avaient arraché aucune larme dans leur environnement originel, il y a 15 jours; allez comprendre)......

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et pour LaPlusGrandeGuimauveDeFrance enfin domestiquée, qui m'a tout de suite inspiré le plus profond respect

14 septembre 2007

Ambiance

(agence Northern Rock de Moorgate, 10h54 ce matin)

"I am going to take out the lot, every penny," said William Gough, 75, queuing with about 30 people outside the Maddox Street branch. Gough, from Belfast, in Northern Ireland, was "horrified" to hear about Northern Rock's request for emergency funding.

(Je dois confesser ici une sombre délectation devant ces histoires de panique bancaire - mais chut !)

16 septembre 2007

Ce week-end, dans le désordre

C'est ballot d'organiser à la radio une journée d'hommage à Callas pilepoil le jour où je suis en panne de kleenex. A cause de Gemma Salem, j'achète (à tort) Libé (ça aussi c'est ballot). Les femmes mariées ont quand même des facilités pour s'inventer des hétéronymes. Billy the Kid de 12 ans à 21 ans: 21 meurtres en 9 ans, not that bad. Le chocolat du mendiant et la soupe fraise passion (un mélange homogène quand on s'en donne la peine). Un finale joué à un tempo calculé de façon à ce que P. et G. puissent avoir le TGV de Bordeaux. A Saint Eustache, Colbert, les Gondi (les mêmes qu'à Belle-Ile), les oratoriens, Kees Visser et ses structures verticales qui cachent à peine un des vrais bars à mousse brune de Paris. Un incendie rue Sainte Croix de la Bretonnerie. La claquette espagnole déplace tout le corps (en plein air) et fait beaucoup de raffût. A la suite d'un quiproquo amusant, V. m'avoue qu'il est fan de Renaud C. et notamment de son Répertoire des délicatesses du français contemporain. Est-il vraiment raisonnable d'acheter des étagères qui ressemblent à des râpes à gruyère ?

Et aussi cette image (trouvée ici) qui me ravit (Dissonance):

23 mai 2008

mon neveu (oui, encore)

Il a repéré qu'en cet endroit fort fréquenté

on trouvait trace d'une équation bien connue et d'un principe d'incertitude non moins connu.

Et il s'en étonnait. Mais au fond, le on ne peut pas connaître simultanément la position et la vitesse d'une particule massive donnée doit bien s'appliquer aux RER aussi, non ?

Corollaires, commentaires et divagations:

i)- A cet endroit, on aurait pu tout aussi bien faire référence à la claustrophobie quantique; c'est, nous dit wikipedia, la tendance qu'ont les particules à vibrer frénétiquement lorsqu'elles sont confinées dans un milieu très petit.

ii)- Mon neveu: Askil est fort ! askil est intelligent ! askil est gentil ! mais je ne suis pas mécontent d’être de nouveau complètement chez moi à pouvoir me balader en toute petite tenue et écouter Varèse à fond les ballons sans craindre d’importuner un buveur de tisane « La Marmotte ».

iii) Fini cette semaine un livre parme, lu non sans une jubilation suspecte, et dont la (bonne) leçon est qu'une éducation soignée - fût-elle celle d'un prince - ne donne pas nécessairement les résultats escomptés.

28 juillet 2008

Il n'a pas cru à ma bonne conduite

Je me réjouissais déjà à l'idée de publier cette photo avec comme légende:

Ayant retrouvé toute ma souplesse, je m'exerce à la subtile gestuelle qui a fait ma réputation dans les salons

Mais c'est plutôt cette photo-ci qu'il faut publier

qui illustre plus explicitement la fin de non recevoir qu'a opposée le médecin à ma demande de libération anticipée.

Encore quinze jours à moisir dans cette gangue puante de mes deux. Est-il encore possible de croire à la quille ?

3 novembre 2008

Je ne sais pas si les joueurs de balaphon, comme les oursons, chantent "O ma Louison"...

...mais je sais de quel côté penchent les joueurs de thérémine ainsi que les chanteurs d'opéra.

Maintenant quelque chose d'Aaaaaaaffreusement méchant (dire que cette publicité pour un espace de stockage: Qu'est-ce qui est plus limité ? votre placard ou son expérience à elle ? est affichée partout à New York!)

7 juin 2009

Katyn, de Wajda

Le film de Wajda raconte autant l'histoire du massacre perpétré par le NKVD en 1940 sur les officiers polonais prisonniers que l'histoire de la mémoire de ce crime, imputé cyniquement par les Soviétiques aux Allemands après la guerre, de façon à souder dans l'antifascisme le camp des "démocraties populaires". Et il le raconte avec une grande intelligence cinématographique, avec une ellipse impressionnante entre l'avant-Katyn et l'après-Katyn, la reconstitution du massacre, à la toute fin du film, n'étant possible que grâce à l'opiniâtreté de ceux qui n'ont pas pu accepter le mensonge d'Etat des soviétiques et de leurs serviteurs polonais. Le film développe une impressionnante galerie de personnages secondaires, mais l'un des plus forts est celui d'une jeune femme qui veut ériger une pierre tombale à la mémoire de son frère avec la date exacte de son assassinat (1940): c'est inacceptable pour la police politique qui casse la tombe et supprime la jeune femme. Le film montre bien sous quelle forme le nouveau "compromis national", après guerre, s'est formé (le personnage de la proviseure, et de l'officier qui se suicide) et à quel point il a été mortifère pour la Pologne. Il montre bien aussi la connivence entre Nazis et Soviétiques dans cette volonté de casser l'intelligentsia polonaise et de réduire l'aspiration nationale (la scène de l'univeristé de Cracovie) et leur talent certain dans l'utilisation de la propagande.

C'est étonnant de voir à quel point, encore maintenant, ça résiste à l'idée de simplement rétablir la vérité: le film a été distribué de façon confidentielle en France, la presse dite intelligente a fait la fine bouche et a gênée aux entournures... Je ne cite pas le baratin amphigourique du journaliste de L'Huma, mais celui du journaliste du Monde ne vaut guère mieux: pour lui, Katyn est un film poignant et douloureux "pour Wajda" (sous entendu, qui règle une dette familiale, et c'est là sa seule excuse); le film serait nul et non avenu car il serait le p+qième avatar de cette sale manie antisémite qu'ont les Polonais... Heureusement il y a Michnik pour enfoncer le clou. Le film est plus que jamais nécessaire car je n'ai pas l'impression que le nouveau pouvoir en Russie prenne l'Histoire pour autre chose qu'une catin qui est là pour servir ses intérêts.

30 août 2009

Le temps qui reste, de Elia Suleiman.

Le roman familial du cinéaste, qui apparaît dans l'ombre dès la mémorable première scène (un taxi israélien paniquant dans les intempéries). La reconstitution de la prise de Nazareth en 1948 (par exemple, la scène où les soldats s'approprient les souvenirs familiaux dans cette vieille maison patricienne arabe). L'histoire de la Palestine comme celle de la lobotomie du père. L'histoire des Arabes israéliens (à l'école, lieu de contact et de formation; à la pêche, scènes d'humiliation douce où les pêcheurs sont sans cesse dérangés par la jeep des militaires israéliens, du pur comique de répétition, presque de la musique, ce sont les personnages rythmiques du Sacre!). La dernière partie ne manque pas de scènes fortes (la tourelle du char qui se déplace sur le jeune homme au téléphone) mais à mon sens souffre de la trop grande présence de Suleiman lui-même (où on se dit qu'il nous refait son cinéma).... Aussi: ici et ici

et pour la bonne bouche ceci vu ici

10 janvier 2007

Daratt, de Mahamat-Saleh Haroun

Vu Daratt (Saison sèche) de Mahamat-Saleh Haroun

L'histoire d'un jeune villageois à qui son grand-père aveugle demande d'aller tuer l'assassin de son père. Il devient l'apprenti de ce dernier, un boulanger vieillissant, violent mais travaillé par le remords. Le jeune homme oubliera beaucoup de choses (la levure dans la pâte à pain ; le pistolet que son grand-père lui avait remis) mais il saura devenir un homme.

Un film très fort, très simple, traversé par le grand souffle du tragique (il ya beaucoup de vent là bas), avec une description assez crue du quotidien d'une grande ville du Tchad. Qui s'abstient de tout misérabilisme ou de toute référence au réalisme magique. Qui laisse gonfler la pâte sans préjuger du résultat final (c'est important pour la boulange comme pour un film). S'il fallait absolument lui trouver des pères (ce qui n'est pas forcément une bonne idée), plutôt que chez des cinéastes comme Cissé, il faudrait chercher du côté de chez Claire Denis (pour la farine) ou des Dardenne (le Fils raconte une histoire symétrique) .... on est plus dans une boulangerie moderne que traditionnelle, quoi qu'en dise le film.

(celui-là Enn je te le recommande sans l'ombre d'une hésitation !)

14 avril 2007

Ne touchez pas la hache, de Jacques Rivette

H comme:

... Elle a touché à la hache ; il lui a mis la fièvre, à cette biatche.... (Hum, désolé, c'était irrépressible)

... le pont entre la partie où elle se refuse et celle où elle s'offre (mais comment donc Buster Keaton avait-il fait la soudure dans Fiancées en folie ?)

... Judith sortant du Château de Barbe-Bleue/ Holopherne les yeux fermés, comme Eurydice. Prête à retrouver l'enfer du monde (sa mauvaise musique - son Boccherini pour Radio Classique, awful - et ses fausses notes)

... le couperet de l'Horloge, cette grande Faucheuse

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