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zvezdoliki
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25 juin 2010

Montbardon- Ceillac

Depuis l'hôtel Latour (où nous avons dormi lors d'un précédent tour du Queyras, je ne sais plus quand, et que j'aime bien à cause de sa proximité avec la gare de Montdauphin), nous montons en bus à Montbardon, un hameau à 1600m, très joli et où nous avions passé une journée, lors de ce tour du Queyras passé, à attendre qu'il arrête de pleuvoir. Il fait très beau aujourd'hui pour monter au col Fromage (à 2500m) et nous montons sur la crête vers la col de Bramousse. A la petite station météo, c'est le dernier salon où l'on cause; nous discutons avec un Liégeois qui finit son tour du Queyras, qui a des lèvres comme des steaks tartares et nous raconte la tempête de neige qu'il a subie il y a une semaine et les névés de 30cm de profondeur qu'il a dû traverser. On voit de loin le col Girardin, l'étape du lendemain, et ce n'est pas engageant. Du coup, à Ceillac, nous achetons moi deux bâtons, G des guêtres. Pris le thé chez "FarnienThé". Orage impressionnant à 21h30. Nuit à l'hôtel des Veyres à Ceillac.

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27 mai 2010

Pastorale corse

Dans l'ordre chronologique, quelques photos de ce beau bol d'air frais

  • semaine 1 ( Corte- Porto sur un des Mare a mare - non, non, pas le: de mare en mare)

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  • semaine 2 (Sartenais, Alta Rocca et Bonifacio)

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Les petites phrases qui resteront définitivement associées à ces vacances:

  1. "ça m'étonnerait". (à prononcer après un très long silence, avec l'accent corsu, pour parvenir à la Dissuasion Définitive)
  2. "Et là, c'est le drame." (à prononcer avec l'indifférence étudiée d'un présentateur de journal télévisé; ça marche bien dans toutes sortes de circonstances: rayon de soleil non prévu par la météo, absence de bière Colomba dans les étalages)
  3. "Votre accent marseillais, j'ai cru que vous faisiez exprès" (savoureux dans la bouche d'une dame doté d'un très rythmique accent corse)
17 juin 2013

Une oscillation préhistorique

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Ce qui est prodigieux (et que j'ai mis bien du temps à comprendre hier) dans ce Hier sitz' ich zur Wacht, c'est ce mélange entre deux horloges. Celle du chanteur et des cuivres (binaire, héroïque bien que lente) et celle des cordes, ce halètement ternaire qui ne tombe jamais sur les débuts de mesures et brouille la stabilité de l'édifice (6 noires dans une mesure à 12/8 qui se superpose au 4/4 des autres, voir p. 154 et suivantes ici). Mélange subtil d'inquiétude et de permanence. Une idée de génie pour caractériser celui que Wagner voyait comme un animal antédiluvien.

8 juillet 2006

Faut pas s'en faire, de Harold Lloyd

Vu Why worry?, de Harold Lloyd. Roboratif et gentiment nonsensical.

Adoré 1) la scène où Lloyd déboule dans la rue et ne rencontre qu'une série de macchabées et de paysans groggy, mais sans s'en rendre compte; 2) la scène - dantesque - d'extraction d'une dent sur un géant stupide; 3) les nombreuses et (é)tonnantes utilisations d'un canon un peu ancien....

1 septembre 2007

Les Cavaliers, de John Ford

En pleine guerre de Sécession, un raid en territoire confédéré, de La Grange à Baton Rouge via Newton Station (le lieu de l'Apocalypse), à cheval. Boucherie puis charcuterie: ce sont les domaines respectifs de Section Head (John Wayne, colonel) et du Crooker (William Holder, chirurgien). Une guerre à l'ancienne, atroce mais jolie aussi, avec ses drapeaux qui claquent au vent (yankee ou confédérés) et ses cavaliers en procession. On retrouve dans Les cavaliers toutes ces trognes invraisemblables qui font le prix du cinéma de Ford: pochetrons, gamins de l'Académie ayant envie de jouer à la guéguerre, éclopés, malfrats tirant parti du désordre ambiant - tous participant du grand corps malade de la Nation américaine, sur l'une ou l'autre des rives du fleuve.

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5 janvier 2005

Il faut toujours se méfier de ses collègues:

....tiens, le petit à moustache, là, il n'a l'air de rien, mais il vaut mieux le garder à l'oeil....à moins que l'autre ne soit pire...

Toujours dans Carne tremula, de Almodovar, revu avec un plaisir sans mélange à la télé, lundi, le mot de la fin de c'est:

"Allez, on va tous faire le phoque. Hou ! Hou ! Hou !"

Je précise, ça se passe dans un taxi qui est bloqué dans un bouchon en direction de la maternité, pas dans une classe de dernière année de maternelle.

8 février 2005

autour d'un trio des Noces

A ceux qui croient encore, naïfs hirondeaux nourris au lait du Conservatoire, que la forme sonate est ce carcan académique dont les vaillants novateurs des XIXième et XXième siècle ont su s'émanciper, on conseille d'aller écouter sur la radio le merveilleux terzetto de l'acte I des Noces de Figaro de Mozart: tout le contraire de l'académisme, de la forme en action, toute vivante et palpitante. En un peu moins de 5', c'est une forme sonate aussi complexe qu'un premier mouvement de symphonie qui surgit, qui souligne finement une histoire tragico-burlesque de double sortie d'un placard. Une forme sonate, c'est cela: exposer des tensions, des dissonances, puis les résoudre, après les avoir révélées.

La situation est la suivante: à la scène précédente, Basile, manoeuvrant pour le Comte, essaie de faire chanter Suzanne en insinuant qu'elle se laisse courtiser par Chérubin. Au tout début de la scène qui nous intéresse, le Comte, qui a tout entendu, sort de sa cachette, furieux, jaloux et dominateur, prêt à tout pour confondre l'impudent Chérubin (qui, en fait, rêve à la Comtesse). Basile cherche à renforcer son avantage, à sa manière torve. Mais la scène se corse : le Comte, en racontant et mimant comment il a démasqué Chérubin, quelque temps avant, finit par le dénicher...sous un autre fauteuil. A la fin de la scène, Suzanne est catastrophée, Basile triomphe et le Comte tonne. Vous suivez ? sinon, le livret est ici..

Toute la scène fonctionne musicalement sur des idées très simples, comme toujours chez les classiques, tellement banales qu'on risque de ne pas les repérer..... Comme principaux ingrédients de la scène, j'entends la cadence fa-si bémol (qui ouvre la scène), un rythme modulant caractéristique qui revient aux moments cruciaux (associé à l'idée de manigance, on le voit sur la partition ci-dessous), un rythme pointé, plus martial et moins crucial, qui est associé au Comte (c'est juste avant).

Et maintenant, le topoguide, avec les dénivelés et tout et tout:

Exposition: du début à 1'25''. Première note: un fa.... qui est une dominante, en fait. On est en si bémol. Comique du style classique: le thème initial n'est qu'une cadence (comme le finale de l'opus 76-5 de Haydn, aussi dans la radio), pire encore, pas même une cadence parfaite. Une décadence. Je signale juste en passant (ça servira plus tard) que cette cadence intervient à la première sortie de placard (introducing le Comte)

à 2": le voilà, le comte, en si bémol, avec son rythme pointé (c'est un seigneur qui tonne, et dialogue avec les violons)

à 20": le rythme de Basile, dont je parlais, modulant, très repérable;

à 28": musique dramatique et bouffonne à la fois: Suzanne se lamente en do mineur (qui annonce fa, évidemment)

à 55": musique de conclusion en fa majeur (très romantique avec ses accents, ses chromatismes et les violons qui s'excitent, on y retrouve le rythme de Basile).

Développement

1'21": on module en ré puis en mi bémol; sur la musique de la conclusion, puis le rythme de Basile, qui nous mène en fa (fatal).

Réexposition

2'05": c'est la musique du début, mais qui prend tout son sens avec les voix (et plus seulement le Comte et les cordes). Un savoureux "quoi quoi quoi" suspensif de Suzanne, sur fa, mène à une....

2'30" ...extraordinaire cadence (à tous les sens du terme, comme dans un concerto....). Temps suspendu; le temps du récitatif est celui de la narration, du souvenir, mais celui-ci reste en cohérence avec la forme sonate: le thème rythmique cette fois-ci nous ramène à bon port, sans galéjer avec des chromatismes.....sur une cadence, qui coïncide avec la sortie de Chérubin de sa cachette (comme le Comte au début de la scène). Cosa Veggio, chante le comte, effaré: la bête est dans la nasse (en si bémol).

3'21": On est bien en si bémol, tout est résolu: Le rythme initial se retourne contre Suzanne (le Comte lance un ironique "Onestissima Signora") Suzanne est une menteuse confondue, le Comte est décidé à punir Chérubin.

Cette note est un essai, à tous les sens du terme....un peu bâclé, mais je voulais parler différemment d'une musique qui est à la fois plus primesautière et complexe qu'il n'y paraît. Je ne recommencerai pas, c'est promis. Evidemment en misérable ver de terre, je dois tout au plus beau livre jamais écrit sur la musique, le Style classique de Charles Rosen (mon idole), qui ne parle pas de ce trio mais analyse le sextuor de l'acte II, avec ses "Ciel ! Maman ! Ciel ! Papa !".

19 février 2007

Deux ou trois choses en passant sur la 39ième de Mozart (en mi bémol)

  • Dans le 1er mouvement de la 39ième de Mozart, pour peu que le chef adopte pour l'allegro un tempo exactement double de celui de l'introduction adagio, la descente des violons à l'introduction

est très exactement identique aux déluges descendants de la partie modulante de l'exposition.....

mais l'effet est radicalement différent, dans un cas c'est une longue levée en suspens (5+3=8), dans le registre piano, en creux entre deux accords pleins et royaux de mi bémol; dans l'autre c'est quelque chose de bien installé, sans ambiguïté, forte, bien inscrit dans une mesure à 3 temps. L'auditeur a l'impression fausse que ce sont deux musiques différentes, que ça va plus vite dans le deuxième cas. Cet effet d'illusion qu'on appelle l'agogique est un des ressorts préférés des classiques, les champions des trompe-l'oeil perceptifs (chez Haydn ici)..... pas totalement un hasard.

  • Autre source d'émerveillement, la variété de cette musique. Prenons en particulier les trois présentations successives de mi bémol. Celle de l'introduction, lente et splendide (cf plus haut), une musique royale à quatre temps, termine dans une incertitude chaotique terrible. Celle du début de l'allegro à trois temps, une conversation en musique, en demi-teinte, est étonnante de simplicité démocratique.

Enfin, après tout cela arrive le thème que tout le monde retient habituellement, forte à trois temps, auquel Beethoven a sans doute pensé en écrivant l'Eroica....

(zou ! dans la radio.)

7 novembre 2010

Kazakhstan #4: quelques fortes considérations culinaires

Ai mangé

  • beaucoup de cheval, sous toutes les formes imaginables (surtout de la charcuterie, en fait);
  • du lait de chameau fermenté (mais pas de kumys): ça a un goût, comment dire....., un peu trop présent et je doute que ça passerait les normes européennes
  • de l'okrochka  dans une variante kéfir + concombre + échalote + oeuf dur. C'est vraiment délicieux, et j'avoue que je préfère cette soupe froide au borchtch.
  • du tchak tchak: un gâteau très craquant (un peu comme certains tourons en Espagne) et très pénible à confectionner (c'est pour cela qu'on n'en fait que pour les mariages, au Tatarstan)
  • Et rien que pour le plaisir des yeux, une photo de mon petit déjeuner dans l'avion Almaty Astana, jeudi. La crème en haut à droite avait l'odeur et la consistance d'un shampoing à la pêche.

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7 novembre 2010

Kazakhstan #4: Astana

Jeudi, nous étions à Astana, deuxième capitale la plus froide au monde, derrière Oulan-Bator. Pluie et neiges mêlées, et surtout un vent affreux venu des steppes. Si je compare par rapport à l'an dernier (mais c'était en février et il faisait -30°C), j'ai trouvé la ville plus animée, et ressemblant moins à un chantier. Enfin, vu les contraintes climatiques, certains bâtiments commencent déjà à donner l'impression d'avoir été bâtis dans les années 50, ce qui n'est pas franchement encourageant. J'ai découvert l'existence d'une rivière (la rivière Ishim, un affluent de l'Irtych), qui est tellement canalisée qu'elle donne l'impression d'un lac artificiel. Entre deux rendez-vous, nous sommes montés au sommet de la tour Baiterek d'où on a une vue sur ceci 

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ou ceci;

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On dirait que Nazarbaiev a bien réussi sa punition collective....

7 novembre 2010

Kazakhstan #4: Almaty

Mercredi, il faisait un temps superbe et j'avais encore oublié l'appareil photo, il faut me croire sur parole quand je dis que la ville est dominée par une chaîne de montagnes enneigées (ressemblant à ceci). Vendredi, j'avais l'appareil photo, mais le ciel était couvert et on ne voyait pas les montagnes, sauf en de brèves échappées:

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25 septembre 2010

Chantrapas, d'Otar I.

Même si la plupart des critiques n'ont pas aimé, je trouve qu'il y a encore une belle fraîcheur dans ce film de vieux qui cherche la castagne (c'est souvent un film vachard, une de mes scènes préférées est celle de ces deux danseurs de tango qui se rentrent dedans avec une remarquable précision, ou cette scène où le producteur français est accueilli en Géorgie au sortir de l'avion) et/ou de jeune tête de lard qui assume de livrer un film sans queue (enfin, qui finit littéralement en queue de poisson) ni tête. Il y a un passage un peu mou au milieu (les déboires du jeune réalisateur en Géorgie), mais tout le reste (la circulation entre la Géorgie et la France, entre âge adulte et enfance, entre vie et cinéma) se voit avec beaucoup de plaisir.

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28 juin 2010

Maljasset Larche

On démarre en taxi avec les deux septuagénaires pour aller à Fouillouse (deux heures de marche sur la route goudronnée économisées). De là, montée vers le col du Vallonnet et de le col de Mallemort. Avec le premier col, on rentre dans une vallée d'altitude, immense, comme vierge, où gambadent les marmottes (un peu fofolles après l'hibernation; j'arrête solennellement de prendre des photos de marmotte, car il y en a partout, et fort peu farouches). Très peu de randonneurs. Vers Mallemort, nous croisons les ruines d'une caserne et des casemates d'altitude. Le désert des tartares. Longue descente pénible vers Larche (dans la vallée de l'Ubayette). Au refuge, nous dormons dans une chambrée de 13 avec un groupe de 11. Ils sont arrivés après nous, on leur a dit qu'ils dormiraient avec "deux messieurs" mais ils ne nous ont pas identifiés (alors que nous, si). C'est leur sujet de plaisanterie favori ce soir. La gardienne du refuge (qu'on voit au Tibet, sur une photo dans la grande salle) est une femme formidable à l'humour corrosif; une vraie montagnarde qui galvanise les troupes à l'approche du Pas de la Cavale (je flippe sa race velu, silencieusement: il faudra être fort, petit). A table, nous nous retrouvons avec trois savoyards qui démarrent leur GR5 et avec qui nous sympathisons bien.

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4 avril 2010

RER, de Besset au théâtre de la Tempête

C'est de l'histoire de Marie-Léonie L., mais aussi de Tawana Brawley, dont Besset se souvient avec cette pièce. Une pièce qui ressemble finalement assez peu au film de Téchiné: la jeune fabulatrice de Besset est franchement timbrée (elle se voit à l'Eden Roc avec un couple d'amis anglais, un certain Charles et une certaine Camilla) et sa mère (Andrea Ferreol herself) est plus gratinée que l'était Deneuve chez Téchiné (si c'est possible). Ce qui est réussi, c'est le jeu sur les apparences (cette Juive qui ne l'est pas, cet ingénieur français qui fait l'éloge de l'exportation des platanes) et le fil rouge des contingences (ce qui arrive et ce que l'on attend). Il y a des facilités dans cette pièce (les petites tirades complaisantes contre le parking de la MC 93, le couplet attendu sur les littéraires et les scientifiques....) qui est moins personnelle que l'opus précédent mais globalement, ça fonctionne bien, et c'est un très bon moment de théâtre (avec son complément obligé, important pour titiller l'imaginaire, ligne 1 jusqu'au  terminus puis navette à travers les bois pour la Cartoucherie)

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23 mars 2010

Rien, jamais, bien sûr, mais:

Je réapprends à écrire: je retrouve l'enthousiasme juvénile de mes six ans, je m'applique à régler la hauteur des jambages, je guette l'enchaînement des signes, j'ai la joie des découvertes.... Oui il faudrait peut-être que je me mette à la mescaline (où à l'intraveineuse de jus de betterave) parce que pour l'instant, ça ne reste jamais très droit, ça a une furieuse tendance à l'envolée et le résultat final n'est pas toujours très explicite:

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Par moment je trouve le mot juste:

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Quoi d'autre? Ah oui, ce week-end nous avons eu le mal de mer le menu plaisir de déchiffrer une sublime et bordélique pavane de Purcell (Z752, sol mineur, à 4). Dans le livret de mon CD il est écrit que si cette pavane est moins irrégulière que les autres (elle est constituée de 3 phrases de 12 mesures) l'auditeur "peut vérifier l'absence de phrases de quatre mesures, ce qui déconcerterait un couple vieux jeu sachant encore danser la pavane". Merci, merci infiniment monsieur Purcell de nous avoir donnés l'arme définitive contre les couples vieux jeu sachant se pavaner.

6 octobre 2009

Un petit florilège de la galerie Tretiakov de Krimskyi Val

Voici quelques tableaux très colorés qui m'ont tapé dans l'oeil lors d'une (trop) courte visite à la nouvelle galerie Tretiakov:

* Mikhail Larionov: Printemps

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* Piotr Kontchalovsky (le grand-père du cinéaste)

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* Aristarkh Lentulov: la tour d'Ivan le Grand

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* Kuzma Petrov Vodkin: le bain du cheval rouge

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* Vladimir Tatlin, reconstitution de l'un des contrereliefs

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* Casimir Malevitch, Portrait de Mikhail Matyushine

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* un des meilleurs pour la fin: Lazare Lissitzky 

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2 octobre 2009

quelques cartes postales de Moscou (postées à Paris comme ça m'arrive souvent)

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une église missile à la couleur pétard (Saint Grégoire de Néocésarée)

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un gratte ciel stalinien joliment rénové (j'en ai même vu un couleur coquille d'oeuf, ne manque plus que les putti et la Schlagsahne)

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l'église missile dans son environnement

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la Moskowa près du Christ Sauveur (l'ancienne piscine de Staline) et de la chocolaterie Octobre Rouge

3 novembre 2008

A New York, j'ai vu:

  • Une installation mémorable de Long Bin Chen: cet artiste colle des annuaires pages jaunes les uns sur les autres puis les sculpte: têtes de présidents du mont Rushmore, mais aussi bouddhas et autres créatures mi-porcines mi-tutélaires. Il dispose ces figurines-annuaires en cercle, et fait passer au milieu un circuit avec un petit train électrique muni d'une lentille (d'un rétroprojecteur ? d'une caméra?). Ce qui fait que le spectateur, enfin, vous ou moi, un peu estourbi, devenu une véritable créature de pages jaunes, se voit défiler au milieu d'autres créatures tutélaires ou porcines. Génial, non ? (ne me dites pas que vous n'avez rien compris)

  • Le pont de Brooklyn un jour de grand beau temps

  • .... et des danseuses cruche avec un arrosoir

  • De Mario Merz, deux igloos (dont un ci-dessous vu ici) et une suite de Fibonacci (au MoMa)

  • Le soir de Halloween, grosse émotion, plusieurs fausses Sarah Palin (betcha) et une superwomen en train de tirer de l'argent (hum, pas sûr d'être très doué pour les photos volées)

28 janvier 2007

Les climats, Nuri Bilge Ceylan

Vu les Climats, de Nuri Bilge Ceylan (avec des points sur les i).

Un film magnifique. L'histoire d'un homme mûr (un parfait connard écrit-on à Libé, un jugement de valeur pour le moins inadéquat), d'une jeune femme au regard d'orage dont les pleurs sont difficiles à contenir, d'une femme avec des souliers pointus, plus vulgaire, dont le rire est tout aussi difficile à contenir.

Cela commence très fort à la plage. Elle dégouline de sueur, une vraie scène d'horreur (cf photo); elle rêve qu'il va l'enfouir sous le sable; alors qu'elle se baigne, lui répète comme un adolescent les mots de la rupture; bang, elle est déjà là dans le cadre, la rupture a déjà eu lieu.

Là n'est pas l'essentiel: comme dans Uzak (découvert cette semaine en DVD, une autre splendeur) il se passe toujours des choses cruciales dans le cadre; une abeille qui vrombit, un avion qui décolle, de la neige qui tombe (comme dans une bricole made in Dubai), une noisette à la trajectoire incertaine.....le tout sur une rumeur d'orage qui gronde.

En écho au film, on peut aller faire un tour sur le site de Ceylan et découvrir sa série Turquie en cinémascope, dans laquelle on retrouve non seulement Istanbul mais aussi Aphrodisias et le palais d'Ishakpasa, près du mont Ararat, qu'on voit à la fin du film.....(un autre Symi à découvrir)

26 janvier 2009

Les trois singes, de Nuri Bilge Ceylan

Comment un chauffeur ayant accepté de se faire emprisonner par son patron finit par voir sa famille détruite.... Tout le centre du film - la longue scène de la découverte par le fils de la liaison de la mère - est incroyable de suspense et éclaire d'un jour nouveau tout ce que l'on a vu auparavant (les trajets vers la gare, les malaises du fils), sans imposer un sens. On ne peut pas en dire autant de la fin, que j'ai trouvée plus... pataude et lourdement théorique....

25 mars 2009

La fille du RER, d'André Téchiné

Un film de Téchiné réalisé à partir de l’histoire de Marie-Léonie L, en 2004. Le problème est que le spectateur se souvient parfaitement de ce qui s’est passé – et l’aspect le plus intéressant de l’affaire Marie-Léonie était sans doute l’emballement médiatique qui a suivi (escamoté ici), plutôt que la mythomanie de l'héroïne (qui était moins lourde que celle d’un Romand, par exemple). Du coup, le film se concentre sur l'avant et l'après du mensonge, avec l’histoire amoureuse de Jeanne (la Marie-Léonie du film) et sa relation complexe avec une famille de grands bourgeois juifs. Autant l'histoire amoureuse (avec Duvauchelle) est plutôt du bon Téchiné (bien qu’un peu convenu; mais j'aime entendre Duvauchelle dire de Dequenne qu'il n'avait jamais rencontré "une fille aussi soumise"), autant j’ai trouvé l’histoire de la famille juive franchement mauvaise… (Ronit Elkabetz en caricature d’elle-même, le personnage de Demy sans aucune consistance, des dialogues sursignifiants). J’aurais bien aimé aimer, mais c'est raté.

31 mars 2009

Un chat, un chat, de Sophie Fillières


Vu avec le chat, ce qu’il faut bien appeler Un chat, un chat. L’histoire d’une jeune femme écrivain en panne d’inspiration filée par une jeune fille un peu fêlée. C'est à éviter si on n'aime pas les blagues lacaniennes à deux balles et si on ne supporte pas le charme subtil des khâgneuses-à-côté-de-leurs-pompes. Lors d'une crise de somnambulisme, Chiara Mastroianni fait un gâteau sans s'en rendre en compte, en saccageant le frigo et les oeufs de sa mère - ça m'a fait pleurer de rire (je préfère ne pas creuser). Allez soyons fou, vivons dangereusement, après tout je ne serai pas tout seul à me faire lyncher, écrivons-le: il m'a plu, ce film.

(A la sortie, nous avons vu un spectateur en état de choc, un peu sur le mode du spectateur d'opéra livide après la dernière production Mortier....: "Mais tu te rends compte! A ce point RIEN dans un film!", avec bobonne en train de préparer la seringue: "Allons, allons... calme-toi, Philippe".) Je vous aurai prévenus: il est dangereux, ce film.

 

25 mai 2006

Mildred Pierce, de Michael Curtiz

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L'amour monstre d'une mère pour sa fille ; l'ascension et la chute, à la César Birotteau, d'une chaîne de restaurants. On l'aura compris, Mildred Pierce est l'Ancien Testament, la matrice de Volver (enfin vu ce soir).

Le visage de Joan Crawford, comme celui d'une star du muet : l'écran sensible sur lequel s'écrivent toutes les émotions possibles. Tous les autres personnages, aux rôles distribués dès le début, sont bien pâles ou veules à côté d'elle.

28 mai 2006

Ronde de nuit, d'Edgardo Cozarinsky

Et quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre....

Vu Ronde de nuit au Brady (hihi). Une nuit d'un tapin, Victor, à Buenos Aires. Une nuit de plus en plus menaçante, d'où surgissent les fantômes du passé. Le film oscille entre l'euphorie (quand Victor est debout avec d'autres sur un camion, sous les illuminations) et la terreur (la mort est prête à surgir de partout - par exemple des moments de tendre intimité ; ainsi, le retour de la femme aimée devient le pire des cauchemars, juste avant l'aube). Deux anges gardiens veillent sur Victor : un commissaire amoureux et une marchande dans la rue, sortie tout droit d'un film muet, qui arrose ses fleurs au pistolet (sur une bande-son de sirènes). Après la nuit, la joie sans tache du matin: Victor expédie deux petites vieilles rigolardes au cimetière de la Chacarita (en autobus), puis se fait un petit foot avec les gamins du coin (et une pelota d'ordures).

C'est aussi un portrait sensible de Buenos Aires, sur fond de tango. Un très bon film, vivant et savoureux.

26 juin 2009

Fais moi plaisir, d'Emmanuel Mouret

Les pouvoirs étonnants d'une lettre à une inconnue. Le film commence comme du Lubitsch (ballet de doigts de pieds, service express) et continue comme du Blake Edwards (grande party). Beaucoup de scènes très potaches et drôles (l'ascenseur qui refuse d'obéir, les toilettes art contemporain + Mozart). Une séquence un peu ratée (avec les 5 demoiselles). Belle utilisation des musiques cloisonnées dans chaque espace. C'est pour moi le film de Mouret le plus réussi, le plus drôle et celui qui va le plus loin dans le registre du conte et du songe (à la After hours)

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