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zvezdoliki
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2 octobre 2012

2e2m au Goethe Institut

Si je résume ce qu'a dit la modératrice, il y avait au programme de ce concert 2e2m deux "valeurs sûres"....

* Henze avec des pièces inspirées du folklore styrien (Neue Volkslieder und Hirtengesänge, pas inoubliable) pour petit ensemble

* Grisey avec Anubis et Nout, une pièce pour saxophone en deux morceaux, l'un plus rythmique, l'autre cool et prophétique, avec des multiphoniques)

... deux "petits jeunes" ....

* Simon Steen-Andersen avec History of my instrument pour harpe seule. Une pièce comme on en voit rarement au concert, avec peu de musique mais des effets vidéo très drôles jouant sur la surface de la harpe (et il y avait aussi une petite harpe en plastique rose Hello Kitty, qui m'a bien fait envie).

* Fabien Lévy avec Dr B, une pièce pour baryton et basson, d'après le Joueur d'Echecs de Zweig. Là aussi une pièce "impure", qui joue sur l'antagonisme entre les deux personnages (hoquets, déplacements sur l'échiquier et pantalons blancs et noirs). Ce n'est pas faire injure au musicien que de préférer A propos.

.... et un fil conducteur, die Zeit rennt, une pièce électroacoustique d'Adamek jouée entre chaque morceau, à partir d'éclats de voix (c'est une pièce qui n'a fait tousser personne mais qui a libéré la parole dans le public, qui avait sans doute des tas de choses à dire) 

 

 

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24 mars 2016

France -Angleterre au TCE

Match franco anglais ; à la mi-temps c’était mal parti pour la France, car Purcell (Didon, Fairy Queen) écrase de son génie Lully (Amadis). En deuxième partie, c’était plus équilibré entre Rameau (Pygmalion) et Haendel (Jephta, Semele). En bis, Where’er they walk de Semele, un air d’Acis et Galatée, puis de nouveau l’air de Pygmalion. Un concert contre le Brexit… ne partez pas, messieurs les Anglais !

Didon : ouverture à vagues, grande classe. L’histoire de la musique aurait pu s’arrêter après One charming night (« than a hundred lucky days…. than a thousand, thousand several ways »)

Pygmalion : Ouverture très excentrique, avec des sextolets rapides (6 et parfois 3 +3). Deux airs : un air à flûtes, et un air à silences et virtuosité haendelienne (Lance tes traits dans nos âmes, pris à toute vibure).

Grand art de Bostridge, français impeccable, tension et élasticité de la ligne, silhouette longiligne qui rappelle Cuénod. Concert très euphorisant.

1 juin 2014

Suite de l'éphéméride

* Dimanche: Dissonances à la Cité Philharmonie 2: Dutilleux (Ainsi la nuit et surtout Mystère de l'instant, magistral). La 1ère de Brahms, jouée très vite et très vert, à la Beethoven. On a l'occasion de vérifier (puisque c'est tout frais) que le mouvement lent en mi est dans le même rapport avec le 1er mouvement en ut mineur que dans le 3ième concerto de Beethoven. Dans le finale, Grimal et sa bande marquent beaucoup les contrastes de tempi (le choral un peu lent, le animato très vite, et le piu allegro final foudroyant, une joie délirante, cosmique, toute beethovenienne)

*Lundi: l'inloupable quatuor Jerusalem aux Bouffes: opus 76 n°4 de Haydn, opus 18 n°3  de Beethoven, 3ième quatuor opus 73 de Chostakovitch. Le Chostakovitch est un gros machin à programme en lien avec la Grande Guerre Patriotique, 1er mouvement néo-classique un peu ironique, 3ième mouvement motorique et spectaculaire, emplissant tout l'espace des Bouffes du Nord, 4ième mouvement en Requiem avec plainte à l'alto. Le Beethoven ne m'a pas fait forte impression, en revanche le Haydn.... J'avais bien en tête le 1er mouvement ("lever de soleil") mais c'est le mouvement lent qui m'a semblé génial. Rosen le voit en forme sonate mouvement lent en 2 parties, avec réexposition en mineur à 36 (une pratique déjà désuète écrit-il), Vignal le voit en 3 parties (la seconde commençant à 36 et la réexposition à 52). On ne va pas prendre parti, même si on a tendance à entendre deux grandes parties, l'une allant de mib à sib, l'autre allant de mibmineur à mi bémol majeur. Chaque partie est marquée par une accélération des rythmes: d'abord, des noires planantes, puis une pulsation en croches, puis la dentelle des sextolets. L'essentiel, c'est ce que Haydn tire de son thème à cinq notes (enroulement/décollage, chromatisme/diatonisme). La fin est génialissime avec le chromatisme au violoncelle qui vient porter une ombre à l'apaisement final.

29 novembre 2013

Siemens/ EIC/ Beaubourg

Concert de + en + enthousiasmant, avec la musique de 4 lauréats de la fondation Siemens:

* Michael Jarrell: Congruences. C'était peut-être bien, mais après avoir vu Sophie Cherrier s'harnacher de fils pour l'électronique, j'ai beaucoup dormi.

* Ulrich Kreppein: Départ (les compositeurs français mettent des titres en allemand et les allemands des titres en français, on dirait). Musique fine et précieuse, parfois véhémente. Une séquence longue de solo d'alto mélangé à la flûte; dans le suraigü (sur un tapis de choral de cordes). Cela m'a globalement bien plu.

* Arnulf Herrmann: rondeau sauvage. Pour 7 instruments (3 cordes, 2 vents, piano et une percussion très fournie; notamment des genres de macarons métalliques à frotter avec un archet, produisant des aigüs très brillants). J'ai envie de faire les mêmes commentaires qu'à l'écoute de la dernière oeuvre que j'avais entendue de lui, si ce n'est que cette fois l'impression sonore est encore plus riche et variée. Ce qui me frappe est la clarté du discours musical, avec des percussions très excentriques pour liquider chaque section. Très virtuose aussi (je serais curieux de comprendre la cellule rythmique du début), et franchement puissant. Mon voisin n'a pas aimé et dit à sa voisine, "c'est simple à comprendre, comme un blackberry" (une réflexion qui m'a laissé perplexe, je n'ai pas trouvé ça du tout putassier.)

* Mauricio Kagel: Orchestrion-Straat. L'orchestre par deux en diagonale (comme un wagon de TGV): 2 violons, 2 flûtes etc.... avec sur la tranche un accordéon, un saxophone, un piano et 2 percussions encore plus excentriques que chez Herrmann. Musique de bastringue, de rue. Comme toujours chez Kagel, ça va bien plus loin, avec une invention poétique et musicale géniale. A la fin, l'orchestre continue à jouer, les deux percussionnistes se ruent comme des possédés dans les travées du public en agitant sous le nez des spectateurs des brocs de cantine pleins de ferraille (et continuent à le faire alors que l'orchestre a fini de jouer). Génie.

 

 

20 novembre 2005

Deszö Ranki au Théâtre de la Ville


Un programme de rêve, comme toujours avec Ranki. Je me suis replongé dans les partitions (ça tombe bien, j'avais tout en stock)

  • La sonate en do majeur n° 58 (H 48) de Haydn(1789). Deux mouvements: un lent puis un rapide.

le premier: une musique à la fois impériale (c'est un 3/4, grandiose)...et brindezingue, comme souvent le dernier Haydn. Formellement, c'est un thème avec 3 variations et une coda. Le thème fait 2 fois 26 mesures=10*2+(7+9)*2 (pour mémoire: l'opus 109 ou l'opus 111= (8+8)*2, tout bêtement) (comment ça ? ça ne s'entend pas ? mais bien sûr que si ça s'entend !!!! il s'est amusé, le père Haydn, avec cette délicate asymétrie). Les variations (j'ai vérifié): 1 mineur, 1 majeur, 1 mineur modulante et foutraque (11+12 mesures et pas 26) et une coda qui reprend la dernière séquence, seule, (9 mesures) puis un sublime bonus. D'un point de vue perceptif, je m'y suis un peu perdu à l'écoute car le thème est très long, troué de silences (très beaux avec Ranki) ; par ailleurs, son coeur (les 7 mesures du début de la deuxième mi-temps) est en mineur, tout comme deux des variations (hiérarchie enchevêtrée, on dit ailleurs ?), ce qui fait qu'on ne sait plus si on est dans une variation en mineur ou dans le centre de la variation en majeur. Tout le mouvement peut être aussi vu comme un grand damier oulipien où Haydn dose des intensités (distribution des forte et des piano jamais au même endroit !), et des frivolités (groupes-fusée en gerbe d'eau, rythme pointé à la française; on ne peut se repérer que par le schéma harmonique). La forme sonate est là, c'est fatal; mais c'est le thème lui-même qui en est une (et gravement moniste: tout est issu de la première mesure....) La fin est d'une élégance incroyable (cette façon de prendre congé sur la pointe des pieds...).

Le finale: c'est une joie sans nuages, débridée. Mon passage favori: ces marches qui se courent l'une après l'autre, à une seconde d'intervalle. Total brindezingue.

  • Les Davidsbündlertänze de Schumann: du très grand R Sch. Un kaléidoscope d'humeurs. Florestan et Eusebius (la phrase dolente en si mineur, qui n'arrive pas à décoller). Un sublime postlude.
  • Les Valses nobles et sentimentales de Ravel: je n'aime pas beaucoup, sauf la fin: une pédale de sol, avec des réminiscences: on se débarrasse enfin de la quincaillerie de la valse. Ouf: enfin seuls.
  • Des extraits du 5ième cahier des Mikrokosmos, de Bartok. Chef d'oeuvre absolu. Bartok=Klee: un univers poétique créé avec trois bouts de ficelle ; l'esprit de l'enfance retrouvé. Amusant de voir comment les notations techniques et poétiques peuvent s'intervertir. Canotage est une étude sur les quartes; Quartes sonne comme une petite pièce percussive (les quartes sont dans des accords, on ne les entend pas (ricanement)) ;Changement de mesures s'entend comme une étude avec des couleurs primaires intenses.
  • La sonate de Bartok: une excellente façon de terminer dans l'hystérie un beau concert. Le premier mouvement est irrésistible ; mais c'est sur le deuxième (très dissonant et déceptif - qui aime à prendre l'auditeur à rebrousse-poil) que j'ai eu la révélation cette fois-ci. Je ferai une note dessus.

En bis Ranki a joué le Doctor Gradus ad Parnassum à toute vibure - délicate attention pour les mamies du Théâtre de la Ville, qui, bien que plus branchouille que celles du TCE, ont aussi des voitures au parking et des dindes au four. En papotant avec l'ami blad à la sortie, j'ai découvert qu'on prononçait geek guique (et non pas comme la JIC). Dingue.

(MAJ: en lien les billets de bladsurb et de Concertonet)

****************

J'ajoute dans la radio la sonate de Bartok, et un assortiment de Mikrokosmos joués par le compositeur en personne (beaucoup moins bien que Ranki) ; aux pièces déjà citées j'ajoute De l'île de Bali (un de meschiffres) et Syncopes. Par ailleurs je mets dans la radio-Haydn, pour la réveiller, les deux mouvements de la sonate dont vous avez le topoguide ci-dessus.

 

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29 septembre 2007

Ligeti Jodlowski Puumala Grisey à la Cité


Vendredi soir à la Cité de la musique.

Quatre morceaux, quatre esthétiques très différentes....

Mélodien de Ligeti, je me faisais une joie de les découvrir en concert; c'est une musique d'une période de l'oeuvre de Ligeti avec laquelle j'accroche peu et c'est un rendez-vous raté, sans doute parce que j'étais trop fatigué pour en goûter les subtilités.

Drones de Jodlowski: esthétique de musique de jazz, petit ensemble avec cordes amplifiées (je déteste), prépondérance du batteur, écriture verticale, une musique virtuose et sans doute plaisante à jouer. Qui ne me pas empêché de piquer un petit roupillon à la Raymond (c'est toujours mauvais signe).

Chaînes de Camenae, de Puumala. 19' pendant lesquelles je ne me suis pas ennuyé une seule seconde: le discours est très lisible, c'est l'enchaînement parfois tuilé de petits moments musicaux à l'orchestration bien caractérisée, mais d'un style pour le moins... éclectique. Vers la fin, en entendant une espagnolade un peu lascive et d'unn goût douteux, je me prends à réévaluer l'ouverture du morceau qui m'avait fait forte impression, une marche funèbre à haute densité de grosse caisse.....

Le temps et l'écume, de Grisey. Encore une partition où il est impossible de s'ennuyer, et qui répond complètement à notre envie d'entendre enfin quelque chose d'inouï. On est frappé par l'habileté avec laquelle Grisey agence une multitude de petits événements sonores en donnant l'impression de quelque chose d'organique. Par exemple, au début, avec toutes ces percussions, on a l'impression d'une tempête de sable; dans la deuxième moitié, on entend l'orchestre ronfler ! oui oui, c'est comme une respiration suivie d'un ronflement; à la fin, c'est comme une catastrophe avec l'écroulement d'un mur. La pâte sonore est d'une richesse exaltante (qu'est-ce que c'est que ces yoyos que font tournoyer les percussionnistes, frôlant l'accident du travail ?), d'une beauté sans concession....

19 février 2008

Les Jeunes Solistes à la Bastille

 

Sacré programme: une première partie XVième siècle (Dufay, Ockeghem) culminant sur le Miserere de Josquin (1504), puis une deuxième partie consacrée au miserere hominibus de Klaus Huber (2005). Programme intimidant, je ne connais pas grand chose à la musique de la fin de l'Ars Nova ni à celle de Huber, mais les notes du programme sont intéressantes. Ouf ! la musique est loin de se cantonner au simple registre de la lamentation.....

Dufay: Salve Flos Tuscae gentis (un motet isorythmique et pluritextuel: les deux basses chantent un texte qui n'a rien à voir avec celui que chantent les dessus), Vergine bella, puis la lamentation de la Sainte Mère l'Eglise sur Constantinople, un motet de 1454 (encore pluritextuel)- je cite tellement ça me laisse rêveur- composé pour le Banquet du Faisan, en 1454, au cours duquel le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, fit le voeu d'aller délivrer Constantinople prise par les Turcs l'année précédente..... Pièce maîtresse de la première partie, le Miserere de Josquin, un grand motet de la Renaissance rythmé par 19 Miserere mei Deus. Une musique étonnamment sereine et planante....

En morceau de résistance, l'oeuvre de Huber, pour 7 chanteurs et 8 instrumentistes. Une oeuvre àa la fois complexe et lisible, mystique, variée. Chacun des chanteurs chante et joue d'un instrument de percussion, avec des effets parfois impressionnants (par exemple quand le ténor se cache derrière le gong et évque la mort). Huber reprend quelques vers en latin du Miserere de Josquin, soit chantés a cappella, soit avec 7 instruments solistes en une polyphonie à 14 voix. Utilisation des tiers de tons (notamment avec la viole d'amour) (on comprned que les chanteurs soient suspendus à leurs diapasons). Il intercale notamment quelques beaux textes d'Octavio Paz (notamment le dernier avec contreténor, violoncelle et viole d'amour, une splendeur), une séquence grotesque sur un texte furieusement alter de Carl Amery. Fin à la Josquin, sur une quinte à vide qui crée la surprise après tout ce voyage harmonique....

Quelques mots sur Les Jeunes Solistes: sept chanteurs, une voix par pupitre; ils sont tous très bien, belles voix, individualisées et s'équilibrant bien, mais j'aurais une mention spéciale pour le contreténor (Magid El Bushra) à la belle voix de miel, souple et magique....

J'ai hâte de les entendre dans les Cinq Rechants de Messiaen...

 

27 mai 2016

Nigl en roi fou

Alléché par le baryton (j'avais vu Nigl à la télé dans Wozzeck, et c'était remarquable).

Ce qui m'a encore le plus plu, c'est en définitive The Forgotten City, de David Hudry: musique brutale et séduisante (fasciné de voir le contrebassiste battre ses cordes avec une baguette en bois). Des pièces avec Nigl: le Jarrell (Adtende, ubi albescit veritas) est une pièce sérieuse, qui finit par émouvoir au dernier verset (In te, anime [me]us, tempora metior); le Maxwell-Davies (Eight Songs for a Mad King) est très (trop?) spectaculaire, mais plus impressionnant qu'émouvant (sauf, peut-être, pendant la parade finale). Il y avait aussi une pièce de Rihm (Die Stücke des Sängers, avec harpe soliste), mais je n'accroche décidément pas du tout avec cette musique.

 

22 novembre 2012

Tamestit dans Bach à Gaveau

Merci à Klari sans qui j'aurais loupé ce concert exaltant consacré aux suites pour violoncelle de Bach transcrites à l'alto (1, 3 et 5 donc sol, do et do mineur).  Impressionné par la maîtrise de l'archet de Tamestit, qui retient parfois des coups d'archet mettant particulièrement en valeur les aspérités rythmiques du discours. Le concert était construit avec le même soin que le concert Hindemith qui m'avait tant plu, avec deux interludes entre chaque suite, le premier avec le sublime 1er mouvement de la sonate de Ligeti, Hora lunga, une musique inspirée qui épuise le potentiel de la corde de do, le second avec l'Elégie de Stravinsky, qui introduit bien le climat de la suite en ut mineur. Public enthousiaste et encombrant (un nombre record de boîtes d'alto). En bis, le cheval de bataille des altistes, le Hindemith "so rasch wie möglich", bien dans son élément naturel pour conclure une soirée d'hommage à Bach.

6 février 2009

le concert EIC de ce soir


Ce soir, concert EIC... sous le thème assez vague de la danse.

  • Debussy: Danses avec harpe. Dans une version dégraissée (à un double quatuor à cordes + harpe).
  • Unsuk Chin: Double concerto pour piano (préparé), percussion. C'est toujours bien, conceptuellement, de castrer un piano en lui collant des punaises dans le fion (bien fait), mais là du coup, on l'entend vraiment très peu. Toute l'oeuvre donne l'impression d'un machin torrentiel, très spectaculaire. Si j'ai bien compris, les deux solistes tiennent la superstructure de l'oeuvre et donnent des impulsions qui se transmettent aux autres instruments. Par exemple, au violon solo qui transmet derrière aux cordes graves- et ça finit en catastrophe! Rhaaalovely. Un peu avant la fin, il ya un beau moment avec un canon de glissandi descendants. C'est souvent très beau, très fin, très sensuel (si j'osais, j'écrirais qu'on se rend tout de suite compte que ce n'est pas de la musique de compositeur allemand mâle).
  • Herrmann (Arnulf, pas Bernard): Fiktive Dänze, deuxième cahier. Pour vents, limite orphéon bavarois; il ya un tuba wagnérien qui fait des poumpoums de patapouf et un contrebasson qui donne plutôt dans la clouterie. C'est de la musique pure; pas de chichis, tout pour l'idée; ça marche très bien parce qu'on a vraiment l'impression de comprendre ce qui se passe, ce qui est toujours agréable. Au début, une danse floue (Unscharfer Tanz - j'aime bien ces titres - c'est un recueil d'humeurs, comme des pièces de Couperin ou de Schumann - faire sobre en matière de titres permet d'aller tout de suite à l'essentiel, à la musique) commence par une giration au cor, très délicieusement foireuse, à la fois en hauteurs (ya du quart de ton) et en rythme; toute cette danse est très ... flottante. La troisième danse (Spiralförmiger Tanz) est à base de gammes fusées (à la clarinette, par exemple, évidemment). La dernière des danses (Breiter Tanz) a une période de base plus longue, et ressemble à une grande passacaille (le tuba wagnérien délimite chaque période, la flûte en occupe l'espace, au début); ça finit par de beaux unissons. Tout cela est excitant comme du Ligeti. Je réécouterais vraiment bien le tout, d'autant que j'ai déjà oublié (mon côté blonde) ce qu'il y avait dans cette Danse grossière (la n°2).
  • Stravinsky: Ragtime et Renard. Content d'entendre Renard. Deux ténors et deux basses font tous un peu la poule, le coq, le renard, le chat et le bouc. Musique à mi-chemin entre Noces etl'histoire du soldat. Il y a un moment où le violoncelle s'excite vraiment beaucoup à glisser vers le bas. C'est vraiment très bien.

 

20 janvier 2012

Biennale 1: Arditi/Rihm, Ebène/ Schubert Tchaikovski

les Arditti dans une création de Rihm (le n°13) , puis les Ebène dans un autre 13ième (le subliiiime Rosamonde de Schubert) et le 1er de Tchaikovski (une chose très bizarre). Point commun: trois musiques qui jouent sur les nerfs des auditeurs. 

le Rihm : un Rihm .... riche (well). Facile à suivre, musique à cellules qui prolifèrent (au début: des gammes avec un soufflet, une grande tension rythmique, on se croirait chez les Pygmées). A la fin, ça se calme et ça sent la citation (mais de quoi?). Le violoncelle s'excite souvent, tout seul. Je ne me suis pas ennuyé une seconde.

le Tchaikovski: quelle musique bizarre....le matériau initial de chaque mouvement est à la limite du simplet, mais gonfle jusqu'à prendre des proportions énormes. 1er mouvement à forme sonate à accélération finale (quelle drôle d'idée). Magnifique scherzo. Dernier mouvement: apothéose du tidada. Moment gênant où on a l'impression que les violons s'enlisent dans une formule sans intérêt: mais non, c'était juste pour laisser le temps à l'alto de se préparer.

Aussi: ici

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25 octobre 2011

Sir JEG à Pleyel

Programme austère et classe avec Sir John Elliott Gardiner, choeur et vents (cuivres anciens pour la première partie, mélangés en seconde). Les cordes ont quartier libre (sauf les basses pour Stravinsky, en deuxième partie)

Brahms: Begräbnisgesang. Avec des triolets menaçants aux timbales et une section centrale qui rappelle le Requiem allemand.

Bruckner: Messe en mi. Une oeuvre économe et pleine d'idées. Le Kyrie initial (les voix de femmes d'abord, puis les hommes) frappe fort dès le début par ses dissonances qui agacent bien les gencives, comme le choeur est très juste. Le Gloria et le Credo sont davantage des illustrations d'un texte qu'on croit avoir déjà fréquenté (apparemment, l'éternité chez Bruckner, ce sont des triolets aux vents - c'est toujours moins fatigant que des trémolos de violon). Le Sanctus fonctionne comme un arbre polyphonique très ramifié, avec une grande amplitude entre les aigüs et les graves. On se raccroche aux branches quand les cuivres interviennent.

Stravinsky: Symphonie de psaumes. 1er mouvement qui arrache comme il faut, bien méchant, vents acides. Mais ce qui me fait toujours grimper aux rideaux, c'est la fin du troisième mouvement. Protocole pour planer dans l'éternité: 0/ le timbalier accorde discrètement ses trois timbales sur mib, sib et fa (pendant que tout l'orchestre joue, n'importe quoi fera l'affaire) 1/ le timbalier déroule mi sib fa sib sur une période de 4 temps, alors que tous les autres, choeur et orchestre sont sur 3 temps 2/ la timbale gagne la partie provisoirement, on a maintenant l'impression d'être à 4 (malgré les accents décalés du choeur) 3/ Retour du 4 pour 3, la timbale seule contre tous, les notes de la timbales frottant toujours plus dangereusement avec des harmonies qui fuient vers l'aigü. Et la fin: retour du début (Alleluia), comme un paravent japonais qui se referme.....

22 septembre 2011

Encore l'ONF au Châtelet

Encore un concert de proximité. A mon âge, traverser tout Paris le soir, c'est trop et en plus au Châtelet, il reste de la place à la dernière minute, et même mieux, DES places - je peux envoyer promener une aimable créature qui dans le hall me propose 30€ une invitation qui n'a pas dû lui coûter bien cher. Au programme, un merveilleux tube, Iberia, et deux übertubes, l'Apprenti sorcier et le Boléro. Comme j'ai pu être replacé au troisième rang à droite, je suis sous les chaussettes des seconds violons, ce qui me permet de revivre presque de l'intérieur deux oeuvres que j'ai jouées en orchestre il n'y a pas si longtemps. Etre placé là me permet aussi de repérer un des ingrédients clé du moment verroterie du Boléro: le célesta. Au programme aussi, une curiosité, la Symphonie concertante de Enesco (pour violoncelle). Musique parfois dangereusement chromatique, parfois très française (on se croirait dans la Sicilienne de Pelléas et Mélisande de Fauré, dans l'un des mouvements enchaînés). Le finale m'a rappelé le concerto d'Elgar. Le tout a l'air très difficile pour le violoncelle. 

5 avril 2011

les Pražák aux Bouffes du Nord

Programme pas vraiment sortant des sentiers battus mais solide et copieux: l'opus 3 de Berg; Ainsi la nuit, de Dutilleux et le 15ième quatuor en la opus 132 de Beethoven. Et puis j'étais curieux d'écouter les Pražák en concert, que je n'avais jamais entendus autrement que dans un disque Schönberg que je n'aime pas beaucoup (à cause d'eux, je précise).

Impression mitigée, à vrai dire. Leur Berg m'a paru terne, pas vraiment engagé (la formule finale, par exemple, sans fougue....). Le Dutilleux, en revanche, a été superbe de bout en bout (joueur, rigolo, un festival d'intelligence). Dans le Beethoven, après un premier mouvement poussif, de très bons moments dans le menuet; et puis le chant de reconnaissance joué de façon très inhabituellement allante, ce qui a pour mérite de ne pas s'enliser sur la fin du mouvement (qui reprend une force qu'il n'a parfois plus). En somme, en forçant le trait, j'ai l'impression qu'ils sont meilleurs dans les pièces de genre ou les types d'écriture homogène que dans les discours un peu complexes. Et j'ai préféré le violoncelliste (placé au centre du dispositif) au nouveau premier violon (malgré ses qualités).

A l'entr'acte, j'ai eu la bonne surprise et le grand plaisir de tomber sur S. que je n'avais pas revu depuis le Grand Schisme (en fait, pas vraiment surprenant sachant sa passion pour Dutilleux) et son ami O (aux Bouffes du Nord, le fond de la scène est rouge, camarade).

17 novembre 2010

Mathis le peintre, de Hindemith

J'étais très excité à l'idée d'écouter un opéra de Hindemith que je ne connaissais pas et de voir un spectacle sur Grünewald et la Réforme, mais je dois avouer que je suis sorti un peu abruti et pour tout dire assez froid. C'est un spectacle très long, très (trop?) riche, avec du bon et du moins bon. 

Les sept tableaux entremêlent les trajectoires d'un peintre qui quitte la peinture pour souffrir dans le siècle, d'un archevêque en manque d'argent qui hésite sur la conduite à tenir, celle d'une grande bourgeoise qui passe de la déception amoureuse au sacrifice pour la foi luthérienne. On est très loin du totalitarisme dans cette évocation des années 1520 où un vrai choix est possible, la trajectoire en zigzags d'Albert de Brandebourg (un vrai transformiste) est là pour le montrer. Py a choisi de tout aplatir en faisant des papistes des nazis, je crois que c'est un contresens qui rend certaines scènes incompréhensibles; même si Hindemith a pensé au nazisme dans la scène d'autodafé, la vision qu'on a maintenant de cette période, après la guerre, va bien au-delà de ce que Hindemith voulait dépeindre. Il y a d'autres facilités qui agacent, comme ces cages gothiques de bordel chic qui reviennent comme un tic chez le metteur en scène, et ces mouvements frénétiques de machinerie avec force svobodas dans la scène de guerre des Paysans (censés montrer la dérision d'une situation absurde?). Mais il y a aussi quelques scènes sublimes: le début, avec le making of d'une scène de crucifixion derrière un écran, ou la fin, où Mathis se dépouille dans une fosse de l'essentiel, quelques objets très simples comme un ruban rouge qui a déjà servi.

J'ai trouvé la musique parfois émouvante, moins sèche et sarcastique en tous cas que celle de Cardillac. Il y a du contrepoint (mais pas au kilomètre), des ensembles où plusieurs personnages disent des choses qui n'ont rien à voir sur la même musique. Mais aussi de belles idées harmoniques, par exemple dans les fanfares de cuivres dans la scène de guerre. Les scènes chorales sont fortes, et l'un des climax de l'oeuvre est le face à face entre Ursula Riedinger et l'archevêque - vocalité tendue, qui se résout dans une musique très simple. J'ai bien aimé aussi le début de la scène de tentation, avec son côté délices rhénans. Mais là encore (ce n'est pas vrai que de ce sixième tableau), la mise en scène est en dissonance par rapport à cette bonhomie souriante qui fait parfois le prix de la musique de Hindemith; même ce petit ange aux ailes rouges a l'air méchamment narquois.

Enfin, il y a Goerne. Avec lui le dernier tableau pourrait durer des heures, on ne s'en lasse pas. Il donne beaucoup de lui-même, on s'en rend compte au moment des saluts.... Mais je dois constater que ses choix de répertoire me laissent parfois froid (Eisler, maintenant Hindemith.....)

Ailleurs: Joël

10 février 2010

l'EIC s'orientalise

Avec:

- Rain Tree, une pièce de Takemitsu pour 2 marimbas et vibraphone: c'était doux et très relaxant (hum)

- Noise: une création d'Ondrej Adamek, pour grand ensemble. Un hommage à la culture japonaise, avec beaucoup d'effets bruitistes très réussis - notamment la harpe a fait des trucs avec un machin (si vous voyez ce que je veux dire), mais aussi les cordes graves se sont défoulés avec des oua-oua d'amplitude variable, à la Xenakis, et le grand jeu pour le spectateur était de détecter lequel des musiciens venait de déclamer une insulte en japonais. J'ai trouvé que ça tenait bien le coup sur la distance (une demi-heure pour trois mouvements que j'aurais du mal à découper, mais le propos était cohérent et facile à suivre).

- Le chant de la terre, dans la réduction Schoenberg (achevée en 1983 par Rainer Riehn). Belle mezzo (Lilli Paasikivi, souriante et au timbre magnifique). Rien à faire, la masse des cordes me manque,  le quatuor a du mal à passer le mur des vents, le n°4 sonne acide et strident. C'est beau localement, par exemple au début du n°2 (avec l'écoulement du violon solo) ou dans certains moments de Abschied, mais je reste un peu sur ma faim.

31 janvier 2010

En bref

* Mousses. Si la réexposition du 1er mouvement de la 4ième de Schubert est la préparation d'un bain de mousse (©MK), le moment de calme avant le retour de l'inquiétude, celle du 1er mouvement du concerto de Beethoven est un bouchon de champagne (4 mesures de passage du néant au fortissimo, avec la superposition frénétique du beau thème hymnique au mètre des quatre noires, à fond à fond).

* No, no, no. G et moi en balade sur le quai de xxx, ce midi. Je disais "Non, non, non" avec une certaine véhémence à la dernière proposition de G (j'ai déjà oublié ce que c'était, enfin, un truc pas possible genre randonnée avec massages enveloppants) quand nous avons croisé un type qui m'a regardé avec un air chafouin en me disant distinctement: "No, noooo.... yes?" (y en a qui sont gonflés)

* Refuge: une curieuse histoire de filiation, très bien menée. Un art pauvre (comme cette rengaine que chante le héros) mais très efficace. L'histoire va à l'essentiel, genre situation de laboratoire (je place X et Y dans tel environnement et je regarde ce qui se passe). La façon dont Ozon retourne le vieux cliché "un hétéro saoul se fait un mec, sans faire exprès" est très touchante. Marie Rivière (dans le rôle d'une martienne souriante) et Melvil Poupaud ne jouent pas plus de cinq minutes chacun. L'acteur principal est mignon mais plus fade qu'Isabelle Carré, que j'avais rarement vue si aggressive, si Petra von Kant.

* Hexenlied Deux belles versions de Hexenlied de Mendelssohn, ici et ici. (je préfère quand même Schreier)

18 janvier 2010

Deux concerts à la Biennale de quatuors à la Cité de la Musique

 (la scène occupe un des grands côtés du rectangle, les quatre tribunes sont utilisées, on se croirait au catch - vas-y l'alto, mords lui la pique, à ce gros rustaud de cello)

  • Samedi, soir, les Borodine - presque entièrement reconfigurés, seul le violon 2 est là depuis 1975; le cello est là depuis 2007 et les deux autres depuis 1996. Schubert: 10ième quatuor (mibM) D89. Musique solaire, mais pas très captivante (du Mozart sans ressort, je m'ennuie). Ce n'est pas le cas du Quartettsatz, qui suit. Un thème qui démange, un vrai accès de prurit en do mineur, mal soigné; une erreur de dosage manifeste dans la pharmacopée anti-prurit suscite une dangereuse crise de lyrisme délirant dans une totalité éloignée. Le prurit a le dernier mot. En deuxième partie, un grand moment avec l'opus 51 n°2 en la mineur de Brahms. Magnifique 1er mouvement (la mineur - sol majeur- do majeur), ça bouge tout le temps! Dans la partie centrale du mouvement lent, les cris outragés d'une donna Anna un peu tzigane sur les bords. Le scherzo est une merveille (avec ses trois parties homophoniques au-dessus d'une basse de musette, ses sonorités blanches d'harmonica). Dans cette musique, les Borodine sont immenses. On a l'impression d'une pâte vivante qui est souple, se déforme insensiblement de façon homogène; et la variété de leurs vibratos est confondante.
  • Dimanche à 17h, les Hagen. Première fois que je les entends en concert. Une sonorité impériale (mais c'est peut-être parce que je suis en galerie juste au-dessus d'eux (une très bonne place, ceci dit, on sent tous les doigtés et les coups d'archet....). L'altiste (Veronika) a une sacrée présence. Au programme, le quatuor de Debussy (qui leur va comme un gant); le quatuor de BA Zimmermann (encore un cas de testament trahi; le compositeur a demandé qu'on ne joue plus cette oeuvre, eh bien non, il y a encore des fouille-merde pour vouloir exhumer du sous-Hindemith qui n'ajoute rien à la gloire de Zimmermann). En deuxième partie, le quintette à deux violoncelles de Schubert déclenche l'hystérie du public tout en me laissant assez froid - je crois que j'entends surtout longueur dans sublime longueur - et je donnerais n'importe quelle page de Mozart pour faire cesser ces tunnels d'éternité (avec reprise).
15 septembre 2009

Trois nouvelles fraîches

  1. Hier, ma coiffeuse – enfin, plutôt, une collègue du type qui me coiffe habituellement, qui n'était pas là hier soir - me demande [sic] si je me suis fait une couleur récemment. C’est une première. Je suppose qu’elle a voulu être aimable. Si je suis très brun, elle m’a l’air quand même assez blonde.
  2. Les chiens mordent de nouveau, c'est cyclique (je ne traduis pas, démerdez-vous, j'ai lu ça chez Phil Suttle): An economic downturn has broad ripple effects. Capitalists fire workers. Workers go home and take it out on their spouse. The spouse whacks the dog. And dogs bite back. After a number of years of steady decline in insurance claims paid out for dog bites, the amounts paid out by U.S. insurance companies rose by 8.7% last year, and is up 21.4% from a cyclical low in 2004.
  3. J’ai décidé d’arrêter l’orchestre (non, pas çuilà - qui est encore en gestation - l'autre).


    Comme il fallait trouver quelque chose pour amortir le choc (et que l'option ingestion massive de fraises Tagada n'est pas acceptable), j'ai pris la décision d'adopter une petite bête chaude grâce à laquelle je vais enfin pouvoir bramer au fond des bois des cordes.


    Ce sera samedi chez le luthier à côté du vétérinaire (des fois que la petite bête prenne froid), quer je récupérerai un alto! Et je vais tenter de m'y mettre, pour passer du côté de ceux qui peuvent faire des blagues d'altistes sans culpabiliser (comme dit Klari).
3 août 2006

Mes premiers Outgames à Montréal (la suite)

  • Le programme sportif passe maintenant pour moi au second plan, répétitions d'orchestre et festival de choeurs gais et lesbiens obligent. J'ai quand même vu de la natation (le 50m papillon encore ça ondule joliment, mais le 400m brasse, c'est d'un chiant) et du double messieurs badminton (très ludique, dans un gymnase aussi bourdonnant qu'un atelier de tailleurs clandestins du Sentier). Au sujet de la natation synchronisée, la presse québécoise évoque des mouvements de jambes inusités: il y a un mélange baroque de sportifs quasi débutants et d'anciens athlètes olympiques. Le point commun : les papouilles dans les gradins.....le sportif gay est tactile.
  • Je trouve le festival de choeurs de très bon niveau (notamment quand je compare a ceci)....les concerts sont variés et franchement excitants. Mardi soir, les Mélomen ont brillé, avec notamment Moi j'coûte cher et aussi le Matin (Saint-Saëns/ Lamartine: C'est lui, c'est le jour ! C'est lui, c'est la vie ! C'est lui, c'est l'amour !). Dans un autre registre, Extraganza a bien la pêche, avec des tubes québécois (Lindbergh) et une chorégraphie sur Celia Cruz très réussie.
  • Mercredi soir, gros succès pour le choeur d'hommes du GAPA (des gays et bi asiatiques de San Francisco) avec un costume qui leur donne un look de raviolis et qui ont chanté en mandarin, en tagalog, en vietnamien et en japonais, de la pop délicieusement acidulée avec des voix un peu frères Jacques..... Et pour une chorale australasienne époustouflante qui a chanté desdiphoniques et des cris d'oiseau du Bush.....avec un sens aigü du show...Ce n'est pas du tout cuit pour les Melomen....

1 août 2006

Mes premiers Outgames à Montréal

  • (rubrique à compléter) ce qui nous amuse chez eux: wananiche, foufounes électriquespoutine, niaiseux, les blocs de départ, mouche à fif (mon préféré = fille à pédé); ce qui les amuse chez nous (à part notre accent): les gosses de Paris (leurs gosses sont nos burnes)
  • Je ne serai pas là à votre arrivée, vous pourrez chienner comme bon vous semble. Sujet de blagues intarissable....jusqu'à ce que nous comprenions que chienner, c'est s'avachir, larver (et pas ce à quoi vous pensez.....)
  • Difficile de tomber mieux, coté hébergement; nous sommes reçus chez un couple d'amours de nounours, deux chefs (l'un de choeurs, l'autre de cuisine), qui ont absolument décidé qu'il était impossible que nous nous ennuyions.
  • Samedi, la cérémonie d'ouverture, une cérémonie considérable de notre présent ?? Je me souviendrai longtemps de notre entrée dans le parterre du stade, avec tous les athlètes et après une bonne heure d'attente. Un moment d'enthousiasme et de fraternité. A suivi une cérémonie parfois émouvante, notamment grâce au très charismatique Mark Tewksbury. Moment très commenté après coup, celui où le representant du gouvernement fédéral a été copieusement conspué....et où le maire de Montréal, le très sympathique Gerald Tremblay, a tenté un Je vous demande de vous taire tout balladurien.... et un tantinet hypocrite. Côté show, Diane Dufresne dans le Parc Belmont, passablement effrayant....
  • Aujourd'hui, premières compétitions. Une atmosphère étrange en ville avec cette sorte de JMJ gay.....

(à suivre, désolé pour les accents, ce clavier est un calvaire)

1 décembre 2005

Lachenmann en héritier inattendu....

En écoutant un disque Lachenmann, je tombe sur Kinderspiel qui me rappelle irrésistiblementMikrokosmos dont je parlais l'autre jour: des pièces courtes et faciles pour le piano, centrées sur une idée simple, technique et poétique tout ensemble ....

Un Lachenmann inattendu, accessible (1981) et intéressant. Plus ça va, plus j'ai du mal à le situer, ce lascar....Goût de la citation, de la musique populaire, mais sans second degré ; radicalité mais qui ne craint pas d'explorer des quintes et des intervalles consonants ; bruitisme sans hédonisme ni glorification à la française du matériau. Mon appétit pour ce Protée (beau portrait ici) croît !

Dans la radio, j'ajoute les pièces suivantes (c'est moi qui traduis, pas taper):

  1. Hänschen klein : (ging allein in die weite Welt hinein, faut-il répondre) une comptine populaire en pas de vis vers le grave, avec un jeu sur le flou (pédale) et le piqué.
  2. Falscher Chinese (ein wenig besoffen) un faux chinois un peu gris ! et qui a bien du mal à quitter le milieu du piano....
  3. Filter-Schaukel : une bascule de filtres (si je ne m'abuse): une pièce longue qui rappelle les sphynges de Schumann, cette musique indicible. Concrètement, le pianiste joue des clusters et ce sont des harmoniques différentes qui résonnent après, en écho et à bascule.....de plus en plus lente. Une pièce très simple et très mystérieuse....
  4. Glockenturm (clocher): encore une étude de résonance entre le très grave (qui monte), le très aigu (très mat) et les registres médians ....le mieux c'est d'écouter.

1 septembre 2006

Prom 63

 

Vu le Prom 63 (écoutable ici) dans un Royal Albert Hall vide aux trois quarts. Une musique parfaitement dépressive. Les espèces de cachets roses géants suspendus au plafond du Royal Albert Hall m'ont tout de suite évoqué des neuroleptiques.... leur fonction acoustique m'a en revanche échappé. Un progamme pour choeur : les Songs of Despair and Sorrow de Kurtag (engendrant efficacement les sentiments décrits dans le titre), les doubles choeurs op 141 de Schumann (du RSch proche de l'asile) puis Rothko Chapel de Feldman.

Des trois oeuvres, c'est le Kurtag qui était de loin le plus intéressant. 6 pièces à effectif variable (sur scène, en plus du choeur, un quintette de cuivres, un sextuor à cordes, quatre bayans- des accordéons chromatiques russes, plus des percussions diverses et variées), mais personne ne joue en même temps. Je retiens le n°2 d'après Aleksandr Blok (très lent, avec des nappes de sons au choeur accompagné par les cuivres, avec le mot noch -la nuit- qui ressort), le n°5 - Crucifixion(Akhmatova), contrapunctique, passionné et très chargé quand il s'agit de Madeleine, puis brutalement hiératique quand il est question de Marie; et enfin et surtout le n°6, Pora (It's time) (Tsvetayeva), à base de percussions (cloches, cymbales, toms dans une ronde à trois temps), un adieu au monde finissant dans des chuchotements, du très grand Kurtag. Cette oeuvre sera redonnée à Paris dans le cadre du Festival d'automne (n'est-ce pas Pascal).

Rien à dire du Schumann (qui fait s'effondrer une théorie que j'aime à soutenir, à savoir qu'il y a des choses passionnantes même dans le dernier Schumann). Quant au Feldman.....ma théorie sur la question (puisque Rothko Chapel est souvent joué) c'est que c'est une musique qu'aiment des gens qui n'aiment pas la musique. Qui s'intéressent à la chapelle commandée par les DeMenil à Houston, par exemple. Mais j'ai trouvé qu'il y avait pour le moins un hiatus entre ce qu'annonçait le programme (une musique "expressive, subjective") et ce que j'ai entendu, une musique très pauvre - des percussions hiératiques, un choeur bouche fermée et un alto qui joue inlassablement les mêmes figures de septième. Le pompon étant cet air élégiaque vers la fin, dont Feldman dit que c'est le souvenir d'une pièce écrite quand il avait 14 ans..... Effectivement.

******************

Demain, on peut écouter le prom 65 en direct en attendant un éventuel compte-rendu ici.

 

19 novembre 2006

Cambreling dans Messiaen Ferneyhough Debussy Varèse à Pleyel


Un programme plus Festival d'automne tu meurs.

Messiaen: Chronochromie. Pas mon Messiaen favori. Très années 60. Mais séduisant par ses timbres. Comme je n'ai pas révisé avant, je suis largué et ne parviens pas à distinguer une Strophe d'une Antistrophe (les boules). De retour chez moi, je comprends enfin avec le disque: les Antistrophes sont les zones de discours habituelles chez Messiaen (phrases bien découpées, alternances de chants d'oiseau et de chorals aux bois), alors que les Strophes sont des zones régies par les séries de 32 durées qui ont tant contribué à la renommée de la pièce (en clair, à l'écoute, les zones de bordel absolu). Je retombe sur mes pattes, soulagé comme un veau à l'étable, quand on arrive à la monstrueuse Epode pour 24 cordes solistes.

Ferneyhough: Plötzlichkeit. Le Gongora de la musique contemporaine. Très spectaculaire, monstrueusement virtuose. Tout le bric-à-brac de la préciosité fin-de-siècle: les glissandi de cuivres, les percussions en folie.....Plus, comble de l'inouï, trois voix de femmes (!) perdues dans une scène bondée et se raccrochant à leur diapason comme les noyés à la bouée (mais on les entendra assez distinctement). C'est localement très beau, mais, mais, mais.....Le texte du programme (by B.F. himself) est un candidat assez sérieux à la convoitée palme d'or du charabia le plus obscur sans être automatique. Croyons en les vertus du copicollage (fiat lux):

En élaborant un agencement qui puisse frustrer constamment notre capacité acquise à inscrire un laps de temps perçu dans l'objet musical lui-même, notre capacité de synthétiser de manière satisfaisante, de faire se recouvrir intuitivement le temps écoulé et la substance pouvait peut-être être subvertie au point que le temps serait translittéré, tel quel, en une prise de conscience de son inadaptation à jouer le rôle qui lui était normalement assigné.

Debussy/Zehnder: 5 Préludes. On est très loin de la suggestion debussyste, avec cette orchestration qui ne recule devant aucun effet.... (pouet pouets pour la Danse de Puck).

Varèse: Arcana. Le grand tube que nous attendions tous. Oh oui, oh oui, plus fort, ENCORE plus fort !!!! La référence au Sacre (Add: d'ailleurs le thème de violoncelles d'Arcana me rappelle surtout celui de la la danse infernale de l'Oiseau de Feu avec son insistance sur trois notes) n'est évidemment que superficielle: le matériau n'est pas développé du tout dans le Sacre alors que Varèse cogne dessus, le tord et le développe dans une pièce longue et élaborée de 18 minutes.

(A part ça, ce serait bien que Mademoiselle Artefact reprenne son blog, non ?)

Add: Au même concert, Pascal a vu un envol de couscoussières géantes et bladsurb de la chrysoprase et du sardonyx.

 

1 octobre 2007

Goernelieder à Garnier

Hier soir à Garnier. Un concert moins excentrique qu'on ne l'avait espéré sachant que Pierre-Laurent Aimard en est le programmateur (il avait été question du Livre des jardins suspendus de Schoenberg). On retrouve avec émotion le grand le mieux-que-plantigrade le félin l'immense Goerne, avec au menu:

  • un peu de Berg: l'adagio palindrome du concerto de chambre puis les lieder de l'opus 2, qu'on entend rarement. Le fil directeur des quatre poèmes est le sommeil, qui devient la mort dans le poème final, vers lequel converge tout le cycle, sorte d'opéra miniature, un mini Erwartung. Le premier lied est aussi très beau, avec un postlude au piano pour liquider les oscillations de la berceuse du début, que l'on retrouvera d'ailleurs à la toute fin de l'opéra miniature, après unStirb ! définitif. Le tout est très court, cinq-six minutes, pas davantage.

  • beaucoup de Schumann: l'opus 35 (les Kerner-Lieder) et l'amour et la vie d'une femme. Dans ce dernier cycle, Goerne prend très lentement le premier texte, l'étirant jusqu'à la rupture. Mais j'ai été surtout impressionné par l'opus 35. Par son n°2, tout simple, strophique, l'histoire d'une fille qui a une crise mystique dans une cathédrale sous l'oeil effaré d'un garçon qui en est amoureux; dans les deux derniers refrains, le chanteur interprète successivement la fille (qui supplie qu'on la fasse nonne), avec une voix aigüe et extatique (miraculeux Goerne), et l'amoureux déçu avec une voix grave redescendue sur terre (et peut-être plus bas que terre). Et surtout par l'incroyable triade qui clôt le cycle. Stille Tränen, le grand théâtre des émotions, à la Ich grollle nicht, est suivi de deux lieder reprenant exactement la même musique, un peu décalée, blanche, au-delà des affects. C'est la fin du cycle, qui n'avance plus, le chanteur attend qu'un ange le réveille; le public fond, évidemment.

Vivement le prochain concert de la série (Moussorgsky Messiaen).

Quelques illustrations sonores dans la radio Lied.

 

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