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zvezdoliki
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24 janvier 2010

La recette pour un concert de musique contemporaine archi-comble (sans tricher avec le label Festival d'automne)

Il suffit de demander à un très bon violoncelliste de jouer des pièces de musiciens contemporains vivants (venant chacun avec sa meute: oh, salut, trucmuche, comment tu vas?) dans la très petite salle de concerts d'un musée ouvert gratuitement le dimanche (oh! chéri, une salle d'enchères! on y va ?) au profit d'une association de lutte contre le sida (qui aura fait de la pub à toutes les associations homo de la planète), le tout au tarif ridicule de 10€. Aucune chance de pouvoir rentrer.

(Pour se consoler, on peut toujours écouter Messagesquisse sur le site du très bon violoncelliste (et regarder ses photos))

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13 janvier 2010

Mercredi c'est Ligeti

Déception: j'étais venu pour la Sonate pour alto (et salivais à l'idée de vérifier que "la corde de do donne à l'alto une âcreté particulière, compacte, légèrement enrouée, avec un arrière-goût de bois, de terre et de tanin"), mais patatras, l'altiste était malade et la sonate a été remplacée par deux Etudes pour piano (Arc-en-ciel et En suspens). Au menu aussi, les Six Bagatelles (qu'on a trop entendues comme générique à France-Musique), les Dix Pièces pour quintette à vent (une musique spectaculaire, malaimable, stridente et nonsensicale - à la fin, les instrumentistes déclament: "mais - Il y eut une longue pause. 'C'est tout?' demanda Alice timidement. 'C'est tout', dit Humpty Dumpty. 'Au revoir'). Ai été plus excité par les Mysteries of the Macabre, dans un arrangement pour trompette et piano - c'est à déconseiller si on a de l'hypertension, mais c'est tout-sauf-chiant et assez marrant. 

Mais le grand moment a été le Trio pour violon, cor et piano, dont j'avais oublié à quel point c'était un chef d'oeuvre. Ligeti fait celui qui se souvient de Brahms, mais en fait le thème du 1er mouvement se souvient des 'appels de cor' de la sonate des Adieux de Beethoven (c'est le violon qui fait le cor, dans ce 1er mouvement, en doubles cordes; le cor - qui fait le beau - lui répond, suivi du piano, qui sonne dans le suraigu comme un gamelang ou du Messiaen). Le deuxième mouvement est une mécanique virtuose, swingante, avec ces rythmes caraïbo-transsylvaniens qui font le chic du dernier Ligeti. Le mouvement suivant est incroyable de netteté: on y entend une déclaration véhémente du piano et du violon (qui s'échine à jouer des accords); le violon, à un moment donné, se décale comme un mauvais élève qui n'arrive pas à rattraper le piano; mais comme le même phénomène revient dans la récapitulation, on se sent rassuré sur le degré de maturité rythmique de la violoniste..... Le dernier mouvement est une chaconne où s'accumulent les descentes chromatiques, de plus en plus violentes. Le piano disparaît brusquement. Restent juste le violon, dans le suraigü, et le cor, dans le grave, pour une fin catatonique, bouleversante.

10 janvier 2010

Un peu d'empathie pour Hypatie

Vu l'histoire d'Hypatie au cinéma. Le film est un peu du genre pas très bon (un critère important: beaucoup de mauvaise musique - si j'excepte une réminiscence assez bien venue des Métamorphoses de Strauss au début du film), mais qu'on ne raterait pour rien au monde (tellement l'histoire racontée est excitante). Il fait revivre avec beaucoup de moyens l'Alexandrie des années 390 -415 - ce qui n'est pas rien -  et n'est pas si mauvais, d'un point de vue historique, dans sa deuxième partie: le christianisme comme religion d'esclaves, les jeux de pouvoir entre le préfet, Oreste, le patriarche, Cyril et l'évêque de Cyrène, Synesios. J'ai déjà croisé Hypatie cette année dans une bonne lecture, dans laquelle l'auteur décrit le meurtre de cette mathématicienne et philosophe comme un des épisodes marquant la fin de l'Antiquité. Il donne quelques éclairages intéressants par rapport au film. Par exemple, la première partie du film, qui a l'intérêt d'introduire le personnage de Théon, le dernier directeur du Musée, est douteuse historiquement; il n'existe aucune preuve que la destruction du Serapeum en 391 ait réellement indigné Hypatie; à l'époque, c'était déjà essentiellement un lieu de culte païen, la bibliothèque avait déjà brûlé en 270 et la plupart des manuscrits avaient été transférés ailleurs. Autre point, au moment de son meurtre, Hypatie n'était pas la vierge jeune et jolie qu'a célébrée Voltaire dans son Dictionnaire Philosophique mais une dame d'une soixantaine d'années (ce qui n'enlève rien évidemment, à l'horreur du crime des parabalani). Enfin, il est tentant de voir en l'histoire d'Hypatie le début d'âges obscurs; toutefois l'histoire des sciences à Alexandrie s'est poursuivie aux Vième et VIème siècles, de sorte qu'il difficile de pouvoir parler de décadence. 

Aussi: la mort d'Hypatie racontée par l'évêque de Nicée (salaud de chrétien) et Socrate de Constantinople (le point de vue grec).

16 février 2010

Arbatz au Petit Saint Martin

C'est Gilda qui a eu l'oeil, parce que jamais je n'aurais repéré que Michel Arbatz, que nous avions vu ensemble en 2007, allait faire un nouveau concert à Paris.... et ç'aurait été dommage de le rater. Un nouveau programme, moins thématique que certains des albums que je connais et j'aime (Musée de l'homme, Dubillard ou Desnos), avec toujours la magie du texte - foisonnant, rigolard, incontrôlable, saoulant, polysémique, potache. Je suis bien incapable de citer des bouts de tirades tant c'est virtuose, mais il est question de l'étrangeté de la banlieue, de Zapotek, du Sud, des hémisphères affolants de la Vénus hottentote. Les arrangements, toujours malins, se souviennent de Brassens, de Brel, avec une pincée d'orient ... et de balai. Il y a aussi des moments de texte seul, avec quelques reprises de textes déjà connus (la météo marine ou Retrouver le sud) et des nouveaux (un éloge du pet de vache - éblouissante performance d'Olivier Roman-Garcia, pince-sans-rire, revêtu d'une veste en peau de bovidé). Une belle soirée où Arbatz brûle LA planche...

8 novembre 2009

Salomé à la Bastille

Salomé tombe amoureuse d'une belle voix grave - c'est normal, on est à l'opéra - et de l'étrange musique de Jean-Baptiste (un vrai personnage de science-fiction), ces longues nappes de notes tenues dont la résolution se fait attendre. Petite Fille Riche, malgré tous ses efforts (ces "Ich will deinen Mund küssen" répétés jusqu'à l'écoeurement) tombe sur un mur. Tout simplement l'un des meilleurs livrets d'opéra jamais écrits.....

 

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14 février 2010

Fauré au musée d'Orsay

Ce soir, l'orchestre de Paris faisait ses Menus Plaisirs au musée d'Orsay dans un programme - quel bonheur - tout Fauré. Très varié et chambriste, avec

  • quelques tapas délectables: 1) Pelléas et Mélisande transcrit par Dalbavie (ça marche beaucoup mieux que la réduction Schönberg du Chant de la terre... mais il y a un piano + un quatuor à cordes + une contrebasse + trois bois seulement, ça change la donne; peut-être aussi l'acoustique de l'auditorium du musée d'Orsay se prête mieux à ce genre d'oeuvre que la grande salle de la Cité); 2) Après un rêve pour contrebasse et piano; 3) la Fantaisie pour flûte et piano (dont Vicens Prats a expliqué drôlement l'histoire: c'est une pièce de concours avec vacheries obligées, que je me souviens avoir beaucoup entendu il y a une bonne trentaine d'années, avec Chaminade et Gaubert ...quand ma soeur était au conservatoire en classe de flûte).
  • un premier plat de résistance, la Bonne chanson, dans une version quatuor+ contrebasse et piano, chantée par Vincent Le Texier (belle voix d'opéra, très loin de celle de Maurane); plus d'ampleur que quand c'est avec piano seul, avec des combinaisons intéressantes ("Une sainte en son auréole", sans piano, par exemple)
  • un chef d'oeuvre: le quintette opus 115. Une musique qui me met en transe et me rend très heureux, sans que j'arrive à l'expliquer. Une oeuvre qui fait souvent penser à Beethoven, par le tissu serré, le souci de l'économie thématique et par certains détails (cet ut mineur qui mène irrésistiblement à un ut majeur comme dans la Cinquième, un ut majeur qui n'est pas claironnant, mais un ut majeur de clocher campagnard à midi; la sixte de l'alto dans le troisième mouvement, qui rappelle le Heiliger Dankgesang de l'opus 132). Le scherzo (qui va très vite et flirte avec l'atonalité) et le finale sont magnifiques mais les deux sommets sont le 1er mouvement [celui avec le thème à l'alto (quarte+ quinte=octave); avec la réexposition à fond les ballons toutes les cordes à l'unisson; avec la coda sublime en do majeur de chat qui ronronne et de cloches à toutes volées, ça ressemble à du Steve Reich, mais si seulement les minimalistes écrivaient comme ça!] et le mouvement lent [avec un moment incroyable avant la dernière récapitulation du thème: une polyphonie serrée qui monte sur une basse qui serre la vis avec des noires suivant une trajectoire dangereusement chromatique].

 

3 janvier 2007

[Oachcoatzelschwoav]

Ce n'est pas du toltèque, c'est du bavarois mal translittéré et ça veut dire: queue d'écureuil; c'est très utile en cuisine. Ne pas hésiter à se lâcher sur le oach; oui c'est comme une jota espagnole, il faut que ça sonne bien dégueu.

(merci à la gnädige Frau L.)

(Enfin c'est bien joli ces langues vivantes, mais on ne m'ôtera pas de la tête que c'est plus pratique de dire p'tite bite)

5 mai 2008

En très bref (parce que)

Fait la Mourre Nègre (mais pas la Mourre Libre ni la Mourre Vache). A ce propos (ou presque), je sais maintenant (presque) tout sur le retournement des morts à Madagascar. Sinon, la lecture de Rosen aune fois de plus shaké ma life illuminé ma vie ; il pense qu’il faudrait fusiller tous ceux qui jouent Beethoven trop vite (je simplifie mais bon en gros c’est ça l’idée), notamment les allegrettos comme celui de l’opus 54 (oui, il y a bien des scherzos qu’il faut prendre très vite, mais dans la catégorie allegrettos, c’est la sécurité routière s’impose). Je vous laisse, je suis très occupé (par mon neveu qui squatte et a faim, parfois (le con)).

31 décembre 2008

Un peu de rétrospective (et un soupçon de prospective)

Bon, c'est entendu, 2008 a été une année merdique, mais a été aussi:

  • l'année où j'ai découvert des endroits aussi attachants, à des titres divers, que Buenos Aires, Saas Fee, Kiev, Mourlergues et Kiji.
  • l'année où j'ai entendu pour la dernière fois (regrets éternels) le quatuor Alban Berg et pourla première fois Photoptosis de Zimmermann, Dr Atomic de Adams, le Noir de l'Etoile de Grisey et Matthias Goerne dans Des Knaben Wunderhorn.
  • l'année où à l'orchestre pédé, je me suis pris pour un moustique dans un nuage de moustiques et pour une caisse claire en furie (mais pas les deux en même temps, hein, faut pas pousser quand même, on n'est pas des pros, quoi merde)
  • l'année où mon neveu est venu squatter souvent en mai-juin (et a réussi ses concours), l'année où je me suis fait voler deux fois mon portefeuille, l'année où j'ai jugulé une invasion de fourmis, l'année où je me suis cassé le bras, l'année où j'ai rencontré en vrai klari et chori, l'année où la planète entière a découvert l'existence de ce blog (manque plus que ma mère), l'année où, à la suite d'une série d'événements largement indépendants de sa volonté, le chat s'est installé quasiment à plein temps chez moi.
  • l'année où j'ai vu et aimé Le silence de Lorna des frères Dardenne, Two lovers de James Gray,Into the Wild de Sean Penn, La graine et le mulet de Abdellatif Kechiche et une invraisembable foultitude de bons films israéliens (et aussi l'année où j'ai découvert Imitation of life de Sirk, Un père d'Ozu et les Fioretti de Rossellini)

Bon, c'est entendu, 2009 (et même 2010) s'annoncent aussi comme particulièrement merdiques. Je ne suis pas particulièrement doué pour la divination mais je vois tout de même fin janvier... mettons notre turban et astiquons notre lampe magique... l'arrivée d'un nouveau canapé-lit et de nouvelles fenêtres qui vont enfin protéger le reste du monde (je pense surtout aux pauvres gens dans la rue) de mes ronflements toxiques et phénoménaux. Pour le reste, je ne vois rien. Tous mes voeux pour une bonne et heureuse année 2009.

26 août 2004

Eros Thérapie de Danièle Dubroux

J'ai adoré Eros Thérapie, le dernier film de Danièle Dubroux. J'irai le revoir, rien que pour le fun. Au delà du côté sous-sol du BHV, c'est un film tonique 1) qui croit aux pouvoirs du cinéma 2) qui fait croire qu'on peut changer la vie 3) qui fait croire que la mise en scène peut changer la vie. C'est aussi une comédie très alerte, beaucoup plus brillante que le journal du séducteur ou l'examen de minuit, j'aimerais qu'on m'explique où il y avait des temps morts. C'est en tous cas très précisément le type d'humour que j'aime.

Les deux plus beaux personnages sont les deux femmes, l'incroyablement-comique Catherine Frot ("finalement ce sera non !" dit-elle face à l'avalanche de poils) et l'incroyablement-émouvante Isabelle Carré, à qui il arrive des trucs dingues, dingues, dingues. Melvil P est évidemment craquant mais n'a pas exactement le beau rôle (il n'aime pas les critiques de cinéma, surtout ceux d'Avant Première); il est très crédible en cadavre exquis. Dans les personnages secondaires, tous géniaux (même la femme du garagiste, hein, c'est vrai, la femme du garagiste.....), il y en a deux qui valent le détour, le regretté Jacques François (le papa de Frot) pour sa réaction au come-out de sa fille, et la trop rare Emmanuelle Riva (la maman de Carré) qui se prend pour Lilian Gish avec son fusil à pompe

6 septembre 2004

Mon père est ingénieur, de Robert Guédiguian

Pour une fois, pas tellement envie d'ironiser sur ce beau film centré sur un personnage de militante communiste en état de légumisation avancée. Il y a des défauts évidents, l'angélisme dans la représentation des Arabes à Marseille, filmés comme des santons, et une quête un peu post-pubertaire de radicalisme chez le personnage de Darroussin, qui semble avoir pourtant passé cet âge-là. Mais le film a aussi de grandes qualités, une belle construction éclatée, des rimes à la fois dans le texte ("on arrête ou on continue ?)" et dans les rôles que tiennent tour à tour les uns et des autres. Un petit côté Lola et Parle avec elle, rien que ça....

Le film titille évidemment la corde de la convergence entre communisme, tradition populaire, et religion chrétienne (dans ce qu'elle a de plus primitive); ça marche bien avec moi, sans doute l'irritation que suscite un monde trop cloisonné et individualiste.....(je n'irai pas plus loin dans l'exposé répugnant de mes pathologies). Théorème d'existence : il y a au moins un militant d'extrême gauche que n'étouffe pas la haine du fait religieux....

Et puis le film mérite d'être vu rien que pour la scène incroyable où Ascaride vient mettre les pieds dans le plat d'un repas familial chez des gens de gauche qui refusent de voir leur fille sortir avec un Arabe. La façon dont Guédiguian filme Meylan (et pourtant il charge bien la barque.....) est bouleversante: il en fait un vrai personnage, un peu lourd et opaque, bien au-delà des clichés....

4 octobre 2005

Chaînes conjugales, de Joseph Mankiewicz (les amours du frigo et du train)

Dans Chaînes conjugales, la cuisine modeste de l'appartement de la mère de Lora May (Linda Darnell) est située juste au bord d'une voie ferrée : chaque passage du train suscite littéralement une onde de choc dévastatrice.

Au premier passage du train le spectateur prend conscience de l'étendue du problème: la vaisselle tremble, l'égouttoir finit par glisser dans l'évier, le frigo s'ouvre, la mère de Lora May et sa soeur (une créature vacharde à la Pauline Carton), l'air impavide, clope au bec et bock de bière à la main, sont secouées de spasmes qui ne s'interrompent qu'une fois le train passé. La deuxième fois, Lora May, une jeune femme brune décidée à sortir de sa condition, a rendez-vous avec son patron, un divorcé de 45 ans qui doit passer la prendre pour dîner: prétextant un oubli, elle laisse finement son prétendant subir l'expérience existentielle d'une attente dans la cuisine; le train passe et le patron est secoué de tremblements, tout comme la mère de Lora May qui le jauge d'un air soupçonneux. Il est très embarrassé mais retrouve sa contenance quand le frigo s'ouvre; il reconnaît, divine surprise, émotion irrépressible, un frigo qui provient du supermarché dont il est le gérant.

La troisième fois, c'est la veille du Nouvel An, Lora May le passe seule puisqu'elle a éconduit son soupirant qui lui refuse le mariage; mais celui-ci revient ! Le dernier passage du train donne une ampleur inattendue au baiser de réconciliation de Lora Mae et de celui qu'il faut désormais appeler son mari.

1 novembre 2005

L'enfant, de Luc et Jean-Pierre Dardenne

(Cette note écrite, comme d'habitude, sans le moindre souci du spoiler; si vous avez peur de trop en lire sur l'Enfant, il vous suffira de savoir que c'est un film excellent avec de l'action et de l'émotion.)

  • Un portable (avec une sonnerie bien reconnaissable), deux vestes jumelles, un chapeau, un bébé, une poussette, un sous-fifre : il ne reste pas grand-chose de tout cela à la fin.
  • Chez les Dardenne, le Mal existe même si on ne le voit pas venir, et n'en déplaise à ceux qui voient notre société se déliter à grands pas, il est tout de suite contré : après avoir vendu son fils, Bruno se heurte immédiatement et violemment à son amie, à la police, au milieu.
  • L'horreur de la finance (Bruno spécule mais maîtrise mal les arbres binômiaux). Bruno pourrait vendre le landau pour 60€ dans un magasin A, mais il préfère le vendre 65€ dans un magasin B (+1€ pour la veste de sa moitié, dorénavant inutile) et se venger de A; mais en volant la caissière de l'établissement A, il finit par un enchaînement de circonstances par perdre le montant du vol et bien davantage... (mais ce n'est pas encore la fin de l'histoire). De même il aurait mieux valu que B vende l'enfant pour x€; en ne le vendant pas, il perd 2x€ et bien davantage (mais ce n'est pas encore la fin de l'histoire)
  • L'ahurissant enchaînement avant la vente de l'enfant. Alors que c'est tout frais dans ma mémoire, je suis incapable de retranscrire la chaîne des événements: entre la queue au guichet, le père qui mendie, s'achète des clopes, les coups de fil au portable, en cabine; le trajet en bus, l'ascenseur en panne, le bébé qu'il faut porter.
  • La scène horrible du gamin qui a une crise de tétanie dans la Meuse.
  • Au générique de fin: une vingtaine de bébés ont joué le rôle de Jimmy! C'est ce qu'on appelle se passer le bébé.

27 mai 2006

Volver, de Pedro Almodóvar

Vu Volver (et non pas : bu bol bear). Je vais faire abscons, pour ne pas gâcher.

  • Mildred Pierce + Histoire de fantômes chinois = un film très ibère ("ne vous en mêlez pas, on va régler ça entre nous")
  • Le congélateur refroidissant un homme trop chaud devient le réacteur nucléaire d'un restaurant à succès (tchak tchak tchak fait elle en faisant un sort aux poivrons rouges...avec le couteau fatal, avant d'aller chanter Volver).
  • Chialé comme un veau 1) quand Cruz chante Volver, 2) à la grande scène Cruz-Maura ; secoué de rires spasmodiques pendant le vaudeville avec la Russe et la cliente au shampoing ; le reste du temps, j'ai été d'une tenue irréprochable.
  • Cruz est bien, évidemment, mais Lola Dueñes (la soeur) : quel talent comique ! Et Bianca Portillo : le regard de la Paredes.
  • Un film inspiré par le vent qui rend fou et fait tourner les éoliennes ; un grand crû Almodóvar, un rouge corsé et puissant.

17 janvier 2006

pornographe toi-même

Quand on lit ce qui suit, on se dit qu'il y a quelque chose de très pourri au royaume de l'Education Nationale.....

  • La commission paritaire nationale, composée pour moitié de réprésentants syndicaux et pour moitié de représentants de l'administration, a estimé à la majorité que ces éléments étaient pornographiques et donc incompatibles avec les fonctions de proviseur de ce monsieur. Quand on occupe ce genre de postes, on a une responsabilité sur le plan de la moralité vis à vis des jeunes dont on a la charge et de leurs parents. (Paul Desneuf, directeur de l'encadrement à l'Education nationale, pour justifier la révocation d'un proviseur homo et blogueur)
  • La hiérarchie a fait son boulot. Elle aurait peut-être pu le faire mieux, mais nous n'avons trouvé aucune faute caractérisée. Ni de la proviseure, ni de l'inspection académique de l'Essonne, ni du rectorat de Versailles. (André Hussenet, l'un des deux inspecteurs généraux de l'Education nationale qui ont mené l'enquête au lycée professionnel d'Etampes où une enseignante a été agressée au couteau le 16 décembre).

Sur l'affaire du proviseur révoqué, il faut lire :

Le respect à la vie personnelle, à mon avis, ça inclut le droit de rendre publique (ou semi-publique) cette vie — droit qui fait pendant à celui de ne pas révéler, au contraire, ce qu'on ne veut pas révéler, et de le garder privé. Autrement dit, je ne considère pas qu'une liberté ait de sens tant qu'on n'a pas le droit de ne pas se cacher pour l'exercer. Cela ne vaut pas de dire aux homosexuels : vous avez le droit d'être homosexuels, mais à condition que vous le cachiez — comme on l'a fait sous Thatcher en Angleterre ou comme on le fait maintenant dans l'armée américaine (don't ask, don't tell). D'ailleurs, à la limite, il n'y a pas de différentre entre interdire quelque chose et interdire de le faire savoir (puisque, par définition, ce qui reste secret est autorisé vu que personne n'en a connaissance pour l'interdire).

4 mai 2005

grand congrès mutualiste des glottes queer

Hier soir au bien-nommé Palais de la Mutualité, c'était le grand congrès des glottes queer, le gala d'ouverture des Various voices, le festival des chorales gaies et lesbiennes. Le genre de festival où l'on peut aller écouter Die Fetten Koketten Soubretten de Cologne (je ne sais pas ce qu'ils font mais raaaah j'adore ce nom) ou l'antipodien Canberra Gay and lesbian Qwire.

En bref, le genre de spectacle mutualiste que j'aborde avec l'enthousiasme que je réserve aux réunions familiales les plus interminables. Sur ce point là pas de déception: c'était vraiment très long et très en retard. Sur le reste, pas vraiment un spectacle skoteinien, on s'en serait douté, beaucoup de bons sentiments et de chaleur tribale. Mais aussi des moments hautement improbables dans des coulisses surchauffées (assez bizarrement les sous-sols de la Mutu ne communiquent pas avec ceux de Saint-Nicolas du Chardonnet); un speech très personnel de Jean-Luc Romero qui m'a scotché (en matoo dans le texte); et puis aussi, last but not least, de la bonne musique: hier soir, j'ai flashé de façon exclusive et totale sur le Hellmans Drengar de Göteborg.

A l'orchestre nous étions réquisitionnés pour la superproduction de clôture (au secours! cria-t-il d'une voix faible) et nous avons joué notre grand tube du moment (Prokoviev) sous des salves de rires un peu inquiétants (a priori ça n'est jamais bon signe). Renseignement pris, la salle gloussait devant une présentation Powerpoint défilant sur écran géant censée présenter les choeurs participants, mais avec des indications de localisation parfaitement fokloriques, les choeurs suisses étant localisés à Londres par exemple. Je divague, mais tout de même, les choeurs gais et lesbiens, c'est vraiment un truc d'anglo-saxons (j'englobe suisses et allemands), pas un seul choeur du sud de l'Europe. On va y réfléchir.

27 décembre 2005

Ouf ! nous voilà débarrassés de la fête-des-promesses-non-tenues, du moins jusqu'à l'an prochain, même date même heure

A la messe de minuit (avec sermon sur l'accueil de l'Enfant, de l'Etranger, de l'Autre - tu parles charles), le curé, joueur, fait distribuer des petits papiers sur lesquels chacun est invité à écrire une pensée pour quelqu'un qu'il aime; les petits papiers, collectés dans une corbeille, seront redistribués à la sortie. Remonté comme une pendule, j'écris: "Des poutoux baveux, le chat, à distance comme chaque Noël, en raison du catholicisme rance de tes beaux-parents."

24 juillet 2006

Ma Gay Pride cette année

Une Gay Pride de plus. Un peu les mêmes impressions que l'an passé : c'est de plus en plus politique, de moins en moins folklo. Nous avons remonté le cortège en deux bonnes heures, de Bastille à Luxembourg, avec *** qui m'a raconté sa première Gay Pride en 1988 : il paraît qu'il y avait un char avec de la musique de Haydn ! J'ai un peu de mal à y croire (ce n'était pUne Gay Pride de plus. Un peu les mêmes impressions que l'an passé : c'est de plus en plus politique, de moins en moins folklo. Nous avons remonté le cortège en deux bonnes heures, de Bastille à Luxembourg, avec *** qui m'a raconté sa première Gay Pride en 1988 : il paraît qu'il y avait un char avec de la musique de Haydn ! J'ai un peu de mal à y croire (ce n'était pas plutôt 1888 ? 1788?). Croisé une vieille connaissance avec une casquette UMP vissée sur la tête - et se déhanchant, en bonne logique, derrière le char de l'UMP (à mon grand regret je dois dire que ce char était moins glauque que celui du PS). Le char de prévention des MST ne prévenait pas réellement du risque de surdité (on ne peut pas cibler tous les ojectifs en même temps). L'attraction cette année était un char de footeux habillés en footeux mais agnès b, s'il vous plaît, très tendance. A propos, croisé petit P*** (avec une tête de teckel abattu et flanqué d'une copine militante), mais aussi le président de l'orchestre (à qui j'ai exhibé fièrement mon doigt de mémé bigouden pour qu'il soit bien clair que je sècherai intégralement le prochain week-end de répétition) et deux starpédéblogueurs (yes !).as plutôt 1888 ? 1788?). Croisé une vieille connaissance avec une casquette UMP vissée sur la tête - et se déhanchant, en bonne logique, derrière le char de l'UMP (à mon grand regret je dois dire que ce char était moins glauque que celui du PS). Le char de prévention des MST ne prévenait pas réellement du risque de surdité (on ne peut pas cibler tous les ojectifs en même temps). L'attraction cette année était un char de footeux habillés en footeux mais agnès b, s'il vous plaît, très tendance. A propos, croisé petit P*** (avec une tête de teckel abattu et flanqué d'une copine militante), mais aussi le président de l'orchestre (à qui j'ai exhibé fièrement mon doigt de mémé bigouden pour qu'il soit bien clair que je sècherai intégralement le prochain week-end de répétition) et deux starpédéblogueurs (yes !).

21 juillet 2008

En URSS en 1936

A. me parlait avant hier précisément d'un de ses amis, jeune Komsomol, condamné en vertu de la loi contre l'homosexualité. Lorsqu'elle fut promulguée, en 1932, il alla se dénoncer au Guépéou, fut d'abord exclu du parti puis déporté pour trois ans. Il est rentré à Moscou, sa peine purgée, voilà quelques semaines. Mais il ne pourra légalement y demeurer que si un ami consent à le loger - et il n'ose compromettre ceux qui accepteraient de courir ce risque. D'autre part, il n'a plus de travail. Sa condamnation et son exclusion des jeunesses communistes lui enlèvent presque toute possibilité d'en trouver. Enfin, il va sans dire que la déportation ne l'a pas "guéri". Complètement démoralisé, il veut - me dit A.- aller se dénoncer de nouveau.

Beaucoup de jeunes gens - honnêtes communistes - sont dans ce cas. D'autres, à la conscience moins scrupuleuse, se bornent à dissimuler. Certains s'engagent dans la voie de la contre-révolution.

Hypocrisie, refoulement, désespoir paraissent bien les seuls résultats possibles d'une méthode dont l'absurde ne le cède qu'à l'odieux. Il serait peut-être plus humain - et en tout cas moins sot - de fusiller tout simplement les "délinquants".

Pierre Herbart, En URSS.

11 août 2008

J2: la balade la plus mollissante

Saas Fee - Grächen (prononcer Grrrre- jen comme la jota espagnole). La météo annonce une dégradation mais il fait très beau le matin. Au départ nous repérons - divine surprise car ce genre de troupeau est rare en montagne - un groupe d'une bonne dizaine de tapioles allemandes assez jeunes (environ 40 ans) qui nous saluent avec la cordialité qui convient. Bizarrement, nous les semons assez vite - mais il est vrai que nous avons peur de nous retrouver coincés dans un passage à pic avec mains courantes sous la pluie - tous les guides insistent lourdement sur le fait que c'est vraiment LA balade à éviter par mauvais temps. En fait c'est une balade avec dénivelé modeste - on part de 1800 et une fois arrivé à 2100 on oscille en permanence entre 2100 et 2500. Mais c'est aussi traître qu'un sentier littoral, car on passe son temps à monter et descendre. C'est une balade interminable (6 bonnes heures) mais avec des vues sur le massif opposé au Mischabel et sur l'Oberland Bernois que l´on aperçoit de l´autre côté du Rhône. Le sentier traverse des régions sauvages (ni bancs ni mémés en tong). Nous croisons des bouquetins (ou des chamois, je n'en sais fichtre rien, je n'ai pas fait véto). Il y a plusieurs passages mollissants, qui ne le seraient pas s'ils n'étaient pas en surplomb d'un à-pic de 2000m de dénivelé - avec petites échelles, pierriers, grimpettes avec peu de prises. Sur le sentier, un petit couple de français de Champagne - qui doivent vouloir trouver du relief - copinent avec deux messieurs suisses (à la dangereuse cordialité). Nous arrivons pilepoil pour la pluie au téléphérique d´Hannigalp qui redescend à Grächen, dans le Mattertal - la vallée de Zermatt. Dîner dans un restaurant à la décoration bovine (nappes blanches à taches noires, têtes de vaches au mur). Bouffe dégueu, mais nous avons tellement faim que nous mangerions la nappe. Ma mère appelle vers 21h30 pour me souhaiter bon anniversaire, j'ose à peine lui dire qu'on est à deux doigts de sombrer dans le sommeil des bienheureux. Je finis L'insuccès de la fête (qui relate une journée cruciale d'Etienne Jodelle -> Jodl --> Yodl)

10 août 2008

J1: la balade avec beaucoup d'Apfelsaft à bulles et un beau panorama

On prend le bus postal (on ne chantera jamais assez les cars postaux en Suisse) de Saas Grund vers Saas Almagell, qui est plus haut dans la vallée. De là, il y a une petite grimpette (de 1660 a 2200) à travers les mélèzes vers un alpage avec refuge où nous sirotons un Apfelsaft à bulles. Par la suite, le sentier monte assez mollement sur un balcon d'où on a une vue fantastique sur le massif du Mischabel, un grand cirque de montagnes de plus de 4000 au pied duquel se trouve Saas Fee. Nous repèrons le Dom (le plus haut) et l'Alphubel (j'explique avec le plus grand sérieux au chat queAlphubel doit venir de Alpha car je lui trouve une forme de A germanique, arrondi en haut .... mais je me rends compte que c'est une explication passablement macaronique car ce doit être Alp-Hubel comme Alpe. Je me rappelle que cauchemar se dit Albtraum et pas Alptraum). Un peu plus loin, on voit de face les glaciers les plus impressionnants, notamment ceux qui descendent de l'Allalinhorn. Nous arrivons au lieu-dit Kreuzboden, avec bars, téléphérique, mémés nickel et trilingues en tong. Nous resirotons un Apfelsaft à bulles puis poussons plus loin. La buvette suivante, au lieu dit Gspon, est à 4h30 de marche, c'est un peu loin même pour aller boire un Apfelsaft à bulles. Nous redescendons les 800m de denivelé avec le téléphérique de Kreuzboden - pente affreuse, je fixe mes bouts de chaussures de peur de vomir tout mon Apfelsaft à bulles. Et retrouvons avec plaisir le plancher des vaches (Saas Grund).

9 août 2008

J0: la balade la plus pépère

On monte de Saas Grund à Saas Fee. Peu de denivelé, beaucoup de chapelles - c'est un chemin de croix, mais pour mémères. Nous sommes intenables: oh, une vacheoh, un glacier. Nous atteignons le stade premier de la debilité et c'est bon. Saas Fee nous fait bonne impression: pas trop de monde, une vue magnifique, une station sans voitures - et qui fait moins Disneyland que Zermatt. A l'hôtel, débauche de drapeaux suisses en plastique (permettant d´isoler efficacement les tables). Le menu commence comme toujours ici par des crudités puis une soupe - mais se poursuit avec une troisième entrée (yes) puis un plat principal puis un dessert.

12 novembre 2007

L'universalisme de la glorieuse révolution socialiste est loin

  • Arrivée le 5 novembre: aucun bouchon pour arriver dans la ville car nous sommes un jour férié, le jour où l'on célèbre l'unité de la Russie, une invention poutinienne pour commémorer la libération de Moscou des méchantes armées polono lituaniennes, en 1612. C'est un ersatz de l'anniversaire de la Révolution d'Octobre, le 7 novembre, qui n'est plus férié. Plus férié mais quand même célébré, cette année évidemment dans un sens nationaliste: la parade sur la Place Rouge est une reconstitution de la grande parade patriotique de 1941....
  • Dîner avec une sociologue respectée, spécialiste des questions politiques, qui pronostique que Poutine va se transformer en un genre de Deng Xiao Ping, qui contrôle le Parti mais plus l'exécutif. On m'avait prévenu que ce serait "dramatic", effectivement la conférencière dit des horreurs sur Poutine (un peu troublé, j'appprends un peu après qu'elle reçoit de l'argent du Kremlin). Manifestement, ça ne fait pas de mal à l'assistance, notamment une des Américaines du groupe qui ne cesse de pousser des "Oh my goooooood" effarés. Hé oui ma chérie, c'est la Russie, pas le pays des bisounours. Nous avons aussi un Mexicain qui fait son effet en expliquant que l'histoire mexicaine est pleine d'exemples de présidents qui ont voulu démissionner tout en installant ce qu'ils ont cru être des hommes de paille... et que ça n'a jamais marché.
  • Mardi, visite à l'ambassade des Etats-Unis (à Moscou). A l'entrée, nous sommes contrôlés par des militaires russes. Celui qui vise mon passeport (français) devient soudain affable et sympathique. "France, nation amie", me souffle amusée ***, qui parle russe.

1 février 2005

J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne, de Jean-Luc Lagarce

Vu samedi avec N et le chat (inconditionnel de JLL) la pièce de Lagarce à l'affiche à la Cité U. La pièce, l'une des dernières de l'auteur qui est mort du sida en 1995, est davantage de la musique de chambre que les Prétendants, cette comédie grinçante du monde du travail, et plus un psychodrame bergmanien que Derniers remords avant l'oubli qui était souvent très drôle et dont j'ai un souvenir très ému. Elle montre cinq femmes d'âges divers face au retour du fils de la famille, à l'agonie et absent de la scène, dans la maison familiale dont il a été chassé, il ya longtemps, par son père. Mais elle est aussi une chronique de la vie de province, de la campagne de l'est de la France. Lagarce est du Jura et la pièce a été montée au théâtre du peuple à Bussang, ce beau théâtre à l'allemande qui ouvre sur la forêt, dans les Vosges (....je rêve d'y voir la bataille d'Arminius). La langue est belle, toute de ressassement, presque du Thomas Bernhardt, en moins tendu. Elle supporte assez mal une mise en scène qui en fait trop. Pas vraiment emballé par Cécile Garcia-Fogel dont le personnage est pourtant bouleversant: celui d'une femme de 35 ans qui s'est fait à des amours de passage avec des hommes mariés qui ronflent avec leurs chaussettes. Mais je me souviendrai d'une grande scène de théâtre, au milieu, quand Catherine Hiegel rugit pour rétablir la vérité, et se défend comme une lionne contre la benjamine qui provoque ses aînées en leur reprochant de ne pas avoir su prévenir le drame.

20 juillet 2005

l'étonnante synthèse : Huelgas et la Rochelle

...je continue à picorer dans mes disques Huelgas et je tombe sur leur subliiiime disque Claude Lejeune, le Printans, que j'avais complètement oublié. Tiens, Claude Lejeune, un parpaillot qui s'est réfugié à La Rochelle en 1589, pendant l'un des âges d'or de la ville, avant le siège de 1628 et le retour à la couronne royale. Ce cahier célèbre dessine une des portes de sortie possibles au grand bain lustral (ou la grande bouillie, comme on voudra) de la Polyphonie Renaissante, pas la plus empruntée assurément. Lejeune adopte la scansion des Anciens et abandonne la mesure fixe, se calant complètement sur le texte de de de de Baïf qui est remarquablement intelligible, de de de ce fait. Comme le dit sauvagement le texte de la pochette (je n'oserais pas opposer homophonie à mélismes, moi, c'est sûr), Lejeune "opte sans compromis pour un style purement homophone, exempt de mélismes". Accessoirement, Lejeune était l'un des compositeurs de Messiaen, à cause des rythmes non rétrogradables (ou palindromiques, si on veut) et de l'écriture modale, je crois ....Hop, dans la radio (il faut bien pouvoir s'isoler de ses petits collègues, de temps à autre).

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