mardi 23 mars 2010

Rien, jamais, bien sûr, mais:

Je réapprends à écrire: je retrouve l'enthousiasme juvénile de mes six ans, je m'applique à régler la hauteur des jambages, je guette l'enchaînement des signes, j'ai la joie des découvertes.... Oui il faudrait peut-être que je me mette à la mescaline (où à l'intraveineuse de jus de betterave) parce que pour l'instant, ça ne reste jamais très droit, ça a une furieuse tendance à l'envolée et le résultat final n'est pas toujours très explicite:

rrrrrusski_003

Par moment je trouve le mot juste:

rrrrrusski_002

Quoi d'autre? Ah oui, ce week-end nous avons eu le mal de mer le menu plaisir de déchiffrer une sublime et bordélique pavane de Purcell (Z752, sol mineur, à 4). Dans le livret de mon CD il est écrit que si cette pavane est moins irrégulière que les autres (elle est constituée de 3 phrases de 12 mesures) l'auditeur "peut vérifier l'absence de phrases de quatre mesures, ce qui déconcerterait un couple vieux jeu sachant encore danser la pavane". Merci, merci infiniment monsieur Purcell de nous avoir donnés l'arme définitive contre les couples vieux jeu sachant se pavaner.

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dimanche 21 mars 2010

Ce matin, G s'est pris deux oeufs avec du pain

oeufs

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vendredi 19 mars 2010

Pas réussi à voir Shutter Island, mais vu quand même...

...quelques portraits de grandes maisons, ces derniers temps (quelques notes avant que j'oublie tout).

  • la Collectionneuse: une grande maison un peu spartiate dans la presqu'île de Saint-Tropez. Cigarettes roses et lunettes de couleur. Trois prologues (Haydée - en morceaux - , Daniel et ses lames de rasoir, Adrien qui fait démarrer l'histoire). Belles scènes où Adrien s'applique à ne rien faire (et regarde les algues). La jeune femme vampire. Finale dans la maison abandonnée, cut brutal après qu'Adrien demande au téléphone s'il reste des places dans le vol de Londres.
  • collectionneuse_la_005_1

  • A Single Man: encore des cigarettes roses (il faut faire années 60) et une grande maison. J'aime bien la scène où Firth essaie de se suicider, mais sans faire de cochoncetés, et avec l'aide d'un bon oreiller. Musique très moche (plus moche encore que celle-ci) et triomphe obligé de la mort.
  • Ghost Writer: "Oui, alors je suis chambre 201, tout seul et sans arme, venez m'égorger." Irrité par le scénario (c'est sûr que trouver sur Google que plein de républicains ont une maison à Martha's Vineyard, ça explique tout) mais ravi par ces grandes baies donnant sur l'océan, cette forêt et ce ferry.
  • 414754174

  • L'arbre et la forêt. Encore une grande maison dans les bois. Aurais aimé aimer, mais pas convaincu, malgré le casting (Fabian et Mouchet....) L'utilisation de Wagner est artificielle, et surtout, le personnage de Guy Marchand est réduit à cette histoire de déportation (moi, j'aurais été passionné par l'histoire de son après-guerre, juste esquissée lors d'une belle scène par Fabian).  

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jeudi 18 mars 2010

Goût de chiotte datapoint of the day

Oui, absolument, je maintiens: ce passage à 53" du début du largo du concerto de Stravinsky me ravit complètement: chaud froid de cuivres sur un lit glacé de piano, bois et timbales, scansion implacable des temps comme chez, au choix, Yves Duteil ou la chanson liturgique post-Vatican II. J'adore.


Pour retrouver les accords verticaux et l'ambiance néoclassique, rien de tel que le mouvement lent de la petite symphonie concertante de Martin.....


....ou celui du concerto pour clavecin de Falla (mais là, on est plus proche du concile de Trente que de Duteil)


(tout ça est assez proche, finalement, de mon goût de chiotte datapoint of the day précédent (quelle cohérence (eh oui, le goût de chiotte, ça se travaille)))

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mercredi 17 mars 2010

Denk, Adams et le LSO à Pleyel

* Trop riche (limite écoeurant): l'orchestration de deux préludes de Debussy par Colin Matthews - la recréation de quelque chose d'assez simple, en plus compliqué. (un peu comme si un savant fou utilisait le CERN pour recréer une fraise (et une seule)) (Sentiment de trop plein exaspéré par les hochements de tête rapprochés de ma voisine, lancée comme une machine à vapeur). (Un peu la même impression avec les Valses nobles et sentimentales, de Ravel, qu'on programme trop souvent à mon goût).

* Trop bien: le concerto pour piano et vents de Stravinsky (il y a aussi des contrebasses et des timbales). C'est néo classique à fond, agaçant comme il faut et ça décrasse bien les oreilles après toute cette débauche de moyens. 1er et 3ième mouvements très rythmiques, avec changements de mesure partout, pleins de swing. 2nd mouvement: chorale avec trompette et timbales, magnifique et un peu vulgaire. Je peux enfin applaudir avec enthousiasme Jeremy Denk (qui est un grand pianiste mais aussi un merveilleux blogueur que ce blog a pillé sans vergogne, ici et ), qui joue cette musique avec beaucoup de naturel....

* Trop peu nécessaire: la dernière oeuvre d'Adams, City Noir. Une évocation de Los Angeles, la capitale du film noir. Deux parties, l'une plutôt dominée par des solos (saxophone, trombone, cordes à l'unisson, et même un petit solo d'alto); et l'autre, plus courte, finissant en apothéose dyonisiaque, où l'orchestre est traité comme une grande masse sonore. Tout cela est très séduisant mais n'ajoute pas grand chose à la gloire d'Adams, cet orchestrateur de génie.

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dimanche 14 mars 2010

Mozart= chavirement + douceur

kv452

Pourquoi on n'entend pas plus souvent en concert (ou ailleurs) le quintette KV452? Il y a dans le larghetto un enchaînement harmonique bouleversant (je mets sa dernière occurrence, dans la réexposition il prend une ampleur incroyable - c'est qu'il s'agit de semer le doute une derrière fois avant l'arrivée au port). Je n'ose penser ce qu'un post-romantique aurait fait d'un pareil matériau. Ici, ça passe dans une très une grande douceur.

(c'est à 5'43" que ça se passe - j'en ai encore des frissons)

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jeudi 11 mars 2010

l'Or du Rhin à la Bastille

Le héros du jour, c'est Loge plus qu'Alberich. C'est lui qui fait le premier des récits de la Tétralogie, qui fait le lien entre les filles du Rhin et le monde des Dieux (les deux premiers tableaux) et entre celui des Dieux et le Niebelheim (il est un peu apparenté à Alberich qui, du coup, ne se méfie pas de cette bande de "jouisseurs"). Et sa musique scintillante annonce celle des Gurrelieder. Mise en image souvent inventive (le début! un régal), parfois laide mais jamais gratuite (une carapace de Musclor est si vite perdue, ma bonne dame). Je crois que je préfère ce genre de mise en scène riche et inventive à celle des derniers Rings très dépouillés que j'ai vus (Strosser et Wilson). Impression générale un peu mitigée, je ne sais pas pourquoi (encore que: 2h30 sans bouger - théorème - il existe toujours un moment où, quels que soient ses mérites, on regarde tout le cirque wagnérien avec une haine difficilement refoulable).

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mercredi 10 mars 2010

Les Dissonances à la Cité

Concert de l'ensemble Les Dissonances - un orchestre sans chef, qui s'est trouvé un nom dangereux (ouf, ils ne jouent pas faux). Format resserré (7/6/6/4), les cordes et les bois se retrouvent autour d'un demi-cercle de façon à établir un contact visuel direct entre 1er violon et le 1er hautbois. Mélange d'instruments modernes et anciens (flûte en bois, timbales savoureuses, cors naturels- hum). Au menu:

  • 1ère symphonie de Beethoven. En do. Dans l'introduction du 1er mouvement, magnifique clounk initial (impulsé par le hautbois, tous les musiciens respirent avec lui). Deuxième mouvement pris très vite (avec thème initial fugué, très dansant, aux 2nds violons- mais je reconnais le chef de pupitre); dans ce mouvement, il y a, avant de conclure, un moment fascinant avec des ploums tous les 2 temps aux vents et des roulements de timbales - une suspension du temps. Scherzo tonique avec trio hypervirtuose (et tortillons aux violons). Le finale est celui avec la fausse leçon de solfège. Musique tonique et galvanisante. C'est le bonheur (même si c'est un peu moins bien que la Chambre Philharmonique)
  • Quatuor Les dissonances de Mozart (quatuor Ardeo). Encore do, mais c'est un tout autre monde. A pat le clin d'oeil à l'orchestre, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de programmation de mélanger quatuor et orchestre.
  • Concerto pour violon de Beethoven. Dans le premier mouvement, j'ai du mal à éviter les fous rires, entre réminiscences du cradolfège  et sidération devant les mouvements de jambes du 1er violon, que l'on sent très stressé (eh oui, il faut caser ces **** d'accords dans le rubato du soliste) et qui a une variété confondante de mouvements de l'ensemble de la jambe (Mais faites quelque chose quoi! tenez lui la jambe avec une attelle! (effet secondaire, sans doute, de l'absence de chef)). Cadence étrange dans le 1er mouvement, avec piano et vents (et ça part dans des tonalités très éloignées). Leibowitz trouverait le premier mouvement localement trop lent, mais on est loin du contresens habituel dans le 2nd mouvement et le finale est très enlevé.
  • en bonus, le finale de la 7ième. Pris très très vite, avec beaucoup de panache, mais on n'entend pas assez les violoncelles à mon goût.

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jeudi 4 mars 2010

Rien, jamais, bien sûr, mais gardons trace tout de même de ceci:

  • Une série prometteuse sur Buenos Aires (où il me tarde de retourner)
  • Un blog intelligent et russe, sur la Russie  
  • Pas vraiment certain d'avoir envie de lire Les carnets blancs, de Mathieu Simonet, mais j'aime bien ce qu'en écrit Rémi
  • Pan sur le museau contre l'utilisation à cors et à cris du papier de Reinhart et Rogoff (la croissance diminue quand le ratio dette/PIB dépasse un seuil)
  • Vus et pas aimés: Invictus (trop de rugby) et Une éducation (et alors, mai 68? ça compte pour du beurre?).

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samedi 27 février 2010

Liberté, de Tony Gatlif

La chronique d'une tribu de bohémiens, dans la France des années 40. Film historique, mais pas que ça. La première des surprises est de voir dans un oeil tsigane un éloge vibrant de la France profonde, celle des bois et des champs, des guérets et des clairières - enchantée comme elle l'était dans les amours d'Astrée et Céladon.... ça n'arrive pas si souvent au cinéma (on est loin du naturalisme, mais c'est pourtant bien la belle campagne française). La deuxième des surprises est la qualité de la bande son - magique de bout en bout (ça n'arrive pas non plus si souvent); de cette belle séquence bruitiste du début à la chanson de Ringer au générique final en passant par ce jazz manouche (pour faire pondre les poules). La troisième belle surprise, c'est James Thierrée et ses yeux ronds. 

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