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29 mai 2009

La mala educación, de Almodóvar

Envie pressante d'Almodóvar(s), revu avec emoción La mala educación.

A la deuxième vision, on fait moins attention à l'histoire à la Ville dont le Prince était un enfant et davantage à l'éblouissante structure du film.

Trois strates temporelles: en 1980: l'histoire d'un jeune homme qui se fait passer pour son frère auprès d'un cinéaste pour obtenir un rôle dans son film; en 1977, l'histoire de la fin de son frère, imaginée comme un scénario de film, forcément erroné, puis racontée en 1980 (illustrée par des acteurs différents) par les vrais protagonistes de l'affaire; enfin, et c'est là le film le plus secret et le plus fort - le souvenir du film dans le film - , dans les années 50, l'enfance de ce frère. A cela il faut ajouter maintenant une quatrième strate: celle qui fait que, comme dans les films de Fassbinder, le spectateur retrouve de film en film les mêmes acteurs, et là, en particulier, ici, retrouve le cinéasted'Etreintes brisées sous la figure du prêtre défroqué, amoureux un peu gauche du cadet après l'avoir été du frère aîné, longtemps auparavant. Il est difficile de caractériser ce personnage du prêtre défroqué comme un salaud; ces strates multiples brouillent le petit confort moral du spectateur.... (et ce doit être une des raisons pour lesquelles le film a plutôt déplu).

C'est aussi un film de l'amour non partagé, comme en témoigne la scène de la piscine: désir à sens unique, mouvements de corps qui ne se rejoignent jamais, l'un debout sous l'eau, l'autre allongé, sur terre. Où le spectateur comprend inconsciemment que ces deux-là ne s'accorderont pas, que cet Ignacio qui veut se faire appeler Angel est un imposteur.... il en aura la confirmation consciente plus tard.

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9 juillet 2005

variations (1): où Mozart met la pilée à Beethoven 4 à 2


Je rappelle les règles de notre grand jeu-concours de ce soir, il faut:

  • avoir 29 ans
  • écrire au sein d'un quatuor en la, un mouvement à variations en ré majeur, mouvement qui fera l'ojet d'un vote du jury !

Qui ( roulements de timbales, majas desnudas, averse de gloubiboulga) de nos deux candidats de ce soir, Ludwig v. et Wolfgang A., va l'emporter ?

Alors là, j'arrête tout de suite, dans mon souvenir - car ce grand jeu a déjà eu lieu, c'est du différé, je dois bien l'avouer- le jeu était équilibré, Ludwig s'en sortait plutôt bien, le mouvement lent de l'opus 18 n°5 tenait la route par rapport à celui du KV 464. Et bien, je dois dire que, tout bien réécouté, avec mes oreilles d'aujourd'hui, je dirais maintenant que Wolfgang sort nettement vainqueur de notre grand jeu-concours.

La comparaison n'en reste pas moins très instructive sur les deux musiciens, écoutons donc.

Commençons par le Mozart: c'est le le 3ième mouvement du 18ième quatuor K464 daté de 1785.

Déjà, le thème est magnifique; élégamment asymétrique (8 +10 mesures), avec du relief, des chromatismes subtils, un équilibre rythmique étonnant avec cette formule entourée ci-dessous qui installe un contretemps qu'il faut résoudre, qui revient telle quelle une deuxième fois et crée carrément la surprise (forte subito). On la retrouvera plus tard (héhéhéhé), je n'en dis pas plus ici (teasing.....).

  1. 1ère variation (à 1'28"): c'est le 1er violon qui tricote (vite et bien) son fil rouge autour du thème. C'est une variation dite ornementale, dans le jargon.
  2. 2ième variation (à 2'56'', logique): le fil rouge passe au 2nd violon, du coup ça chante, ça respire.
  3. 3ième variation (à 4'16", c'est implacable): des dialogues, par blocs; ça se détricote, ça se détend, parce que plus tard, il faudra bien reconverger.... (manoeuvre subtile !)
  4. 4ième variation (à 5'44"): ré mineur. Des sextolets de doubles que l'on s'échange entre musiciens de bonne compagnie. Les rythmes pointés de la dignité outragée. Donna Anna, quoi. Au fond je n'aime pas beaucoup ce drame un peu factice (beurk, de l'opéra).
  5. 5ième variation (à 7'25") retour au majeur, avec une musique pleine d'effusion chromatique, chaude et contrapunctique à la fois. Je craque, je fonds de bonheur (enfin, il faudrait choisir).
  6. 6ième variation (à 8'44"): sur un rythme militaire au violoncelle, les 3 autres cocos complotent ensemble, mezza voce, à l'intérieur du chaudron.
  7. 7ième variation (coda, de 10' à la fin) : le rythme militaire s'élève progressivement d'instrument en instrument vers un la cadenciel, qui ne demande qu'à être résolu. Le thème est réexposé à 10'47", écoutez bien, on suit la phrase du début jusqu'à la formule magique que j'ai entourée dans le thème, qui se révèle être un raccourci pour conclure, en évitant le centre du thème (à caractère centrifuge si vous me permettez cette contradiction). Presque aussi énigmatique que la fin de l'opus 111 avec ses décélérations.

Passons maintenant à Beethoven avec son opus 18 n°5 en la de 1799. En fait, il a lu, aimé et recopié le quatuor KV 464, et il y a pensé, manifestement, en écrivant ce beau mouvement lent. Même s'il a moins d'expérience que Wolfie au même âge, ce n'est tout de même pas un poulet de l'année: il a déjà derrière lui des sonates pour piano, des trios.

Déjà le thème: il est tout simple, tout carré, c'est du 2*8 mesures, sans chromatisme ni relief tourmenté. Un thème-prétexte, comme souvent chez B.

  1. variation 1: Pas inconscient, Beethoven sait bien que son thème est nul et qu'il faut intéresser l'auditeur. Alors il écrit une variation avec beaucoup de caractère et d'humour, avec une succession de têtes baroques rigolotes. C'est une solution logiquement différente de celle de Mozart qui aime tellement son thème qu'il en respecte la lettre en se contenant de lui mettre du persil dans les naseaux (du moins, dans cette première variation).
  2. variation 2: le moment de bravoure (relative) du 1er violon (en sextolets; ça accélère et c'est une marque de fabrique de Beethoven de varier la pulsation de base: voir encore l'opus 111, c'est différent de Mozart qui garde son fil rouge rythmique inchangé). Rien à faire, un violon 1 qui fait le coq, ça me fout en boule.
  3. variation 3: accélération rythmique, clapotis du 2nd violon. Me touche surtout l'alto, qui, idéaliste tendance grave, chante un monde meilleur, au début de la seconde mi-temps.
  4. variation 4: variation mystérieuse, pianissimo, avec des successions d'accords qui s'animent de façon imperceptible. Ces enchaînements chromatiques frappent davantage l'imagination que ceux de Mozart car on ne les a pas entendus avant (c'est une bonne idée de Beethoven, ça)
  5. variation 5 (6'44"): Bastringue ! c'est la fête à Neuneu. M n'a pas tort, Beethoven c'est vulgaire. Mais que c'est drôle de voir ces marquises sauter sur leurs réveille-matin qui font dring....
  6. variation 6 (7'56"): bifurcation en si bémol une modulation, retour à ré.....cadence et thème déconstruit, liquidé. Ressemble étrangement à la fin du Mozart, en moins excitant je trouve.

Récapitulons: chez Mozart je trouve plus réussis le thème, la variation 2 (celle qui chante qui respire et qui palpite), la variation 6 (le complot sous contrainte militaire) et 7 (la fin, sublime). Mozart, 4 points.

Chez Beethoven, j'aime la variation 1 (son esprit "je casse tout"), la 3 pour l'idéalisme, la 4 pour les complots chromatiques. Et j'enlève un point à cause du bastringue. Beethoven, 2 points.

4 à 2 pour Mozart: c'est (presque) sans appel, non ? Enfin, dans la catégorie, thème et variations en ré majeur, compositeur de 29 ans....

 

21 octobre 2016

Bach/Zimmermann: Niglpassion

Mon deuxième Niglkonzert (vu du deuxième rang)

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Cette fois, une Niglpassion: Nigl en Jésus dans la première partie de la Passion selon saint-Jean; Nigl en héros de l'Action Ecclésiastique de Zimmermann; Nigl en Jésus, encore, dans Ewigkeit, du Donnerwort. Les trois oeuvres s'enchaînent, le Zimmermann est partie d'un grand tout (et peu importe l'interprétation, l'authenticité, là, c'est d'entendre Bach comme Zimmermann l'a entendu); le Zimmermann est le moment du passage de la mort (la libération du grand inquisiteur), la cantate le moment de l'acceptation de la mort. La polyphonie du texte des récitants renvoie aux dialogues à la Dickinson de la cantate. La croix, le marteau et les clous sont là, bien littérals. Concert à la fois surprenant, tripal et intelligent.

30 août 2011

Les Maîtres Chanteurs mis en scène par Katharina Wagner à Bayreuth

Un énorme merci public à Philippe 1 de m'avoir proposé la place de Philippe 2 pour les Maîtres chanteurs, dans la mise en scène surbouuuhée de l'arrière-petite fille du compositeur. Aller à Bayreuth était une sorte de rêve que je n'aurais même pas songé à transformer en réalité. Est-on ballot, parfois. 

La production de mademoiselle Wagner est gentiment moqueuse dans les deux premiers actes (les prémisses d'un concours difficile pour un chevalier, une nuit de la Saint-Jean qui dégénère en émeute) sans susciter l'hostilité. Elle prend un tout autre cours dans le long troisième acte, qui va peut-être très loin, dans le grotesque et le sarcasme, mais évite l'ennui, c'est certain (et ça m'arrange bien, c'est un acte que généralement j'ai du mal à digérer, et je comprends maintenant mieux pourquoi).  

Dans ce troisième acte, Hans Sachs, jusque là présenté comme un anticonformiste bonhomme, se transforme, à l'issue d'une sorte de crise nocturne existentielle dans laquelle il se confronte aux Grandes Figures de l'Art Allemand, en un manipulateur qui investit dans le lancement d'un nouveau produit, puisqu'il façonne pour le compte de Walther le lied du printemps, comme un vulgaire Schlager pour la télévision. La manipulation procède de la scène de crise nocturne du prélude de même que le lied du printemps procède du thème du songe (avec ses accords tournants à la Mendelssohn). Suit une scène avec Beckmesser ("Beck In Town") et avec Eva (dans laquelle Wagner cite le thème d'Isolde et celui du roi Marke: Sachs ne sera pas Marke). La beauté un peu nunuche et écoeurante, à la Chevalier à la Rose, de la scène du quintette (à 1'12" dans le lien) est mise à distance de façon radicale; Katharina Wagner fait accourir les deux petites famillles (Eva+ Walther, David + la suivante) comme des marionnettes dans les deux cadres dorés qui leur sont assignés. Suit la scène de la marche des apprentis: musique un peu bourrine et d'une gaîté un peu forcée, alors que la mise en scène convoque dans une bacchanale obscène, là encore pour mieux les congédier, les grandes figures de l'Art Allemand déjà vues dans le prélude (dont un certain Wagner, Richard en robe de chambre vermeille). La scène du concours final est beaucoup plus convaincante, et un vrai choc pour les spectateurs. A cette occasion apparaît un public reflet presque exact de celui de la salle, aux réactions mécaniques (le ballet des femmes posant de façon synchrone leur tête sur l'épaule des spectateurs aux moments d'émotion: triomphe de la cucuterie). La déception provient de ce que la Wagner ne propose qu'une alternative déprimante: la société du spectacle avec ses émotions fabriquées ou une avant-garde ridicule (Beckmesser traitant le thème du printemps comme une performance pour ressusciter les morts). L'extrême fin de l'opéra - exaltation de la germanité et des valeurs des Maîtres chanteurs - montre Hans Sachs éclairé du bas, dans le noir, alors qu'une statue énorme et inquiétante occupe l'espace à droite. Pas de symbole nazi explicite, mais tout le monde a compris qui était ce Grand Manipulateur faussement bonnasse. La lecture est déplaisante pour tous ces spectateurs qui aiment la joie un peu ronflante de ce finale et le lyrisme du lied du printemps, mais elle est sans doute légitime compte tenu de l'histoire de cet opéra, le préféré des nazis.

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Un regret: l'absence de surtitres et le postulat de base que tout spectateur venant à Bayreuth se prépare comme la jeune épousée du Cantique des cantiques. Pour le Ring, ça aurait marché, pour un opéra comme les Maîtres chanteurs qui est finalement rarement donné - je ne me souviens que de deux mises en scène - l'une à Nancy où je me suis beaucoup dépensé sur scène, à la fin du second acte, et la ch*ant*ssime production du Châtelet dans les années 90 - c'est un peu dommage. 

Quoi dire d'autre? que l'endroit est merveilleux, au sommet d'une colline verte; que la salle est comme une gigantesque tente de cirque (avec de faux cordages et un très joli bleu au plafond), comme une grande coquille avec très peu de balcons; que l'acoustique est étonnante et que l'orchestre ne couvre jamais les chanteurs. Qu'une représentation à 16h avec deux entractes d'une heure permet de rester frais et concentré vraiment longtemps. Que même si la jeune femme qui vient saluer crânement le public qui la conspue en déroulant une longue chevelure blonde déconstruit l'esprit du lieu, on a très envie de revenir.

2 avril 2011

Berg/ Wagner à Pleyel

(mercredi soir)

* Berg, 3 pièces opus 6. Ma première (Präludium) est une forme en arche (en avant, arche) de création du monde (le bruit, le rythme puis les hauteurs déterminées et quelque chose qui resssemble à une série, tous événements que l'on retrouvera énoncés en sens inverse à la fin de la pièce, le coeur serré car tout fout le camp mon bon monsieur). Ma seconde (Reigen) ressemble à un scherzo symphonique. Ma dernière (Marsch) est un gros bousin dont je comprends qu'il ferait rêver certains d'une petite pièce de Couperin, mais vaut qu'on surmonte ses réticences, surtout en concert (c'est Boulez qui dit qu'il faut ne pas hésiter à ne pas jouer les dynamiques écrites, un alto solo ayant du mal à passer sous huit cuivres). Bousin à accumulation donc, que l'on arrive à purger par trois interventions de marteau (trois séances de kiné à prescire pour le pauvre percussioniste qui passe du gong au marteau), la première parvenant imparfaitement à calmer le jeu, et la dernière coupant net un discours encore prêt à s'emballer.

* Wagner: Tristan, acte II. Le genre de musique narcotique/ chairdepoulesque dont je ne me lasserai jamais (même si l'orchestre a un peu couvert les voix des chanteurs). On préfère oublier le texte (variations sur "perfide jour/ favorable obscurité") et se concentrer sur les grandes plages de musique. Mention spéciale au solo de Brangäne (peut-être ce que je préfère dans tout Wagner) et à la déploration du roi Marke (clarinette basse et cordes graves).

(Add: réécouté le bousin partition en main; un peu du mal à tourner les pages, à certains moments, mais voir où est la Hauptstimme permet de comprendre un peu mieux le texte. Comme les moments annonçant Wozzeck (tout l'orchestre en train de monter - III, mesure 162). Je me demande (sans trop comprendre) pourquoi le thème (II, mesure 105) qui cristallise la fin de Reigen (et que l'on entend aussi renversé comme une crème):

berg

revient à la fin de la marche, juste déclenché par le premier marteau après le Höhepunkt (III, mesure 126):

berg2)

 

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1 juin 2008

Un conte de Noël, d'Arnaud Desplechin

Encore (décidément c'est le thème de la semaine) une histoire de sacrifice et de revanche du (mauvais) fils. Enfin, mauvais, mauvais, il ne faut pas exagérer, juste un peu alcoolo peut-être, même pas pédé, rien de bien méchant. Pas comme cette soeur qui pleure tout le temps et cette mère réfrigérante, de vraies poisons. Bande-son nickel, foisonnante et maline (c'est rare), à l'image du film. Mon Desplechin préféré à ce jour (et de très loin).

(J'en profite pour revenir sur ce Tombeau de Saül et Jonathan dont je parlais hier, ce chef d'oeuvre de la musique du XVIIème siècle, j'insiste, c'est vraiment à découvrir; j'ai quand même omis l'essentiel: c'est un bel exemple de revanche du fils. Ce roi David dont le Livre parlera abondamment inaugure son règne en tuant l'instrument du suicide de son père Saül, le messager alamécite, un membre précisément de cette tribu que Saül avait épargnée, s'attirant le courroux de Dieu - et la déchéance).

4 juin 2009

La loi du désir, de Almodóvar

Je continue la série des Almodovar avec La loi du désir qui est peut-être celui que j'ai le plus souvent vu... cette fois-ci je le trouve franchement mauvais! et très légende noire de l'homosexualité (ce qui me plaît moins qu'ill ya 20 ans, embourgeoisement oblige), comme La mala educación....

Il y a bien deux choses très réussies, un finale kitsch au possible avec pieta gay à la Schroeter; et ces blagues potaches récurrentes sur la très-bien roulée Carmen Maura, qui joue un transsexuel et suscite invariablement les "ah ben quand même! on ne dirait pas que c'en est un" ébahis de petits hétéros ibères en goguette....

C'est quand même curieux de voir ce film après les trois derniers, c'est une vraie auberge espagnole, on y retrouve une scène de La mala educación, presque à la réplique près (Maura, de passage dans la chapelle de l'institution religieuse où elle avait été choriste, jeune, se retrouve confrontée à son directeur spirituel), une histoire d'inceste (comme dans Volver) et puis comme dans Etreintes brisées, un jeu sur le doublage et une scène d'amnésie de cinéaste qui perd ses moyens après un grave accident. Ce cinéaste dont la carrière peut être cassée en deux morceaux difficilement conciliables ressemble furieusement à celle d'Almodovar lui-même, qui a trouvé brutalement (en tous cas, aprèsLa loi du désir) la clé pour tourner de vraiment bons films.

23 décembre 2005

Londres

  • Virée fructueuse (yes ! yes ! yes !) bien que comateuse (parti et revenu malade, j'ai erré de banc en banc tel une larve droguée).
  • coupole

  • Vu l'expo sur les Achéménides (l'exposition virtuelle ici vaut le coup d'oeil). Trois siècles de splendeur jusqu'à la destruction finale de l'empire par Alexandre. Des grandes frises de Persépolis avec des lions ailés, le cylindre de Cyrus (le texte qui a permis la fin de l'exil babylonien pour les Juifs), des sceaux très fins, un chariot d'or fabuleux (cf ci-dessous). En sortant, tombé en arrêt devant les kilomètres de frise assyriennes, plus anciennes: notamment la chasse au lion d'Assurbanipal.
  • patin

  • Visité Linley house mais pas Spencer House (j'ai confondu St-James Square et St James Place)....
  • patin

  • Salué Madame Moitessier (à qui j'ai passé le bonjour de Philippe(s)) et découvert les rivières lumineuses de Constable.
  • VA

  • Eu une discussion passionnante avec un indigène âpre au gain.
  •  

    21 décembre 2005

    Diane Arbus: Revelations (au V&A)

    Vu l'expo Arbus au V&A. Une collection de monstres: déplaisant et impressionnant.

    I want to photograph the considerable ceremonies of our present because we tend while living here and now to perceive only what is random and barren and formless about it. While we regret that the present is not like the past and despair of its ever becoming the future, its innumerable inscrutable habits lie in wait for their meaning.... These are our symptoms and our monuments. I want simply to save them, for what is ceremonious and curious and commonplace will be legendary.

    (je recopie car c'est beau comme du méta-blog)

    papa maman et le petit prince

    La visite que je faire à mes parents dès demain, une cérémonie considérable de notre présent ?

     

    8 août 2006

    Je me souviens de la belle province (2)

    t de ce déjeuner où j'ai pris du bison plutôt que du caribou du Nunavut dans mon hambourgeois

    (C'est mou, c'est mou ce blog.... jamais je n'arriverai à faire aussi incisif pour mon retour de Montréal que ce retour de Marseille.....il est temps que ce blog se mette à manger du bison):

    (ceci est un subtil teasing pour faire attendre photos + d'athlètes + gay + nus)

    9 mars 2006

    le 2ième mouvement de la 93ième symphonie de Haydn

    Retour au 2ième mouvement de la 93ième symphonie de Haydn, qui décidément rentre très bien dans le CadreEtroitDeMaTrèsStricteLigneEditoriale. (soyons clairs: ce qui suit va être long et encore plus abscons que cette sentence liminaire).

    Quelle musique drôle, concise et variée ! Comme on y respire bien ! Quelle invention dans la forme - à la fois maîtrisée et énigmatique ! Vignal y voit une forme sui generis, qui tient du rondo et de la variation ; il note que le thème revient à 5 moments dans le mouvement, à chaque fois à la tonique (sol majeur), le plus souvent par blocs de 4 mesures, les deux premières, non variées, restant à la tonique (sol majeur) , les deux dernières menant à la dominante (ré). Tout cela est vrai, mais je trouve que c'est un peu court; on ne comprend pas vraiment l'architecture d'ensemble (qui est à la fois cohérente et variée), le pourquoi du prout (ce qui est très très embêtant), ce qu'il y a dans les parties intermédiaires....

    J'aurais bien aimé rééditer le coup de force tenté avec le finale du KV428, y voir une forme sonate, pour changer. Ce n'est pas complètement convaincant (il manque le voyage tonique- dominante et sa résolution) mais je me lance à l'eau (je sais, ça fait topoguide, mais j'ai fait le travail et il ne faut pas gâcher). Je vois trois parties dans le mouvement (les numéros de mesures renvoient à la partition)

    I- Un thème ironique, tout simple, qui a du mal à décoller du sol (4 modules, mesures 1 à 29, jusqu'à 1'54"):

    • mesures 1 à 8: 4+4; deux voyages de sol à ré, l'un via do, l'autre via si mineur. Le tout exposé très simplement au quatuor à cordes. Une musique déjà un peu ironique, empesée avec ses rythmes pointés, pleine de silences.
    • mesures 9 à 16: 4+4; strictement la même chose, mais en orchestre, avec l'ensemble des cordes, pianissimo, et un basson un peu narquois.
    • mesures 17 à 22: 4+2; ça ressemble à un coup de gueule haendelien en sol mineur, forte subito, avec timbales - le grand jeu, quoi- , mais c'est bien un dérivé du thème : même rythmique perruquée, mêmes intervalles, même matériau, une petite fixation sur les trilles pour finir.
    • mesures 23 à 29 : 4+3; retour du thème proche de l'original, mais avec une nouvelle variante qui permet d'aboutir en sol (la bonne idée !) et de clôre ce qui sinon serait sans fin. Avec un petit appendice de 3 mesures qui sera promis à un brillant avenir (27-29), des sauts d'intervalle importants qui dilatent - un peu - le temps. Des triolets (nouveauté !) introduisent autre chose:

    II- On va à l'opéra (on dirait un développement, jeunes gens) (mesures 30 à 60; à 1'54")

    • mesures 30 à 43 : des bouffées de chaleur, des triolets, un hautbois qui chante éperdument et se fait relayer par ses petits camarades. Une installation qu'on pourrait croire définitive en ré (en passant par si, comme la deuxième modalité du thème), que Haydn désamorce subrepticement. Les triolets prolifèrent, avec des petites notes que l'on retrouvera.
    • mesures 44 à 51 (4+4) : retour du thème dans sa première moûture (4 mesures), mais infecté par les triolets. Puis 4 mesures modulantes, toujours sur le thème, allant vers si bémol.
    • mesures 52 à 60 (8) : retour de la cavatine avec le hautbois en mineur; triomphe des triolets et des petites notes, on va vers ré.....

    III- On liquide tout (ça sent la réexposition, non ? en 2 époques, mesures 61 à 88) (à 3'39")

    • mesures 61 à 70 (4+6): Retour définitif à sol majeur. Le thème est exactement comme de 23 à 30, mais infecté par les triolets (salauds de triolets !) et avec un appendice qui double de taille (avec le hautbois opératique qui s'invite au-dessus des sauts d'octave). Mais le meilleur est encore à venir.
    • mesures 71-73: dernière apparition du thème, dans sa deuxième modalité, mais contractée (ce sont les mesures 5-6 et 8 qui sont fusionnées, Haydn évacue la complication savoureuse du passage central en si mineur (un peu comme à la fin des variations du KV 464). C'est fortissimo (pas comme au début) et inondé de triolets.
    • Mais manque de bol ! ce tortillon conduit à ré ! et pas à sol ....On va se perdre sur cette descente, qui est disséquée et ralentie, jusqu'à arriver à ce dialogue d'une extrême délicatesse entre violons et flûtes, au bord du rien (ces silences sont constitutifs du thème initial)...
    • ....quand le basson (mesure 80) redonne de l'élan et du carburant avec son prout do grave, qui permet de conclure, avec force trilles et éclats de rires. Retour au pianissimo et à l'atmosphère chambriste du début.

    Je mets ce beau mouvement à la fois dans la radioblog canal historique (en compagnie du ©prout du Chant de la terre), et, promo !, dans la radio-Haydn avec le 1er mouvement (qui déménage aussi).

    27 juillet 2012

    Lenk Grindelwald

    Une traversée est-ouest reliant plusieurs vallées descendant vers le nord, vers l'Aare et le lac de Thoune. Devenant de plus en plus impressionnante au fur et à mesure que l'on approche du massif de la Jungfrau. Via:

    • Lenk/ le haut Simmental. Un vieux souvenir de vacances, 35 ans plus tôt (dans un chalet où des français impertinents avaient dessiné dans le livre d'or une râpe à fromage avec des pièces de monnaie tombant). Le cimetière protestant (le chaînon manquant entre nos cimetières et le cimetière juif de Prague). Les vaches du Simmental. Le distributeur automatique de fromage (avec la caisse accessible pour pouvoir se rendre la monnaie). Le cirque karstique et les Siebenbrunnen. La vallée d'Iffigensee (il faudra que je retrouve chez mes parents la photo de mon oncle cet été-là)

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    • Le Hahnenmoospass. Une montagne à vache fort aimable. Toute l'infrastructure qui couronne le col n'était pas là dans les années 70. Le bidule qui fait fureur ici est le modélisme.
    • Adelboden: le "Trottiland". Dès que nous entrons dans la vallée, nous sommes assaillis de trottinettes (qui sont montées en téléphérique). Un feu rouge à trottinettes (aux horaires du bus postal). Une voie pour les vélos, une pour les trottinettes, une pour les piétons. Adelboden est renommée pour sa source d'eau minérale, c'est une aimable bourgade étagée 50m au-dessus du torrent. Nous logeons à l'entrée de l'Engstligental, 50m au-dessus du torrent, mais de l'autre côté.

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    • Le Bunderspitz: c'est un massif très visible de loin, avec deux cols accessibles au randonneur, vers 2400-2500m pour passer dans la vallée de Kandersteg. Celui que nous empruntons, le plus haut, me rappelle le col des Grangettes, une montée sans histoire donnant sur un à-pic peu engageant. Vue magnifique sur la balade du lendemain et les premiers sommets "sérieux " de l'Oberland. Descente d'Allmenalp par un téléphérique antédiluvien, comme accroché par une corde formant un angle très aigü avec la paroi. Il faut verrouiller soi-même la cabine et appeler la station d'en-bas pour qu'ils fassent descendre la cabine...
    • Kandersteg: une grosse station sur une ligne de train fréquentée, qui relie Spiez à Brig (via un tunnel qui traverse la ligne de partage des eaux Rhin-Rhône). Pleine d'anciennes splendeurs. Les Japonais adorent, apparemment. La densité de scouts est aussi assez inhabituelle, il y a un espèce de congrès mondial dans la vallée.
    • Le Hohtürli (la haute petite porte, 2778m). Magnifique montée, d'abord le long d'Oeschinensee, un lac canonique à sapins et eau turquoise, ensuite dans un alpage puis le long d'une moraine. Aucune difficulté de ce côté. De l'autre côté (vers le Kiental), c'est une autre affaire. Il y a en particulier un long escalier très raide (avec cordes pour s'assurer) sous une corniche d'où ont la mauvaise idée de choir quelques cailloux. L'un deux tombe très près d'une jeune femme qui monte, ce qui rend hystérique un touriste suédois. Du coup (et sur son conseil mal avisé), nous redescendons le corps face à la montagne (à l'envers, donc), ce qui est une très mauvaise idée car l'escalier est vraiment très long. Un peu plus bas, la vue est immense, portant au-delà du lac de Thoune. La descente dans le Kiental est interminable et nous faisons une halte dans une gargote où un gros chien noir a une furieuse envie de jouer avec tous les randonneurs venus se protéger de la pluie. Nuit à la pension Golderli, confort sommaire mais nourriture délicieuse et vue de rêve.

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    • Mürren. Journée plus calme, pendant laquelle nous ne faisons qu'un bout (aller retour à la Rotstockhütte depuis Mürren) de ce qui était prévu (Kiental-Mürren via la Sefinenfurgge; vu l'expérience du Hohtürli, aucune envie de recommencer à stresser). Impresssion paradisiaque de plateau d'Emparis: une balade sur un plateau très fleuri devant un paysage de glaciers, comme à portée de main.

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    • Lauterbrunnen: le village dans le bas de la vallée en U, sur la ligne d'Interlaken. Les touristes chinois.
    • Dernière étape, l'une des plus courues: Wengen-Grindelwald. Devient impressionnant à partir de Wengenalp, d'où l'on revoit Sefinenfurgge. Le piquenique sous le bosquet, face au trio magnifique (Jungfrau, Mönch et Eiger). La cohue à la Grosse Scheidegg. Le ciel qui s'obscurcit en un rien de temps. La paroi de l'Eiger. L'hôtel et les touristes asiatiques (japonais et thaïlandais). Le temple dont la porte est à ouverture automatique (terrifiant)
    13 novembre 2014

    Un War Requiem à Southbank

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    Il ya des oeuvres avec lesquelles on n'accroche pas, on ne sait pas pourquoi, et pour lesquelles, on ne sait pas non plus pourquoi, le déclic se produit. Cela a été le cas pour moi avec le War Requiem à Londres ce dimanche dernier. Peut-être à cause de la mise en condition de ce jour un peu spécial du Remembrance Sunday, où c'était difficile d'échapper aux poppies (photo).

    Il y avait deux War Requiem programmés le même jour; même si l'oeuvre a été créée pour commémorer la destruction de Coventry, je trouve plus conforme à son génie de lui associer le souvenir de la Grande Guerre. Le War Requiem de Southbank (dans l'immense Royal Festival Hall) était précédé d'un petit film très excitant sur sa préparation. Il faut dire que l'oeuvre est en soi presque déjà un projet de société, qui mobilise un grand orchestre, un immense choeur, un orchestre de chambre (placé à la droite du chef, à l'extrême droite du plateau); un choeur d'enfants (très jeunes et très dissipés, se tortillant dans tous le sens pendant l'heure et demie que dure le Requiem, et dirigé par une jeune femme placée avec l'orgue dans une tribune). Et trois solistes, aussi jeunes que la moyenne des interprètes (l'orchestre de la Royal Academy of Music), et comme le veut la tradition, de trois nationalités différentes: une Moldave, un Anglais et un Allemand.

    A la soprano le redoutable honneur d'affronter les grandes masses orchestrales et chorales pour la partie en latin, aux deux hommes la confrontation avec l'orchestre de chambre pour ce qui a le raffinement d'un cycle de lieder, sur les textes du poète Owen. Les interpolations entre les deux dispositifs sont très ingénieuses et riches de sens. C'est dans ce cycle que j'ai trouvé certains des passages les plus riches: un air véhément dans le Dies irae; la longue séquence de rapprochement des ennemis (I am the enemy you killed, my friend), dans le Libera Me. Et cet air de ténor dans le Sanctus: 

     

    ....que le ténor conclut en mettant en avant le triton de la cadence qui conclut les sections a cappella des Dies Irae, du Libera Me: bifurcation mystique, clé vers l'ailleurs

     

    9 février 2012

    Encore du Kazakhstan (ce blog, ça tourne en rond)

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    -40°C à Astana, mon record personnel à ce jour

    Une petite scène comique se répète chaque matin dans le hall des immeubles de bureaux: sur un sol en marbre immaculé débarque une horde d'employés en moonboots laissant des traces de neige, de boue et de gravats. Deux employées avec un traîneau en Kärcher tentent d'effacer les traces, mais c'est un travail sans fin.

    Enfin compris qu'il ne fallait pas employer kazakh (l'ethnie) pour kazakhstanais (kazakhstani en anglais, la nationalité).

    (là-bas aussi, ça bouge).

     

    23 mai 2011

    Le gamin au vélo, des frères Dardenne

    Vu le dernier Woody Allen (qui ne casse pas les briquettes), la Conquête (que tous les électeurs de Sarkozy en 2007 ont trouvé gé-nial, c'est systématique). Non, j'ai aussi vu vu un bon film, enfin, un bon film pénible, comme souvent chez les Dardenne, dans une salle chauffée à blanc (avec des commentaires à voix haute, du genre: "Manquait plus que ça"). C'est un film qui réserve des surprises constantes, la plus faible n'étant pas l'amplitude croissante des embardées du récit: ça tangue, et sec, jusqu'à la fin.

     

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    8 mai 2011

    Je veux simplement que vous m'aimiez, de Rainer Werner Fassbinder

    Un petit film passionnant qui m'a déprimé plus qu'il n'était raisonnable. Voir un beau jeune mec blond ligoté psychologiquement par sa relation à ses parents, dévoré par ses addictions et finissant dans une carrière d'imposteur, à la Jean-Claude Romand, c'en était assurément trop pour moi, pour des raisons qu'on ne va pas creuser ici. Plaisir, tout de même, de repérer 1) la mère de Fassbinder en bourgeoise pressée qui grille une place au héros dans une queue, et 2) le mec/souffre-douleur de Fassbinder de l'époque, Armin Meier, dans le rôle du gentil contremaître.

    (C'est une des qualités du film que de ne pas "cointégrer" toutes les formes d'aliénation; on nous épargne ici la critique des banques (pourtant aux premières loges dans cette histoire de surendettement) et du patronat du BTP (qui ressemble au management de la SG depuis Kerviel, ils passent leur temps à insister dans le film pour que notre beau blond prenne des vacances)).

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    6 mai 2011

    Un Mare a Mare centre

    Un grand bol d'air:

    J0: Pont de l'Abatescu - Serra di Fiumorbu. Une montée au-dessus de la plaine orientale, dans la forêt. Le coup de fil. Fati. Le gamin avec une perruque de blonde. Dr House. Le fromage corse qui pue. Le village en face, au sommet de la colline.

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    J1: Serra di Fiumorbu- Catastaghju. Encore une balade de crête. Matinée radieuse, ça se couvre vite. Un endroit mal balisé. Une clairière. Le torrent et l'usine hydroélectrique. Les Allemands qui se baignent tout nus, même que les gens d'ici leur collent des pruneaux. La très-bavarde et très-étonnante Mme Paoli. Le Rescue, les fleurs de Bach. Plus belle la vie. L'accident du fils. Un froid de canard.

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    J2: Catastaghju - Cozzano. Encore une aube magnifique qui va dérailler. La cascade. Les torrents ne sont pas si méchants (contrairement à l'an dernier). La bergerie avant le col. La dernière vue sur la plaine orientale. La Bocca di Laparo: là où le Mare à Mare coupe le GR20, la ligne de partage des eaux. L'orage. La grêle. La piste. La salamandre. "Où sommes-nous, quel temps fait-il?" Les enclos à cochons. La verte vallée du Tavaro. Le monument au morts avec Don Antoine et Jules François de Jean Dominique. L'hôtel à Cozzano.

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    J3 Cozzano- Guitera les Bains. Il pleut, et franchement. Sur la route de Zicavo (surtout, penser caveau de famille et surtout pas Zevaco) avec P et G. Zivaco: le mariage royal, le gisant du monument aux morts, les terrasses. Le pont devant la cascade. Le chemin à côté du mur en pierres. Le pont au-dessus du ruisseau, où je fais le singe. La trouée sur Zicavo. L'adoration du cône. La traversée du Tavaro. Devant Dumé's Café, le bain d'eau chaude sulfureux. Les gambettes de ces quatre messieurs immortalisées. Le chemin qui monte vers Guitera. La verte Normandie. Le gîte de Paul Antoine (excellente cuisine, très beau gîte). Encore et toujours, la présence réelle: "Elle touche Castro, il existe vraiment".

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    J4 Guitera- Quasquara. Prévisions météo apocalyptiques; temps très venteux, un peu humide, mais pas désagréable du tout, finalement. Passage d'un petit col, vues sur une nouvelle crête: on est sur l'autre versant de cette vallée du Tavaro que l'on traverse en oblique. Les beaux châtaigniers. Frassato. Le joli et aimable joggeur. La glycine. La boîte aux lettres avec 25 noms (pour une petite maison). Le gîte de Quasquara: encore un endroit très recommandable, accueil sympathique, excellente cuisine, splendide salle de bains (le reste va être rénové). La vue sur le tombeau. Glee (mi piace).

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    J5 Quasquara Col Saint Georges. Temps magique au lever du soleil, qui va se gâter. Grimpette salée pour atteindre Bocca di Foce: panorama sur le Monte Retondo et les montagnes du nord. La vue sur l'aéroport (on l'a vu! mais que de nuages). La balade de crête. Les motocrosseurs. Théorème: il n'y a pas de plats: il n'ya que des grimpettes, taillées dans la ligne de plus grande pente, et suivies de descentes équivalentes. Les bruyères (géantes!) et les arbousiers. Le Col Saint Georges. La nappe est propre, pas les taies d'oreillers. Les braiements cosmiques de l'âne. L'auberge rouge.

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    J6 Saint Georges-Porticcio. La mort de Ben Laden. Après le col, ça remonte, pas longtemps. Le tronc commun avec le Mare Monti Sud. Les vues sur le golfe d'Ajaccio, sur Sainte Marie Siché et sur les montagnes du Nord (magnifique). La descente, finalement. Le vent. La route en corniche. La descente vers Porticcio: la villa en hauteur, la tour génoise.Notre pique nique déclenche une averse. Le cimetière. La voiture de Madame Mère.

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    20 février 2011

    De retour de chez les Turcs

    .... avec que des photos moches, pour changer.

    24 heures sur la rive européenne du Bosphore à guetter l'Asie:

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    puis 24 heures à Ankara, où j'avais peur de rester ankaraf, mais qui s'est révélée plus plaisante qu'attendu. C'est une très grande ville (6 millions d'habitants), posée sur le haut plateau d'Anatolie à plus de 900m d'altitude, qui donne l'impression d'une ville rationnelle ....

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    ...après le grand bazar d'Istanbul

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    30 janvier 2011

    - Et mes fesses? tu les aimes, mes fesses?

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    Je me suis finalement décidé pour l'alto A, qui a su me convaincre - lentement mais sûrement - de ses multiples qualités sonores et visuelles. Il vous offre ici en exclusivité mondiale la vision de son élégant dos moiré. N'y voyez en aucun cas la marque de mépris d'un Pigumariusu de noble et nippone souche énervé par trois semaines de tergiversations.

    26 novembre 2010

    En présence d'un clown, d'Ingmar Bergman

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    Des nouvelles post mortem d'une vieille connaissance qu'on a beaucoup aimée, et que l'on retrouve à son meilleur en nous parlant de musique. Le portrait d'un fou qui ne l'est pas tant que ça, un peu falstaffien, et qui se révèle très expressif pour parler à son médecin du moment où Schubert "coule", du moment où tout s'effondre pour lui. Cette empathie pour le dernier Schubert, entre la catatonie du Leiermann (et encore, on s'arrête avant l'arrivée de la voix) et l'enthousiasme délirant et suspect du finale de la IXième, fournit la matière d'une séance de cinéma qui, interrompue par un incendie (dans cette maison cernée par une tempête de neige) se transforme en un moment chaleureux et vivant de théâtre, auquel participent les spectateurs, de façon inattendue. 

    14 novembre 2010

    à défaut d'escalopes, quelques coupoles milanaises

    Pas très loin, donc, de l'épicentre des coupoles:

    San Lorenzo (celle avec les matronées)

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    Santa Maria della Grazie (celle avec le cenacolo invisitable)

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    San Satiro (btw, curieux de savoir quelle a été la trajectoire de ce saint Satyre) (celle avec le trompe l'oeil de Bramante)

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    Saint Ambroise, chapelle Saint Victor

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    et puis évidemment la galerie Victor Emmanuel

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    5 septembre 2010

    Oncle Boonmee, d'Apitchapong Weerasethakul

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    Un film qui convoque les esprits, dans une lumière crépusculaire. Un film, doux et régénérant, sur la mort, les vies multiples, sur la jungle des films passés et à venir ….sur ce que certains (pas moi), ailleurs, appellent la vie éternelle et d’autres plusieurs vies… Une marche vers une grotte, une enveloppe corporelle vidée, un réveil dans la clarté forment une séquence magnifique qu’on n’est pas près d’oublier (comme celle, digne du Pasolini le plus bouffon, qui associe une princesse laide et un poisson chat).  Oncle Boonmee est plus limpide et simple à suivre que les précédents films du réalisateur ; il guide le spectateur avec une trame linéaire centrée sur le personnage du vieil homme, sans la cassure des diptyques, mais avec des surprises et des ruptures de ton qu’on ne va pas dévoiler ici, notamment l’extrême fin, à la fois drôle et énigmatique. Et je suis particulièrement sensible à ce que je crois être la bonté – la douceur – de ce réalisateur (la belle scène dans les tamariniers, les scènes de dialyse qui ont tant déplu aux impatients, dans cette salle hostile où j’ai vu le film).

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    3 août 2010

    Londres

    Trois grands moments:

    • Retour à la boîte à chapeaux géante avec ses dragées fuca pendues au plafond. Ce soir, pour le prom 18 et l'Orchestre des jeunes australiens, l'ambiance est franchement à la fête. Autour de moi, ça picole à peu près partout: notamment dans ma loge, où trois quinquagénaires sont bien décidés à fêter à l'entr'acte l'anniversaire de l'un d'entre eux. La décoration est franchement débonnaire avec ces velours rouges avec l'écusson RAH en gothique, et avec, au centre du parterre, là où les gens sont debout, le clou: un mini étang avec fausse grenouille très verte; je n'arrive pas à décider d'où je suis s'il y a de l'eau ou pas. Début de concert poussif, mais la 10ième de Chostakovitch me réveille tout à fait; je n'avais jamais vu à quel point Dimitri (DSCH, hystérique) faisait du gringue à une certaine Elmira (EAEDA, le beau thème placide du cor, droit comme un I) dans le troisième mouvement.
    • Kew Gardens: l'endroit rêvé pour assouvir sa passion des plantes, de toutes les plantes! J'adore, à deux réserves près: on entend tout le temps des bruits infernaux d'avions (Heathrow est tout proche) et le gazon anglais n'est plus ce qu'il était (c'est tout jaune! le sustainable development, c'est bien, la tradition du gazon anglais, c'est mieux!)
    • Hampton Court Palace: pour les cheminées Tudor, le cabinet Wolsey,les Mantegna et les merveilleux jardins....

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    7 juillet 2010

    Camp d'Argent Sospel

    Descente par les crêtes; paysage étonnant de Pyrénées Atlantiques, vert avec une belle forêt de sapins. Le col de Turini et ses colonies de vacances. En haut des remontées mécaniques, un vieux berger avec son parapluie et un beau sourire nous annonce - à tort - de l'orage. Chaque nouvelle crête est plus basse que la précédente. Vers midi, nous voyons enfin Sospel à la cime du Simon (vers 1400). On voit bien aussi le beau U très évasé du col de Castillon qui va vers Menton. Brusquement, nous entrons dans un maquis avec genêts et lavande. Descente vers un vallon très étroit, celui du Giou. Après le pont, je rentre en sidération à cause d'un serpent et nous perdons le chemin (une scène quasi-mythologique). Pendant une heure et demie, c'est la panique: nous cherchons le passage dans un un terrain de plus en plus instable, très escarpé et tout en éboulis, avec des arbres qui parfois cèdent quand on s'y accroche. A un moment, la vallée devient un vrai canyon: nous décidons de remonter à pleine pente..... et nous finissons par retrouver le sentier, qui en fait est très bien tracé. Arrivés dans la vallée de la Bévéra, nous finissons en stop. A Sospel, nous comprenons que l'Auberge provençale (très bonne adresse, chef allemand qui aime le camembert) est 2 km au-dessus de la ville, sur la route du col de Castillon. Vue magnifique sur la ville.

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    6 juillet 2010

    Refuge des Merveilles Camp d'Argent

    Cela se couvre très tôt le matin; nous sommes au pas du Diable à 9h30 (où deux chamois se détachent particulièrement bien, sur une crête, et où je reçois deux SMS - encore des démissions + ma mère), il fait grand ciel bleu et à 10h, ce sont des grands nuages noirs qui envahissent tout le paysage. La balade d'aujourd'hui est très courte, nous descendons de col en col en prenant la corde la plus courte (toujours les histoires de concavité). Les troupeaux font un raffût du tonnerre. Passage à l'Authion, plein des souvenirs de la guerre, sur l'ancienne frontière avec l'Italie. Au Camp d'argent à 14h30. Je fais du russe toute l'après-midi. Excellentes lasagnes veggie, le soir, et discussion intéressante avec une Niçoise qui ne fait pas de salades avec la vallée des Merveilles.

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