mardi 4 octobre 2016

Le quatuor Ebène aux Bouffes du Nord

Un concert magnifique. Le quatuor Ebène avec son nouvel alto pour la première fois aux Bouffes du Nord, cette salle idéale. Au menu:

Beethoven, opus 18-6: si bémol majeur. Celui avec le scherzo irrésistible à hoquets et le finale qui lutte avec la malinconia.

Dutilleux: Ainsi la nuit. Jamais entendu mes suraigüs de Miroir d'espace si justes.

Beethoven, opus 127. mi bémol majeur. Les accords du début (avec des coups d'archet jamais vus); la fin du premier mouvement avec les noires retardées qui font caler le moteur. Le #2 à variations, un la bémol majeur d'une grande noblesse. Les deux derniers mouvements d'une joie cosmique. La coda vaporeuse du #4 prise très très vite, peut-être un contresens, ça marche très bien et on conserve la direction.

Pas de bis crossover, on restera sur cette impression de joie cosmique.

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samedi 23 janvier 2016

Biennale 2016

Trop peu de quatuors (les quatuors avec piano, ça ne compte pas):

Lundi: Arditti (à V2 hipster)/ Manoury (Fragmenti) et Jerusulem (à alto en brun quand les autres sont en gris, la sécession menacerait-elle?)/ Chostakovitch 12 et Beethoven op 18 n°1. Fragmenti pas mal, comme du Kurtag ou des bagatelles, une succession de pages à idée unique. Beaucoup aimé le pas de vis de l'Accelerando (varié par des modes de jeu, avec toujours un instrument qui reprend un tempo plus lent). Chosta 12: celui avec un mouvement lent initial et les 3 mouvements suivants compactés (six jours plus tard, j'ai encore la rengaine du scherzo dans la tête; inquiétude: et si c'était une juste une musique vulgaire et dépressive?). Beethoven 1: ils prennent l'idée initiale en poussant (bonne idée), comme si c'était une question. Joie parfaite du finale, musique magnifique.

Jeudi: Artemis/ Bach-Piazzola (en trio à cordes), Schumann op 47 et Brahms op 60. Concert dédié à la mémoire de Friedemann Weigele. La période deuil touche à sa fin puisque le quatuor a annoncé le recrutement d'un V2. Perception un peu spéciale dans la mesure où le souvenir d'avoir joué le Schumann (avec déséquilibres cachés et écriture lacunaire dans le mouvement lent, et une jubilation un peu académique dans le finale) et le Brahms est encore tout frais.

Vendredi: musique française avec Batiashvili, Braley et G Capuçon. Je me sens comme un koala apeuré tellement ma voisine a l'air malade et sent l'eucalyptus. Retenons le trio de Ravel (le pantoum fait plaisir à voir) et, de Dutilleux, les strophes sur le nom de Sacher et Ainsi la Nuit, cet immense chef d'oeuvre. 

Dimanche: je me demande pourquoi j'ai pris ce billet, c'est Schubert 15 (ça va bien 5 minutes) et Chostakovitch 15 (un valium puis une balle dans la tête). On verra bien demain. 

MAJ du lendemain: très beau Schubert, tout de même (même si j'ai mieux cerné ce qui me déplaît: la virtuosité, le caractère non-démocratique de ces longues lignes mélodiques - qui ne sont déjà plus dans l'esthétique classique; ce qui m'a plu: les dos bécarre qui font tout chavirer dans le 2ième mouvement et le scherzo, âpre, avec des notes piquées mémorables. Quant au 15ième de Chostakovitch, même structure générale que le 12; mouvement lent initial (avec un thème paléolithique de 3 notes et un rythme dactyle.....), scherzo et marche funèbre bien kitsch (avec une série de 12 sons grimaçante - parce que - et une valse déteinte), et réminiscence de ces joyeux moments dans le finale. Note pour moi: éviter les derniers quatuors de Chostakovitch.

 

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dimanche 1 juin 2014

Suite de l'éphéméride

* Dimanche: Dissonances à la Cité Philharmonie 2: Dutilleux (Ainsi la nuit et surtout Mystère de l'instant, magistral). La 1ère de Brahms, jouée très vite et très vert, à la Beethoven. On a l'occasion de vérifier (puisque c'est tout frais) que le mouvement lent en mi est dans le même rapport avec le 1er mouvement en ut mineur que dans le 3ième concerto de Beethoven. Dans le finale, Grimal et sa bande marquent beaucoup les contrastes de tempi (le choral un peu lent, le animato très vite, et le piu allegro final foudroyant, une joie délirante, cosmique, toute beethovenienne)

*Lundi: l'inloupable quatuor Jerusalem aux Bouffes: opus 76 n°4 de Haydn, opus 18 n°3  de Beethoven, 3ième quatuor opus 73 de Chostakovitch. Le Chostakovitch est un gros machin à programme en lien avec la Grande Guerre Patriotique, 1er mouvement néo-classique un peu ironique, 3ième mouvement motorique et spectaculaire, emplissant tout l'espace des Bouffes du Nord, 4ième mouvement en Requiem avec plainte à l'alto. Le Beethoven ne m'a pas fait forte impression, en revanche le Haydn.... J'avais bien en tête le 1er mouvement ("lever de soleil") mais c'est le mouvement lent qui m'a semblé génial. Rosen le voit en forme sonate mouvement lent en 2 parties, avec réexposition en mineur à 36 (une pratique déjà désuète écrit-il), Vignal le voit en 3 parties (la seconde commençant à 36 et la réexposition à 52). On ne va pas prendre parti, même si on a tendance à entendre deux grandes parties, l'une allant de mib à sib, l'autre allant de mibmineur à mi bémol majeur. Chaque partie est marquée par une accélération des rythmes: d'abord, des noires planantes, puis une pulsation en croches, puis la dentelle des sextolets. L'essentiel, c'est ce que Haydn tire de son thème à cinq notes (enroulement/décollage, chromatisme/diatonisme). La fin est génialissime avec le chromatisme au violoncelle qui vient porter une ombre à l'apaisement final.

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mardi 5 avril 2011

les Pražák aux Bouffes du Nord

Programme pas vraiment sortant des sentiers battus mais solide et copieux: l'opus 3 de Berg; Ainsi la nuit, de Dutilleux et le 15ième quatuor en la opus 132 de Beethoven. Et puis j'étais curieux d'écouter les Pražák en concert, que je n'avais jamais entendus autrement que dans un disque Schönberg que je n'aime pas beaucoup (à cause d'eux, je précise).

Impression mitigée, à vrai dire. Leur Berg m'a paru terne, pas vraiment engagé (la formule finale, par exemple, sans fougue....). Le Dutilleux, en revanche, a été superbe de bout en bout (joueur, rigolo, un festival d'intelligence). Dans le Beethoven, après un premier mouvement poussif, de très bons moments dans le menuet; et puis le chant de reconnaissance joué de façon très inhabituellement allante, ce qui a pour mérite de ne pas s'enliser sur la fin du mouvement (qui reprend une force qu'il n'a parfois plus). En somme, en forçant le trait, j'ai l'impression qu'ils sont meilleurs dans les pièces de genre ou les types d'écriture homogène que dans les discours un peu complexes. Et j'ai préféré le violoncelliste (placé au centre du dispositif) au nouveau premier violon (malgré ses qualités).

A l'entr'acte, j'ai eu la bonne surprise et le grand plaisir de tomber sur S. que je n'avais pas revu depuis le Grand Schisme (en fait, pas vraiment surprenant sachant sa passion pour Dutilleux) et son ami O (aux Bouffes du Nord, le fond de la scène est rouge, camarade).

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mardi 12 décembre 2006

Dutilleux à Pleyel


Les Citations: un dipyque pour hautbois, clavecin, contrebasse et marimba. Je pense au dernier Debussy; d'une part parce que Debussy et Dutilleux ont tous deux eu recours aux guerres de religion pour évoquer les deux guerres mondiales (Debussy dans En blanc et noir avec le choral Eine feste Burg, Dutilleux avec Jehan Alain et Janequin), d'autre part parce que Debussy devait compléter ses trois sonates avec notamment une sonate pour hautbois, cor et clavecin. Dans le premier mouvement, écrit pour Peter Pears, je guette la citation de Peter Grimes, que je crois avoir reconnue: une des descentes de cette scène (décidément!), celle qui descend sur un do grave (mais c'est peut-être trop beau pour être exact). Le deuxième mouvement me séduit bien avec son épisode rythmique avec la contrebasse en folie. C'est une oeuvre d'un postmoderne intelligent, comme Kurtag; quelqu'un qui digère subtilement le passé au lieu de le bouillir, de le blanchir et de l'affadir comme le font certains maîtres-queux anglais.

Le quatuor, Ainsi la nuit: un des grands chefs d'oeuvre de Dutilleux, celui où le principe métabolique est poussé à son extrême: chaque matériau apparaît comme une prémonition avant d'être exposé, puis revient comme un souvenir. A cause de ce caractère mouvant, il est difficile à l'écoute de repérer les sept mouvements et les parenthèses....sauf peut-être le Miroir d'espace, qui rappelle Messiaen, un Messiaen qui douterait....Une oeuvre par instants d'un raffinement sonore et d'une volupté presque indécents.

Le concerto pour violon, l'Arbre des Songes: Une oeuvre plus limpide, en quatre mouvements bien discernables (une sorte d'intrada; un vif, un lent, un vif). Le la est le pivot du mouvement lent (où le violon dialogue avec le hautbois d'amour), et revient dans la fameuse séquence d'accordage (jouée avec beaucoup d'entrain par l'orchestre du Conservatoire).

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