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zvezdoliki
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7 février 2016

Il Trovatore

Dimanche dernier. Celui avec le quatuor de rêve (Netrebko/ Sementchuk/ Alvarez/ Tézier; 1-3, méfiez vous de 2-4) et la mise en scène à barbecue à trous carrés. Les ensembles (celui-ci évidemment, mais aussi ceci; Verdi, créateur de boîtes à rythmes) encore plus enthousiasmants que les airs (comme celui-ci, avec la Netrebko au top). Sinon, comment résister au choeur des schtroumpfs joyeux? Béguin spécial pour Marcelo Alvarez (fougue, style). 

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30 décembre 2016

Vus en 2016

Le top 1 c'était Brooklyn Village, mais j'ai vu aussi: Big Short (saoulant comme mon collègue qui suit les ABS); L'étreinte du serpent, Mistress America (une unique bonne scène dans une villa); Oncle Bernard ((très mal) réalisé en 2001, très daté), Carol (Waterloo, Iowa, morne plaine le 1/1/53), Tangerine (Sin-Dee aime l'ouverture de Coriolan, bitch), Gang Bang (jambons de Bayonne), Anomalisa (ennuyeux, sur l'ennui), El Clan (le sacrifice de l'agneau star de rugby), Le trésor (creusons dans un jardin roumain), Ce sentiment de l'été (elle s'écroule, il traîne entre Berlin, Paris, Annecy et New-York; doux et délicatement palpitant); Spotlight (l'enquête du Boston Globe sur le silence de l'Eglise); Je ne suis pas un salaud (ben si), Ave Cesar, Les innocentes (le bébé abandonné dans la neige, comme dans Jenufa), The Assassin (mon premier HHH: bon tirage), Des nouvelles de la planète Mars, Merci patron, Brooklyn (rose et noir, Fanny à l'envers: c'est l'homme qui reste sédentaire et la femme qui change); C'est l'amour (un des pires Vecchiali), Zvizdan (traduit bizarrement par 'Soleil de plomb', 3 histoires d'amour déchirées par les guerres yougoslaves), Quand on a 17 ans (un bon Téchiné), La sociologue et l'ourson, Der Staat gegen Fritz Bauer (article 175 et à la chasse de Ricardo Klement), L'avenir (MHL, branlette norvégienne), Le fils de Joseph (très frais; me voilà réconcilié avec Green), Théo et Hugo sont dans un bateau (long et mou), Les habitants, A bigger splash, Cafe Society (un très bon Allen, grâce à Eisenberg/Stewart), Julieta, Ma loute, Mr Gaga, Diamant noir (Niels Schneider se ronge les ongles), Elle, Tout de suite maintenant (un Bonitzer pire que mauvais: prétentieux; et puis des gens en bureau individuel en banque d'investissement, ça n'existe plus depuis 30 ans mon coco), Love and Friendship, L'effet aquatique (très bon sur la piscine Maurice Thorez, des longeurs en Islande), Viva (perruques à Cuba; glauque à souhait); D'une famille à l'autre (moins bien qu'Une seconde mère, malgré l'étonnant acteur principal), Carmina, Florence Foster Jenkins (deux beaux chants du cygne), Poussières dans le vent (mais comment donc ai-je fait pour rater tous les HHH?), La chanson de l'éléphant (Dolan très bon acteur), Sur quel pied danser, Toni Erdmann (les parents, ces boulets), Rester vertical (les loups et l'agneau sacrifié), Fronteras, Frantz, Divines, Victoria (très bon Efira movie), Juste la fin du monde (juste pénible et pas mon Lagarce à moi), Brooklyn Village (une petite merveille, cf ceci), Le ciel attendra (avec Dounia Bouzar), Aquarius (Braga, les termites et le commercial beau comme un ange: plus mainstream que les précédents, plus puissant aussi), Captain Fantastic (Morgensen; comme Toni Erdmann, quoi faire de l'éducation qu'on a reçue), Apnée (trois queer en Corse), Le teckel (merveilleusement scatologique), Le client, I Daniel Blake, Le mystère Jérôme Bosch, Le petit locataire, Theeb (de puits en puits dans le désert arabe), La fille de Brest, Baccalauréat (un Mungiu sinistre au scénario trop chargé), Sausage party, Une semaine et un jour (plaisant éloge de l'immaturité), La prunelle de mes yeux (faux aveugles, ascenseurs et rebetiko, avec Bastien Bouillon), Manchester-by-the Sea (zéro rédemption), le ruisseau le pré vert et le doux visage (mélo égyptien; d'autres codes) (69)

19 octobre 2014

l'Enlèvement au Sérail, à Garnier

On retiendra:

  • Deux airs du trouble amoureux: le premier de Belmonte ("Es glüht mir die Wange...." l'imagination de Mozart est inépuisable dès qu'il s'agit de décrire l'excitation amoureuse, avec palpitations et manifestations somatiques) et le premier air de Konstanze (la tenue des vents au début de l'air, comme le souvenir persistant du bonheur ancien; l'exposition de la forme sonate qui épouse l'histoire -agitée - de l'héroïne; l'hétérogénéité classique et non baroque du discours, et, une fois encore, l'imagination sans limites de Mozart)
  • Le plus beau des airs sérieux de cet opéra, Martern aller Arten. Bonne idée de faire monter sur scène le quatuor chambriste, violon, violoncelle et hautbois (quintette si l'on inclut la chanteuse, à la virtuosité instrumentale).
  • L'air de Pedrillo, avec son mélange bizarre de bravache militaire et de tremblements (en triolets). Jordan impose de longs silences et fait très bien ressortir les points d'orgue, un ingrédient-clé du portrait d'un froussard.
  • La longue et magnifique séquence de la fin du second acte: joie des retrouvailles, puis mise à l'épreuve par une série de changements de tempos, de tonalités.
14 janvier 2014

Le viol de Lucrèce à l'Athénée

La scène de chaleur avec harpe et timbales obsédantes; la passacaille avec Is it all?, et la fin 

Déçu par la mise en scène, costumes moches et chanteurs jouant très mal (la bagarre des officiers....), rien à voir avec l'engagement et la fraîcheur des chanteurs du Conservatoire il y a quelques années. Ce n'est sans doute pas un hasard si les personnages de l'histoire sont figés; après tout, le sujet de l'opéra (le viol et l'attitude un peu ambigüe de Lucrèce qui explique son suicide) est irrépresentable, et Britten a souhaité tourner autour du pot en donnant la part belle au Choeur Homme, qui dit voir cette histoire préchrétienne avec les yeux du Christ. Ce personnage, le plus vivant et expressif de l'opéra, a sans doute les plus beaux moments musicaux de la partition (la chevauchée, les deux prologues); pas vraiment une surprise si Britten avait réservé ce rôle à Pears.

18 novembre 2013

Written On The Skin, de George Benjamin

Livret classique, dans le plus pur style opéra-comique (avec quelques maniérismes un peu pénibles): dans cette nouvelle aventure, Golaud se venge en donnant à manger à Mélisande le coeur de Pelléas, un contreténor qui enlumine LE livre et embobine tout le monde avec son air de ne pas y toucher. Décollage un peu poussif, mais on finit par rentrer dans l'histoire. Orchestre chatoyant avec les les cuivres bouchés que l'on aime tant chez Benjamin, et en guest stars, des bongos, une viole d'amour et un glassharmonika. Magnifique trio de solistes (Hannigan/ Purves/ Davies).

On retiendra (tant pis si c'est anecdotique):

ceci pour la tension rythmique (une musique de bastringue bien acide)

ceci à 3'40" quelques mesures parfaites: les cordes divisées (le désir) puis une consonance qui s'évanouit vers l'aigü (comme la musique qui accompagne curieusement l'orgasme de la fin du 1er acte (Love is an act, vers 7'-7'30'')). Ce moment révélateur où le Protecteur se rend compte que le désir de sa femme a changé et s'exprime dans une étonnante crudité. 

ceci pour l'utilisation des bongos et des percussions (un discours haché comme un steak, avant l'ingestion du coeur, sucré et salé)

le moment où la musique se vitrifie avec le glassharmonika, pendant la chute au ralenti de l'héroïne (l'extrême fin de l'opéra est aussi très remarquable).

Aussi (et mieux): ici

 

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1 mars 2012

Pelléas à Bastille

Reprise de la production Bob Wilson (que je crois avoir vue à Garnier, donc en 1997)

Magnifique première apparition de Mélisande, mi-proue de navire, mi allégorie de la Musique. Tsagallova est l'une des meilleures Mélisande dont je me souviens: un timbre un peu corsé, une belle diction avec une pointe d'accent, un sourire énigmatique. Wilson lui réserve des torsions et des gestes dignes des figures de vases de l'école de Nancy. Degout est très bien, évidemment, mais c'est un timbre trop riche et trop grave pour être un Pelléas complètement idéal.

Beaucoup de bonnes idées dans la mise en scène. A l'acte IV: Golaud traversant la scène au fond, menace souterraine. Très réussi aussi, le jeu sur l'espace qui se réduit brutalement scène 2 de l'acte II; ou qui réapparaît acte III scène 2. Un des ressorts de cette mise en scène est sa croyance dans l'invisible (les cheveux dans la scène de la tour, l'enfant dans le dernier acte), mais c'est un jeu dangereux (au fond on aime bien aussi que la mise en scène montre quelque chose). J'ai été aussi un peu gêné par les partis-pris de rupture dans certaines scènes: tout d'un coup, un geste brutal, une lumière plus électrique, sans que cela corresponde systématiquement à une vraie rupture dans le discours musical (qui, lui, est souvent plus fluide, plus en demi-teinte). Et puis je me suis dit pendant une bonne partie de l'opéra qu'il y avait aussi de la trivialité dans Pelléas: des enfants qui vont à la plage à midi, un vieil homme qui raconte n'importe quoi, un petit garçon très excité, des gens riches qui détestent voir des gens pauvres mourir près de chez eux. Bref, autre chose que des pharaons et des ciels bleu électrique 

(Il y a pire qu'une mise en scène de Wilson: une mise en scène de Wilson mal réglée. Le soir de la première, les ombres des servantes dans la dernière scène étaient dignes d'un concours d'ombres chinoises de canards en grande section de maternelle)

21 janvier 2012

Biennale 2: les Borodine dans Beethoven et Rihm

Beethoven: quatuors opus 59 n°2 et 3 (mi mineur, do majeur) et Rihm: Grave (en hommage à l'altiste des Berg, Thomas Kakuska)

Le 2ième Razoumovski était bien (mais un peu froid - le menuet trop lent!) mais le concert a véritablement décollé avec le 3ième Razoumovski.

1er mouvement: après l'introduction, hagarde, serrée, concentrée, dissonante, une autre fausse introduction: une question, mi-fa sur deux temps (piqué dans l'exposition, lié dans la réexposition), déclenche la réponse, un déluge de doubles croches du violon. Ces questions réponses conduisent à l'installation d'un do majeur à la joie tellurique, qui donne une impression de premier thème (alors que ce qui précède était déjà puissamment thématique, en fait). Coda à la joie malicieuse. Dans le mouvement lent élégiaque (en la mineur), ternaire, le violoncelle plante des clous (qu'on sent très solides). Le scherzo, volubile et calme. Le finale sur le mode motorique (démarrage cahotant à l'alto, embrayage fugué des trois autres): ça va à toute vibure jusqu'à la synchronisation finale.

Heureux d'avoir retrouvé les Borodine avec toutes leurs qualités: précision, justesse, vibrato serré (à ce propos, magnifique leçon de vibrato dans le bis, le mouvement lent du quatuor bizarre de Tchaïkovski de la veille: lors de sa deuxième occurrence, le thème revient, blafard, puis de plus en plus fervent et vibré)

 Aussi: ici

16 janvier 2012

Mullova dans Bach au Louvre

La partita en mi majeur pour commencer, deux sonates violon clavecin (si mineur et do mineur) avec Nicolau de Figueiredo, la partita en ré mineur pour finir (sans reprises hélas, les danses passent très vite) avec en bis, un mouvement rapide de la sonate violon clavecin en la majeur.

Mullova, c'est la grande, grande classe. Archet baroque et cordes en boyau. C'est un spectacle fascinant que celui d'un bras droit intelligent. La façon dont elle fait vivre les longues tenues (dans les mouvements lents de la si mineur), la façon dont elle organise les rebonds des phrases, comme si elle en étudiait les propriétés acoustiques.... Dans la chaconne, aucune emphase, un tempo très rapide qui fait qu'on ne perd pas le rythme de danse (c'est très différent d'ici, en 2006); elle commence la séquence de bariolages en les flûtant, très doucement, et en mettant petit à petit de la chair: chair de poule garantie pour l'auditeur. De façon générale, les tempi rapides sont très rapides, et les fins sont sans aucun ralenti, comme si on coupait  à vif dans la danse.

A part ça, j'aime toujours autant les mouvements lents des sonates violon clavecin (surtout ceux de la do mineur).

28 novembre 2011

Padmore et Fellner dans Winterreise

Il ya quelque chose de fantastique dans les aigüs de Mark Padmore.... quelque chose de déchirant, parfois, qui le rapproche de l'idiot de Boris (c'est un compliment). En tous cas, quelle palette de couleurs, du blanc évanescent au charnu et fruité. Et quelle science de la construction -  aucune afféterie aux endroits habituels, les Krähe, bellen et autres balises - mais une progression continue vers les climax (Grabe dans die Krähe), un pas en avant pour marquer la dernière strophe du Leiermann..... C'est un voyage très différent de celui de certaines de mes versions favorites (en vrac Fassbänder, Fischer-Dieskau, Prégardien, Goerne), mais c'est une version sérieuse, sans esbrouffe, qui force en permanence l'attention.

spotify: Auf dem Flusse

16 novembre 2011

Bartok Salonen au TCE

Programme de rêve:

Musique pour cordes, percussion et célesta. Une vieille fréquentation, une musique qui me met toujours en transe (et ça n'a pas raté ce soir, palpitations, le grand tralala)

  • 1er mouvement: une exploration chromatique du cycle des quintes, mais je l'ai aussi entendu comme quelque chose de très physique, l'échauffement d'un orchestre à cordes: ça commence par les altos pianissimo en sourdine (dirigés à la croche par Salonen, c'est du sérieux), et ça monte progressivement jusqu'à une musique très tendue, très nouée. Et miraculeusement, ça se dénoue (comme après un massage réussi).... le moment juste avant la première occurrence du célesta qui vient tout flouter est incroyable, cordes dans l'aigu, harmonies douces, dénervées....
  • 2ième mouvement: je suis toujours dingue du moment bulgare à coups de fouet (2'40" sur le lien), mais la coda est incroyable aussi: la timbale donne des coups (sol-do) pour essayer de canaliser le troupeau des doubles croches des violons (qui n'arrivent plus à s'arrêter). SOL-DO, bordel. J'ai dit.
  • 3ième mouvement: le mouvement nocturne et poétique où l'on se convainc que Bartok est un dieu. Salonen prend le temps d'installer chacune des petites machinations sonores (mais Marguerite Gautier, au second balcon, n'apprécie pas et le fait savoir en crachant ses poumons au moment crucial, quelle sale bête).
  • 4ième mouvement: le rondo finale, dirigé de façon particulièrement souple (les ralentis sont TRES ralentis) et swingante. La fête.


Le château de Barbe Bleue: j'ai déjà abondamment parlé de la musique, je n'y reviens pas... (si on compare à la première partie du concert, l'émotion est plus diluée, davantage portée par les couleurs orchestrales). Ce soir, c'est une production en technicolor. Avec Carole Bouquet faisant baisser la lumière pour nous faire rentrer dans le château. Avec des gémissements amplifiés sortis d'un film d'horreur américain des années 50. Avec des cuivres au balcon (dès la troisième porte, des trompettes, et pour la cinquième porte, dix cuivres - mes oreilles -). Malgré tout ce déferlement de puissance et de couleurs orchestrales, Judit ne s'en laisse pas compter et insiste pour se faire ouvrir les deux dernières portes. Mise en scène réduite: Tomlinson et de Young (excellents tous les deux) se roulent galoche sur galoche (et moi aussi j'aimerais bien toucher les cheveux de Michelle De Young) (mais ce n'est pas la peine de lui dire, hein).

14 octobre 2011

Le tour d'écrou de Britten à l'Athénée

Je ne sais pas pourquoi, mais c'est un des rares opéras de Britten avec lequel (jusqu'ici) je n'ai jamais accroché. Je l'ai toujours trouvé plus difficile d'accès que le viol de Lucrèce, par exemple, qui implique aussi un petit effectif dans la fosse. Je crois avoir finalement trouvé la porte d'accès avec cette représentation de l'Athénée. Une représentation très efficace du point de vue théâtral, avec deux fantômes bien incarnés et un petit garçon à la présence étonnante (la petite fille est comme la Fanny de Fanny et Alexandre, un personnage secondaire). Je crois qu'il est aussi utile de savoir que tout l'opéra est construit à partir d'un thème de douze sons (le tissage de deux gammes par tons, tout simplement) qui est traité en variations pour chacun des interludes, et joue un rôle important dans la dernière scène. Au personnage de Quint est associé le célesta et des vocalisations tournoyantes d'hypnotiseur (comme dans cette scène où le gamin répond avec des glissandi étranges). De façon générale, aux deux fantômes est associé un univers musical plus riche et flamboyant que celui des vivants. Un des grands plaisirs de l'oeuvre est la variété des situations dramatiques, de la bouffonnerie sinistre à l'effroi pur. J'ai été très impressionné par la scène finale (avec le thème sur une base de passacaille + un duo de violons délicieux dans l'aigü quand le gamin chante; la disparition de Quint et ses volutes parasoufies; et la chanson de Malo, en finale funèbre). Pour ceux qui veulent aller plus loin, l'article de Lord Harewood dans le Kobbé fournit une analyse détaillée vraiment remarquable.

25 juillet 2011

Saint Nazaire

Le piano qui vient d'arriver. Le petit vieux qui - belle prouesse - se gare pile poil de façon à emmerder ses deux voisins. Le chinois et la pâte à crêpes. L'histoire du lapin qui encule un lion (et qui lit le journal). L'opus 103 et sa folie harmonique (les deux sections dramatiques en do#mineur et en solb majeur viennent sans doute de ce passage hésitant et étrange au centre de la section du début, en sib majeur - là où un solb inquiétant pointe son nez (à 1'55" du début)). La plage à marée basse. Le monument à la mémoire des Anglais kamikazes en 1942. La base des sous-marins où on pourrait représenter plusieurs Tétralogies en même temps. L'anamorphose de Varini. Les maisons positives et les maisons passives agressives. Le deuxième temps: on s'en fout du premier temps, c'est le deuxième temps qui compte. Le quintette avec clarinette. Commencer les phrases piano par un sommet et les phrases forte par un antisommet. Les moules frites. Sosie or not sosie. Le phare la nuit. Le pont fluorescent. L'hôtel La Luna. La boulangerie avec ses brochettes de viennoiseries. Le pitichat qui rase les murs. Les trois flûtes dans LE quatuor avec flûte (le mouvement lent à pleurer, avec les pizz). La plage gay de M. Hulot (fréquentée par des Elvis en voiture rouge). Le piquenique avec brumisation. Les moules in vivo (et le petit père dans les rochers). Les trois inconscients qui se baignent. Les trois flûtes qui exhibent leurs mollets (trop chaud) sur une plage naturiste totalement désertée. La marche de l'opus 44 et son exactitude rythmique, l'agitato et la section lyrique. Les fils invisibles. Un week-end un peu magique à bien des titres.

30 mai 2011

Bon, j'ai assez écrit d'horreurs ici et là sur l'année Mahler pour être obligé de me rendre à l'évidence....

.... la respiration du cor anglais, de la clarinette, la pulsation de la harpe dans le grave, le timbre des voix ..... Ich bin der Welt abhanden gekommen est un lied sublime, et une musique parfaite pour le calmer le baby blues qui a l'air d'affecter la plupart d'entre nous, après concert. Quelle émotion, l'autre soir avec Catherine Dune.... 

 

(En stock ici, j'ai Fassbaender, Hampson et Ferrier, je serais bien incapable de les départager - mais Norman est très bien aussi sur youtube)

15 mars 2011

Orlando Furioso au TCE

Impression d'avoir vu cent fois cette histoire, mais ici dans une version ultra-compliquée, à côté de laquelle Alcina serait presque une bluette linéaire. Pour donner l'idée générale, la magicienne (Alcina) et le guerrier (Orlando) sont les perdants d'une intrigue qui voit l'affirmation des deux couples Ruggiero/ Bradamante et Angelica/ Medoro. Je retiens après cette première écoute (eh non, je n'avais pas entendu le disque que tout le monde connaît) quelques beaux airs de bravoure, à l'acte I : un pour Orlando, un pour Medoro, un dernier, long, magnifique et élégiaque, pour Ruggiero (avec une flûte obligée). L'acte II est plus uniformément réussi et intègre ce que j'ai pris, ballot que je suis, pour une ode au héros du Kosovo. Quant à l'acte III, c'est celui de la folie d'Orlando (une folie qu'il a plutôt française, en récitatif accompagné). Sommet tripal, un peu comme à la fin de Médée, où le héros tragique exprime une souffrance décuplée par les complications de l'intrigue. Ce Vivaldi est musicalement plus intéressant que je n'aurais cru; évidemment, il y a beaucoup de style international (en écoute aveugle, on se croirait souvent chez Haendel), pas d'excès de couleur orchestrale (une flûté ici, deux hautbois là et des cors une fois; tout le discours est porté par les cordes, qui sont bonnes pour l'équarrissage à la fin de la soirée, j'imagine), mais l'opéra est truffé d'airs tempétueux irrésistibles, pleins de virtuosité et d'énergie. Belle distribution homogène, chapeau à Delphine Galou qui a remplacé au pied levé Marie-Nicole Lemieux.

6 mars 2011

Siegfried, à l'opéra-Bastille

Production très vivante, tout-sauf-chiante (ce qui assez rare pour être noté). Sachant assumer les moments comiques de l'oeuvre, qui sont nombreux (le 1er acte, qui est toujours mon préféré, est très réussi, avec cette datcha bavaroise toc qui dit bien la vérité de la situation). Il y aussi de vrais chocs visuels (la scène Wotan-Erda, placée sous le signe d'un rêve à la Barton Fink; le début du second acte, avec le dragon et les rails dans la forêt). Belle symétrie entre deux des scènes de questionnement, traitées avec un tableau noir qui frappe l'imagination: Wotan/Mime (avantage: Wotan) et Wotan/Siegfried (revanche de l'épée sur l'épieu). Compris ce que je n'aime pas, musicalement, dans la fin: loin de la concaténation intelligente des motifs, ce sont ces lignes impossibles des violons solos qui vont on ne sait pas où, tout le fatras post-romantique dans ce qu'il a de pire (réveil de Brünnhilde; les huit harpes allument en même temps leur lampe (ça roupillait sec, avant, on dirait) et se préparent à un déluge de notes). Drôle de production, où on ne voit personne ou presque chanter (Siegfried et Wotan, malades, sont doublés par des chanteurs en costume de ville, à l'avant scène; l'oiseau et le dragon (pour un long moment) chantent en coulisse; seuls Brünnhilde et Mime sont bien là)

Aussi: ici, ici

11 juin 2011

Luna Park, d'Aperghis

Création du dernier spectacle d'Aperghis (une première pour moi), à l'IRCAM. Spectacle total, avec vidéo, musique, électronique et théâtre....Difficile à décrire. Sur scène, le spectateur voit quatre acteurs/musiciens dans quatre boîtes ouvertes truffées de caméras. Répartition des rôles: les deux ailes extrêmes du retable sont deux flûtistes (bavards), le centre gauche est une jeune femme acrobate et le centre droit un percusionniste utilisant des capteurs placés sur ses mains, déclenchant d'étonnants objets sonores. Le fond du spectacle: une réflexion sur la vidéosurveillance, mais je serais bien en peine d'expliquer quel est le propos... rien de vraiment politique là-dedans, c'est plutôt un jeu de go à 4 éléments. Musicalement (structurellement), c'est une succession de numéros de bravoure (avec des numéros en langue inventée, à la Novarina, par exemple) séparés par des phases de calme. On rit souvent. Tout ça manque tout de même un peu de viande, de substance, comparé à La vie mode d'emploi, dont parle le programme. Voilà, exactement: il manque à ce brillant exercice de style l'inoubliable crime de Chaumont-Porcien.

(à la sortie de l'IRCAM, une manifestation anti corrida semble vouloir cueillir l'actuel ministre de la Culture)

11 avril 2010

Une semaine muy, muy especial

"Twitter pour râler et se défouler, les blogs pour paraître de marbre (keep a stiff upper lip), FB pour la paranoïa". La prof de russe a trouvé que j'avais "une petite fluidité" (elle a dû faire otorhino dans une autre vie) et m'a demandé si "j'avais des problèmes professionnels en ce moment" (répondu que non). Croisé (mais pas affronté) un fantôme. Le retour du livre II (3 sur 18 et 272 sur 2200). Trois victimes inattendues de l'histoire grecque et une estive sur les bords de l'Adour. La coda la plus sinistre que l'on puisse imaginer à l'histoire de Katyn: un aréopage de représentants éminents de la nation polonaise (un gouverneur de banque centrale, tout un état-major, quelques évêques, le vainqueur à gauche des primaires pour la présidentielle et un président dont tout le monde croit de bon goût ici de dire que sa disparition n'est pas une grande perte) se tuent sur les lieux mêmes de l'endroit de l'assassinat de plusieurs milliers d'officiers de réserve polonais. Au cinéma: Les chaussons rouges (beaucoup dormi, mais les 20 dernières minutes sont sublimes (cri du coeur incident: guillaume mbr - à qui je dois d'avoir découvert ceci, reviens !)), Les invités de mon père et Tête de turc (deux films plutôt plus que moins réussis). Vu L et T, par petits bouts. Au théâtre:  Une mégère à peu près apprivoisée Splendid et sympathique et un méchant Molière où la bonne était mauvaise. Aux Concerts Gais: "ce blam ! chut! blam! chut! va vite se retrouver sur le web". Preums. 

3 avril 2010

Siddharta à l'Opéra-Bastille

Impression d'être passé à côté de ce ballet. (A quoi bon écrire ici, alors? pour laisser une trace et laisser une chance à des commentaires plus intelligents....) Une seule recommandation: mieux vaut avoir lu quelque chose sur le spectacle avant d'y aller, car l'histoire est assez peu lisible. Quelques belles images restent en tête après le spectacle, comme la scène entre Siddharta et l'Eveil, qui, se balançant en hauteur, ne se "ne se laisse pas approcher" (effectivement.... c'est le cas aussi pour le spectateur); ou la scène avec les deux hommes sur un immense chariot en mouvement. L'impression générale est celle d'un ballet néo-classique, très découpé, magnifiquement dansé, mais laissant un peu froid. La musique de Montovani sonne très bien (solos instrumentaux -guitare électrique entre autres - se détachant sur un tapis moëlleux et chatoyant, quelques passages sucrés pour rappeler qu'on est en Inde, d'autres passages percussifs pour accompagner les forces de Mâra) mais ne laisse pas un souvenir impérissable.

Aussi: ici, ici, et ici pour les photos.

5 mai 2010

Eh bien j'en connais un qui avait l'air franchement jaloux de ne pas avoir été emmené à Cologne

Indice: il sonne une quinte augmentée plus bas que son petit frère qui a fait des pirouettes acrobatiques, ce week-end à Cologne, et a sorti un son de scierie vosgienne d'après l'apocalypse d'alto renfrogné quand j'ai vainement tenter de le réapprivoiser, ce soir. Dommage car il va beaucoup servir ce week-end.

3 mai 2010

Les concerts gais ♥ Rainbow Symphony Cologne

 

Un week-end excitant et festif avec ceux du RSC: nous étions une douzaine des Concerts Gais à nous être greffés sur une de leurs sessions. C'est un orchestre jeune, qui compte finalement peu de membres de Cologne et organise des sessions courtes autour d'un programme, auxquelles participent chaque fois des gens venus d'un peu partout d'Allemagne, hébergés grâce à une bourse-aux-lits remarquablement efficace. En vrac avant que je n'oublie: 

 

La Rhabarberschorle. L'illumination (sans ampoule) du monticule de chaussures, dans le Cantal. Mon voisin de pupitre pasteur. Le savon m'explose à la figure (ça, je suis vraiment très propre). Le ré# le plus haut que j'aie jamais joué (c'est tout en haut de la montagne du Bergskönig et la sortie de route est proche). Canaux canards canaille. La party de Steve N, très réussie et très compartimentée: ça roucoulait côté charmille, ça gazouillait (enfin - ça rugissait, ça cabotinait, ça chantait et ça s'amusait beaucoup) côté salon; ça mijotait et ça complotait côté cuisine (dans le Saint-Saëns de l'histoire). L'accélérateur de signal wifi (le drame des très très grands appartements). Les petites plaques dans les pavements indiquant dans chaque immeuble le nom des familles juives déportées. Les portes romaines de la ville. La rue Dagobert et l'église Saint Pantaléon (serait-elle à l'envers?). La répétition avec Uli. La glace bleu Harpic. La belle Solveig. Le beau corniste aux yeux paranormaux. L'illumination du Zweiundzwanzig (toujours sans ampoule). Les coins des boyards. La soirée avec l'assistant mexicain et le prof de gym. Les quais du Rhin et les jeunes gens éméchés-gentil nous chantant la Marseillaise. Aquarius avec le Kwaggawerk (aucune chance d'y survivre). Sommerblut (penser à Wienerblut: c'est l'esprit de l'été). Gloria Lasso chante Borodine. Le chou-rave. Le flûtiste à noeud papillon blanc ressemblant à un angelot. Ce Rainbow Prelude est un vrai Ohrwurm. Les concerts gais est-il ein reines Schwulenorchester orchestre assez schwulenreinLe parfum de la rose rouge, dans mon salon ici à Paris. A bientôt en décembre, chers amis de Cologne.

 

20 avril 2010

Bartok/ Boulez

Un mandarin exigeant, qui trouve que la jeune femme va trop vite et que le jeune homme bouge trop (alors que je les trouve tous les deux très bons, surtout la jeune femme). C'est peut-être un peu long mais c'est passionnant de bout en bout, ne serait-ce que pour mieux comprendre ce qu'il y a dans la partition et ce qu'un chef peut faire passer.

(A 29', tout un travail de détail sur l'arrivée du mandarin, avec ses plans superposés; vers 71', un travail sur un duo de clarinettes - et la façon de le diriger; vers 89', la danse finale).

"Faites le précis, ça ne vous fera pas transpirer."

"Soyez charitable, pensez au timbalier, il faut le réconforter, il a déjà très bien compté"

(énervé) "Serré, serré, qu'est-ce que ça veut dire? des triples croches!"
18 mars 2010

Goût de chiotte datapoint of the day

Oui, absolument, je maintiens: ce passage à 53" du début du largo du concerto de Stravinsky me ravit complètement: chaud froid de cuivres sur un lit glacé de piano, bois et timbales, scansion implacable des temps comme chez, au choix, Yves Duteil ou la chanson liturgique post-Vatican II. J'adore.


Pour retrouver les accords verticaux et l'ambiance néoclassique, rien de tel que le mouvement lent de la petite symphonie concertante de Martin.....


....ou celui du concerto pour clavecin de Falla (mais là, on est plus proche du concile de Trente que de Duteil)


(tout ça est assez proche, finalement, de mon goût de chiotte datapoint of the day précédent (quelle cohérence (eh oui, le goût de chiotte, ça se travaille)))

11 mars 2010

l'Or du Rhin à la Bastille

Le héros du jour, c'est Loge plus qu'Alberich. C'est lui qui fait le premier des récits de la Tétralogie, qui fait le lien entre les filles du Rhin et le monde des Dieux (les deux premiers tableaux) et entre celui des Dieux et le Niebelheim (il est un peu apparenté à Alberich qui, du coup, ne se méfie pas de cette bande de "jouisseurs"). Et sa musique scintillante annonce celle des Gurrelieder. Mise en image souvent inventive (le début! un régal), parfois laide mais jamais gratuite (une carapace de Musclor est si vite perdue, ma bonne dame). Je crois que je préfère ce genre de mise en scène riche et inventive à celle des derniers Rings très dépouillés que j'ai vus (Strosser et Wilson). Impression générale un peu mitigée, je ne sais pas pourquoi (encore que: 2h30 sans bouger - théorème - il existe toujours un moment où, quels que soient ses mérites, on regarde tout le cirque wagnérien avec une haine difficilement refoulable).

25 février 2010

Béatrice et Bénédict à l'Opéra-comique

Première fois que je vois cet opéra mis en scène. La mise en scène (plus maline que le livret qui est mince, et qui met en valeur la musique, magnifique) insiste sur la fragmentation du récit (après tout, c'est un opéra à numéros, et la musique, une suite de miniatures plus fraîches que les autres), trouve souvent le raccourci juste (et le petit théâtre dans le théâtre dans le théâtre qui convient; et dans cette maison d'illusionnistes, on a le choix). La référence aux marionnettes se justifie pleinement (si Berlioz pense à Shakespeare, Shakespeare, lui, se souvient des romans de chevalerie) et reste en cohérence avec la musique....comme dans le tout début de l'ouverture (ce mystère qui trouve son sens avec le texte du duo final); ces trois segments de phrase liminaires, ce sont ces amorces du feu follet dont parle le texte, ces petites bribes d'amour qui ne savent pas comment s'allumer. Krivine dirige ce début de façon très hachée, démembrée: on entend bien les cordes puis les vents (avec leur saveur particulière) puis de nouveau les cordes - on pense à un pantin désarticulé, et c'est en pleine cohérence avec cette mise en scène qui manipule de façon autoritaire des marionnettes.

(A propos de cette saveur un peu particulière des vents, c'est la première fois que j'entends dans la suite de l'ouverture ce tic berliozien de permuter l'instrumentation - qu'on retrouve dans Roméo et Juliette -: on a une fois le thème lyrique joué aux cordes et accompagné aux vents, et puis, avant ou après, je ne sais plus, l'inverse: le thème chanté aux vents et accompagné aux cordes)

Moyen âge de carte à jouer: chaque scène est tirée du néant par un Monsieur Loyal anglais citant Shakespeare et n'hésitant pas à en forcer le caractère. On rit beaucoup, sans que cela tue l'émotion, comme dans l'air de Béatrice à l'acte II (un air à plateaux successifs, comme certains airs de concert de Mozart, dont le début reprend le thème lyrique de l'ouverture et dont la fin haletante est irrésistible), où la chanteuse envoie valdinguer un bouquet de fleurs (en rythme s'il vous plaît), s'accroche à sa marionnette, à la fois profondément ridicule et très touchante. Christine Rice - timbre magnifique et belle diction - chante cet air avec une grande noblesse. 

Comme souvent, il y a boire et à manger chez Berlioz; on aime bien son côté potache (les vers de mirlitons et les piques du premier duo entre Béatrice et Bénédict), mais pas son côté lourdingue et daté (il nous refait le coup du pastiche de la fugue, - comme dans la Damnation, avec un choeur qui chante faux). On préfère se souvenir de la belle musique nocturne de la fin du premier acte (duo entre Héro et sa suivante), avec des insectes (vibrionnant) et un spectre (forcément chromatique).

6 juin 2010

Ramon

Lu (en Corse) le livre de Fernandez sur son père, Ramon. Troublant à plusieurs titres: 1/ c'est le jugement que porte un homosexuel de 76 ans sur ses parents plus jeunes que lui (quelle drôle d'idée de se repencher sur son roman familial) 2/ c'est la tentative de restitution de ce qu'a été quelqu'un à travers quelques traces écrites: celle de la mère (un carnet lapidaire et un mémorandum écrit très tardivement), ainsi que l'oeuvre du père (et là je comprends le pourquoi de cette manie qu'a Fernandez dans ses autres livres - je pense aux pages sur Eisenstein, mettons, dans le dictionnaire amoureux de la Russie - d'éclairer l'oeuvre par l'arrière-plan biographique - manie que je n'aime pas beaucoup, mais qui donne quelques résultats lumineux dans le cas de son père) 3/ je commence à comprendre un peu mieux ce que veut dire ma mère quand elle critique le jugement que portent les gens de ma génération sur cette génération-là (à l'occasion du procès Touvier, par exemple). On se rend mieux compte en lisant ce Ramon de l'amplitude très large du spectre politique, à cette époque-là (cf la trajectoire de Mauriac sur la guerre d'Espagne; cf la proximité de RF avec Duras, jusqu'à la fin); on se rend compte que le Doriot anticommuniste et antinazi de 1937 n'était pas le petit gangster qu'il est devenu plus tard. Tout cela laisse la question de ce que l'on aurait fait, à cette époque-là, encore plus ouverte....

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